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Retrouvailles sanglantes [Hyacinthe]

 
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Athanasius Tsvetan
Vampire

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Inscrit le: 25 Mar 2011
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MessagePosté le: Dim 17 Avr 2011 - 00:54    Sujet du message: Retrouvailles sanglantes [Hyacinthe] Répondre en citant

La nuit venait de tomber sur le manoir d’Eliacin et j’observais les lueurs rougeâtres colorer les hautes montagnes, comme si le soleil couchant les teignait de sang. De la fenêtre qui donnait sur mon balcon, je pouvais profiter d’une vue splendide et par beau temps, il était même possible d’apercevoir les lueurs de la ville. Mon esprit s’égarait au loin. Cela faisait à peine quelques nuits que je m’étais installé à Seattle, profitant de l’hospitalité du clan des traditionalistes et du sombre manoir de mon ami Harrison. Lui et les siens séjournaient à l’écart du tumulte de la grande cité, dans un endroit retiré et calme où leurs va et vient ne causaient point de questionnement.

En cet instant, je dominais la ville que j’apercevais au loin et j’y voyais les flambeaux s’y allumer un à un, dans les grandes avenues qui la traversaient. J’étais revêtu assez simplement, mes couturières me faisaient profiter de leur talent et ainsi mes tenues s’adaptaient à celle de l’époque moderne sans pour autant dénaturer ma personnalité. Ainsi j’arborais un costume sombre qui rappelait la coupe du dix-huitième siècle sans pour autant être choquant. Un verre de vin à la main, je méditais sereinement quand tout à coup, j’entendis des coups frappés à ma porte.

Qui pouvait me déranger à cette heure? Poussé par la curiosité, je lui ordonnais d’entrer d’une voix impatiente et sèche. Ce fut alors, une noble dame de la cour qui apparu. Soledad, aux cheveux sombres, l’une des plus belles vampire du clan d’Eliacin. Elle était habillée d’une longue robe, échancrée qui laissait deviner ses formes avantageuses et lorsqu’elle me lança un regard narquois, j’y jetais un œil indifférent. Cette femme n’existait même pas pour moi et mon regard passait presque au travers d’elle, encore investit de mes pensées lointaines.


« Athanasius… » Articula-t-elle « j’ai une grave requête à vous soumettre… On raconte dans la demeure qu’un humain s’y est introduit et a été jeté dans les geôles… A ce que disent les gardes, il hurle votre nom, exigeant de vous rencontrer. Je ne voudrais vous accuser de quoi que ce soit par rapport à nos principes, mais…»

« Exigeant? » La coupais-je brutalement. « Et de quel droit un simple mortel pourrait se permettre d’exiger quoi que ce soit face à moi?"

D’un geste habile, je saisis sa main pour la serrer avec brutalité alors que les yeux noirs de Soledad brillaient d’un feu clair. Je n’y voyais aucune rage, mais autre chose qui s’y allumait alors que sa propre main se posait sur mon cou, dans une caresse des plus étrange.

« Je vous en prie, dissipez mes inquiétudes… Ma famille n’aime guère ces ragots qui planent… de quoi s‘agit-il en réalité?»


Je savais que je possédais la confiance totale de Harrison et que Soledad en était l’une des plus hautes représentante. Son air si calme n’était pourtant pas dans ses habitudes, elle était bien plus colérique d’ordinaire et je compris que sa requête était importante. Sans lui répondre, je m’arrachais à elle, avant de descendre les escaliers de marbre qui menaient au hall sans un regard en arrière.J’avais ainsi quitté mes appartements pour me diriger vers les geôles du manoir, situées dans les caves. Les escalier qui y descendaient étaient de pierres rugueuses et sales et une pestilence envahissait ces lieux morbides. Une odeur de pourriture et de mort mélangée qui me rappelait mes nombreuses années de guerre. Des souvenirs délectables en quelques sortes. J’ordonnais aux gardes présents de me mener vers la cellule du gredin qui affirmait me connaître. Était-ce seulement vrai?

L’un des gardes m’indiqua alors l’entrée de la misérable pièce où un jeune homme était enchainé, les yeux hagards, le visage couleur de craie. Un des geôliers était en train de lui administrer une correction et je restait silencieux en l’observant. Non, ce n’était pas là un humain. Il possédait de longues ailes noires qu’il déployait bien maladroitement, les faisant battre l’air et s’envoler la poussière. Voilà qui ne servait qu’à déplacer la puanteur des lieux et accessoirement à aggraver son état. Car en essayant de s’échapper, enchainé comme il l’était, cela ne faisait qu’enfoncer le métal dans la chair de ses poignets et de ses chevilles… d’un geste, je signifiais au garde de cesser ses coups et de nous laisser. Je lui empruntai cependant son fouet, ainsi que son trousseau, avant qu’il ne nous quitte. Seules les lumières des flambeaux du couloir nous éclairaient alors que je m’adressais à lui.

« Dis moi quel est ton nom et ce que tu fais ici. »

"Silas Vyrthänza… je veux voir Athanasius Tsvetan…"

La morsure du fouet avait laissé des empruntes sanglantes sur la peau de Silas, celle-ci avait beau être résistante, les piques qui recouvraient la lanière s’étaient enfoncées dans sa chair, lui infligeant de profondes meurtrissures. Il n’était vêtu que d’un simple pagne et donc son torse nu subissait les assauts cruel de cette arme de torture. Sous le premier coup, il n’avait poussé qu’un cri de surprise mais par la suite, il avait mis toutes ses forces dans son acharnement à essayer de se sauver. C’était une tentative bien vaine puisque les chaines étaient solides et ne faisaient que s’enfoncer encore plus dans sa chair. Du sang noir lui coulait dans les yeux, l’aveuglant à moitié.

"Arrêtez, de me frapper!'
cria-t-il d’une voix brisée. "Je suis venu parler à Athanasius, j’exige de le voir, je l’exige!"

