Blackout Index du Forum
 
 
 
Blackout Index du ForumFAQRechercherS’enregistrerConnexion

Killing loneliness [pv Agape]

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Blackout Index du Forum -> SEATTLE, la cité émeraude -> Columbia City -> Les résidences
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Mathias Amalric
Vampire

Hors ligne

Inscrit le: 09 Mar 2009
Messages: 252

MessagePosté le: Jeu 8 Juil 2010 - 15:16    Sujet du message: Killing loneliness [pv Agape] Répondre en citant

La torpeur. Un état d’inconscience, semblable en tout point à la mort où les vampires trouvent un repos éphémère où puiser de nouvelles forces. On pourrait définir ça comme ça, avec tout ce que ça suppose d’apaisement, de calme et de détente. On se cherche un coin peinard où s’ensevelir, de préférence loin des emmerdeurs et surtout à l’écart des rayons de soleil meurtriers. On s’offre une jolie boite rectangulaire rien que pour soi, faut pas hésiter à se faire plaisir! Hé ouais, dans le temps, le cercueil était à la mode chez les sangsues, et chez certains ringards, ça se fait même encore maintenant. On se planque donc entre quatre planches et on adopte la pose classique de Dracula : raide sur le dos, les deux mains sur le haut du torse, le linceul comme oreiller. T’imagine le truc? Y’en a qui trouvent que c’est la grande classe et faut avouer que l’avantage c’est que tes voisins sont pas chiants dans le cimetière. Mais tu vas rire, j’ai jamais su m’y faire. Ouais, à cause de cette PUTAIN de claustrophobie de MERDE.

Voilà pourquoi ce moment qui est sensé représenter la paix et la sérénité me débecte au plus au point et que je dois être un des seuls vampires à souffrir d’insomnies chroniques. Ouais, tu vas me dire, on peut simplement se foutre au pieux en espérant qu’aucun abruti n’aura l’idée d’ouvrir les volets pendant qu’on pionce. Faut croire en la chance. N’empêche que ce soir, je m’éveille dans une chambre d’hôtel, avec deux poules entre les bras que je ne connais même pas. Okay, là j’ai dû croire un peu trop en ma chance et le whisky que j’ai sifflé toute la nuit associé au sang aromatisé en héroïne n’y a pas été pour rien. Je palpe un peu la marchandise, histoire de vérifier si la viande est encore chaude mais de toute évidence les deux drôlesses sont toujours en vie. J’en ramasse une par la crinière et elle me renvoie un regard vide, complètement défoncée qu’elle est. Sans préambule, je plante mes canines dans sa gorge, j’ai pas envie de dire bonsoir, être asocial c’est tout un art.

Un rien plus tard, je suis dans la rue et je rejoins ma bécane. On ne peut pas dire que mon humeur soit désastreuse mais c’est tout comme. Ça fait plusieurs nuits que je n’ai plus vu Lola et je préfère éviter encore qu’elle se retrouve face à moi. Pour dire la vérité, je ne crois pas être capable de m’empêcher de la buter après ce qu’elle a fait. Il vaut mieux que je me calme encore quelques temps, j’aurai les idées plus claires plus tard, faut espérer. De toute façon, j’ai à faire cette nuit, j’ai été engagé pour une mission de la part d’un vampire, un mec qui se fait appeler Ambroise et qui n’a pas envie de se salir les mains lui-même. Il m’a donné l’adresse d’une nana que je dois lui ramener de grès ou de force, je ne suis pas au courant des détails et à vrai dire je m’en fous, pourvu qu’il me paie. En plus ça me défoulera. Je mets donc les gaz pour filer aux travers des rues et rejoindre l’endroit indiqué. Il s’agit d’un quartier plutôt chic, au centre de Columbia City et je repère assez vite la villa, transformée discrètement en bordel High class.

