Blackout Index du Forum
 
 
 
Blackout Index du ForumFAQRechercherS’enregistrerConnexion

Exemples de rp

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Blackout Index du Forum -> Avant de commencer -> Règles et contexte -> Contexte
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Mnesis
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Jan 2009
Messages: 762
Localisation: Dans les limbes

MessagePosté le: Lun 19 Avr 2010 - 20:09    Sujet du message: Exemples de rp Répondre en citant



    Ma part d‘ombre et la tienne
    First Hill
    Jibril de Nepheim




    « Docteur, nous sommes en train de le perdre. »

    Dans la salle d’opération, le corps inerte d’un jeune garçon est entouré du personnel soignant. Et sur son martyre ne se penchent que des figures anonymes, revêtues de tuniques verts pâles, des étrangers masqués dont je fais partie. Je donne les instructions d’une voix neutre, surveillant le monitoring, tandis que les chocs électriques sont envoyés, à intervalles réguliers contre la poitrine frêle. Le visage de l’enfant est si pâle, ses yeux légèrement entrouverts ne fixent que le néant. Des gouttes de sueur perlent encore sur son front et le duvet fin de ses cheveux blonds. Un masque à oxygène comprime ses lèvres blêmes mais il ne respire plus. Et je capte les dernières émotions qui s’évadent hors de lui avant qu’il ne s’éteigne doucement, petite âme sur son lit d’hôpital. Sa lueur a vacillé doucement et il s’en est allé, sans un bruit.

    « C’est terminé. Heure du décès, 3h46. Arrêt cardiaque. »


    C’était un enfant d’à peine dix ans, les yeux clairs et les cheveux bouclés et dorés. Sa ressemblance est frappante avec ce gamin que j’ai laissé derrière moi, il y a bien longtemps, alors que je partais pour ma première mission avec mon père… Constat étrange qui vogue dans mes pensées, tandis que je m’éloigne pour me laver de ces odeurs de mort. Le froid me recouvre, il pénètre mes os alors que mes pas résonnent dans ces couloirs déserts, mais je ne ressens rien. Ni peine, ni regrets. En cet instant, je garde en moi cet apaisement que l’enfant ressentait… le lâcher prise. Un courant d‘air provient d‘une fenêtre ouverte et je frissonne malgré moi, ce monde est si froid, trop pour nous.

    Mes pas me conduisent vers la cage d’escaliers et je descend les trois étages dans une cadence légère. J’ai besoin de bouger. J’étais de garde ce soir mais ma permanence vient de s‘achever. Je concilie stoïquement mon devoir de médecin avec mon rôle de djinn, garant de l’équilibre. Ma couverture me convient, elle me permet d’approfondir mes connaissances en médecine humaine, un domaine qui m’a toujours passionné. Mes études actuelles ne sont qu’un perfectionnement de celles que j’ai effectuées à Shadukiam pendant plusieurs années et je suis à présent capable de soigner aussi bien les djinns que les humains. Mais avec tout cela, autant dire qu’il ne me reste pas beaucoup de temps pour moi… Plusieurs jours se sont succédés sans que je n’ai pu me poser, j’ai à peine eu le temps de les voir passer. Cinq nuits déjà se sont écoulées depuis ma rencontre avec Jolän et ce n’est que maintenant, à cette heure si tardive que j’ai enfin l’opportunité d’aller le voir… J’aurais pourtant aimé pouvoir le faire plus tôt mais j’avais besoin de laisser s’évacuer ma colère, ce n’est donc pas une si mauvaise chose.

    Il ignore bien sûr que j’ai fait le nécessaire pour retrouver sa trace, contactant tous les services ambulanciers de la ville en donnant sa description et le lieu où on l‘avait découvert. Tout cela pour qu’on m’informe qu’il avait été admis - sous un faux nom - au Grace CHU, l’endroit même où j’effectue mon internat. Une fois rassuré sur son état, j’ai laissé couler le temps. J’ouvre avec assurance la porte qui mène au bon étage et je parcours à présent le couloir endormi, baigné d’une lumière tamisée. Seule l’infirmière de garde se trouve assise derrière le bureau de l’accueil, une femme au chignon gris et au visage sévère. Je m’approche d’elle, l’abordant d’un ton impartial.


    « Bonsoir, je viens prendre des nouvelles d’un de vos patients qui a dû arriver ici, il y a une semaine. Il s’appelle Johan Ventaja. »


    « Oui attendez un instant, je vérifie. »
    Murmure-t-elle en feuilletant les pages de son registre d‘un air indifférent. "Ah oui… Mais il a été emmené en soins intensifs depuis deux jours."

    Je fronce légèrement les sourcils alors qu‘elle se détourne déjà sans plus me regarder, replongeant dans le classement de ses dossiers.

    « Il y a eu des complications, que s’est-il passé ? »
    Dis je d’un ton plus insistant bien que toujours posé.

    « Aucune idée. » Marmonne-t-elle sans plus relever la tête.

    « Bien, je vais aller voir là bas. Merci. »

    Je traverse d’une démarche énergique les couloirs d’un blanc immaculé. En ce moment un souvenir étrange m’assaille, celui de ce sentiment qui m’a heurté dans cette cave. Une morsure impitoyable avait happé mon cœur, enserré dans les mâchoires glacées de la terreur. Je me souviens du sang qui battait dans mes tempes tandis que je dégageais l’entrée obstruée du passage. Plus que tout, je me rappelle de cette voix fragile et apeurée, une voix d’enfant qui suppliait. Et le visage du petit garçon mort passe devant mes yeux, ses grands yeux vides fixant l’éternité. Je passe ma main sur mon visage pour dissiper ces visions, repoussant les mèches de cheveux trop longues devant mes yeux. Mon pas est placide et mon visage reste fermé, impassible. Le service des soins intensifs est fermé et j’appuie sur l’interrupteur qui permettra au responsable de venir m’ouvrir. Seuls les médecins sont autorisés à y pénétrer. Au bout d’une dizaine de minutes, une voix ensommeillée me répond enfin au parlophone.


    « Oui? »
    « Jibril de Nepheim, médecin stagiaire. Je dois voir un de vos patients, Johan Ventaja. »
    Je finirai par m'habituer à cet étrange pseudonyme.

    Un son assourdi me signale que la porte est déverrouillée sans que plus de précision ne soit nécessaire et je peux enfin pénétrer dans le couloir. L’infirmier me fait signe de loin et m’indique une porte qui mène vraisemblablement à la chambre de mon frère. Je le remercie d’un signe de tête et je pousse doucement l’huis, sans aucun bruit, avant de le refermer derrière moi. Pendant un fugace instant, je retrouve ce sentiment étrange, cette sourde angoisse qui m’étreint. Vais-je apercevoir encore une fois l’enfant mort devant moi… Mais cette fraction de seconde de trouble est rapidement délaissée. Jolän dort paisiblement. Je le regarde un instant, son visage encore meurtri des coups qu'il a reçu. Mais j'ignore de quelles autres blessures il souffre exactement ni ce qui lui a valu d'être emmené ici. L'idée d'aller interroger l'infirmier de garde me fait hésiter un court instant mais je ne veux pas l'interrompre alors qu'il est seul à assurer la garde de nuit. Je me décide donc à attendre un peu je m’assois sur une chaise, dans un coin sombre de la chambre, à l’opposé de son lit. La fatigue se rappelle tout à coup à moi, je n’ai eu le droit qu’à de bien courts moments de repos cette semaine… Et je me laisse aller à fermer les yeux un instant. Juste un instant.


    Jolän Icks




    Un bref signal sonore trouve résonance dans l’implacable silence.
    Une petite ligne verte tremble sur un écran aussi noir que des toits d’ardoises battus par la pluie.
    Parfois, le bruit d’un pas hâtif sort des ténèbres et rebondit d’un bout à l’autre des couloirs – quels couloirs ? – avant de sombrer à nouveau dans l’oubli.
    Parfois, quelques voix se parlent entre elles, donnant l’impression d’entendre un vieux film que l’on finit par connaître sur le bout des doigts. Des échanges redondants, les mêmes explications formelles et synthétiques qui prétendent décrire un corps et son esprit.
    Toujours cette blancheur aveuglante, toujours un rai de soleil glissant entre les pans translucides des rideaux pour m’arracher aux bras de cette somnolence pâteuse.
    Le temps file et m’effile, m’accable de sa lourde pesanteur. Chaque seconde devient une prison séculaire et chaque filet d’air inspiré en appelle à d’étranges échos dignes de lieues sous-marines.
    On dirait qu’un vieil ogre a été engagé pour respirer à ma place.

    J’ouvre un œil à moitié, observe le paysage inchangé depuis ce qui me semble être une éternité, puis l’inconscience me retrouve, me cueille et m’aspire dans un autre monde, sans fenêtre.

    J’ai envie de lâcher prise.
    Le monde peut bien crever tant qu’il m’oublie. Rien qu’une minute ou deux.

    …………..

    « Et alors, celui là, qu’est ce qu’il lui arrive ?
    - Les urgences l’ont reçu pour une histoire de passage à tabac comme ils en ont l’habitude, alors il a passé un ou deux jours en chirurgie, le temps qu’on prenne en charge ses fractures, puis lorsqu’il a émergé des brumes, il y a eu un petit incident.
    - Un petit incident, ouais, je sais, j’ai entendu. Bizarre quand même.
    - On doit se contenter d’être vigilants, c’est tout.
    - Et la famille a été mise au parfum ?
    - Non, il n’en a pas ici. L’université nous a fournit quelques informations. Il est italien qu’il paraît, ou un truc dans le genre ... Bref, ils vont bien s’amuser dans les bureaux d’administration pour régulariser une pareille histoire !
    - Ah d’accord, ça me fait penser à mon cousin qui est en vacances à Rome.
    - Royal pour lui ! Alors il a vraiment fini par épouser cette psychologue disjonctée ?
    - Ouais, et ça me rend malade. Et en plus madame a décidé qu’ils iraient vivre quelques années dans sa ville natale sous prétexte que …
    - Oh attend. Je crois bien que le petit s’est réveillé. On va en profiter pour le redresser ! »


    Je ne dormais pas, connasse.
    Les deux silhouettes se détachent l’une de l’autre et m’apparaissent plus distinctement, réparties aux cotés du couffin sur-câblé qui remplit l’office de plumard.
    Me saisissant par les aisselles, ils oeuvrent à me rendre une posture plus avenante que celle du pochetron enfoui sous ses draps, non sans m’extirper un faible grognement.
    Un visage se penche vers moi, serti d’un sourire usé et d’une paire d’yeux sombres. Pour refouler ainsi le pot de maquillage, il s’agit d’une femme, laquelle s’exerce à sourire du mieux qu’elle peut dans des situations dont elle se fout éperduement en son âme et conscience. Je l’observe d’un œil torve, affichant une gueule de bois pas comme les autres.

    « Bonjour … Johan c’est ça ?
    - C’est ça.
    - Je suis Cathy, l’infirmière.
    - Salut Cathy …
    - Comment tu te sens ?
    - Euh … j’sais pas trop … vivant ?

    Cathy fait semblant de me trouver drôle et décroche une note rieuse.
    - Bien sûr que tu es vivant ! Mais tu as passé un sale quart d’heure, il faut que tu te ménages et que tu passes quelques journées à te reposer ici, entre nos mains. Nous nous occupons de tout.
    - Ouais, bien sûr … merci. Ca arrive à tout le monde de se prendre une dérouillée, et c’est pas pour autant que je poireaute à chaque fois sur un lit d’hôpital, quelques bleus n’ont jamais tué personne, lui dis-je sans entrain. Cathy s’apprête à me contredire, aussi je reprends mon élan : Je connais par cœur les procédures, où c’est que je signe pour sortir ? j’articule en bâillant.
    - Non, ça ne va pas être aussi simple …
    - Comment ça ?