Ses grandes ailes battaient l’air en toute inutilité, mais dans sa nervosité il ne pouvait pas faire autrement. Pourtant, le garde s’était interrompu, me saluant avec respect. Reculant pour me permettre d’entrer, il regarda encore une fois Silas avec méchanceté avant de me rendre son fouet et son trousseau. A présent, le jeune démon se trouvait seul dans la cellule avec moi et ma voix grave qui résonnait dans les ténèbres. Silas en fut tellement étonné qu’il cessa ses mouvements et atterrit doucement sur le sol de terre battue. Il se colla au mur, la respiration un peu essoufflée et me dévisagea un instant, me fixant de ses prunelles rougeoyantes.

« C’est moi. »

Dis-je, sans aucunement le reconnaitre et plissant les yeux. L’aurais-je connu dans une autre vie? Je fermais les yeux quelques secondes, tentant de faire le vide et de chasser mes pensées parasites qui s’insinuaient dans mon raisonnement, bribes de souvenirs et de rêves.

« Un hybride… fils d’un humain et d’un démon. Voilà ce que tu es. Je t’avais ordonné de veiller sur Hyacinthe, misérable! Où est-elle? »

Oui, je me souvenais à présent. Cet être monstrueux était l’une de mes goules que j’avais cru mort voilà quelques mois. Il m’était totalement dévoué et veillait sur ma protégée de loin, sans qu’elle s’en aperçoive. Il cligna des yeux, semblant souffrir à chaque mouvement avant de poursuivre.

« Elle est sur la route, maître… elle se dirige vers vous. Elle aussi a quitté l’Europe. Mais Théobald, maître… je crois que c’est lui qu’elle recherche… »
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Et l'ange du plafond, maigre araignée, au soir,
– Espoir – sur ton front vide ira filer ses toiles.
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MessagePosté le: Dim 17 Avr 2011 - 00:54    Sujet du message: Publicité

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Hyacinthe De Saint-Lys
Vampire

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MessagePosté le: Dim 1 Mai 2011 - 12:51    Sujet du message: Retrouvailles sanglantes [Hyacinthe] Répondre en citant

Etre venue à Seattle n'était pas sans conséquence, elle le savait. Mais que pouvait-elle y faire ? Il lui fallait absolument déjouer les plans de Theobald, ce dernier ne pouvait régner sur les mortels comme un roi fringuant ! Cette idée lui était insupportable, et pourtant depuis qu'elle avait élu domicile dans ce loft en plein centre ville, et qu'elle n'avait pas arrêté de zappé, elle s'était rendue à l'évidence : les vampires étaient partout ! Si ce n'était pas l'un d'eux qui s'exhibait devant les caméras, c'était des mortels qui parlaient d'eux à outrance ! Mais qu'avait-il eu dans la tête ? Pensait-il sincèrement qu'il pouvait jouer dans la même cour que les mortels ? Pensait-il sincèrement qu'il était au dessus de tout ? Tant qu'il n'y avait pas de solution face à la morsure du soleil, c'était totalement dément de se lancer dans une telle croisade !


Bercer par le moteur de sa limousine qui glissait dans la nuit noire, elle savait qu'elle devait se confier à un traditionaliste. Pas Soledad, bien sûr que non, mais Harrison...C'était à lui qu'elle pensait durant le trajet, ne se doutant pas une seule seconde qu'Athanasius était également sur les terres de Seattle. Revoir Harrison, accompagné de son épouse, ne serait pas de tout repos, suite aux sentiments du passé qui avaient été présent, mais dissous à jamais également. Mais seule lui importait la survie de leur espèce, et si guerre il devait y avoir, elle en serait avec toute sa foi.


Bien entendu, le fait de penser à Theobald la ramenait immanquablement en arrière, du temps de leurs premiers regards, de cet amour épris de désir qui les avait tous deux frappé. Il aurait si simple de marcher dans ses pas, au lieu de juger ses actes de violence pour ce qu'ils étaient : de la fureur. Quelque chose de trop incontrôlable et de trop cruel pour qu'elle puisse le supporter. Le quitter, le refuser en mariage voilà ce qui avait été le plus dur de son existence...Et aujourd'hui ? Elle savait qu'il la détestait, mais de là à attenter à sa vie ? Qui d'eux deux le pouvait en toute sincérité ?


Elle commençait à perdre patience à attendre d'arriver à destination. Mais comme si tout devait s'orchestrer parfaitement, son téléphone sonna et ce fut la voix d'Amandine, son assistante, qui se fit entendre. Cette dernière l'informait qu'Athanasius était présent au manoir d'Eliacin. Que d'après ses sources, il était arrivé il y a peu, mais qu'elle devait se tenir informé de cela, pour ne pas être déstabilisé en le croisant. Hyacinthe raccrocha, le regard fixe. Elle n'était pas attendu à le revoir ici. Il dépréciait ce genre d'agissement lui aussi, était-il venu pour défendre leur cause ? Il était l'un des seuls à connaître son attachement envers Theobald, à connaître la souffrance qu'elle avait enduré de le perdre aussi.


La voiture s'engagea dans l'allée menant au manoir. Une route en pente, qui monte toujours un peu plus. Le chemin cette fois-ci n'est pas assez long pour que Hyacinthe sache exactement que dire à son ancien amant...Du moins, cela faisait un moment qu'ils ne s'étaient vu, et même si elle devine déjà le désir qui sera leur, elle ne peut connaître ses sentiments à son égard. N'étant pas femme à se laisser impressionner, elle descendit de voiture dès que celle-ci fut immobilisée, ne laissant pas le temps au chauffeur de venir lui ouvrir la portière, pas besoin de tout cela.

Ses jambes, magnifiquement galbées, furent les premières à se faire voir. Elle portait une robe en soie, bleue, ravivant ainsi l'éclat de ses yeux. Son décolleté laissait voir sa croix en diamant, et ses cheveux reposaient sur ses épaules, libres, comme la jeune femme qu'elle avait été à une époque. Ses talons étaient hauts et lui conféraient une prestance déjà bien présente. Elle avança jusqu'à la lourde porte en bois, qui s'ouvrit peu de temps après qu'elle eu actionné la sonnerie.

En entrant dans le majestueux hall d'entrée, c'est Soledad, espiègle, qui l'accueillit :


« Cela fait longtemps très chère...je me demande bien pour qui vous êtes venus en réalité. »


Allusion, bien entendu, à son époux ou à Athanasius. Dans le fond, la vérité lui échapperait toujours.