Je laisse ma bécane un peu à l’écart, pour ne pas attirer l’attention sur moi et je m’avance vers la baraque, mes yeux vipérins sondant la nuit. Les mains dans les poches de mon cuir cintré, je repère les lieux, me concentrant sur l’éventuelle présence d’immortels dans le coin. Mais tout parait calme. Je me présente donc à l’entrée, comme un simple client, après tout y’a pas de raison qu’on se méfie de moi. C’est une bonne femme qui vient m’ouvrir et j’inspire son odeur chaude d’humaine pendant que mon regard la sonde, impatient. C’est pas trop mon genre de nana mais je la classe dans la catégorie des meufs baisables, elle a des formes attrayantes et elle n’est pas mal fringuée même si son style est un peu trop classique à mon gout. Comme elle n’a pas l’air décidée à me laisser rentrer, je m’impose, la poussant d’un coup d’épaule pour pénétrer dans le vestibule.


« Je viens pour Agape Ursari, où est-elle? » Que je marmonne d’une voix qu’on pourrait qualifier de polie.

« Elle n’est pas là pour le moment, vous devriez revenir plus tard… monsieur je suis désolée mais je… »


Elle n’a pas l’air enchantée de me voir, c’est pas ce que j’appellerais un accueil amical. Décidément, les bordels ne sont plus ce qu’ils étaient! J’étudie l’intérieur d’un regard intrusif, sans me soucier des protestations de la gueuze. L’endroit est décoré sobrement, rien à voir avec le clinquant des lupanars bas de gamme. Je ne ressens toujours pas la présence d’un immortel, il semble en effet qu’Agape soit absente, l’humaine ne m’a donc pas menti. Elle me suit dans mon exploration en continuant à me parler mais mon attention est attirée par autre chose… une odeur particulière qui flotte dans la maison et que je ne parviens pas à reconnaître. Visiblement, quelqu’un que je connais se trouvait là il n’y a pas très longtemps… Mon regard tombe alors sur un bandana oublié sur un fauteuil. Je le ramasse distraitement pour analyser son odeur et une image apparait aussitôt dans mon esprit. Le gamin… celui qui flirtait avec Lola l’autre soir, c’est à lui qu'appartient cette odeur! Voilà qui est intéressant… Mais la grognasse m’empêche de me concentrer en continuant son babillage.


« … si vous voulez prendre un rendez vous, je peux peut-être vous proposer une date… »
Elle s’interrompt tout net quand je la fixe dans les yeux. Mon regard est empoisonné.

« Je vais attendre. Viens par ici. »

Ambroise a été clair. Je dois prouver à Agape qu’elle n’est que sa chienne et qu’elle est incapable de vivre sans protecteur. Je dois lui faire peur mais la lui ramener en bon état. Par contre, il ne m’a pas demandé d’épargner ses employés et justement ma soif est grande ce soir… La femelle s’est figée, incapable de se détacher de mes iris de jade. Mes mains se posent sur ses épaules, la ramenant contre moi et sa petite silhouette s’écrase contre mon torse glacé. J’écarte les mèches de ses cheveux pour atteindre sa gorge et je sens son pouls s’accélérer. Il est trop tard pour se débattre. Mes crocs s’enfoncent cruellement dans la chair tendre et un flot de sang tiède inonde ma bouche, glissant dans ma gorge. Mon étreinte est solide et ma morsure se fait impitoyable, un feu d’enfer envahissant mon regard. Elle laisse échapper des gémissements désespérés mais je n'y prend pas garde, mon esprit est ailleurs, centré sur mes pensées, sur Lola, sur mes sentiments troubles envers elle, sur cette colère que je garde en moi depuis trop longtemps. Je n'ai pas envie de me retenir et le sang gicle contre le mur, recouvrant le tapis neuf sans égard. Je m’abreuve de ma proie jusqu’à son dernier battement de coeur, la laissant choir ensuite sur le sol, comme une poupée de chiffon. L'humanité me dégoute. Il ne me reste plus qu’à me choisir un siège dans le salon et attendre Agape confortablement, autant profiter du luxe de l'endroit. Je me grille une clope, j’espère qu’elle reviendra accompagnée… et je manipule distraitement le bandana oublié…
_________________

Nous vivons dans un monde parfait où le mensonge colore nos âmes.
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Jeu 8 Juil 2010 - 15:16    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Agape Ursari
Vampire

Hors ligne

Inscrit le: 14 Mar 2010
Messages: 106
Féminin

MessagePosté le: Mer 21 Juil 2010 - 01:02    Sujet du message: Killing loneliness [pv Agape] Répondre en citant

La chasse avait été bonne ce soir. La chasse à l'humain, d'abord. Agape était allée traîner au centre ville et avait réussi à amadouer une trentenaire au regard délavé par une vie sans intérêt... Ça avait presque été trop facile, mais comme la vampire ne prenait pas particulièrement de plaisir à ces jeux sans gloire, elle en était plutôt satisfaite. Elle avait commencé par engager une conversation un peu facile sur les enfants, et s'était prise au jeu de la mère de famille seule, pour appâter la jeune femme qui n'osait pas avouer son envie de maternité à un mari aux moeurs de vieux célibataire.