    Elle hésite, puis se jette à l’eau : - Tu as eu un infarctus, sans raison apparente, dans ton sommeil. Nous avons réussi à te réanimer assez facilement, mais les médecins s’interrogent sur la cause. Tu as des antécédents médicaux peut-être, est-ce que tu en as déjà entendu parler dans ta famille ?
    Un instant, je reste pantois et muet comme une tombe, définitivement réveillé. Dans ma tête, tout s’embrouille, quelques flashs remontent depuis mon inconscience et me rappelle le vague mantra des chocs prodigués, des voix alertées s’affairant autour de moi et de la respiration saccadée des machines à disposition. Lentement, je cligne des yeux, accueillant la nouvelle comme une claque non méritée.
    - Ca va aller, reprend l’infirmière, il faut juste que l’on sache à quoi s’en tenir. Tu veux bien répondre à ma question ?
    - Je n’ai pas de problème cardiaque, m’dame. Mais je crois que … euh …

    Mission : trouver une excuse valable. Parce si je lui livre la version propre, qui explique que chaque djinn souffre les conséquences de ses dons, soit on m’enferme en psy’, soit je n’ai pas fini de voir la sale tronche des toubibs. Et je déteste la sale tronche des toubibs.
    - Je crois que c’est le stress. Faut dire que je fous rien en cours et qu’en ce moment, je broie un peu du noir … je suis nerveux. Voilà. C’est tout.
    Elle me fixe, incrédule.
    - Oui enfin … de façon pathologique ?
    - Ben faut croire…

    Cathy se redresse, indécise au possible, et lance un regard perplexe à son confrère qui n’a pas encore décroché une seule syllabe. Il prend alors la parole d’une voix rocailleuse dont je décèle un surplus de méfiance.
    - Ecoute, ce n’est l’histoire que de quelques jours, le temps de s’assurer que tout va bien. Tu as quelqu’un à joindre ? Un ami, un collègue ?
    - Nan. »


    Les deux soignants finissent par se retirer aussi bruyamment qu’ils sont entrés, reprenant le récit de leurs mésaventures familiales. De mon coté, alors que je me laisse engloutir dans l’épaisseur des oreillers, je surprends l’emprise de liens épais à mes poignets. M’agitant comme un beau diable, les sangles se voient tirées et malmenées en tout sens sans daigner me rendre ma liberté de mouvements. Un sourire débonnaire s’invite aux commissures de mes lèvres. Pour mériter pareille entrave, j’imagine que j’ai dû être particulièrement chiant lors des manipulations. J’ai même dû déglinguer les technologies médicales malgré mon comas, abusant de mes facultés surnaturelles. Il est fréquent que j’use involontairement de mes pouvoirs, tout particulièrement lorsque je ne suis plus foutu de me maîtriser, lorsque je plonge dans des états seconds.
    Dommage que je ne me souvienne de rien, ça devait être pour le moins distrayant.

    Les attaches de mes liens se décomposent doucement sous mon regard insistant. Enfin, je croise les bras derrière ma nuque et promène un regard par le carreau miroitant. Dehors, il fait clair, le soleil s’ébroue entre les nuages alors que je suis prostré dans des draps sans couleur, broyant du noir en silence.

    Alors comme ça, j’ai failli y rester ?
    Dans de telles circonstances, n’ai-je vraiment personne à appeler ?
    Est-ce que c’était vraiment la silhouette de Jibril, hissée dans les flammes de l’incendie ?
    Non … j’ai dû halluciner. Ca ne serait pas la première fois que je prends un inconnu pour mon frère, que je pète un plomb pour rien, que je franchis mes limites au mépris de la mort.
    Arrête de te ronger les sangs, Jolän … ça n’a jamais servi à rien.

    …………..

    Des éclats de voix résonnent dans le vide.
    De mes noirceurs ne se détachent ni visage, ni étoile, ni couleur. Pourtant j’entends ces sons, ils dansent autour de moi à m’en faire tourner la tête, ils me percutent à tout instant et me font perdre l’équilibre dans cet univers, sans ciel ni terre.
    Le rire naïf d’un gamin qui s’envole dans l’air chaud, puis les échos de ses pas, lorsqu’il se rue à la poursuite de son frère. Il court, il rase les murs et se dissimule dans l’ombre de son aîné. Il a sûrement l’intention d’assister aux exploits de celui-ci, peut-être veut-il savoir à quoi il ressemblera, dans quelques années.
    Son frère s’immobilise, jette un regard inhabité par-dessus son épaule. Le rire de l’enfant s’arrête aussi brutalement qu’un cœur fatigué. Une autre forme d’infarctus.


    "Par Kashkash, si c’est toi Jolän, je jure de te démolir de mes propres mains…"

    …………..

    Jibril ?

    Je me réveille en sursaut, le souffle court et le front baigné de sueur. Rien ne trouble la quiétude des lieux hormis le circuit régulier de la trotteuse qui officie derrière la vitrine d’une horloge blanche. Son tic tac fragmente paisiblement le temps qui passe. Dehors, le ciel est sombre comme la promesse de mille tourments à celui qui osera s’aventurer dans les dédales de minuit. J’observe un instant les électrodes qui parsèment mon buste, puis me laisse retomber dans le creux des oreillers comme une masse morte, fermant les yeux. Un soupir emprunt de lassitude franchit douloureusement mes lèvres. Bon. Ca doit être l’heure de rentrer au bercail, j’ai assez pourri dans le coin.

    Pas un bruit à l’horizon. Juste un courant d’air froid qui embrasse l’une de mes épaules.
    Mes paupières s’ouvrent une deuxième fois sur le plafond intangible. Je comprends pourquoi certaines personnes virent marteaux à rester cloîtrer ici.
    Doucement, j’entreprends de me redresser et agrippe d’une main incertaine le combiné installé à mon chevet. Mes doigts composent machinalement le numéro de Baylee tandis que mon regard part faire la promenade de cette chambrée dont je connais en trois coups d’œil les moindres recoins. Un murmure plaintif m’échappe, mais la dernière syllabe semble ramper dans ma gorge avant de retourner s’enterrer dans mon ventre.
    Dans le clair-obscur, une vague silhouette assoupie a été déposé là par un coup du sort terrible. Je pourrais évoluer dans le noir total, dans une foule dense à n’en plus respirer, je reconnaîtrais toujours la présence de Jibril.

    « Allô ? Faut être complètement taré pour appeler le peuple à cette heure ci ! Non mais franchement, y’a des gens qui dorment, y’a des gens qui travaillent et qui … »
    La voix courroucée de Baylee s’élève, lointaine et étrange, insignifiant bruit de fond.

    « J… Jibril ?… » je lance sans aucune assurance.

    J’ai comme l’envie irrésistible de me terrer sous trois kilomètres d’oreillers. Toutefois, mon corps ne réagit pas, mon buste reste droit comme justice et mon visage n’est plus que l’incarnation de l’appréhension. Les yeux écarquillés, les muscles menés à rude tension, mes paupières clignent à plusieurs reprises sans effacer cette vision.
    Car évidemment, je divague. Et je m’ordonne de divaguer.

    « Ca va pas … ça va pas … » j’articule dans un chuchotement en détournant péniblement le regard. « Faut que je rentre … ouais … faut que je rentre … merde … »

    Electrodes et cathéters sont arrachés sans élégance, n’éveillant pas une once de douleurs à mes traits. L’emplacement de mes vêtements et effets personnels m’est inconnu, mais la perspective de partir sans rien d’autre sur le dos qu’un sarrau débraillé ne m’effraie nullement. L’infirmière de nuit me fera signer en urgence mon avis de sortie, et je retrouverai le goût de la liberté, laissant mes fantômes derrière moi.
    Sans aucun respect pour la minutie dont ont fait preuve les praticiens, je laisse tomber fils et perfusion à terre et repousse les draps d’un revers dynamique. Ce n’est pas la médecine humaine qui résoudra mes problèmes médicaux. Et puis malgré l’effroi qui me tenaille encore, je me sais hors de danger.

    « Je te déteste … tu sais … Je te hais vraiment … » je murmure en arrachant la dernière électrode.

    Sans oser lever le menton, je distingue du coin de l’œil sa silhouette. Je ne parviens pas à m’en décrocher totalement, quand bien même j'admets qu'il n'est là que pure illusion. Ma respiration bat la mesure d’une effervescence proche de l’explosion, et chaque seconde avalée est un combat mené avec sang froid.

    « Tu comprends rien … t’as jamais rien pigé de toute manière. »

    Ma mâchoire se resserre si fervemment qu’elles retiendraient les légions du diable au fond de mon gosier.



    _________________
    [Postes vacants] - [Listes] - [Groupes]
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Lun 19 Avr 2010 - 20:09    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Mnesis
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Jan 2009
Messages: 762
Localisation: Dans les limbes

MessagePosté le: Lun 19 Avr 2010 - 20:16    Sujet du message: Exemples de rp Répondre en citant



    Rencontre singulière
    Central district - Villa Fortuna
    Lola Andrews





    Cela faisait maintenant un mois que je bosse pour Mathias. J’ai intégré son casino après la nuit du lac. Quitter mon ancien emploi ne fut pas vraiment un problème, l’ancien patron n’ayant fait aucune résistance face à Mathias et je reconnais que la place était bien meilleure, déjà parce que j’étais bien mieux payée et ensuite parce que le boulot était plus cool et moins contraignant. Je m’occupais du bar avec deux autres nanas. Nous étions sous les ordres du boss, un certain Jim qui ne faisait pas dans la demi mesure. C’était pas le genre de type qu’il fallait s’amuser à faire chier ou à essayer de truander sur la monnaie mais il savait être là quand il fallait et croyez moi, que bosser dans un casino, ce n’était pas de tout repos.

    Ce soir là, il y avait pas mal de monde déjà, bien que l’heure n’était pas encore très avancée. Mathias ne s’était pas encore montré, chose habituelle. Le patron était du genre à n’arriver qu’en fin de nuit et j’étais plutôt soulagée de cela. C’est vrai que je n’aimais pas l’avoir derrière mon dos, à me surveiller, à épier mes gestes. Il avait la sale manie de vouloir contrôler tout ce qui me concernait et parfois cela me gênait dans mon job. Je ne pouvais pas empêcher les hommes de me mater, de m’aguicher et parfois même de me draguer mais c’était mon métier qui voulait ça et bien que cela ne s’arrêtait là, si Mathias se rendait compte de ce genre de sous entendus que certains osaient me faire, cela pouvait très bien mal se finir.

    Enfin bref, la soirée s’annonçait bien, j’avais du boulot par dessus la tête. Les clients affluaient au bar, tout comme les commandes que l’ont devait servir aux tables de jeux. C’était d’ailleurs à l’une de ces tables que je retrouvais M. Brown, un habitué. C’était un vieux monsieur, un de ces monsieur qui avait la classe et excellent joueur de poker. Toutes les semaines il venait au casino, toutes les semaines il jouait et toutes les semaines il commandait durant la soirées son rituel verre de brandy avec deux glaçons. Je venais donc de le lui amener et je revenais au bar quand un énergumène un peu éméché m’attrapa par la taille au moment ou je passais près de lui.


    - Hey ma jolie ! Viens donc un peu par ici !
    - Excusez moi je..
    - Chut, le client est roi paraît-il et j’ai beaucoup perdu ce soir, j’ai droit à mon lot de consolation.

    Les autres à coté de lui éclatèrent de rire tandis que mes mains se portaient sur moi, me tenant par la taille. Je tentais de me défaire de son emprise tandis que Jim, toujours l’œil à tout, rappliqua illico derrière le bar, le regard menaçant.

    - On touche pas aux filles ! C’est pas un bordel ici !

    Je profitais de l’intermède pour me défaire de ses bras tandis que l’homme, louchant sur le barman avec un air mauvais marmonna dans sa barbe en se tassant dans son siège. Je ne pris pas le temps d’écouter ce que Jim pouvait bien lui raconter alors, m’éclipsant au bar pour chercher une nouvelle commande qui m’attendait.

    Gabriel Gray


    Matthias il m'a dit qu'il avait un casnino, je sais pas c'est quoi, alors il a promis de m'y emmener ce soir pour que je voye c'est quoi un casnino. Il m'a dit que ça me plairait et qu'il me donnerait des sous, je sais pas pourquoi qu'on a besoin de sous au casnino, mais moi j'veux juste y aller, ça sera trop rigolo. Et pi Mathias il m'a dit qu'il m'habillerai aussi, parce que je suis habillé comme quand il m'a trouvé encore, il est gentil Matthias, même si j'ai pas trop envie de me changer, mais il dit c'est mieux, sinon le casnino c'est moins rigolo. Je comprends pas tout de ce qu'il raconte, mais je fais oui de la tête quand il me dit de me déshabiller, pi je le fait. Lui il s'en va je sais pas où, pi il revient quand je suis tout nu, il me regarde toujours bizarre quand je suis tout nu, je sais pas pourquoi qu'il me regarde bizarre comme ça, mais je m'en fiche, il m'amène des habits tout beaux. Moi du coup je suis tout content, c'est trop bien d'avoir des habits tous neufs, même si en fait ils sont à quelqu'un d'autre, je m'en fiche, c'est trop bien.
    J'ai un peu de mal à m'habiller, la chemise elle a beaucoup trop de boutons et Matthias il veut pas m'aider, parfois il est vraiment méchant Matthias. D'ailleurs il me dit d'arrêter de bouder, pff, je voulais même pas bouder d'abord ! Et pi c'est pas ma faute si les boutons ils sont trop petits ! Mais pour mettre le reste c'est facile, même si Matthias il crie un peu parce que je frouasse le truc, mais je sais pas trop c'est quoi frouasser alors je continue à mettre le pantalon. Et puis ensuite il veut me coiffer, mais là je le laisse pas faire, j'aime pas qu'on me touche les cheveux, et pi si il veut jouer à la Barbie, qu'il aille s'amuser avec une fille, moi ch'ui un garçon, pas une Barbie ! Mais là il se fâche et il me fait peur, alors je fais le gentil, je veux juste pas qu'il me fasse des couettes, alors je lui dit, et pi il me dit encore que j'ai une petite tête, alors moi je boude vraiment, j'ai pas une petite tête d'abord ! Il a beau crier là j'arrêterai pas de bouder, et na !