« Toujours aussi vile très chère. Heureuse de vous revoir, mais en effet, je ne suis pas là pour vous. »


Hyacinthe s'attendait à le voir à tout instant...Serait-il heureux de la revoir ?  
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Athanasius Tsvetan
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MessagePosté le: Mer 11 Mai 2011 - 16:34    Sujet du message: Retrouvailles sanglantes [Hyacinthe] Répondre en citant

Soledad soupira, d’un air précieux, toujours avec cette même élégance qui lui était propre. Elle prit la main de sa compagne, sans plus de cérémonie, l’entraîna avec elle et la guida au travers des couloirs du manoir, sombres et mystérieux. Des lampes anciennes les éclairaient sommairement et une ambiance ancestrale baignait les lieux. Enfin, la vampire aux cheveux de jais s’arrêta face à une porte, lâchant la main de son invitée en l’incitant à entrer d’un geste leste. Elle ouvrit la porte parfaitement huilée qui glissa sans bruit sur ses gonds, découvrant un petit salon intime où un feu de cheminée illuminait les lieux de ses couleurs chaudes. Des fauteuils confortables y étaient disposés et Soledad en désigna un à la jeune femme, dans un sourire faussement affable. Elle s’adressait à son hôte d’un ton résolument ironique.

« Je vous en prie, installez vous. Désolée de vous décevoir mais Harrison est absent en ce moment. Toutefois, vous vous consolerez surement avec la présence de l’un de nos chers amis… »

Soledad écarta gracieusement les mèches de ses cheveux sombres qui coulaient devant son visage et sourit d’un air malicieux. Rien ne semblait réellement important pour elle et elle s’en fut, laissant seule son invitée au beau milieu du salon sans plus s’en soucier. En sortant elle ordonnant à deux de ses fidèles de se poster de part et d’autre de la porte du salon et de veiller sur Hyacinthe. Non, Soledad ne lui faisait aucune confiance et si elle daignait feindre une quelconque politesse envers elle c’était pour plaire à Harrison.

De mon coté, j’abandonnais mon prisonnier, décidé à remettre à plus tard la correction qu’il méritait. Sachant Hyacinthe sur le chemin du manoir, je ne voulais perdre de temps avant de me rendre compte par moi-même de sa présence. Ainsi Silas l’avait vu arriver avant de se faire attraper et jeter en cellule, elle ne devait donc plus être fort loin. J’ordonnais aux gardes de ne plus malmener mon esclave avant mon retour et regagnais rapidement le rez de chaussée, quittant ainsi les caves glacées du manoir. Dans le grand hall, c’est la stature élégante de Soledad que je croisais, et elle me lança un regard équivoque où la méfiance s’inscrivait nettement. Je me contentais d’un air impénétrable en m’adressant à elle d’une voix neutre.


« Où est-elle? »

« Toujours avare de paroles, mon cher… Vous avez donc déjà ressenti son aura? Hé bien vous n’avez qu’à suivre votre instinct dans ce cas. Croyez moi, elle est en lieu sûr… »

« Vous l’avez fait prisonnière… »

Mes yeux suivirent la direction de son regard qui se posait sur la porte du petit salon. Deux gardes l’encadraient et je su immédiatement que c’était là que Hyacinthe m’attendait. Sans répondre aux rires impertinents de Soledad, je m’imposais au devant des gardes, la puissance de mon aura me suffisant pour les faire reculer. La porte d’acajou s’ouvrit brutalement sur l’une de mes poussée et j’entrais dans la pièce, y jetant un regard circulaire. Jamais Harrison n’aurait toléré que Hyacinthe soit mal traitée dans sa propre demeure. Je doutais que Soledad n’ait usé de force ou de brutalité envers elle, ses manières étaient bien plus perfides.

« Hyacinthe… »

Murmurais-je dans un souffle en laissant mon regard la parcourir. Elle me savait taiseux et manquant cruellement d’émotion dans mes expressions et mon timbre de voix. Toutefois la lueur qui s’éveillait dans mes prunelles, aussi subtiles qu’elles soient ne devrait pas lui échapper. Je lui tendis la main, dans l’idée de l’accueillir de manière plus personnelle, sans aller cependant jusqu’à la toucher, attendant qu’elle me rejoigne d’elle-même. Savait-elle que je la faisais surveiller à son insu? Avait-elle repéré Silas? Je l’ignorais.
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Hyacinthe De Saint-Lys
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MessagePosté le: Sam 4 Juin 2011 - 09:52    Sujet du message: Retrouvailles sanglantes [Hyacinthe] Répondre en citant

Les quelques mots prononcés par Soledad prouvèrent à Hyacinthe à quel point elle ne l'aimait pas et ne lui accordait aucune confiance. En la laissant seule dans ce salon, elle se doutait qu'elle la ferait surveiller comme une vulgaire inconnue. Mais elle n'allait pas prendre ombrage de cela, elle savait qu'elle profitait de l'absence d'Harrison pour faire à sa guise, mais qu'Athanasius, quand il l'apprendrait, ne laisserait pas ses actes impunis, du moins par la parole.

Elle ne savait toujours pas ce qu'il conviendrait de lui dire quand il se présentera à elle. Elle était venue trouver Harrison, et non lui, car ce dernier ne connaissait que mal ce qui la liait à Theobald, elle ne craignait donc pas le jugement. Mais il en allait autrement avec son ancien amant et protecteur qu'est Athanasius. Ce dernier connaissait tout dans les moindres détails, et lui communiquera tous ses doutes concernant sa venue à Seattle. Bien entendu qu'elle espérait revoir Theobald, lui parler...mais elle savait aussi qu'elle ne serait pas accueillie à bras ouvert, elle connaissait la foi qu'elle défendait et ne faillirait nullement face à l'ennemi. Mais l'entendra-t-il de cette oreille ?

Déjà, le parfum de Soledad s'estompait dans le salon. Hyacinthe était d'hors et déjà seule. En même temps, cela faisait bien longtemps qu'aucun vampire ou mortel n'avait partagé son intimité, sa vie cachée. Malgré ses amours passés, elle était un être de sincérité, attrapé par moment par les pics de ses émotions. En fait, malgré les années, elle était restée une femme vraie, sans chercher à manipuler à tout bout de champs à l'image de Soledad, et en cela on lui pardonnait beaucoup de choses, et elle amenait l'amour de ceux la croisant et ne la jalousant pas.