Elles avaient rit, partagé quelques coktails trop sucrés, en étaient venues au confidences. Agape cultivait l'art de répondre avec subtilité et naturel aux désirs non formulés de ses proies comme de ses clients... Et ça marchait à tous les coups. Un peu éméchées, du moins pour l'une des deux, elles avaient pouffé comme des adolescentes en se tenant les côtes, puis étaient sorties bras-dessus bras-dessous, en titubant sur leurs jambes frêles. Au détour d'une rue plus étroite, elles avaient échangé un chaste baiser, qui s'était bien vite transformé en dégustation goulue. Partiellement rassasiée, l'immortelle avait insufflé l'oubli dans les yeux de sa victime, et un peu de courage dans son coeur.

Mais la soirée ne faisait que commencer. Elle s'était changée dans les toilettes d'un bar, et avait repris sa bécane pour aller s'encanailler plus près de chez elle, dans la demeure d'un riche investisseur. Elle avait été cordialement conviée à une petite sauterie entre hommes; comprenez la nuit orgiaque de l'enterrement de vie de garçon du neveu de l'homme d'affaire. Il avait payé très cher pour s'offrir les services d'Agape, ignorant que cette dernière avait également tout intérêt à venir déployer ses charmes au milieu de la compagnie de businessmen... Et d'un en particulier.

Pas l'hôte de maison non, ni même son neveu à qui la fête était dédiée, mais l'un de ses éminents invités, le controversé Tom Page. Il était de notoriété publique qu'à l'instar de sa fille, il aimait fricoter avec des vampires, au grand dam de son ex-femme, républicaine et chrétienne convaincue. Un client potentiel donc, mais ce n'était pas tout. Page avait été aperçu plusieurs fois au bras d'une toute jeune immortelle au regard charbonneux et aux formes sculpturales... Rivale potentielle, ou possible recrue? Dans les deux cas, Agape voulait en savoir plus sur cette nouvelle venue, et elle comptait sur Page pour lui fournir certaines informations préliminaires, avant de tenter une approche plus directe.

L'effeuillage offert au jeune fiancé fut donc ponctué de quelques regards brûlants lancés tout particulièrement en direction de sa cible du soir, et c'est avec lui qu'elle s'éclipsa une heure plus tard pour avoir une conversation d'ordre plus privé... Elle sonda rapidement l'esprit de l'homme, et n'eut aucun mal à en soutirer tous les renseignements qu'elle souhaitait. Elle s'appelait Ariane, elle n'avait que quelques années de non-vie, et elle voyait en Tom Page le protecteur et le mentor que son sire n'avait jamais été... C'était parfait. Elle serait sûrement manipulable, et facile à débaucher. Il faudrait orchestrer une rencontre au plus vite, tant que la jeune femme était encore vulnérable et inexpérimentée...

Il restait encore quelques heures avant le lever du jour quand la vampire gara sa moto devant chez elle. Elle avait troqué sa robe du soir au décolleté pigeonnant contre un jean râpé et un débardeur bâillant... Elle n'aurait plus de clients aujourd'hui, le reste de la nuit lui appartenait. Mais elle n'était pas même descendue de son engin, que l'odeur la prit aux narines. Du sang, en très grande quantité. Du sang répandu, froid et déjà en train de coaguler. Du sang mort... Un frisson glacé s'insinua dans ses os. Elle fit quelques pas vers chez elle, humant cet air vicié à grandes goulées anxieuses... Et puis elle la sentit. Derrière celle du sang, une odeur plus légère, mais définitivement immortelle. Musquée... Masculine.