    Sauf que il me fait mal en me coiffant, alors faut que j'arrête de bouder pour lui dire qu'il me fait mal, et du coup il rigole et me regarde à nouveau bizarre, et puis il s'en va, du coup moi beh je regarde l'autre moi qui est derrière le miroir et je lui tire la langue avant de rigoler. En fait, j'ai une tête bizarre comme ça, on dirait pas moi, mais peut être aussi que j'ai beaucoup l'habitude des habits qu'on me donnait là bas. Et puis au moins, Matthias il est pas méchant avec moi, oh non, et il m'oblige pas à avaler des médicaments pas bons qui font dormir, il me laisse tranquille. En fait, le seul truc que j'aime pas c'est qu'il me regarde souvent bizarre, mais en fait je m'en fiche, y'avait déjà des filles qui me regardaient bizarre comme ça et elles voulaient devenir mon amoureuse, mais Matthias il veut pas devenir mon amoureuse, il peut pas, c'est un garçon t'façon, un garçon ça peut pas être une amoureuse, un garçon ça peut être qu'un amoureux.
    Maintenant, j'aurai voulu prendre ma peluche avant d'y aller, mais il me dit que y'a pas besoin, que le casnino sera assez marrant pour moi. Je sais pas moi, alors je hausse les épaules et je laisse Nounours à la maison, Mathias il va m'emmener sur sa moto, je vais encore avoir le vent dans la tête, c'est trop bien. Il fait noir dehors, mais ça me fait plus peur maintenant, Matthias il dort tout le jour et il est là que le noir, alors moi du coup j'ai plus peur parce qu'il est avec moi. Il me dit qu'il me laisse devant et qu'il va faire un tour, moi je hausse les épaules, suis assez grand pour rester tout seul dans un truc où on s'amuse, en plus déjà devant ça brille.

    Je descends de la moto et déjà elle fait son bruit et va tout tout loin, alors moi je regarde le casnino et je souris, c'est grand, ça brille, c'est beau. Et puis au bout d'un moment j'avance et je pousse la porte toute transparente pour entrer. Y'a plein de lumières partout ! Ça clignote, ça fait du bruit, les gens ils ont l'air tous contents quand y'a plein plein de pièces qui tombent. C'est trop bien ici, en fait ! Mais je comprends pas pourquoi que j'ai des sous, ptèt qu'il faut mettre les pièces dans les machines, sauf que Matthias il m'a donné que des billets, c'est bizarre. Du coup, j'essaye de mettre un billet dans la fente d'une machine, ça fera ptèt quelque chose en le pliant en beaucoup beaucoup plus petit. Du coup, quand j'essaye de mettre le billet dans la fente, y'a quelqu'un qui vient et qui m'explique comment ça marche, alors moi j'écoute, je suis un gentil garçon, et je comprends pourquoi ça marche pas avec les billets, faut les donner à la dame là bas et elle donne des pièces à la place, trop cool ! Du coup moi j'ai un graaand pot avec plein plein de pièces et un billet encore, mais la dame elle dit qu'on peut pas payer avec les pièces, seulement avec les billets, c'est bizarre mais je fais oui avec la tête et elle s'en va. Moi j'ai soif du coup, alors je vais au truc et je m'assois sur une des chaise rigolotes. Elles sont pas bien ces chaises, si on va trop en arrière elles tombent, c'est pas drôle ça.

    - Heuu, un coca citron s'il vous plait madame.

    Je regarde la jolie dame et je souris avant de regarder dans mon pot et trifouiller un peu mes pièces, parce que ça fait un joli bruit toutes ces pièces qui tombent de ma main dans le gobelet, ça fera un joli bruit aussi quand ça tombera de la machine, ch'ui sur, ça va être trop cool ! Mais Matthias il a dit de rester tranquille là où y'a des autres gens, parce que peut être qu'il y a des méchants qui se cachent parmi eux, et 'faut pas que je les revoye les méchants, j'veux plus retourner dans l'endroit blanc, jamais. Y'a des monsieurs autour de moi qui rigolent, je sais pas pourquoi ils rigolent, peut être c'est ma faute ? Il les fait rire mon coca ? J'aime pas quand on rit bizarre comme ça, c'est jamais bien. Et puis, je sais pas de quoi ils rient, alors je vais pas rigoler aussi, de toute façon je m'en fiche, c'est que des méchants s'ils rigolent comme ça à cause de mon coca, moi au moins j'aurai pas les dents jaunes.
    J'ai envie d'aller m'amuser, mais d'abord faut que je boive, s'pas bien d'avoir soif quand il fait chaud comme ça, et puis au moins ici ils mettront pas des trucs dans mon verre pour me faire dormir.

    - J'veux pas des glaçons dans le coca, y'a trop d'eau sinon. Juste du citron.

    J'ai juste vu la dame qui allait mettre des glaçons, ouf, sinon ça a un goût pas bon après. Du coup j'ai mon coca et je donne les sous de Matthias et je reste assis pour le boire un peu, parce que c'est pas bien de se lever avec un coca froid dans les mains, après tu le renverse et tu colles de partout, et si je fais ça Matthias il sera pas content vu que c'est ses habits que j'ai. C'est embêtant j'ai pas de paille, c'est mieux une paille, mais je vais pas demander une paille, parce que sinon les méchants ils vont encore rigoler, et moi j'veux pas qu'il rigolent et tfaçon je salirai pas les habits de Mathhias, je ferais très très attention, comme ça ça ira très bien. J'espère qu'il va pas venir me chercher trop tôt, sinon je le boude, c'est marrant ici.


    _________________
    [Postes vacants] - [Listes] - [Groupes]
Revenir en haut
Mnesis
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Jan 2009
Messages: 762
Localisation: Dans les limbes

MessagePosté le: Lun 19 Avr 2010 - 20:23    Sujet du message: Exemples de rp Répondre en citant



    Funestes Retrouvailles
    Les rues
    Lysandra Haankhès





    Je l’attends, je le désire. Nous avons du nous séparer pour semer ces satanés Djinns. Je suis considérée comme complice, ma tête vaut de l’Or tout comme celle de mon Amour. Ils veulent nous faire taire, souhaitent que l’on cesse d’importuner les mortels. Ils disent que cela serait bien mieux pour nous si nous restions cachés. Mensonges - Mensonges éhontés !
    Les Humains nous admirent, nous envient, nous méprisent, nous pourrions tellement leur apporter s’ils se laissaient faire d’eux-mêmes. La chasse est devenue ennuyante, répétitive. Nous ne saurions plus obliger de les tuer pour qu’ils se taisent sur notre condition.

    Imaginez un monde où nous pourrions vivre tous ensemble, nous ne serons plus des prédateurs, des criminels sans nom. Ne font-ils pas déjà don de leur sang pour une cause bénie ? Allons, partageons, et nous ?
    Théobald est si clairvoyant, je me dévoue et je le suis dans sa quête car il a raison, il a compris l’essence même du monde. Les Humains n’attendent que cela, ils ont besoin de craindre, d’avoir peur, ne croit-ils pas en un Dieu illusoire, priant pour lui chaque soir ? Je ris.

    Mes pas me conduisent dans le quartier de Central District, il fait déjà nuit et tous mes sens sont éveils. Ce soir je n’ai pas envie de jouer et je sens ma peau reprendre sa pâleur naturelle tout comme mes yeux. Je croise l’un d’eux, un Humain armé jusqu’aux dents. Comme c’est touchant…
    Je n’abuse plus de ma célérité, je deviens féline, je l’apprivoise de mes mouvements, je le regarde, il devine mes intentions.
    Chéri c’est toi que je veux ce soir, viens donc t’amuser avec moi.

    Enfantin ! Il est près de moi m’aguichant comme un débutant. Je l’entraîne dans une ruelle plus sombre, je le veux. Il soulève ma robe constate agréablement que je ne porte rien d’autre et qu’aucune entrave ne se glissera sur son chemin. Son cœur palpite, je m’enivre de ce son si fort. Son sang s’accélère dans ses veines, je résiste pour ne pas lui arracher sa tête.
    Je le repousse ne voulant pas qu’il me pénètre, désolée chéri, je me réserve pour ce soir, comprends-tu ? Il m’insulte et je jubile de plaisir.

    Il s‘approche de moi, pose ses doigts replets sur ma gorge pour me verser quelques insalubrités. Je ris, il me déteste, s’insurge devant mon affront. Misérable Humain qui pense que tout lui est du.
    Ma main agrippe la sienne, je lui brise un, puis deux, puis trois petits os. Il cri, je jouis.

    Je lèche un petit doigt, je le croque et je bois, juste un peu, avant de refermer sa petite blessure causée par mes canines acérées. Tu as peur ?

    Je m’amuse, enfonçant dans sa gorge un bout de sa veste, chut mon agneau, tu risquerais d’éveiller les voisins. Il s’excite, me repousse mais sa force n’est rien en comparaison avec la mienne alors je le pousse au sol avec ferveur, me retrouvant à califourchon sur lui. Tu bandes ? Coquin.
    Le jeu a assez duré, mon bien aimé me manque, je n’ai plus envie de m’amuser avec lui. Trop laid, trop gourmand. Je plonge vers sa carotide, continu d’avoir peur humain, tes palpitations s’accélèrent, cela ne pourra être que meilleur.

    Je bois, je me saoule de sa vitae, j’en veux encore, encore plus. Ce soir je ne lui laisserais pas la vie, je ne peux m’en empêcher, il est si délicieux, si gouteux. Le sang d’un homme fort et en parfaite santé, quel délice. Après quelques minutes je relâche son corps inerte, il git sur le sol comme une tâche dans une œuvre d’art. Je masque ses morsures, ici personne ne se préoccupera de ce qu’il lui est arrivé. Les gangs ennemis, un voleur, on t’avait pourtant bien dis qu’il ne fallait pas sortir la nuit mon tout petit.

    Ma soif est étanchée mais j’ai besoin de lui, de ses lèvres, de son corps. Il est le seul à me combler, à me comprendre. Ou es-tu mon Amour ?
    J’avance, je le sens, il ne doit pas être bien loin, oui tout prêt. J’ai hâte de m’emparer de ses lèvres froides, de caresser son corps mort. Il ne m’appartient pas comme je le désirerais, sa haine trop profonde mais je m’en délecte. Maltraite moi, hais moi, je t’aimerais toujours plus.

    Theobald de Navarre



    L’oxygène de central district, c’est la violence qui flotte dans l’air, chacun des pavés du sol la respire avec avidité, en réclamant encore et encore. Les histoires qui s’inscrivent sur les murs ne sont pas des contes de fées, impact de balles, traces rougeâtres et tags haineux, le quartier salue ses visiteurs en leur faisant un doigt d’honneur. Ce soir, la large rue s’éclaire des néons des bordels et leurs lumières impudiques se reflètent dans les flaques d’eau sale, les putains accostent les éventuels clients, une nouvelle nuit glauque est née.

    Un moteur gronde au loin, c’est une moto lancée à plein régime, son conducteur est un homme mince revêtu d’une combinaison noire et d’un casque métallisé. Couché sur son engin, il file entre les voitures, roulant sur les trottoirs, sans se soucier des passants qui s’écartent en criant. Le motard braque soudain à sa gauche, dans un hurlement de frein, et emprunte un virage des plus serrés, bifurquant dans une rue à contre sens. Les voitures venant en sens inverse dévient de leur trajectoire et plusieurs entrent en collision dans un vacarme assourdissant. Mais l’homme en noir poursuit sa course, levant les yeux vers une cible qu’il aperçoit au dessus de lui.


    Il vole ce salaud… mais viendra le moment où le pigeon devra se poser…


    Au dessus des toits, dans le ciel d’encre, une ombre survole la ville, c’est un fantôme translucide que l’œil humain ne pourrait percevoir dans l’obscurité, mais les vêtements qu’il porte ne disparaissent pas eux… Et pour le regard perçant d’un vampire, ces détails sont bien visibles. Derrière la visière de son casque, Théobald sourit. Tout à coup, l’ombre tournoie, comme prise de fatigue, sa forme vacille et perd de la hauteur, peu à peu... C’est derrière un immeuble vétuste recouverts de néons publicitaires que le conducteur de la moto s’arrête, plongeant sa main dans sa veste pour en sortir un gros calibre. Il pose un pied à terre et vise.


    BLAM BLAM BLAM


    Il n’est pas rare d’entendre tirer dans le coin, les habitants du quartiers ne s’en étonneront pas. Les détonations résonnent contre les murs sales alors que la moto repart à toute vitesse, vers le point de chute de sa victime. Théobald ne rate presque jamais une cible, il est bon tireur et cette fois, ce maudit djinn n’en réchappera pas. Cela fait longtemps que Sethar se place en travers de sa route, trop longtemps et cette fois, il n’était pas seul… Où sont les autres? Théobald l’ignore, il a poursuivit sa proie sans plus se soucier du reste, seul compte sa vengeance. Il freine et coupe le moteur, descendant lestement de l’engin avant d’ôter son casque d’un geste large.