Ses pensées furent ébranlées par l'arrivée d'Athanasius. Avant même qu'il n'ouvre la porte de façon violente, elle avait ressenti son aura s'approcher, ce charisme fort, que rien ne semblait pouvoir remettre en cause. Presque dans le même temps, elle se leva du fauteuil où elle avait prit place, et lut sans mal ce qui filtrait par les prunelles de son protecteur. Il ne prononça que son prénom, mais cela était assez quand ses yeux se posèrent sur sa main tendue. Avec douceur, Hyacinthe amena sa main dans la sienne, avant de faire quelques pas pour se rapprocher de lui. Aucun mot ne sortit de ses lèvres, mais son regard montrait toute la dévotion qu'elle avait à son égard. C'était doux et subtile à la fois, comme un rêve.


Une fois près de lui, son autre main vint prendre celle d'Athanasius, et les mains dans les mains, leurs visages si proches qu'on rêverait d'un baiser, elle prit la parole :


« Je ne savais pas que tu étais là Athanasius. Me pardonneras-tu de ne pas avoir cherché à te joindre ? »


Elle n'avait pas remarqué la présence de Silas ou de tout autre espion de ce genre. Sa cour d'humains se contentaient de remarquer les menaces plus ancrées dans notre monde. Ainsi, il était clair qu'il n'y avait aucun reproche dans sa voix, et qu'elle était bien loin de s'imaginer qu'il puisse ainsi la faire suivre.


Elle délaissa ses mains, ainsi que leur contact visuel avant de reprendre, avec cette assurance frappante chez elle :


« Pourquoi ne m'as-tu pas informé de ta venue à Seattle ? A deux, nous sommes toujours plus fort n'est-ce pas ? »


Ils avaient toujours été une équipe parfaite, et c'est à cela qu'elle faisait mention en cet instant. S'il lui retournait la question, il était toutefois évident qu'il voulait la pousser à bout, simplement car il savait pourquoi elle ne lui avait rien dit de sa venue...ça se résumait en un mot : Theobald.
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Athanasius Tsvetan
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MessagePosté le: Dim 26 Juin 2011 - 19:44    Sujet du message: Retrouvailles sanglantes [Hyacinthe] Répondre en citant

Hyacinthe… En sa compagnie, je me sentais différent, elle parvenait à éveiller en moi des émotions que je pensais inexistantes dans mon être. N’étais-je pas totalement renfermé, ne me liant avec personne durant des siècles? Et pourtant, même si nous ne possédions pas ce lien de sang qui lie un sire à son infant, je ressentais chacune des vibrations de son aura. Je la sondais ainsi quelques instant, m’enivrant de son parfum qui me rappelait notre passé, ressentant la douce froideur de ses mains dans les miennes. Elle s’était avancée d’une démarche aérienne, semblant à peine frôler le sol et je restais silencieux, attendant qu’elle prenne la parole. Sa voix suave s’éleva alors que nos yeux s’évaluaient avec profondeur, comme deux amants séparés durant trop longtemps.

« Je suis ici depuis peu de temps. »

Lui répondis-je de ma voix sombre, relâchant enfin ses mains blanches. Elle cherchait mon pardon mais je ne lui en voulais en rien. Je craignais juste qu’elle ne cherche à rejoindre notre ennemi, ce Théobald… Je ne répondis pas de suite à sa question, la laissant poursuivre de sa voix claire. Une voix qui me paraissait si vivante en comparaison avec la mienne, trop basse. Elle faisait référence à notre force commune et j’hochais la tête avec gravité. Je m’avançais dans la pièce, dont l’ambiance feutrée prêtait aux confidences. Une large cheminée de pierre ornait les lieux et un feu y crépitait doucement, tandis que je m’en approchais, ses flammes se reflétait dans mes yeux. Tournant le dos à Hyacinthe, je repris, de mon timbre de voix décalé
.

« Je savais que tu allais venir, on m’a prévenu. Et je connais également la raison de ta venue à Seattle. »


Un lourd silence s’ensuivit alors que je me tournais vers elle, mon regard la déshabillant avec insistance. J’avais l’habitude de me montrer franc avec elle et je ne voulais pas tourner autour du pot. moi-même j’avais rejoint la cité d’émeraude pour cette seule et unique raison, m’allier aux cotés des traditionalistes pour lutter contre ce vampires et le punir pour ces méfaits.


« Théobald »
Le nom était prononcé.  « Quand as-tu l’intention de le rencontrer? Ne nie pas, Hyacinthe, je te connais et je sais que tu chercheras à le contacter. »

Mon visage n’exprimait aucun mécontentement particulier, il demeurait aussi impassible qu’à mon habitude. Je n’avais jamais montré de façade violente en présence de Hyacinthe, ma nature calme et réservée jouant pour moi. Cependant elle était sans doute loin de se rendre compte de la capacité de noirceur qui abritait mon âme. En ce moment Harrison était absent mais je savais qu’il partageait mes idées, un jugement était nécessaire contre Théobald mais il ne serait pas simple de s’opposer à lui, étant donné le nombre de ses partisans. Je n’éprouvais pas de colère ni de rancune envers Hyacinthe, nos relations avaient toujours été harmonieuse et je n’étais en rien jaloux de l’attirance qu’elle éprouvait pour le baron. Moi-même, je pensais encore souvent à Ivanka, qui s’était alliée à Théobald… Mais je n’admettrais pas que celle que je considère comme faisant partie de ma famille nous trahisse.


« Je ne t’ai pas proposé de me rejoindre, puisque je connaissais déjà tes intentions, il me suffisait d’attendre. Croyais tu que j’allais te laisser sans surveillance…? Je n’aime pas les surprises. »


Tout en parlant j’avais actionné un interrupteur, placé contre un mur et qui servait à contacter nos serviteur. Un parlophone me permit de faire ma commande, après tout, Hyacinthe devait mourir de soif après un tel voyage.