Elle n'hésita pas plus longtemps, et ouvrit la porte d'entrée, pour découvrir le spectacle redouté de Carlie gisant dans une mare incarnat. Son regard capta immédiatement celui de l'intrus, nonchalamment installé dans l'un des fauteuils cossus du petit salon, et glissa rapidement sur le morceau de tissu qu'il tenait entre ses mains souillées. Une angoisse irraisonnée l'étreint un instant, puis elle laissa la haine et la fureur la submerger dans un battement de paupières. Elle referma la porte en s'y adossa. Enfin, elle sortit de sa poche son paquet de clopes et s'en alluma une qu'elle inhala profondément, avant de rejeter la tête en arrière pour cracher un souffle blanc qui se dissipa autour d'elle, masquant difficilement les émanations métalliques du sang.

Blême, elle fixait l'inconnu d'un oeil ardent, cherchant dans son regard orgueilleux les raisons de ce massacre et de cette intrusion. Elle n'eut pas à réfléchir longtemps. C'était l'arrogance possessive d'Ambroise qui se lisait derrière ce tir de sommation... Elle serra les poings. Il n'avait même pas la décence de venir l'affronter en personne, pour envoyer ce sbire de seconde zone, un parfait inconnu, pour faire le sale boulot! Elle siffla entre ses dents à l'intention du sous-fifre.


Tu peux lui dire d'aller se faire foutre. C'est pas en envoyant un minet dans ton genre assassiner mon employée qu'il va me faire peur.

Elle tira une nouvelle bouffée de sa cigarette, et reprit, comme pour elle même.

Ça fait un an putain, faudrait voir à passer à autre chose... Et dans un nuage de fumée, Putain d'enfoiré.

_________________
Revenir en haut
Mathias Amalric
Vampire

Hors ligne

Inscrit le: 09 Mar 2009
Messages: 252

MessagePosté le: Jeu 16 Sep 2010 - 16:40    Sujet du message: Killing loneliness [pv Agape] Répondre en citant

Intrusion. Ma solitude vient de se briser par l’ouverture de cette porte et je contemple ma proie de ce soir, sans me défaire de cette immobilité parfaite qui fige mon corps dans une attitude prédatrice. Mes yeux vipérins sondent le visage de la créature et j’analyse silencieusement les réactions qui animent ses traits. La terreur tout d’abord qui s’allume dans ses prunelles charbonneuses, l’horreur de découvrir son foyer souillé par le sang. Puis la colère qui ruisselle en elle, teintant son aura d’une vague dorée de haine. Quel effet cela doit être de se prendre en pleine face ce genre de surprise, aussi crument qu‘un seau d‘eau glacée? Ça réveille hein ma p’tite dame, ça te met les nerfs à fleur de peau! J’imagine bien. On se croit naïvement à l’abri dans son chez-soi, on n’imagine pas que la mort puisse surgir sans crier gare et dévaster cette pauvre tranquillité tant espérée. J’en deviendrais presque compatissant tant mon empathie est développée… mais ne rêvons pas.

Nous fumons tous deux, savourant cette minute de silence ou nous nous toisons, de part et d’autre de l’encadrement de la porte. J’ai décidé de prendre mon temps ce soir, aussi je la laisse méditer sur la scène avec patience, m’attendant à toute sorte de réactions. Va-t-elle hurler, chialer, me questionner, chercher à se battre? Je n’en ai foutrement aucune idée, je ne connais ni cette donzelle ni son tempérament et les seules informations que je possède sur elle sont celles qu‘Ambroise m‘a fournies. Une servante insoumise. Pourtant lorsqu’elle prend la parole, j’hausse un sourcil sardonique, soufflant un nuage de fumée grisâtre. Tiens donc, il semblerait qu’elle soit déjà parvenue à certaines conclusions sans mon aide. Je note les mots doux qu’elle dédie à Ambroise, elle n’a pas mis longtemps pour penser à lui… comme c’est romantique. Je me redresse donc lentement, mon mégot entre les lèvres, tenant toujours ce bandana froissé entre mes doigts. Mon regard ne la quitte pas pendant que ma voix grave s’élève dans la pièce, teintée d’une sourde ironie.