    Dans la ruelle où il s’avance, sa haute stature est prolongée par une ombre démesurée qui s’étend devant ses pas. Ses prunelles dilatées percent les ténèbres et sur son visage pâle s’inscrit une impatience meurtrière. Des traces de sang souillent le sol bitumé, comme si un corps s’était trainé désespérément pour se cacher. L’endroit est cependant désert et Théobald reste attentif au moindre bruit, les sens aux aguets, alors qu’il suit le chemin sanglant… pourtant c’est une autre aura qu’il perçoit, elle danse dans l’air, elle vibre jusqu’à lui…


    *Lysandra. Viens à moi.*


    Un ordre qu’il projette dans l’esprit de l’immortelle, il pénètre ses pensées, il est maître de son âme noire. Son ascendant sur elle lui permet de lui insuffler ce message, il l’exhorte à le rejoindre, elle est là, à quelques mètres.


    *Tu es proche de l’endroit où l’ennemi est tombé. Alors chasse, impitoyable prédatrice. Traque ta proie et sème la mort.*




    _________________
    [Postes vacants] - [Listes] - [Groupes]
Revenir en haut
Mnesis
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Jan 2009
Messages: 762
Localisation: Dans les limbes

MessagePosté le: Lun 19 Avr 2010 - 20:29    Sujet du message: Exemples de rp Répondre en citant



    Alcooliques non anonymes
    Le repos éternel
    Arsene Bush




    Je me ressers un whisky. Les deux clients accoudés au comptoir froncent les sourcils. Je jète un regard sur l'horloge. La relève aurait dû arriver il y a dix minutes.

    - Bordel, qu'est-ce qu'il fout ? je gueule. Tess, tu veux pas l'appeler ? Dis lui de se magner, j'ai pas que ça à foutre !

    Elle répond pas, elle doit pas être dans les parages. Un des deux gars continue de me jeter des coups d'œil intrigués. Il m'emmerde, ça fait trois heures qu'il est là et il a bu deux misérables pintes. Je l'aurais bien foutu dehors à coups de pied au cul, mais je me suis déjà fait rappeler à l'ordre ce mois ci. Le patron en aurait marre de mon "caractère de merde".
    Je sors mon calepin, fixe le bonhomme une bonne minute et me mets à écrire. Puis je recommence. Jusqu'à ce qu'il se sente trop mal à l'aise, paye sa commande et se casse.
    Je me sens de meilleure humeur et vide mon verre avant de le remplir à nouveau.
    Finalement, peut être que cette journée finira bien. Contrairement à d'habitude, je suis arrivé au "Repos éternel" en début d'après midi. Et c'est pas le genre d'horaire qui me convient. J'aime la nuit, j'aime l'odeur de la bière, et j'aime les lumières tamisées. Pas les après midi lumineux, et pas les clients guillerets qui commandent un coca.

    Ma montre me rappelle l'heure, et la petite joie procurée par ma petite vengeance laisse vite la place à l'énervement. Y en a qui sont vraiment payés à rien foutre.
    Je passe encore dix bonnes minutes à ruminer. Les cigarettes ne me détendent pas plus que le whisky. Mon siège me fait mal au dos et le client encore présent au bar est un ignare avec qui j'ai depuis longtemps arrêté de communiquer en dehors du cadre de mon travail. Et encore. Dans mes mauvais jours, je prends souvent un malin plaisir à l'ignorer.

    La porte s'ouvre enfin sur le collègue qui doit prendre le relais pour la nuit.

    - Arsene ! Paye ta tournée ! crie le nouveau venu, puant l'alcool.

    Il s'installe au bar en titubant, donne l'accolade au type assis à côté de lui, et essai de lui faire la conversation.
    Je vide mon verre, prend mon manteau et mon chapeau. Habillé, je pousse le retardataire d'un coup dans son tabouret. Il tombe en agitant les bras et heurte lourdement le sol. Un grand verre d'eau glacée sur son visage rougit par la chaleur de l'alcool, et je m'apprête à sortir.

    Tess, tu viens boire un verre ?

    Tess Hemingway



    Les objets ont une âme, maintenant j'en suis certaine. J'ai même une théorie là dessus : La théorie ô combien vérifiable et vérifiée de la méchanceté des choses. Vous me pensez barje ? Bon dieu de merde... Que celui qui ne s'est jamais mangé un coin de table au petit matin, que celui qui n'a jamais subit l'agression perverse d'un cintre ou d'une encadrure de porte me jette la première pierre. Doit y avoir une loi qui veut ça : Si quelque chose peut aller mal, cela ira mal. Je vous en pari ma peau et ma chemise.

    En cette soirée ordinaire, je déclare coupable de haut fait d'emmerdement le frigo de la réserve du Repos Eternel. Ça doit bien faire une demi-heure maintenant que je m'escrime à remettre en place la porte de la bestiole qui a jugé opportun de sauter de ses gonds quand je suis venue recharger la réserve de glaçons.
    Réfléchis, Tess, prends le temps... Même la plus puissante des chieries possède une logique intrinsèque. Même ce vieux George Bush en son temps devait avoir un fonctionnement cohérent... Alors pourquoi, Sainte Mère la Pute, pourquoi cet engin ne veut-il pas se laisser faire ?

    - Mais quelle enculation, bordel !

    Alors que je décoche un coup de paume bien senti et largement mérité dans le bazar, j'entends la voix lointaine d'Arsène qui me demande d'appeler Johnny, l'éternel remplaçant à la bourre. On a tous un collègue qu'on aimerait voir crever la gueule ouverte sous le soleil de l'Arizona... Et bien nous, c'est Johnny. Cette tumeur de l'humanité ne se contente pas d'être tout le temps en retard, non. Continuellement cuit, il est d'aussi bonne compagnie qu'une serpillère humide et quoi qu'il fasse, il faudra toujours qu'Arsène ou moi on repasse derrière. Et vous savez la meilleure ? Vous savez pourquoi il est encore là, à trainer sa maudite carcasse dans les couloirs de l'hôtel ?... C'est le frangin du patron. Et ça, je vous assure que ça contribue à le rendre plus détestable encore.
    Non, Arsène, mec, là je t'avoue que me taper la causette avec lui pour savoir ce qu'il fout ne fait pas partie de mes envies du moment. J'ai une affaire d'honneur à régler... Et elle se règlera maintenant. C'est entre ce putain de frigo et moi que ça se joue.

    Je vais passer sur les détails sanglants de la suite de l'affrontement entre l'Homme et l'Objet. Ma dignité a prit un sacré coup de pelle ce soir... Je l'avoue, j'ai du capituler et finir par caler une chaise contre la porte de l'engin, avec un post-it « Appeler le réparateur ou emmener à la décharge » dessus. Après avoir une dernière fois promis à la damnation tout électroménager existant ou ayant existé, je claque la porte de la remise derrière moi et prends le chemin de la sortie. Mon heure de débauche a sonné depuis longtemps.

    Dans le bar du rez-de-chaussée, j'arrive à temps pour assister de loin à la scène jubilatoire de la relève. Arsène vient de signifier à Johnny qu'il était temps de prendre son tour de garde. Le verre d'eau n'est pas de trop à en juger la dégaine du soulard...

    - Tess, tu viens boire un verre ?

    Si j'veux ?...

    - Ouaip... J'en ai bien besoin.

    Un rapide coup d'œil au miroir terne de l'entrée me renvoie l'amère image du gladiateur défait. Mon t-shirt aux manches déchirées autrefois blanc n'en a plus que le souvenir, maculé qu'il est des traces de poussière et de crasse de mon adversaire du soir. Tant pis pour ma coquetterie naturelle (sic), je me changerai plus tard. J'enfile mon sweat pour minimiser les dégâts, rabats la capuche sur la jungle de mes cheveux (poétique) et sors à la suite d'Arsène dans le brouillard de Seattle.
    Ouais... J'en ai bien besoin.



    _________________
    [Postes vacants] - [Listes] - [Groupes]
Revenir en haut
Mnesis
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Jan 2009
Messages: 762
Localisation: Dans les limbes

MessagePosté le: Lun 19 Avr 2010 - 20:34    Sujet du message: Exemples de rp Répondre en citant



    The Show must go on
    Le Croquant
    Meredith O'Morrison





    Les dernières notes retentissent enfin, je ne sais pas depuis combien de temps je joue dans ce bar, je détache mon sax' et passe une main dans ma nuque. On dirait pas comme ça, mais je vous assure qu'à la longue c'est plutôt lourd à porter. Heureusement pour moi je reste sur mon alto et ne touche pas même à un baryton, faut pas déconner, vous avez déjà posé un œil sur un de ces monstre ? Soit, un sourire poli au pianiste un signe à la chanteuse et je me faufile en bas, ou traine mes affaires. Je commence à être crevée, l'impression que je cours après une chimère et parfois j'en viens à me demander si c'était vraiment une si bonne idée de venir ici. Est-ce que l'image que j'avais des vampire étant gamine ne suffisait pas ? Tu peux pas grandir en Grande-Bretagne sans entendre des histoires à dormir debout sur les immortels. Est ce que j'avais imaginé moi, que les monstres de mes romans prendrait vie dans ma ville ? Est-ce que je savais que j'y serait confrontée ?

    Dans ce bar même, il y a grand minimum un tiers des consommateurs qui cache un cercueil dans sa cave et une nuque fraîche dans son congél' (je parle par clichés histoire d'ajouter un peu de comique à l'histoire mais enfin...) Bref je démonte mon saxo pour le ranger dans mon étui, j'enfile ma veste et m'avance à travers les volutes de fumée et les vapeurs d'alcool pour atteindre le bar. Les gens me regarde bizarrement. Ben quoi ? Je le savait bordel, c'était pas une bonne idée de jouer du jazz dans un trou pareil, les gens ne comprennent pas. Bah quoi Merry ? Tu t'étais crue dans un pub irlandais ? Dommage... Je me hisse sur la pointe des pieds pour pouvoir me pencher sur le bar et tenter de me faire remarquer. Malheureusement la main que j'agite mollement à côté de ma tête ne semble attirer le regard de personne. J'attends et bientôt un mec semble croiser mon regard. J'essaye d'articuler, parce qu'ils ont remit de la musique maintenant, et que ça fait boum boum et qu'on entends plus grand chose, du coup faudrait que le p'tit gars puisse lire sur mes lèvres :

    _ Une bière !
    Je fouille dans la poche arrière de mon jean et je pose deux billets froissés sur le bar avant de m'éloigner avec mon gin tonic, et oui, tant pis pour la bière si le barman était certainement très doué dans de nombreux domaines il n'avait pas la technique pour lire sur les lèvres. Je me dirige alors vers l'extérieur, usant de ma maîtrise incroyable pour d'une part ne pas me faire marcher dessus et d'autre par ne pas renverser une goutte de ma boisson. Lorsque j'arrive à atteindre la porte, une main blafarde se pose sur la poignée pour m'ouvrir ladite porte. Je lève les yeux et mon visage se ratatine sans doute dans une expression de désespoir.

    _ Aaron.
    Bordel 'manquait plus que lui. Aaron était l'unique infant de Peat lorsque celui ci était encore ''en vie'', j'avais jamais pu le sentir celui ci. Je sors, suivit de près par le vampire, un type immense avec des cheveux blonds cendrés et bouclés. Je m'assoit sur un bac en béton, et coince une cigarette entre mes lèvres qu'il allume dans la seconde en m'adressant l'un de ses sourires qui on le dont de me foutre hors de moi.

    _ Merry mon ange, qu'est ce que tu fiche ici ? Tu cours encore après le fantôme de Peat ?
    J'essaye de montrer mes dents, de manière aussi hypocrite que lui dans le même genre de sourire figé. S'il savait ce que je pense de lui... Enfin, après réflexion je penses qu'il le sait parfaitement, il me teste simplement, il veut me plaire depuis un moment, il a essayé la méthode traditionnelle, mais un con reste un con, ça doit être sa nouvelle manière de faire, râpé.

    _ Vas voir à l'intérieur si j'y suis boucle d'or.
    Mon sourire ne tremble pas, Aaron ne cille pas, mais je sais qu'il est vexé. Il n'a jamais supporté mes remarques, il doit me trouver trop insignifiante pour oser l'ouvrir devant un vampire. Pourtant il n'a jamais cherché à me toucher. Sans doute en grande partie grâce à Peat, mais je ne vais pas m'arrêter de vivre parce qu'il n'y a plus personne pour veiller sur moi, je suis une grande fille, Aaron lui, c'est un grand abruti.

    _ Tu sais mon cœur, Peter n'est plus derrière toi, je peux te briser comme tu briserais un cure dent, et ce à la moindre parole de travers sans que personne ne se préoccupe de toi.

    _ Ce serait trop simple ça... Et tu aime les défis Aaron, pas vrai ?
    Le mince sourire qui persiste encore sur mes lèvres s'évanouit dans un nuage de fumé lorsque je taffe sur ma clope tout en resserrant ma veste autour de moi, c'est que la nuit est fraîche mine de rien. J'essaye de faire comprendre à Aaron qu'il devrait rentrer jouer à l'intérieur d'un regard que je noircit au maximum, au bout de quelques instants de silences (qui semblent une éternité), il entre dans le bar. Je ferme les yeux une demi seconde et la porte du bar s'ouvre à volée alors qu'un grand blond sort, visiblement nerveux. Je soupire et boit une gorgée de gin tonic en essayant de ne pas croiser son regard. Dans les journaux on appellerait ce quartier de Seattle « chaud », dans ces rues il y a nombre de connards et de brutes épaisse, vampires comme humains, femmes comme hommes, pour avoir passé une bonne partie de ma vie dans un pub, je sais que trop d'alcool peut rendre les hommes passablement violents, ou tout simplement idiots. Je sais qu'ici si ton regard tombe dans les yeux de la mauvaise personne, tu peux te retrouver dans une situation fâcheuse assez rapidement. Et j'ai promis à mon père de lui revenir entière. Je bois une nouvelle gorgée et baisse mes yeux vers mon verre pour avoir quelque chose à regarder.