« Amenez moi l’une de nos outres à sang. »


Un humain hypnotisé ne tarderait pas à faire son entrée…

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Hyacinthe De Saint-Lys
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MessagePosté le: Dim 21 Aoû 2011 - 21:48    Sujet du message: Retrouvailles sanglantes [Hyacinthe] Répondre en citant

Jamais elle ne nierai les sentiments qui sont siens envers Athanasius. Chacun avait préféré poursuivre sa voie pour ne pas sombrer dans ce cocon qu'ils savaient aisément pouvoir construire ensemble. A chaque fois qu'elle était en sa présence, elle avait la sensation que tout était à nouveau possible. Même si en ce soir, elle rêvait à Theobald, revoir son ancien amant et ami ne la laissait en rien indifférente. Loin d'être embarrassée, elle l'écouta prendre la parole avec autant d'aisance qu'avait été la sienne.


Elle alla vers le canapé, tandis qu'il se dirigeait vers le feu, lui tournant le dos pour lui dire ce qu'il avait sur le cœur. Hyacinthe laissa le silence s'installer entre eux. Bien entendu qu'il connaissait la raison de sa venue. Mais il n'y en avait pas qu'une. Il savait qu'ils avaient épousé la même cause, simplement que pour elle, les fantômes du passé était bien plus vivant que les siens. Elle avait toujours cru Theobald envolé en fumée depuis longtemps, et le voici qui apparaît aux yeux de tous à travers les médias ! Athanasius pouvait-il comprendre à quel point elle avait eu mal en voyant qu'il ne l'avait jamais recherché ?


Elle ne détourna nullement le regard quand elle le vit s'insinuer en elle en la déshabillant des yeux. Tel un glas, le nom s’abattit entre eux, et cette question, unique, si grande qu'elle prenait toute la place entre eux deux. Le plus dérangeant ? Sans aucun doute son visage qui ne laissait place à aucune émotion particulière. Le regard déterminé, Hyacinthe décida de lui répondre tout en jouant franc jeu :


« Je le faisais surveiller avant même ma venue à Seattle. Je ne sais pas quand j'irai à sa rencontre, mais ce qui est certain c'est que je me dois d'aller le rencontrer...peux-tu comprendre cela ? »


Jamais elle ne trahirait sa propre cause, elle avait vu ce dont les hommes étaient capables entre eux, alors contre une aberration comme les vampires ? Déjà des groupuscules se formaient de part le monde...En se croyant supérieur à tous, Theobald les mettait tous en danger ! Pour le reste, elle se sentie vexée au plus profond de son être. Il agissait avec elle comme si elle avait été un pantin, ou une enfant.


« Je n'ai pas besoin de ta surveillance ! Tu ne me dois rien Athanasius et moi non plus ! »


Ils avaient toujours eu une relation harmonieuse, mais Hyacinthe était une passionnée, et encore ce soir elle le lui démontrait par ses paroles, et ses regards qui en disaient long.


Tandis qu'il demandait à ce qu'on vienne les nourrir, elle se leva et se dirigea vers lui :


« Que crois-tu qu'il va advenir ? Penses-tu que je vais me jeter dans les bras de Theobald, épouser ses principes, alors même que c'est ça que j'ai fui à l'époque ! »


Brisant son cœur en mille morceaux...Mais elle ne prononça pas ces paroles. Déjà, un humain complètement drogué pénétrait dans la pièce.

Hyacinthe se détourna d'Athanasius et ouvrit les bras afin qu'il vienne se nicher contre elle. Comme une mère, elle caressa les cheveux du mortels, avant de venir planter ses crocs dans sa nuque. Elle aspira son sang, comme on aspire une drogue. Toutefois, le mortel ne se plaignit pas, et elle cessa avant de lui donner la mort.


Quand elle se tourna vers Athanasius, elle lui demanda simplement, l'air apaisée :


« Il y en a suffisamment pour deux tu sais. »
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Athanasius Tsvetan
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MessagePosté le: Jeu 24 Nov 2011 - 16:29    Sujet du message: Retrouvailles sanglantes [Hyacinthe] Répondre en citant

Non, je ne pouvais comprendre, je ne pouvais même concevoir que l’on puisse s’attacher autant à un être aussi éloignés de nos valeurs. Théobald avait trahi les siens, son peuple vampirique, cela ne faisait aucun doute pour moi et je ne pouvais appréhender la raison pour laquelle Hyacinthe désirait à ce point le rencontrer. J’observais la flamme qui brillait dans ses yeux et cette volonté farouche qui faisait partie d’elle. Je ne l’avais pas choisie pour rien, elle possédait cette détermination insolente qui la distinguait de toutes les autres femmes. Ainsi, elle faisait surveiller le baron avant même sa venue à Seattle et elle me l’avouait sans façon, et sans baisser le regard. Le mien demeurait vide et inapte à la communication. Je la laissait face au silence quelques instant, conservant la froideur qui m’était propre. Je ne voulais répondre à sa question, la réponse étant par trop compliquée.

Je ressentais l’énervement jaillir de son aura comme une flamme endiablée tandis qu’elle poursuivait, refusant ma surveillance et se détachant de moi en parole, avec autant de véhémence qu’elle en était capable. Je le ressentais autant dans le ton de sa voix. Toutefois la mienne demeurait aussi neutre qu’auparavant, bien qu’en cet instant je me sentais capable de la tuer sur le champ. Jamais je n’avais éprouvé de confiance envers qui que ce soit, le monde n’était qu’un vaste champ de guerre ou chaque être pouvait se révéler ennemi.


«Tu te trompe. Toi plus que quiconque a besoin de surveillance car tu as été liée profondément à Théobald et il est capable de te manipuler comme il l‘a fait avec tant d‘autres. Je me méfie de ton tempérament passionné…. Prend conscience de tes faiblesses."


Certes, ses yeux brillaient toujours et je ne pouvais dire s’il s’agissait de colère ou de frustration d’avoir été percée à jour. Car elle éprouvait toujours des sentiments ambigus envers le baron, j’aurais pu le jurer. Elle se levait, arpentant la pièce de sa démarche fière tandis que je restais fixe, totalement exclu de l’intensité de la conversation. Ailleurs toujours. Etranger au reste du monde.