« Si c’est pas de l’amour ça… Mais faut que tu sache un truc Cendrillon, t’es loin d’être sortie de l’auberge. »


Quelques lampes discrètes propagent dans la pièce une lueur tamisée, agréable pour les yeux des immortels, et leur lueur rehausse l’éclat des trainées écarlates qui jonchent le sol et les murs. Mon pas est léger sur l’épais tapis qui recouvre le sol et au passage, je balance mon mégot sur le corps inerte de ma proie avec une grâce méprisante. Ma haine pour les humains dépasse toutes les autres, je crois bien. De la pointe de ma botte, j’écrase ma clope sur le ventre de la moribonde, tout en surveillant ma cible avec intensité. Je sais qu’elle est plus jeune que moi mais je n’ai jamais sous estimé mes adversaires et j’ai pris l’habitude de rester méfiant en toute circonstance. Si elle tente quoique ce soit, je serai prêt à éviter l’attaque, ma parano excessive m’a déjà évité bien des emmerdes. D’un geste anodin, je lui désigne le bandana avant de le ranger dans la poche de mon cuir. J’ignore si cet accessoire et l’odeur qui l’imprègne lui rappellent quelque chose, on va bien voir.

« T’as raison de ne pas t’attacher aux humains, c’est comme les poissons rouges, ça crève trop vite. »
J’adopte un ton blasé tout en étudiant l’expression de son visage, le principe est de trouver la faille, le point faible qui se niche dans son âme. J’hausse les épaules. «  C’est pas de bol, si tu étais restée sous la protection d’Ambroise, t’aurais quand même pu profiter de cette grognasse un peu plus longtemps… Enfin, son sang n‘a pas été perdu pour tout le monde, je te rassure.»

Un éclat cruel glisse dans mes prunelles. Sans lui donner le temps de répondre, ma célérité me permet de fondre sur elle en une fraction de seconde, dans un simple bruissement d‘air. Je rejoins ainsi vivement la pute de luxe, mon ombre la recouvrant entièrement comme un manteau de ténèbres. Mon corps glacé se plaque contre elle, l’écrasant contre la porte pendant que j’attrape ses poignets avec rudesse, l‘obligeant à lâcher sa propre clope à peine entamée… quel gaspillage. La manière dont je me colle à elle empêche tout coup de genoux intempestif, je connais bien les femelles et leurs attaques préférées contre les mâles. Ainsi mon bassin reste rivé au sien pendant que je lui glisse quelques mots à l’oreille, comme une confidence.

« Tu sais, je ne fais pas ça uniquement pour le fric. Je crois bien que c’est comme une drogue pour moi… le meurtre. C’est dingue, j’arrive pas à m’en empêcher, si je me laissais aller je pourrais même me faire tous tes clients, tes voisins, tes copains… jusqu’à ce qu’il ne reste plus que toi, toute seule. »

Mes crocs mordillent un instant le lobe de son oreille avant de me dégager lestement et de la contraindre à faire volte face, en tordant ses bras. Je la maintiens toujours avec fermeté, en la contraignant à avancer vers le salon que je viens de quitter. Il faut quand même qu’on cause un peu, on ne va pas partir comme ça et puis j’ai envie d’un verre de whisky. Je la mène donc à un canapé où je l’incite à s’asseoir d’une poussée encourageante. Je cherche des yeux le mini bar tout en reprenant avec cynisme.

 « Laisse moi te mettre au parfum. Ambroise est prêt à te pardonner ta fugue et à t’accueillir les bras ouverts. Ouais, je sais, moi si une poule me faisait ce coup là, elle pourrait toujours crever pour que je la reprenne… mais bon, chacun son truc. T’as dû lui laisser une sacrée impression au vieux… Tu permets que je me serve un verre? Ouais ouais, je fais comme chez moi. » J’ai déniché le meuble qui contient l'alcool et je ramasse une bonne bouteille de Sky… Il n‘a pas l‘air mauvais. « Dis moi, il compte revenir bientôt le mec au bandana? »

Mes yeux retrouvent les siens, et la noirceur y danse comme une promesse barbare.