    Cassandre Azaela



    ~ I’ll never kill theim, I’ll protect theim, ‘till the end of time…~

    Des promesses, on en fait tous non ? Moi un jour j'ai eu le malheur de faire celle-là. Ne jamais tuer quiconque, personnes. Rien d'humains en tout cas. Je sors de mon semi-coma. J'ouvre les yeux en grand. Je soupire. Le visage de Marianne a encore hantée toute ma courte « nuit ». Mon sommeil. Je me passe une main dans les cheveux et m'assoie sur mon lit. La nuit viens juste de tomber. Et mon calvaire vient juste de commencer. Encore. Je m'habille et prends le chemin de la cuisine. Une poche de sang vide est éventrée sur le bar et une puanteur infecte le salon. Je rage à l'intérieur de moi. Noa à encore fais des siennes. Je n'ai pas besoin de faire quelques pas inutile pour comprendre qu'un corps inerte et a moitié bouffé repose dans le salon. La fenêtre est grande ouverte et le vent c'est emparé de la pièce essayant ainsi d'évacuer toutes

    Je m'allume une clope et fume en même temps que je vide le contenue de ma tasse. Pour beaucoup de personnes ce même geste ce fait le matin, avec un café. Moi je le fais à la nuit tombé, ce qui représente mon matin et avec une tasse remplis de sang. C'est tout de suite moins appétissant. Du sang, une clope et une bière. Même pas besoin de tartine. Je soupire quand je passe dans la pièce d'à côté. Ma machette repose encore sur le sol et elle est encore trempée du sang des vampires que j'ai pus tué la veille. Je souris. Et de trois de moins. Je suis plutôt satisfait de mon travail en ce moment et je compte bien m'offrir une soirée sabbatique. Les Djinns sont tous à mes trousses, alors qu'ils aillent au diable, je n'ai plus envie de faire des efforts pour des types qui rêvent de voir ma tête sur un piquet. Je les hais, tous autant qu'ils sont. Ils sont si fières si hautains. Ils sont incapables de voir ce que vous serez prêt à faire pour eux. Pour eux, ou pour vous-même. Mais je m'en fous. Je me suis promis de ne plus me battre pour eux, mais je le fais pour moi. Je sais que ce soir le vampire que j'aurais dû tuer vas faire des siennes, mais je préfère ignorer tout ça et m'en foutre.

    Dehors la nuit est un peu froide. Mais je ne porte qu'une petite chemise légère, je n'ai pas froid. Je respire la liberté a plein nez et le vêtement que je porte m'aide à me sentir libre. Libre, pour une fois. Ce soir, pas de guerre, pas de haine pas de sang. Juste moi et ce putain de sentiment de liberté. Je suis seul, aucune pression. Je ne me préoccupe que de moi. Pas de Santiago a protéger, pas d'amour envers Nora qui continue perpétuellement de me repousser, pas de prise de tête avec Noa. Rien. Je suis seul, libre et bien. Je souris comme un abrutie. Ma guitare sur le dos, je marche dans les rues, ressemblant à un artiste de rue. Je sifflote un air joyeux. Je croise un vampire, le regarde, mais ne le traque pas. J'ai envie de bouffer, j'ai faim, mais je n'y pense pas. Je ne sais pas ce qui me prends ce soir. Mais j'ai envie de revivre, de me sentir plus humain que jamais. Faire les mêmes choses qu'eux.

    Je ne sais pas combien de temps je peux rester sans manger, mais je le fais quand même. J'espère juste que je ne perdrais pas mes moyens en humant l'odeur si douce d'une jeune femme. Je m'allume une cigarette et respire l'aire pollué de cette merveilleuse époque. Je souris. Je n'ai pas d'arme sur moi ce soir, ma housse de guitare ne contient que ma guitare et c'est la première fois que je me permets une soirée de congé. Je regarde le ciel et leurs montre mon majeure. Je démissionne juste pour une soirée merde. Un peu de vacances bon dieu ce que ça fait du bien. Je sautille limite en marchant et me pointe devant le croquant. Je sais que je ne devrais pas me pointer là. Un bar blindé de vampire et d'humain prêt à se faire dévorer. Mais je le fais quand même. Le videur me regarde et recule pour me laisser passer. La soirée promet d'être longue. Il sait qui je suis, ce que je suis. Merde. Je soupire. Ce soir pas d'embrouille. Je m'amuse, point. ces odeurs plus qu'insupportable. J'en ai marre. Encore. J'ouvre le frigo, sors une bière et une poche de sang. J'aimerais m'en passer. Mais j'ai faim. Je n'ai pas vraiment le choix. Je perce la poche et passe le tout au micro-onde. Je sais que c'est ignoble, je ne sais même as d'où il sort. Mais j'ai faim, alors je ne joue pas les difficile. Je suis habitué. Ce n'est pas pire que le sang des lépreux ou encore le sang infecté par la peste que je pouvais boire à l'époque.


    ~ I said no, I’d promiss, I cant’t refuse, I am who I am. Don’t touch me, you’re my fatal desir…~

    La musique raisonne dans le bar, les gens s'enlacent, certains se bécote. Je les ignore. Je prends directement la direction du bar. Ici, on me connait. Le type me sert directement un verre remplis d'un liquide rouge. Je lui fais signe de reprendre sa merde. Il me regarde d'une manière bizarre. Je sais que ce n'est pas raisonnable. Il me sert un de ses meilleurs scotch. Je prends le verre, le vide cul sec. D'un coup d'un seul. Ca me brûle, mais j'en recommande un. Un peu plus loin j'aperçois une jeune fille qui tend la main au serveur. Personne ne la regarde. Je l'envie, j'aimerais être sa place. Cela fait pas cinq minutes que je suis là et j'ai déjà l'impression que tout le monde m'observe. Je peux sentir les vampires s'exciter un peu. Certains prennent même la fuite. Relaxe les gars ce n'est pas le bon soir. Je vide un deuxième verre et prend ma guitare. La jeune fille sort. Le videur la suit dehors. Un vampire.

    La pauvre, elle va servir de casse-croute. Mais je ne fais rien. Pas ce soir. Ce n'est pas mon soir. Qu'ils en profitent pour une fois, ce sera la dernière. Je me dirige vers la scène et sort ma guitare. Les gars de mon groupe sont là. Je m'accorde à eux et leurs fais un immense sourire. J'ai faim, mes yeux sont rouges. Ils me demandent si je vais bien. Ils savent la vérité sur mon compte depuis peu mais n'ont pas peur de moi. Ils savent très bien que je ne les toucherais pas. Je donne un claque amical à mon bassiste. Je fais mine de rien. Je joue la première note. Une jeune femme se pointe devant la scène. Elle a les nibards à moitié hors de son débardeur et commence à me faire de grand signes. Seigneur ce n'est pas le moment. Mon regard veut changer de direction, mais je reste là, bloquer sur sa poitrine abondante. Elle monte sur scène et commence à danser collé-serré contre moi. Je me retiens, de un de ne pas bander, de deux, de ne pas la bouffer. Elle m'embrasse dans le coup et commence à avoir les mains un peu trop baladeuse. Je n'en peux plus. Je la repousse. Mais elle revient à la charge. J'ai faim. Je ne me contrôle pas lorsque j'enfonce mes crocs dans a gorge. Son sourire se crispe.

    Le videur reviens et m'attrape violemment par le colbac. Ici on me connait. Et on c'est très bien que jamais je ne mords. Alors, on me surveille. Mais je n’ai pas envie de sortir, je ne sais pas ce qu’il me prends, je ne me contrôle plus, j’ai faim .Il me demande d’arrêter. Le serveur, un autre vampire, m’attrape et me fous une droite. Je la lui rend gentiment. Ici, beaucoup sont de mon côtés, mais pas tous. Je rigole nerveusement, j’ai faim. On m’apporte un verre de sang et me le fous dans le bac. J’en veux pas, je veux vire. Je le repousse, mais on me force a le boire. Ils sont trois a me retenir. Je regarde la gonzesse qui se tiens la gorge. Sont sang coule. J’ai envie de me jeter sur elle. Mais je ne peux pas. Je n’ai pas le droit je le sais. Le serveur me refrappe, encore une fois. Il tente en vain de me ramener a la réalité. Mais l’odeur est bien trop intense. Je le regarde, mes yeux la désirs. Je me lèche les lèvres. Elle sont encore le gout de son sang. Le videur, Aaron m’emmène un peu plus loin. Je commence a me calmer et a retrouver mes esprits. Je ne sais pas ce qui me prend aujourd’hui, mais je pense que je vais finalement rentrer chez moi. Je suis un peu énervé quand j’ouvre la porte. Sur le moment, je ne la vois pas, je ne sens même pas sa présence. Je sors une clope et me l’allume. Je soupire. Du sang coule le long de mon menton et je me dépêche de l’essuyer. Je m’en veux pour ce que j’ai fais, mais je n’ose pas me pointer a l’intérieur. Je regarde les étoiles et me met a rigoler nerveusement. Je suis vraiment trop con.


    « Putain ce que je suis con quand je m’y met. Merde j’ai fais quoi pour mériter ça? »

    Je rigole. Je sens enfin sa présence mais je ne la regarde pas. Je sais qu’elle semble mal a l’aise. Je ne vais pas la bouffer. Je ne pense pas. Je sais que se serait bien plus prudent de rentrer chez moi mais je reste là. Je taffe sur ma clope. Je ne sais pas quoi faire. Je la regarde. Je ne la boufferais pas. Je me le suis promis. Je ne la boufferais. Putain j’ai envie de la bouffer. Non. Je ne doit pas. Je doit rentrer. Mais je reste là. Je doit rentrer, mais mes gambes se rapprochent d’elle sans même que je m’en rende compte. Je doit rentrer. Mais je suis tout prêt d’elle. Je la regarde, lui caresse ma joue et pose délicatement mes lèvres sur les siennes. Je prends une claque dans la gueule. Je rigole. On vas bien s’amuser je pense…



    _________________
    [Postes vacants] - [Listes] - [Groupes]
Revenir en haut
Mnesis
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Jan 2009
Messages: 762
Localisation: Dans les limbes

MessagePosté le: Lun 19 Avr 2010 - 20:39    Sujet du message: Exemples de rp Répondre en citant



    Requiem pour une âme
    First Hill
    Alistair Haarp




    Je ne me souvenais plus de l`effet d`être malade. Son état me laissait pourtant plutôt bien l`imaginer. Son visage se tordait bien que mon contact froid et habituellement problématique ne faisait pour une fois pas défaut. Ses bras se passaient lentement autour de moi, son corps malade cherchant la fraicheur que je pouvais lui rendre. J`étais quelque peu terrifié de la voir ainsi, ne pouvait savoir ce pourquoi elle était dans cet état. Durant ma longue existence, j`avais gagné des connaissances, de part les livres mais je gardais plutôt bien en mémoire la médecine pratiquée de mon temps. Elle était nettement moins développée que l`actuelle -comme l`hygiène n`était pas une chose si importante que cela-, ce qui était en soi une chose normale. Mais à un point ... On mourait plus facilement d`une maladie anodine que de la guerre, car à cette triste mais extraordinaire époque, tous les savoirs se liaient aux pouvoirs politiques et donc religieux. Les « scientifiques » pensaient réellement à des choses qui de nos jours paraitraient totalement stupides. Ouais, ils pensaient sérieusement qu`il n`y avait dans notre corps que de l`hémoglobine et ce qu`ils appelaient des humeurs. Quand quelqu`un était malade, ce qui à cause des épidémies arrivait souvent, on pratiquait des saignées ce qui était en soi une chose parfaitement inutile, je vous l`accorde. Etant immortel, je ne pouvais vraiment jouir des progrès et je ne pensais pas une seconde y être un jour confronté de si près. Bien entendu, je ne pouvais rien faire pour Lily, j`étais parfaitement inutile et pour cette raison je m`en voulais. Son souffle brûlant s`écrasait sur ma peau, essayant de combattre le froid que je lui imposais et qu`elle ne faisait qu`apprécier. J`écoutais ses songes, j`apprenais qu`elle avait été déjà malade. Etait-ce à cause de moi ? Du fait qu`elle avait probablement attrapé froid dehors, avec moi ? Je ne voulais pas remettre en question sa parole, et pourtant, j`essayais de me rassurer comme je pouvais.