Hyacinthe me provoquait, cherchant à deviner de quel crime je la soupçonnais d’être capable. Elle avait raison et je me contentais d’hocher la tête avec sévérité. Oui je pensais qu’elle était capable de fondre entre les griffes de ce vampire, quelle que soient ses propres valeurs. Je ne cherchais pas à dissimuler mes soupçons et la contemplais avec attention tandis qu’elle me parlait. Oui j’acquiesçais à ses dires, oui j’avouais mes inquiétudes vis-à-vis de sa loyauté envers nous. En ces heures maudites, chaque vampire se devait de choisir son camp et je n’étais pas certain du choix de Hyacinthe. Je me devais de sonder son âme avec profondeur et je n’allais pas me laisser troubler par le lien qui nous unissait.

Toutefois l’arrivée du mortel interrompit notre conversation. Nous en avions besoin l’un comme l’autre, afin d’apaiser notre soif de sang. Elle s’abreuva aussitôt à la source du jeune drogué, m’invitant à se joindre à elle, ce que je fis sans tarder. Attrapant le bras de l’humain, mes canines se développèrent instantanément, tandis que j’entrouvrais les lèvres avec appétit. Je mordis cruellement le poignet de notre proie, le délestant ensuite de profondes goulées de liquide pourpre. Entre nous deux, l’homme se vidait de son élixir vital, peu à peu, sombrant dans une hébétude de plus en plus profonde. Partager cette proie avec Hyacinthe me replongeait dans notre passé tumultueux où nous chassions ensemble dans les rues de Florence. Nos fidèles qui s’offraient à nous étaient nombreux mais nous aimions encore saisir des proies par la force, les traquant sans merci.

Une fois le corps privé de vie, il échoua sur le tapis du salon dans un bruit étouffé sans que nous n’en éprouvions la moindre pitié. Du moins pas de ma part et il ne me semblait pas que Hyacinthe en ressente une bribe. Quoiqu’il en soit, je continuais à dévisager ma protégée sans me préoccuper du mort, avançant ma main vers ses lèvres, pour en essuyer de l’index les traces de sang encore fraiches, dans un geste presque sensuel. Je rencontrais peu de femmes et aucune d’entre elles ne me donnaient envie de les toucher. Toutefois avec celle-ci les choses étaient différentes, nous étions plus proches et j’appréciais ce contact léger. J’imaginais un instant le doux craquement des os de son cou contre mes paumes avant que cette image disparaisse en un battement de cils.


« Oui, j’appréhende une trahison de ta part, Hyacinthe. Je t’ai fais suivre autant pour ta propre sécurité que pour être certain que tu ne nous déshonore pas. Ta quête pourrait être louable si ton but était d’éliminer Théobald. Cependant…. Je crains que ce ne soit pas ta décision. N’est-ce pas? »


J’attendais, caressant son menton et recueillant les dernières gouttes de sang que je portais à mes propres lèvres. Si Hyacinthe devait être éliminée, ce serait par moi et moi seul.

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Hyacinthe De Saint-Lys
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MessagePosté le: Jeu 19 Juil 2012 - 19:28    Sujet du message: Retrouvailles sanglantes [Hyacinthe] Répondre en citant

Ses faiblesses...Hyacinthe sentait à quel point elle bouillonnait, elle savait que le sujet de Theobald était délicat. Cela avait toujours été le cas. Mais comment pourrait-on lui en vouloir? Il a été son premier amour, son pire allié, son meilleur ennemi. Il avait toujours été présent dans son coeur, même quand elle avait vécu de très belles années avec Athanasius. Elle savait que ce dernier lui en voulait de ne pas avoir su l'aimer totalement. Amants ils étaient, amis aussi, mais l'amour a toujours connu une barrière dans son coeur, et il l'a toujours su et respecté. Mais c'était sans compter l'arrivée de Theobald au pouvoir. Ce dernier avait bravé tous les interdits, et elle avait conscience qu'Athanasius pouvait agir de façon catégorique contre elle si elle venait à vouloir changer de camp. Il ne le lui permettrait jamais. Heureusement, elle savait distinguée sa foi et son coeur. Et même s'il lui tardait de rencontrer Theobald pour voir à quel point sa folie était ancrée en lui, elle ne tournerait pas le dos à ses convictions en raison de ses beaux yeux bleus. Cela elle se l'était interdit. Athanasius oubliait facilement le passé...elle n'avait pas enduré la douleur de la séparation pour revenir à lui comme si cela n'avait jamais existé.

Quand le jeune homme pénétra dans la pièce, elle but à son cou avec rage, délaissant sa colère s'amenuiser avec sa vie. Athanasius but au poignet, son regard venant s'ancrer dans le sien comme au bon vieux temps. Sauf qu'autrefois, leur complicité n'était pas entachée comme elle l'était en cette nuit. Il y avait bien trop d'animosité entre eux pour que le goût de ce junkie soit doux à leurs papilles. Finalement, le cadavre du jeune homme se retrouva délaisser sur le sol. Aucune compassion, ni de l'un ni de l'autre. Ils étaient suffisamment anciens et détachés pour ne rien ressentir face à un corps sans vie. Ils étaient proches, assis l'un à côté de l'autre. La rage de Hyacinthe se trouvait apaisée, et le geste d'Athanasius, si doux était décalé face à cette situation. Elle sentait dans son regard de glace qu'il lui en voulait autant que les silences qu'il laissait sciemment planer à chaque fois qu'elle prenait la parole. Elle le connaissait assez pour ressentir le trouble qui l'habitait, mais même calmée, elle était loin d'avoir sa langue dans sa poche.

- Mon tempérament passionné...Je me souviens d'un temps où tu l'appréciais dans son entièreté.

Le temps où Theobald avait disparu de la surface de la terre. Lui faisait-il aussi peu confiance? Elle le comprit en cet instant, et toutes les caresses qu'il pouvait lui faire ne changerait rien à la vérité. 