_________________

Nous vivons dans un monde parfait où le mensonge colore nos âmes.
Revenir en haut
Agape Ursari
Vampire

Hors ligne

Inscrit le: 14 Mar 2010
Messages: 106
Féminin

MessagePosté le: Lun 20 Sep 2010 - 18:37    Sujet du message: Killing loneliness [pv Agape] Répondre en citant

Ne pas céder à ses provocations. Ne pas céder, retenir le flot tumultueux qui gronde au fond de sa gorge, car c'est ce qu'il veut. C'est ce qu'il attend. Il ne faut jamais être là où l'on est attendu. Elle observe d'un oeil froid le mégot se consumer sur le ventre flasque de Carlie. Elle n'y était pas vraiment attachée, mais c'était une bonne employée, et ce massacre gratuit n'éveille en elle que le plus profond dédain.

Les grandes éclaboussures de sang en disent long sur la nature de celui qui lui fait face: un impulsif, qui s'amuse de lâcher sa bête et sa rancoeur sur les vies des humains. Frustré. Irréfléchi. Béotien. Tant pis... Elle l'enveloppe d'un regard indifférent, même lorsqu'il agite le bandana de Santiago dans sa direction, surtout lorsqu'il agite le bandana de Santiago dans sa direction. C'est grossier, c'est transparent, elle ne tombera pas dans ce piège approximatif. Elle se décolle légèrement de la porte, c'est pas le tout de le laisser bavasser, mais il va falloir riposter. Et celui-ci mérite une vengeance à la hauteur de l'affront qu'il vient de lui porter.

Un battement de cils plus tard, pourtant, son dos retrouve brutalement le contact rugueux de la porte d'entrée, alors que son adversaire s'appuie contre elle de tout son poids dans un mouvement suggestif. Elle le laisse la délester de son arme tabagique, puisque de toute façon elle n'a pas le choix, et étouffe un roulement d'yeux exaspéré. Veut-il vraiment jouer à ça? Il a toqué à la bonne porte. Mais... il le sait, n'est-ce pas? Elle répond à sa bravade en avançant elle-même son bassin pour venir l'ajuster tout contre le sien, insolente. Elle se colle contre son corps et recueille ses paroles avec placidité, puis avance la tête pour venir à son tour la nicher dans son cou, tout contre son oreille, et lui murmure ses propres mots d'amour d'une voix suave.


"Je te tuerai avant..."

Elle se recule enfin en sortant ses crocs qu'elle fait claquer à quelques centimètres de son nez d'un air moqueur. Elle n'a pas peur. Elle est une Rroma, et son peuple lui a enseigné la fierté, de celle qui lui dictera de mourir plutôt que de laisser la satisfaction à son adversaire de se rendre ou de se soumettre. Archaïque peut-être; stupide, probablement, mais l'on ne renie pas ses origines et sa culture en quelques siècles d'une évolution toute relative.
Lorsqu'il la fait ployer pour passer dans son dos, elle résiste un peu, pour tester sa force, sa défense, mais le sondage est peu concluant. Définitivement plus âgé, plus rompu à ce genre d'exercices.

Alors elle reprend son badinage, et se cambre à nouveau contre lui, comme un chat qui viendrait quémander des caresses, et elle se laisse conduire docilement vers son propre salon, jusqu'à son canapé sur lequel elle s'étend sans trop de mauvaise grâce. Elle le suit des yeux alors qu'il fouille dans ses placards en toute impolitesse et égraine quelques paroles d'une voix paresseuse en réponse à sa petite explication.


"Il faut vivre avec son temps, mon frère... Ce n'est pas parce que tu te prends pour un coq que les femmes sont des poules, et que tu peux les « reprendre » quand ça te démange... Malheureusement, Ambroise est lui aussi un homme d'un autre temps."

Il exhibe sa trouvaille, une bouteille de Glen Mhor vingt ans d'âge. Autant donner de la confiture aux cochons. Mais de nouveau, il lance une sonde qu'Agape s'efforce de ne pas agripper. Pourquoi s'acharne-t-il ainsi sur Santiago? Est-il au courant de quelque chose? Et puis, de quoi pourrait-il être au courant, d'ailleurs? Le gamin n'est qu'un outil qui lui a permis de récupérer ce que son père lui avait volé, c'est tout... Sans se préoccuper du noeud étroit qui s'est tissé dans son ventre, elle lâche d'un ton anodin, tout en jouant avec une mèche de ses cheveux...