    « Ce ... Ce n`est rien ... J`ai été malade la semaine passé ... La grippe ... Je crois qu`il me faut juste des médicaments pour la fièvre ... Si froide ... ça me fait ... Du bien ... »

    J`aimais ce qu`elle faisait pour essayer de me rassurer. Ce n`était pas une chose que j`aurais attendu de sa part mais je savais le savourer. Elle me souriait, un sourire qui se transformait tantôt en grimace alors qu`elle crachait ses poumons. Ses doigts agrippaient les miens, guidant chacun de mes gestes là où bon lui semblait. Je la laissais faire, voulant seulement la voir soulagée de ce mal qui semblait la ronger de plus en plus. Mais cela ne servait à pas grand-chose, j`avais l`impression qu`elle ... qu`elle était comme mourante. Une étrange sensation ; un frisson partant de ma nuque pour s`étendre dans mon dos. J`en fus surpris, plus habituer à imaginer le ressentir plutôt qu`à le laisser réellement me parcourir l`échine. Etait-ce l`idée de la perdre qui m`effrayait ? Dans ce cas, la solution la plus évidente s`offrait à moi. Son corps brûlant, faible et meurtri se trouvait déjà blotti contre le mien, il me suffisait alors de plonger mon visage dans le creux de son épaule et de la priver de chaleur ... à jamais. Même si au fond de moi, je ne rêvais que de cela, je n`étais pas encore assez égoïste pour le faire. Je gardais mes doigts sur sa peau de pêche alors qu`elle essayait de se redresser, subitement prise d`une toux destructrice. Je fronçais les sourcils, l`entourant de mes bras. Si je me refusais à la meilleure des solutions, j`allais devoir en trouver une autre et vite. Il était hors de question de la voir souffrir, d`attendre que son état se calme. M`ouvrir la gorge et lui allouer de mon sang ? Pourquoi pas. Mais pour une fois, je ne voulais pas de cette solution de facilité. Je ne voulais pas lui montrer le pouvoir que j`avais sur elle par ce lien indémontable. « Tu ... tu as des cachet ? Tu ... tu sais quoi ... Alistair ? » avait-elle alors dit. Sa réponse était un peu stupide, je n`avais aucunement besoin de ce genre de produits, moi. Pourtant, elle venait sans le savoir de régler mes problèmes. Si je voulais la voir aller mieux sans pour autant y laisser mon sang, j`allais devoir me référer à ses confrères mortels. Je la privais alors d`une de mes mains, plaçant délicatement ma joue contre son front et attrapant le téléphone qui se trouvait juste à côté du lit.

    « Service d`étage, m`annonçait une voix effroyablement mécanique.
    – Je voudrais un taxi au plus vite.
    – Au nom ..?
    – Haarp. Merci. »

    J`avais rapidement mis court à cette conversation si conventionnelle. Me levant, la laissant ainsi seule sur le grand lit. J`attrapais un jean avant de la passer sur mes jambes nues, me précipitant. Mon esprit était entièrement dévoué à la jeune femme qui semblait n`aller que pire de minutes en minutes. On allait finir par croire que je la maltraitais en la voyant entrer et sortir dans des états plus pitoyables les uns que les autres, mais je n`avais que faire. Je faisais tout pour qu`elle n`ait rien à me reprocher, c`était peu ce dont j`avais le plus peur. Elle devait savoir que j`étais présent pour elle, même dans ce genre de moment où j`avais entre mes mains toutes les cartes pour vaincre. Mais rien, je me contentais d`agir comme si j`étais un humain, ne pas utiliser ma différence ... J`avais attrapé un long manteau en laine bouillie, attrapant l`humaine par le bras pour la redresser et le passer autour d`elle. La jeune fille ne semblait pas apprécier cette nouvelle couche de chaleur mais il n`était pas question de la sortir en petite tenue. Je passais un bras sous ses cuisses, la portant contre moi et me dirigeant sans grande hésitation vers les escaliers de service. Je n`avais pas le temps de m`amuser avec les ascenseurs, alors je poussais la porte d`un bras, descendant les marches avec une aisance incroyable en courant. J`avais enfouis le visage de la belle contre mon torse pour ne pas lui faire subir une telle action. Ma course était tellement fluide que l`on ne sentait même pas les chocs de mes pas, à croire que je marchais dans l`air. J`étais rapidement arrivé au bas de l`hôtel, pénétrant dans le hall vidé de ses mondanités quotidiennes. Il était à présent trop tard pour y voir du beau monde et cela semblait me soulager plus qu`autre chose. Je sortais de la grande bâtisse et sans grand étonnement, j`y trouvais le taxi que j`avais demandé - un avantage d`être riche et puissant dans une ville telle que Seattle.

    – L`hôpital le plus proche ... s`il vous plait ...

    [...]

    My heroine.

    Dix minutes. Non, pas plus de dix minutes et pourtant, le trajet pour cet endroit de mort m`avait paru long à en mourir. Un sourire s`était pourtant dessiné sur mes lèvres alors que mes yeux s`étaient planté dans ceux de Lily ; j`essayais de lui faire croire que tout allait se passer à merveille mais moi-même, je ne mesurais pas encore la gravité de la situation. Mes doigts étaient étroitement croisés avec les siens, comprenant en la regardant que finalement, elle me rassurait plus moi que moi je ne le faisais. J`étais réellement pressé d`en finir avec cette histoire car de la savoir en si mauvaise posture ... je ne comprenais pas ce qui n`allait pas chez nous. Il fallait toujours qu`une catastrophe survienne, qu`un événement inattendu vienne nous séparer, ou dans ce cas là nous rapprocher. J`étais descendu de la voiture dès qu`elle s`était arrêté à quelques mètres de l`entrée de l`hôpital. La pluie n`avait cessé de s`amplifier, devenant un fléau plutôt ennuyant. Je courais jusqu`aux doubles battants qui menaient à l`intérieur de l`immense bâtiment. Je n`étais jamais rentré dans ce genre d`endroit, ni pour mon loisir, ni par nécessité. Il faut dire que ce n`était pas la chose qui m`intéressait le plus au monde, je préférais de loin me plonger dans de vieux elzévirs ou encore exécuter des meurtres plus sanglants les uns que les autres. Je te fixais, la panique me perdant, se dissimulant derrière un silence qui se faisait de glace. Mon sourire avait disparu sous un voile d`obscurité alors que je regardais ton corps disparaitre derrière des blouses blanches, virevoltant dans l`air, s`empressant autour de ton corps comme des sangsues. Mes bras te tenaient pourtant fermement entre mes bras, incapable de réagir face à toute cette agitation. On t`arrache à moi, on te pose sur un lit de fortune qui t`emmène loin de moi alors que des voix me ramènent à la réalité, mes yeux ne cessant d`observer ce petit objet lumineux indiquant « exit ».

    « Monsieur, écoutez-moi, connaissez-vous le nom de la demoiselle que vous ...
    – Li ... Elizabeth O`Connors. Elle ... elle ...
    – Vous êtes ..?
    – Son ... fiancé. »

    J`essayais de suivre le mouvement, ne désirant pas quitter la jeune femme un seul instant de peur de ne pouvoir rien faire pour elle le moment venu. Mais une main se posait alors sur mon torse, m`arrêtant directement. « Désolé, vous ne pouvez pas rester avec elle. On vous préviendra de tout changement, ne vous en faite pas ». Mon regard était resté encré sur Lily jusqu`à ce qu`elle disparaisse derrière les portes automatiques. J`étais trempé jusqu`à l`os, mes yeux perdus dans le vide comme si l`on venait de m`apprendre que je venais de tout perdre alors que finalement, il n`y avait rien de très grave ... à première vue. J`avais la dure impression d`avoir été arraché à ce qui était devenu en quelque sorte mon « unique raison de vivre » mais le plus difficile à supporter, c`était probablement le poids des regards désolés dans mon dos. Je savais que je n`avais aucune raison de me faire un sang d`encre pour la belle jeune femme, si c`était ce qu`elle m`avait dit, ça ne devait être si grave que ça. Une mauvaise fièvre tout au plus. Mais rien ne pouvait m`empêcher de ressentir ce flot d`émotions qui avaient débarqué, me submergeant si soudainement. La colère de n`avoir sur la protéger comme je me devais de le faire inconditionnellement et la crainte de la voir un jour disparaitre sans que je ne puisse rien faire. Si elle venait à mourir par je ne sais quel miracle, je me connaissais assez pour savoir que j`allais me porter coupable de cette mort, je me savais capable de regretter au point d`en ... au point de peut-être ... faire quelque chose de regrettable. Je me laissais tomber sur une chaise au beau milieu de cette salle d`attente bondée. Je ne l`avais même pas remarqué en entrant et pourtant, il y avait plus de vie ici que n`importe où ailleurs. J`avais envie de la rejoindre, de me comportement comme je me serais comporté en temps normal, mais je savais que c`était pour le moment impossible. Seulement, je n`avais rien d`autre à faire que d`attendre encor et encore.
    [...]


    En attendant cette nuit-là, j`avais fini par sortir dans un but précis ; je ressentais à présent le réel besoin de chasser, de trouver une victime, de la vider de son sang et puis basta. Je ne savais pas encore qui, ni même si je voulais quelque chose de précis. Après tout, je n`allais sûrement pas avoir beaucoup le choix étant donné le temps qui se profilait à l`horizon jusqu`à l`aube -au moins-. Alors je m`étais éloigné de l`endroit, traversant les rues sans vraiment avoir de lieu en tête, j`attendais de croiser un humain assez digne de mourir par ma faute. Ou au moins de croiser un humain, ce qui serait une chose déjà bien. Je tournais autour des quartiers les plus peuplés en logement hôtelier, comme un vautour guettant une proie. Je ne m`attendais pas à trouver chaussure à mon pied si rapidement alors que je m`arrêtais, comme complètement désorienté. Quelque chose me gênait, une chose que je ne percevais pas encore complètement, que je ne voyais pas mais que je sentais sans vraiment savoir ce que j`étais en train d`humer avec tant de ... j`étais d`ailleurs même incapable de dire ce que je ressentais exactement. Je tournais la tête vers une porte à peine éclairé, une prostituée sortant d`une voiture, suivie de près par un homme que je ne reconnaissais pas tant pour son physique mais plus par son odeur déplaisante. Elle me donnait la nausée tellement je la reconnaissais avec une facilité monstre. Je connaissais son nom, je connaissais même son visage sans vraiment l`avoir déjà rencontré. Un homme. C`était bien la première fois que je voulais m`en prendre à un homme. Pas que j`étais trop faible, mais plutôt parce que j`avais tendance à mélanger relation sexuelle et « repas ». Je n`avais aucune attirance pour les hommes, et encore moins pour les types dans son genre. Pourtant, j`allais rapidement oublier une promesse, ou une parole dite en l`air plutôt. Ce n`était pas de la jalousie, c`était une vengeance personnelle. Mon cher James, tu es mon nouveau jouet. Je m`étais approché du « couple », attrapant dans un premier temps la femme par le bras avant de voir l`homme se retourner, son visage montrant une incompréhension. Je sortais de ma poche quelques billets que j`avais pris pour régler l`hôpital et les glissais dans la main de la professionnelle.

    – Casse-toi, et dis-toi que je t`ai sauvé la vie ce soir.

    Je n`avais pas attendu de voir la fille disparaitre dans l`obscurité avant d`attraper le gars par le col, le menant dans la ruelle sombre qui se trouvait derrière lui. Il essaya à plusieurs reprises de me frapper, de me faire mal mais comme si je ne sentais rien je ne ralentissais qu`à peine, plaquant son corps contre le mur en brique, laissant s`abattre sur son visage mon poing. Je ressentis une douleur, la douleur de la blessure qui se trouvait au creux de la même main qui avait marqué le visage de l`homme. Son sang ne m`attirait pas et je savais que le tuer n`allait en rien résoudre les problèmes de Lily. J`avais planté mes dents dans son cou, fouillant sa chair pour lui faire mal, laissant son sang se déverser dans ma gorge avec un plaisir différent. De toutes manières, Lily n`aurait sûrement jamais vent de la disparition de son ancien client, ou alors, elle ne douterait pas que j`étais le responsable de cette mort. Je n`étais pas le seul meurtrier dans cette ville après tout ...
    [...]


    Je n`avais pas compté le nombre d`heures que j`avais passé dans le fond de mon siège à attendre la venue d`un homme en blanc pour qu`il m`annonce que je pouvais enfin aller voir Lily. Je ne savais pas qu`il y avait tant d`attente pour une simple grippe, ce n`était pas comme si elle avait attrapé la Peste Noire après tout. Mais je me montrais plutôt patient pour le moment.

    « Monsieur ?
    – Qu`est-ce qu`elle a ?
    – Vous devriez peut-être vous asseoir.
    – Ne prenez pas de gants avec moi ...
    – J`ai deux nouvelles. Ne tournons pas autour du pot, la première est que votre amie va mieux pour le moment mais un examen nous a révélé la présence d`un rétrovirus. Tout porte à croire qu`elle est atteinte d`un virus d`immunodéficience. Je suis sincèrement désolé. »

    Je m`étais levé comme un ressort en voyant cet homme s`adresser tristement à moi. Je comprenais ses mots par le biais de ses pensées. Bien sûr, j`avais déjà entendu parler de ce genre de maladies mais je ne m`en étais jamais inquiété. Si Lily était vraiment atteinte d`un de ces trucs, je ne savais pas comment accueillir la nouvelle. Cela semblait signifier ce que je refusais de croire. Allait-elle mourir ? Alors combien de temps lui restait-il à vivre ? Quelques semaines, quelques mois, quelques années ... je n`en savais rien. Je n`avais pas parlé, ne voulant rien laisser paraitre devant l`inconnu qui me menait à présent à travers les couloirs horriblement tristes et blancs de cet asile. Il m`avait désigné une chambre du doigt sans rien ajouter, m`offrant juste une tape sur l`épaule si bien que je ne lui avais adressé la moindre attention. Je m`étais avancé vers cette pièce aussi blanche et lumineuse que le reste de l`endroit, pénétrant, poussant la porte derrière moi pour un peu plus d`intimité. Je la regardais- elle me regardait. C`était étrange et pourtant, tout semblait normal.