Bien entendu que son but n'était pas de tuer Theobald. Bien entendu qu'elle était naïve de penser qu'elle pourrait le faire revenir à la raison. Mais de là à penser qu'elle pourrait déshonorer l'ordre, alors même qu'elle s'est toujours montrée en adepte digne de ce nom...Elle se recula au fond de son siège, ses lourdes paupières venant troubler la pureté de son regard. Elle retenait sa fougue, cela était palpable. Athanasius n'était pas qu'un amant, il était aussi plus âgé qu'elle et elle sentait la force froide qui l'animait depuis toujours:

- On ne peut rien te cacher. Cela tombe bien, je n'agis dans l'ombre que lorsque cela ne regarde que moi. Je ne compte pas tuer Theobald, mais mes ambitions sont toutefois louables bien que naïves. Lui parler, comprendre ce qui l'a amené à tout révéler...et ainsi le soumettre au jugement de nos pairs.

N'est-ce pas ainsi qu'ils ont toujours agis? Elle était la présidente du tribunal et même si ses sentiments envers Theobald étaient toujours bien ancrés en elle, elle saurait être impartial même si cela lui coûtera. Attraper Theobald sera toutefois une toute autre histoire.

Mais pour le moment elle fixait Athanasius, attendant son verdict. De son côté, elle se sentait mieux d'avoir dit toute la vérité. Bien entendu qu'elle était la personne dont tous pouvaient se méfier, mais elle se sentait trahie de la croire si faible. Elle a toujours été une femme de poigne, la chair ne l'ayant jamais fait changer d'avis. Elle pensait Athanasius assez proche d'elle pour le savoir, mais il semblait ne rien en être. Dommage qu'Harrison ne se trouvait pas là, lui aurait compris.
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Athanasius Tsvetan
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MessagePosté le: Mer 25 Juil 2012 - 20:41    Sujet du message: Retrouvailles sanglantes [Hyacinthe] Répondre en citant

Un sourire énigmatique affleura à mes lèvres alors que Hyacinthe me jetait à la tête le souvenir de la passion qui nous liait autrefois. Aurais dû en être blessé ou courroucé ? Je ne l’étais pas. Certes, en nous voyant, on ne pouvait que nous prendre pour deux amants inséparables. J’étais loin d’oublier ces moments bénis où j’avais pu me lier à une femme, moi qui n’avais connu qu’une seule véritable liaison dans ma longue existence. Hyacinthe me surpassait dans ce domaine car je n’y connaissais rien aux jeux de l’amour et je l’avouais parfaitement. Lier mon corps au sien était un plaisir que j’aurais aimé encore renouveler, même en cet instant où la méfiance l’emportait sur mes sentiments envers elle.

« J’apprécie ta passion en effet, mais il te faut la canaliser, ma mie, et ne pas te laisser emporter par de mauvais vents. »


Ma voix se faisait plus douce bien que mon visage redevenait aussi neutre que si jamais sourire ne l’avait rencontré. Devrais-je l’éliminer, serais-je contraint de m’abandonner à ma nature sauvage et la dévorer comme une proie ? Hyacinthe devrait-elle être considérée comme une traitresse vu son attachement à de Navarre ? Je me représentais le tableau en silence, m’imaginant la gorge gracile tranchée par mes crocs et son sang se répandant sur les tapis persan, son corps rejoignant celui de notre victime. Ce dernier serait le seul témoin muet d’une dispute entre nous, car nous n’avions jamais été opposés sur un quelconque sujet, bien au contraire. Hyacinthe possédait le don de m’apaiser, elle avait été la seule à m’aider à rejoindre un semblant de réalité dans la brume où j’existais.

Je m’éloignais, rejoignant un haut fauteuil de cuir marron sur lequel je prenais place, mes mains posées sur mes cuisses, mon regard planté dans celui de mon infante adoptive. Je n’avais pas conscience que mon comportement semblait décalé par rapport à mes paroles, j’agissais en fonction de mes pensées. Et elles étaient aussi chaotiques que l’orage, ambivalentes aussi, et j’estimais préférable de prendre un peu de distance physique. Ma passion n’avait toujours existé que dans le carnage, le viol, la brutalité. C’était ce que j’avais toujours appris jusqu’à ce que je rencontre Hyacinthe. En sa compagnie, j’avais appris d’autres choses… Cela ne faisait pourtant pas de moi un amant éperdu d’amour. Je la respectais, je l’aimais, mais mon cœur était déjà pris. Aurais-je dû de ce fait comprendre ce qui la liait à Théobald ? Je n’avais jamais développé de capacités d’empathie, les sentiments des autres m’étant obscurs et inconnus. Je méditais sur la haine que je portais à ce traître, la savoir liée à lui m’était insupportable.

Elle répondait, toujours aussi franche qu’elle l’avait toujours été, maîtrisant sa colère avec un don remarquable. Elle s’entendait cependant dans sa voix et je l’apercevais dans son aura fière et impétueuse. J’attendis qu’elle ait terminé, sans la lâcher des yeux, sondant ses pensées pour m’apercevoir qu’elles concordaient parfaitement avec ses paroles. Hyacinthe ne me mentait aucunement. Sa naïveté aurait pu me toucher mais je n’étais qu’un être insensible et froid, incapable de la moindre compassion.

« Lui parler. Penses tu réellement qu’il te dira la vérité ? Il t’endormira par ses beaux discours… Il maîtrise sans doute mieux les mots que je ne le fais mais ce ne sont que des sifflements de serpent, sache-le, Hyacinthe. »


Non, je n’étais pas doué en matière de communication et je le savais fort bien. Théobald au contraire était un habile manipulateur, un fléau pour les âmes naïves même si ses victimes étaient intelligentes. Je sondais l’esprit de Hyacinthe, me concentrant pour le pénétrer au plus profond et je captais ses pensées. J’hochais la tête avec gravité.

« Je crois en ta bonne foi, tu es sincère. Mais cela ne change rien au problème. Je connais les sentiments que tu nourris pour Théobald et je ne t’en veux pas pour ceux-ci. Je ne désire pas non plus que notre relation souffre de nos divergences de points de vue sur lui. Je sais que tu ne désire pas me trahir mais peux tu comprendre que je crains pour ta moralité ? Les idées de cet homme ne sont que diableries pour notre peuple. »


Je me relevais, m’approchant d’elle jusqu’à sentir à nouveau son parfum. J’étais à nouveau capable de le faire sans risquer de la mordre à présent. Mes envies morbides se devaient cependant d’être apaisées, notre victime m’avait juste échauffé mais nous verrions plus tard.