"Probablement oui... Quand il aura réuni assez de fric pour me valoir." Elle soupire et se redresse, étend vaguement son bras vers une étagère vitrée. "Les verres sont derrière toi."

À peine s'est il détourné pour saisir un récipient qu'elle se jette alors sur lui, attrape à deux mains son crâne qu'elle tord violemment sur le côté, et plonge la tête dans son cou pour en arracher un large morceau de chair et quelques tendons, dans une gerbe de sang d'une sauvagerie toute animale. Elle se retire alors et recrache son butin au visage de sa victime dans un sifflement méprisant. Il s'agit probablement de la plus grave insulte que l'on puisse offrir à un vampire: lui réserver le sort que subit habituellement la nourriture. C'est de plus particulièrement douloureux, et très humiliant. Agape vient probablement de signer son arrêt de mort... Mais il le vaut bien.

_________________
Revenir en haut
Mathias Amalric
Vampire

Hors ligne

Inscrit le: 09 Mar 2009
Messages: 252

MessagePosté le: Jeu 3 Mar 2011 - 17:20    Sujet du message: Killing loneliness [pv Agape] Répondre en citant

La bouteille dans la main, j’ausculte son regard avec un cynisme grinçant. Elle s’est alanguie dans son canapé, me fixant de ses prunelles charbonneuses, et ses paroles m’informent sur sa mentalité. Alors comme ça, elle est sensible à mes commentaires macho, ça chatouille sa fierté de femelle? Tant mieux, moi ça me fait délirer. Sans cesser de la dévisager, mes yeux verts soutiennent son regard trop insolent. Je me fous éperdument de l’histoire qu’elle partage avec Ambroise, elle ignore à quel point. Je n’ai même aucune envie de juger ce gars là, ni d’estimer si son désir de retrouver une donzelle qui ne veut pas de lui est bon ou non. Ouais, je m’en tape. Pourtant, j’utilise les faiblesses de mon adversaire pour la rabaisser, tout ce qui la rendra plus fragile est bon à prendre, c’est mon job.

«Certaines choses ne changent jamais, ma poulette, et notamment l’emprise que les hommes ont sur les femmes, tu ne pourras jamais changer ça. Ambroise est ton maître, c’est une chose évidente, et que ses mœurs te plaisent ou pas, tu te dois de lui obéir, autrement t’es bonne pour la poubelle. Pauvre femelle esseulée… »


Je ricane. J’ignore pourquoi je prend autant de plaisir à frapper sur le clou, histoire d’aiguiser au maximum sa rancœur. La bouteille de Glen Mhor me va parfaitement; j’ai l‘habitude de reconnaître les meilleurs alcools et je ne regrette pas de m’être servi. Faut savoir se faire plaisir. J’attend de constater les réactions de la pute du luxe suite à mes menaces sur le mec au bandana et lorsqu’elle répond d’une voix détachée, j’arque un sourcil. Ses pensées paraissent troublées, même si elle ne me mettent sur aucune piste. Peu importe, j’aurai bien d’autres possibilités pour jouer avec ses émotions et déjà elle ne me cache rien de la plus intense d’entre elle : sa fierté. Oui, c’est-ce qui se détache le plus des idées muettes qui rôdent dans son esprit, elle est furieuse lorsqu’on évoque une idée de domination. Alors comme ça, on est susceptible? Et j’ai bien l’impression qu’elle est fameusement butée aussi.

Elle a beau me préciser que les verres sont derrière moi, je ne me retourne pas. Non, je suis bien trop méfiant pour cela. Aussi, lorsqu’elle se jette sur moi, tous crocs sortis, je suis assez sur mes gardes pour empêcher une morsure trop profonde, retenant son attaque en l’emprisonnant de mes deux bras. Certes, elle est vigoureuse et assez agressive pour réussir à me mordre et m’arracher douloureusement la chair. Mon sang s’échappe de ma gorge en une giclée rougeâtre qui macule le visage blanc de la putain. Elle se comporte comme une véritable furie, se muant en un animal sauvage, ses yeux luisant dans la pénombre du salon et sa bouche déformée par sa fureur. Je serre les dents sur la douleur qui me transperce, agrippant ses épaules de mes griffes qui percent ses vêtements et sa chair par la même occasion. Ma poigne est puissante et je ne la desserre pas, l’entraînant avec moi dans une chute sur le sol, tandis que la bouteille de Whisky éclate sur le parquet. Une fois au sol, je roule sur elle, la recouvrant aussitôt de mon corps, mes prunelles dilatées et mes crocs offerts. Un grognement s’échappe de ma gorge pendant que je la plaque au sol. Une plaie profonde est creusée dans mon cou, de laquelle s’échappe mon sang maudit.