    Lily O'Connor


    Lily toussa à nouveau à s'en faire arracher les poumons après avoir laissé entendre ses quelques mots à l'attention du vampire sans arriver à finir sa phrase la quitte de toux rendant impossible toutes paroles dans l'immédiat alors que sa respiration devenait plus difficile et bruyante. L'air entrant dans ses poumons avec peine alors que la pauvre enfant essayait de le recracher le plus lentement possible pour ne pas sentir cette douleur dans sa poitrine, une douleur faite de milliers de pieux s'enfonçant dans sa cage thoracique à chaque toussotement, à chaque respiration trop forte, une douleur qu'elle avait espérée ne pas revoir de si tôt tant elle était insupportable. Ses mains quittèrent sa bouche pour se reposer sur celles du vampire à ses cotés cherchant à les guider à nouveau contre son visage ce contact glacial lui faisant toujours autant de bien, puis elle les fit glisser lentement contre sa peau, contre sa gorge, sa carotide pour finalement les laisser glisser au travers de la chemise à la naissance de sa poitrine. C'était sans nul doute la toute première fois qu'elle était aussi heureuse qu'un homme la touche ainsi, qu'il laisse ses mains contre elle, sous sa demande, sous son envie la plus profonde. Si elle avait eut son mot à dire jamais il ne les aurait retiré, mais elle n'en avait le pouvoir, ni même le droit et l'une d'elle se déroba sans attendre pour se saisir du téléphone proche les yeux de la prostituée se glissant contre le visage de son compagnon.

    La discussion fut très rapide Alistair demandant à ce que l'on fasse venir un taxi au plus vite sans le moindre mots de plus raccrochant le combiné aussi rapidement qu'il l'avait décroché après avoir donné son nom. Aussitôt son autre main quitta la peau de la belle tout comme le reste de son corps la laissant seule sur le lit la fraicheur qu'il lui avait alloué jusqu'à présent disparaissant en quelques secondes pour le plus grand déplaisir de la jeune femme qui se mit alors à rechercher de la fraicheur tant bien que mal. N'arrivant à se lever elle se laissa glisser contre le draps qui recouvrait le lit sur lequel elle s'était laissée choir quelques minutes plus tôt essayant de le tirer contre sa peau avec peine, après quelques efforts un de ses pans fini par céder et elle se porta contre elle profitant de sa fraicheur quelques secondes avant qu'il ne lui ait toute transmise... Un soupir de frustration s'échappa alors des lèvres de la belle avant qu'Alistair ne refasse son apparition à ses cotés signe de fraicheur, mais il en fut tout autre, l'obligeant à se redresser il déposa sur ses épaules un lourd manteau de laine avant de la prendre dans ses bras son corps s'écrasant contre celui du vampire. Elle avait chaud, très chaud et encore plus à cause de ce stupide manteau qu'il lui forçait à porter sans qu'elle ne lui ait demandée alors qu'ils quittaient l'appartement Lily se débattant avec peine pour essayer de retirer cette couche de vêtements plus que superflue sa peau moite de sueur n'en ayant aucunement besoin. Quelques mouvements de bras, faible protestations et tortillement plus tard elle était toujours dans ses bras descendant les escaliers de l'immeuble quatre à quatre sans avoir put retirer le moindre morceau de laine de sa peau ayant tout juste réussi à poser son visage un peu plus prêt de celui de son chevalier servant bien que toujours contre son torse... C'est alors qu'une douce brise lui fouetta le visage les doubles portes de l'hôtel s'ouvrant sur l'extérieur sans qu'elle n'ait comprit ce qu'il venait de se passer, comment étaient ils déjà ici? L'homme s'engouffra dans le taxi qui leur faisait face.

    – L`hôpital le plus proche ... s`il vous plait ...

    A ces mots la jeune femme sentit son cœur se serrer dans sa poitrine alors qu'elle laissait ses mains glisser lentement vers le visage du vampire celui-ci ne se rendant pas compte de tout ce que cela impliquait... Elle n'avait pas les moyens d'aller à l'hôpital d'une part n'ayant aucune couverture sociale de part son métier et d'une autre les hôpitaux n'étaient pas fait pour les personnes comme elle. C'était triste à dire, mais jamais elle n'avait mit les pieds dans un hôpital depuis qu'elle avait fuit son foyer il y a quelques années de cela se débrouillant pour se soigner seule avec les moyens du bord et voilà qu'en moins de deux mois elle allait y retourner pour la deuxième fois par la faute de ce vampire... Son regard se posa dans celui du vampire qui la tenait toujours contre lui ses lèvres bougeant lentement pour laisser une voix faible s'en échapper lui demandant de faire demi tour...

    "No... Non pas l'hôpital... J'ai pas d'argent... *tousse* Tu... Tu aura des problèmes... Là bas..."

    Le bel homme pourtant ne semblait s'en soucier se contentant de la fixer un léger sourire sur les lèvres ses yeux posés avec douceur sur son visage alors qu'il laissait ses doigts glissés dans les siens. Pourquoi ne voulait il pas l'écouter? Ne se rendait il pas compte qu'il allait au devant de nombreux problèmes à la conduire ainsi dans un centre de soin? Elle aurait aimée lui expliquer tout ce qu'il risquait à se comporter ainsi, mais elle n'en avait le courage ou plutôt les moyens ses poumons la faisant toujours autant souffrir à chaque mots qu'elle arrivait à prononcer. Blottie contre lui elle se laissait alors aller le taxi filant dans les rues de la ville à vive allure dans un bruit assourdissant la pluie frappant avec violence contre celui-ci, les essuies glace frottant contre la vite dans un bruit tout aussi déplaisant, un bruit qui n'allait pas tarder à la rendre complètement folle alors qu'elle enfouissait son visage contre le torse de son compagnon essayant de se boucher les oreilles pour retrouver un peu de calme. Le taxi fini par se stopper enfin après quelques minutes Alistair l'en extirpant sans attendre traversant en courant la faible distance qui les séparaient des doubles portes faisant tout son possible pour la protéger de la pluie battante leurs corps humide pénétrant alors dans le hall de l'hôpital pour qu'ils se retrouvent dans une panique sans nom... Une entrée aussi "violente" ne pouvait passer inaperçu et il ne fallut attendre plus de quelques secondes pour qu'infirmière et médecins ne se précipite sur le petite couple arrachant Lily aux bras d'Alistair pour la déposer sur un chariot proche, celui-ci quittant le hall rapidement sans même qu'elle n'ait le temps de dire le moindre mots. Pourquoi l'arracher à lui? Pourquoi ne pouvait il venir? La jeune femme essaya de se redresser pour le voir, pour lui demander de rester à ses cotés alors que le chariot traversait une sorte de sas avec rapidité une jeune femme l'obligeant à se calmer posant une main sur son épaule pour la replacer délicatement contre le chariot.

    "Calmez vous mademoiselle, on va s'occuper de vous, mais vous devez vous calmer sans quoi on devra vous donner un sédatif..."

    Lily la regardait se débattant toujours sur le lit tant affolée que perdue par une telle agitation autour de sa petite personne. Les autres protagonistes composant la pièce qui se déroulait sous ses yeux n'arrêtaient de parler créant un brouhaha constant, de la toucher leurs mains glissant sur sa peau sans aucune gêne, l'un cherchant à retirer ses vêtements humides alors qu'un autre prenait son poux ainsi que sa température le chariot se stoppant enfin dans une chambre la catin se débâtant à nouveau alors que l'un d'eux lui retirait sa chemise l'infirmière lui demandant de se calmer à nouveau avant de lui administrer un calmant plutôt léger en voulant lui causer plus de problème qu'elle semblait en avoir la droguée sombrant dans le sommeil quelques instants plus tard.

    Leur patiente ainsi endormi ils purent enfin se mettre au travail dans de bonnes condition l'infirmière lui retirant la chemise trop large qu'elle portait mettant à nu son corps, un corps qui ne manqua pas de la choquer à mesure qu'elle le découvrait ses yeux se posant pour commencer sur les diverses plaies qu'elle avait sur les bras certaines venant tout juste de se refermer. Il lui fut aisé ensuite de remarquer les traces d'aiguilles aux niveau de ses veines celle-ci indiquant sans aucune difficultés le fait qu'elle devait se droguer amenant bien vite à redouter une mauvaise réaction avec l'un des produits qu'elle avait put s'injecter ou se faire administrer une seconde personne venant immédiatement lui faire une prise de sang avant de lui poser une perfusion pour lui administrer un traitement préventif ayant pour but de lutter contre les symptômes déjà apparents. C'est ensuite qu'une toute nouvelle donnée fit son apparition alors que l'équipe médicale découvrait de nombreux bleus sur les cuisses de la prostituée ceux-ci pouvant sans mal être le fruit de violence sexuelles l'infirmière allant immédiatement porter cela l'attention du médecin qui avait interrogé Alistair quelques minutes plus tôt. Sans attendre bien longtemps l'homme envoya une infirmière pour lui faire remplir les papiers destinés à régler les taches administratives qu'engendraient tout soins médicaux pour ainsi s'assurer d'avoir ses coordonnées avant qu'il ne se dérobe s'il n'était pas ce qu'il prétendait apprenant ainsi qu'il vivait dans le Westin Seattle Hôtel un des hôtels les plus huppé de la ville signifiant sans nul doute qu'il n'avait aucun souci d'argent.

    Un fois tout ces renseignements prient et en main du docteur la délicate décision de contacter la police ne fut pas immédiate le staff médical ne voulant brusquer les choses tant la situation pouvait être compliqué préférant attendre que la jeune femme soit éveillée, mais la disparition de l'homme qui l'avait conduite ici accéléra le mouvement le médecin appelant le service chargé des viols et autres agressions à caractère sexuel pour qu'il leur envoie des agents à même d'appréhender la situation au mieux ceux-ci ne métant guerre longtemps à se montrer. Les heures venaient de passer à une vitesse folle pour l'équipe médicale, mais l'état de la jeune femme était en amélioration la perfusion avait fait son effet la température corporelle de leur patiente ayant chuté pour être au plus proche de la normale alors que les résultats d'analyses leur parvenait enfin. A leur grand surprise les tests de dépistage de drogue se révélèrent normaux ou du moins ridicule par rapport aux attentes qu'ils avaient la drogue ayant parfaitement expliqué la plus par des symptômes, mais il ne leur fallut attendre bien longtemps pour avoir les compléments d'analyse et découvrir que la pauvre était atteinte par un mal bien plus grave... C'est dans le même temps que la jeune femme reprit conscience sortant avec peine du sommeil forcé qu'elle venait de subir une infirmière venant à son chevet pour la rassurer et prendre ses premières réactions comme les deux policiers présent dans le service lui avait demandé.

    "Mademoiselle, n'ayez pas peur vous allez bien mieux à présent... Vous pouvez me dire comment vous vous appelez?"
    "Lily... Je m'appelle Lily..."
    "Votre fiancé vous attends dehors, vous voulez que je lui dise de venir?"
    "Mon... Fiancé?"
    "Ce n'est rien reposez vous, je vais vous laisser au calme le temps que je vérifie que tout va bien..."

    La jeune femme passa doucement sa main sur le front de la catin vérifiant que tout allait bien avant de se retirer sans rien ajouter n'ayant pas à lui annoncer de quoi elle soufrait ainsi ce type de maladie étant très difficile à assumer en général et encore plus pour une femme Lily la regardant faire sans un mot essayant d'émerger de ce sommeil plutôt désagréable. Autour d'elle le monde semblait lourd, faute aux divers produits qui coulaient dans ses veines, mais pour autant ce changement était appréciable son corps étant redevenu "frais" il en était de même pour sa respiration qui ne la faisait plus souffrir à son grand bonheur un sourire se lissant sur ses lèvres alors que la femme à ses disparaissait après l'avoir une nouvelle fois rassurée. Dans les minutes qui suivirent elle fit son compte rendu sur les réponses qu'elle lui donné tout décidant qu'il vaudrait mieux poser quelques "questions" à ce monsieur Haarp un médecin allant alors lui faire un résumé de la situation l'invitant à venir voir sa fiancée avec un tact et un sang froid pouvant faire pâlir nombre de ses confrères... Il ne fallut attendre bien longtemps pour qu'il fasse son entrée dans la chambre de la jeune femme poussant la porte pour se laisser apparaître aux yeux de la jeune femme qui tourna alors la tête vers lui un sourit faisant son apparition sur ses lèvres alors qu'il se tenait là, devant elle... Il était resté ici tout ce temps? Cet simple idée avait suffit à faire naitre ce sourire qui pourtant la quitta si vite alors que la porte qui venait de refermer s'ouvrait à nouveau laissant entre-voir deux hommes en costard cravate accompagné par deux policiers...