« Je devrais peut-être te présenter mon espion, celui que j’ai envoyé te surveiller. C’est un hybride, né d’un démon et d’une humaine. Il est totalement sous mon contrôle et espionne régulièrement Théobald. Il pourra peut-être répondre à certaines de tes questions… Mais avant, j’aimerais que nous nous retrouvions, Hyacinthe… »


Peut-être Silas pourrait-il dégouter Hyacinthe de son addiction au baron. J’avais envie de sa présence contre moi mais je la sentais encore furieuse. J’aurais aimé chasser cette colère de son âme et je fixais ses yeux, l’hypnotisant, lui insufflant le calme et la sérénité, don que je pouvais exercer sur elle, étant plus jeune que moi. Je saisis sa main dans la mienne et y posa les lèvres sans perdre notre contact visuel.
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Hyacinthe De Saint-Lys
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MessagePosté le: Lun 13 Aoû 2012 - 19:12    Sujet du message: Retrouvailles sanglantes [Hyacinthe] Répondre en citant

Ils avaient été beau autrefois. Ensemble, ils respiraient une passion sereine, ponctuée de baisers cachés derrière une colonne à la cathédrale saint Pierre, ou encore riant et se coursant au sein d'un cimetière. Ils riaient de tout, se faisaient l'amour encore plus. Tuer était un penchant qu'ils avaient également, mais ils savaient aussi être clément et laisser la vie sauve. Ils avaient été roi et reine à une époque où Theobald ne faisait plus partie de la voie publique, à une époque où l'un comme l'autre avait besoin d'oublier son aimé. Ils avaient été égoïstes dans leur amour, dans leur passion, et encore aujourd'hui ils l'étaient, séparément. L'entreprise de Hyacinthe lui prenait énormément de son temps. Elle adorait parcourir le monde en vue de faire le bien. Elle n'a jamais eu, à l'inverse de Theobald, une soif de reconnaissance. Elle aimait travailler dans l'ombre, trouvait que sa démarche était alors encore plus bénévole. Son coeur noircit par les années avait besoin d'une rédemption et elle sait qu'elle ne la trouvera qu'en rendant justice, et non dans les bras de son ancien amant et amour. Le seul homme pour qui elle a enfanté sans qu'il n'en sache rien. A quoi bon après tout? L'enfant n'était plus de ce monde depuis longtemps désormais.

Canaliser sa passion? N'était-ce pas ce qu'elle faisait constamment? Si auprès de lui elle ne pouvait ainsi se laisser aller, auprès de qui le pouvait-elle? Elle ne pouvait que se le demander en cet instant. Athanasius lui apparaissait tellement froid, tellement distant par moment, qu'elle se demandait comment quelque chose avait bien pu naitre entre eux à l'époque. C'était tout simplement miraculeux que cela fut possible, et elle ne regrettait rien au passé. Elle voulait seulement que le présent soit plus doux, qu'il arrête de l'attaquer pour un ancien amour qui était devenu un ennemi. Elle avait conscience de tout cela, elle portait la marque de la justice en elle. Jamais les belles paroles de Theobald réussiront à l'amadouer. Elle avait déjà lutté contre lui, pourquoi aujourd'hui cèderait-elle? Ce n'était pas dans le déroulement des choses, aujourd'hui elle était plus forte, elle avait construit sa propre entreprise, elle avait un rôle prépondérant au sein du Tribunal des traditions. Ce n'était certainement pas maintenant qu'elle avait trouvé un semblant d'équilibre qu'elle se laisserait salir par des pensées, des croyances, qui ne lui appartenaient pas.

- Crois-tu que je l'ai oublié? Crois-tu que je ne sais pas comme il est fin stratège maniant les mots comme des armes? Tu t'inquiètes de trop pour moi...A moins que c'est pour toi que tu t'inquiètes. Tu as peur qu'une personne aussi proche que toi face défaut aux traditionnalistes?

Son ton s'était radoucit, de manière considérable. Etait-ce car Athanasius avait pris de la distance vis à vis d'elle? Il n'y avait pas de réelle explication à cela. Ce qui était certain était que son regard brillait d'une détermination qui ne possédait pas de limite, et il pourrait dire tout ce qu'il désirait, cela ne la fera certainement pas changer d'avis. Tandis qu'il s'approchai d'elle, elle répondit à ses dernières paroles:

- Ma moralité ne craint rien. Il n'y a que mon corps qui peut être faible, mon esprit sera impitoyable. Rappelle toi le temps où nous chassions ensemble, le temps où nous devions obtenir la confiance de riche famille avant de les dépouiller de tous leurs biens? Nous n'avons pas toujours été des anges, et sache qu'il n'est pas le seul démon.

Les sentiments sont faibles, le corps aussi. Elle ne lui cachait rien, elle savait comme la nostalgie pouvait voiler un regard un instant, sans pour autant détourner ses pieds de son chemin. Il faudrait bien plus qu'une nuit romantique pour l'amener à changer de camps. Elle n'était pas en accord avec Theobald, le fait de se montrer au monde est la plus grande erreur de l'histoire vampirique à ses yeux.

Vil tentateur, Athanasius lui parla d'un espion, un hybride. Il était prêt à le lui présenter, sans aucun doute pour qu'il dépeigne Theobald comme un salop ou un fou. Elle n'avait pas peur de ce qu'il pourrait lui apparendre, elle était prête à tout entendre. Mais elle ne s'était pas attendu à ce qu'il se radoucisse comme il venait de le faire. Elle sentit qu'il en allait de même pour elle, et pensa, en quelques millièmes de secondes, qu'il avait du lui insuffler cette sérénité. Cela ne lui déplaisait pas. Elle sourit à cette parole, s'approchant de lui, venant coller son bassin contre le sien, passant ses bras autours de sa nuque.

- Je t'ai quand même un peu manqué alors?

Elle porta ses lèvres sur les siennes en un long baiser, comme un pansement sur une plaie.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 01:22    Sujet du message: Retrouvailles sanglantes [Hyacinthe]

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