« Sale pute! »

Je lui inflige une beigne puissante, assortie de sa petite sœur, du revers de ma main sur son autre joue. Ma poigne agrippe ensuite sa gorge avec puissance, au risque de la lui broyer. Certes, je pourrais le faire avec facilité, mais si je la détruis, ma mission sera un fiasco et je ne pourrais compter sur la somme miroitante que ce salaud d’Ambroise m’a promis. Je me contente donc de dévisager son visage pâle, meurtri par mes coups avant de reprendre d’une voix sombre, sans la relâcher.


« Tu vois, c’est dingue mais en ce moment je pourrais t’arracher ta sale gueule et tu sais ce qui est ironique dans l’histoire? C’est qu’encore une fois, c’est à Ambroise que tu dois la vie. T’as ruiné la bouteille de sky, salope, faut vraiment être une femme pour être aussi conne. »

J’ai l’habitude de m’en prendre plein la gueule, je me suis aguerri à la souffrance et aux humiliations depuis le temps. Mais qu’une poufiasse m’arrache le biberon de la gueule c’est une autre histoire. Elle a choisi la guerre? Très bien. De toutes façons, elle n’a jamais eu le choix. Gardant ma pogne contre sa gorge, j’utilise mon autre main pour m’emparer du reste de la bouteille brisée, laquelle m’offre un bout de verre assez pointu. C’est avec ma vivacité d’immortel que je prend mon élan pour la planter brutalement dans le cœur de ma proie, la paralysant aussitôt. Les points faibles des vampires sont bien sûr inconnus des mortels, nous ne sommes pas assez cons pour les leur offrir sur un plateau d’argent. Mais de mon coté, je suis assez habitué aux bagarres pour tirer profit du moindre avantage, aussi, je me redresse, contemplant ma proie au sol, incapable d’effectuer le moindre mouvement.


« Okay. On va aller gentiment retrouver Ambroise maintenant. On verra bien ce qu’il fera de ta peau. Je proposerai bien d’en faire une descente de lit. »

Ma main écrase ma blessure, retenant le flux de sang qui s’en dégage. J’utilise le fameux bandana oublié pour retenir l’hémorragie, le nouant autour de mon cou. Il me faudra du sang pour compenser, mais dans l’immédiat, je prend le temps de sortir une clope de ma poche pour me l’allumer et inspirer quelques bouffées, contemplant ma victime avec un dédain marqué. Coinçant ma sèche entre mes lèvres, je me décide enfin à m’occuper d’elle, ôtant mon blouson pour l’en recouvrir et cacher le verre fiché dans son cœur. Glissant mes bras sous elle, je la ramasse enfin, la soulevant comme un sac de patate et la posant sur mon épaule. Tant que l’arme est fichée dans son cœur, elle restera paralysée. D’un pas énergique, je sors donc de la maison, rejoignant la rue où j’ai garé ma bécane Je pose la nana devant moi, l’entourant de mes bras pour éviter qu’elle ne tombe, et c’est ainsi que je démarre, m’évadant rapidement hors de son quartier pour me diriger vers le club d’Ambroise, en plein milieu de Seattle…
_________________

Nous vivons dans un monde parfait où le mensonge colore nos âmes.
Revenir en haut
Agape Ursari
Vampire

Hors ligne

Inscrit le: 14 Mar 2010
Messages: 106
Féminin

MessagePosté le: Mer 20 Avr 2011 - 22:16    Sujet du message: Killing loneliness [pv Agape] Répondre en citant

To be continued...
_________________
Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 15:14    Sujet du message: Killing loneliness [pv Agape]

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Blackout Index du Forum -> SEATTLE, la cité émeraude -> Columbia City -> Les résidences Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | créer forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Template lost-kingdom_Tolede created by larme d'ange
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com