    "Monsieur Haarp nous aimerions avoir une discussion avec vous..."


    _________________
    [Postes vacants] - [Listes] - [Groupes]
Revenir en haut
Mnesis
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Jan 2009
Messages: 762
Localisation: Dans les limbes

MessagePosté le: Lun 19 Avr 2010 - 20:45    Sujet du message: Exemples de rp Répondre en citant



    juste sous le regard de Dieu
    La cathédrale St James
    Pandore Liddle





    Dans les films, faire des recherches sur quelqu'un a toujours l'air d'un jeu d'enfant. Les héros trouvent toujours d'improbables archives dans une bibliothèque, accèdent sans problèmes à des dossiers confidentiels... Dans la réalité, c'est tout de suite beaucoup moins facile. Mais, contre toute attente, j'y avais pris goût. Fouiner a quelque chose de grisant, et l'interdit a toujours été excitant.

    Theobald était mon gros morceau, mon projet coupable sur lequel j'avançais à pas de fourmi, d'information inutile en détail insignifiant. Le prêtre, lui, c'était juste pour le plaisir. Tout en lui m'intriguait, et je n'arrivais pas à concevoir qu'il soit réellement ce qu'il prétendait être. Je n'ai jamais aimé les clichés, mais cet homme dérogeait à toutes les règles et bouleversait totalement la vision que j'avais d'un homme d'église. Et puis surtout, je m'ennuyais un peu. J'aurais sûrement dû m'en réjouir, et ouvrir grand les bras à cette bonne vieille normalité qui décidait enfin de revenir dans ma vie... Je n'y arrivais pas. J'avais aimé jusqu'à la frayeur dans ce nouveau monde peuplé de cauchemars, et j'aurais tout donné pour ne plus jamais retourner à la routine d'une vie sans histoires.

    C'était un samedi pluvieux, j'avais lancé mon navigateur et tapé son nom dans Google. Vous saviez que le diocèse de Seattle possédait un site internet? Nithz Nemka y avait sa petite fiche parmis celle des autres prêtres de la circonscription, avec photo de premier de la classe et biographie onctueuse. Mais ça ne prouvait pas grand chose au final. Si l'habit ne fait pas le moine, je parie que le titre non plus. J'avais donc décidé d'aller voir ça de plus près. J'étais en manque d'adrénaline, ce qui commençait à m'inquiéter. Je n'avais pas vraiment envie de me transformer en l'un de ces déséquilibrés qui feraient n'importe quoi pour sentir leur pouls s'accélérer.

    Pourtant, au mépris de toutes mes valeurs les plus chères, je m'étais retrouvée debout le lendemain matin, dimanche, à 9h, en train de me préparer pour aller assister à la messe dominicale à la cathédrale Saint James. Autant vous dire que je ne me sentais pas vraiment à l'aise. La honte, l'excitation et l'agacement se disputaient dans ma tête alors que j'enfilais une chemise blanche très bcbg sur mon jean habituel. J'avais même poussé le vice jusqu'à me passer un coup de brosse dans les cheveux, phénomène hautement improbable dans ma vie de tous les jours. J'ai claqué la porte de mon appartement avec le désagréable sentiment de m'embarquer encore dans un truc vraiment stupide qui ne m'apporterait rien de bon.

    Une demi heure plus tard, je me mêlais à un groupe de vieilles bigotes et passais discrètement la porte de l'imposant édifice. Je venais d'entrer dans un autre monde, dont je ne connaissais pas les codes et dans lequel je n'avais pas ma place. Beaucoup se connaissaient déjà, et de petits groupes de fidèles s'étaient formés, qui discutaient ensemble à voix basse. La grande nef était emplie de murmures qui s'élevaient comme des insectes, dans un vrombissement assourdi.

    Première surprise: parmi les vieilles grenouilles de bénitier et les mères de famille preppy, une proportion de jeunes beaucoup plus élevée que ce à quoi je m'attendais. Le retour en masse à la religion n'était donc pas qu'une rumeur... Deuxième surprise; ils n'avaient pas forcément l'air de fils de bonne famille ou de jeunes vierges à l'air candide. C'était étrange de voir tous ces ados réunis dans cette église, pouffant doucement entre deux bancs de prière, converse aux pieds et t-shirts délavés. Des jeunes normaux en somme.

    Soudain, le brouhaha décrut et tout le monde se dirigea vers les bancs pour s'asseoir. Nithz venait d'arriver. Je me fondis rapidement parmi la foule et m'assis avec les autres. Le sermon en lui même correspondait parfaitement à mes attentes: ennuyeux à mourir. Nithz avait beau faire quelques efforts pour le rendre plus vivant, on ne pouvait pas dire que c'était un succès. Pourtant, les paroissiens autour de moi semblaient boire ses paroles comme s'il leur délivrait le sens de la vie, avec les réponses aux grandes questions de l'univers en prime. Pour moi, c'était juste horriblement long, et j'ai eu le plus grand mal à me retenir de me tortiller sur l'inconfortable banc de bois.

    Bon, ok, il était bien présent, et il faisait son boulot. Mais après, hein? Je restais persuadée qu'il cachait quelque chose. Lorsque enfin la messe fut finie, je ne me décidai pas à sortir. Le prêtre était en grande discussion avec un jeune homme qui parlait avec passion en faisant de grands gestes, l'éclat de sa voix se répercutant parfois sous la voûte. Je m'étais reculée dans l'ombre, vers les cierges, attendant de voir ce qu'il se passait ensuite. Est-ce que le rideau tomberait? Est-ce que «Monsieur Parfait» montrerait un autre visage? J'avais bien l'intention de le suivre pour en avoir le coeur net.

    Mais tant que l'autre illuminé lui tenait la jambe, je jouais avec les flammes des bougies, passant et repassant mon doigt au milieu d'elles. Jusqu'à ce que je me brûle, évidemment. Je retirai ma main un peu brusquement, bousculant l'un des cierges qui bascula, puis tomba sur le dallage dans un bruit terne. Merde! Heureusement, c'était resté très discret. Je ramassai la bougie et la reposai sur son socle, puis me retournai, cherchant à vérifier qu'on ne m'avait pas vue... pour tomber nez à nez avec Nithz, qui me dévisageait d'un air sévère.

    Oups.

    Je pâlis, ou rougis, ou les deux en même temps, en tout cas on ne peut pas dire que j'étais fière de moi. Quelle poisse! C'était vraiment la honte de se retrouver là, cachée comme une voleuse dans un recoin de son église. Sur le moment, je n'ai trouvé qu'une chose à dire, que je marmonnai entre mes dents, comme un gamin pris en faute:


    - Euh, salut... Super sermon...



    Nieth Nemka



      Lorsque le prêtre Nemka termina son sermon, c'est toute l'assemblée qui se leva comme un seul homme. Il n'y avait pas plus belle récompensé pour cet homme d'église que de voir une communauté pleine de vie. Elle était ravie. C'est vrai que les jeunes prêtres se faisaient de plus en plus rare ces temps-ci. Et lorsque Nithz était venu proposer sa candidature, c'est à peine si on ne lui sauta au cou pour l'attacher enfin d'être sûr qu'il ne changerait pas d'avis. Le catholicisme mourrait. Et paradoxalement sa seule chance de survie aujourd'hui résidait dans la crainte des vampires. Un étrange sentiment pour cet ex-djinn qui au lieu de les exterminer, souhaiter presque les voir survivre, afin qu'ils montrent leur véritables natures, afin que ces fils de Lucifer permettent la résurrection du christianisme. Le jeu en valait la chandelle, qu'était donc un millier de vie face à des millions ? Mais bien entendu, ces suceurs de sang étaient un peu plus malin que ça. Profitant de la curiosité humaine, de son pêché le plus grave.
      Toujours étant que son sermon avait apparemment plu à un jeune illuminé qui avait jailli sur le pauvre prêtre avant même qu'il n'ai eu le temps de faire un pas. Situation comique s'il n'en est pour un jumper qui était justement sensé pour éviter ce genre de rencontre. Nithz perturbait par une rencontre récente avait fini par un introduire dans son sermon, une distinction entre la passion ou pulsion sexuel et l'amour. Et...

      -Mon père, j'espère que je ne vous dérange pas mais j'aimerai discuter avec vous d'un problème qui me turlupinait depuis un sacré bout temps. Dit le jeune adolescent d'une voix nerveuse et sans même reprendre son souffle, il poursuiva. Enfin et bien voilà... Vous savez qu'en ce moment, je.. et bien.. je suis en pleine crise pubère et même avec le soutien de dieu, j'ai le plus grand mal à resister à mes pulsions ! Surtout quand ce moment, je suis justement avec une copine et je n'arrête pas enfin.. je.. je.. je me demandais si la pulsion était si dramatique parce que voyez vous, j'ai.. j'ai tenté beaucoup chose pour éviter de me.. me.. enfin vous voyez le truc que font les autres garçons de mon âge mais voyez-vous récemment j'ai..

      Et il poursuivra, mais comment arrivait-il donc à débiter autant de parole à un rythme aussi effroyable ? C'est comme-ci il parlait mais que les informations, qu'il allait dire, n'arrivaient pas jusqu'à son cerveau. Bizarrement le bruit de ses paroles s'estompa peu à peu. Bientôt son discours ne devint qu'un murmure lointain auquel j'avais pris l'habitude de me soustraire. Pardonnez moi encore une fois pour cette faute à mon devoir Seigneur, mais celui-ci, je n'arriverais jamais à l'aider, nos karmas sont trop éloigné. Puis soudain, je la vis. Il n'y avait aucun doute sur la personne, brune, belle et plus fouineuse que jamais. Et sans m'en rendre compte le temps s'arrêta autour de moi, comme l'instant capturé par une photo en 3D. Bon dieu, pour la première fois depuis des siècles mon pouvoir allait s'activer sans me demander l'autorisation... Une fois, alors que j'étais gamin, ce phénomène m'était arrivé et sans même m'en rendre compte j'avais attiré dans la chambre de ma mère... Elle recevait justement un client à ce moment-là. L'une de mes pires expériences et je n'avais aucune envie que cela se reproduise alors dans un effort qui me paru une éternité, je me suis interdit de jumper, c'était comme tenter d'attraper et stopper d'une main une cheval au galop et de l'autre s'amuser à jongler avec 6 ou 7 massues. C'était dans l'autre des choses, ce pouvoir était parti intégrante de mon être et l'arrêter en pleine action revenait à arrêter un battement cœur ou bien une pulsion nerveuse. Je ne sais comment j'y parvins. Enfin presque, j'avais bougé de quelque centimètre a vrai dire. Décidément, cette fille était devenu une obsession apparemment. Je ne pouvais pas le nier, la dernière fois si j'avais rejoint ma mère dans sa chambre alors qu'elle était avec un client, ce n'était pas pour rien, mais parce que j'étais assez grand pour comprendre ce qu'il faisait et que je crevais de jalousie à l'idée qu'un homme aussi sale touche ma mère. Donc si aujourd'hui, alors que j'ai normalement la maitrise totale de mon pouvoir, j'ai voulu me retrouver à côté d'elle, ce n'était très certainement pas innocent. L'ennuie, c'est que j'étais bien incapable de savoir pourquoi. Mon instinct de protection peut être ? J'avais même poussé le vice jusqu'à chercher quelque chose d'elle sur internet. Et évidement je n'avais rien trouvé de mieux que son Myspace. Ça aussi c'était nouveau pour moi. Internet nan mais j'vous jure, s'il y avait bien un truc qui violait tout droit d'intimité dans ce monde, c'était bien ce truc. Évidement comme tout homme du passé j'avais d'abord refusé tout contact avec cette machine infernale. Cependant j'avais du m'y résoudre. C'est vrai, quel homme de moins de 30 ans, même prêtre, ne sait pas se servir d'internet ? Même l'évêque savait s'en servir alors qu'il avait 78 ans...

      -Euh vous avez l'air bizarre mon père ! Déclara Mac arthur d'un air inquièt.
      -Hum... Ce n'est rien, Mac Arthur, c'est juste que je ne me sens pas bien ces temps-ci. Quant à ta question, tu es le seule à pouvoir y répondre, penses-tu amour ou bien passion ? Si tu es honnête avec toi, alors dieu te pardonnera !

      Suite à ces paroles plus que banales, Nithz s'échappa enfin de l'influence du jeune ado avant de se diriger vers la jeune Pandore qui semblait s'amuser comme une gosse de 10 ans avec les flemmes. Lorsqu'elle se brûla et fit tomber le cierge. Nithz s'arrêta dans son mouvement. Autant la laisser s'inquiéter un peu avant d'intervenir. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est qu'elle allait se retourner aussi brusquement. Et voilà, il était maintenant nez à nez avec elle. Marquant un air quelque peu impartiale, Nithz la sermonna:

      -A force de jouer avec le feu, on finit par se brûler. Pandore.

      Un demi-sourire aux lèvres, Nithz était toujours satisfait de lui même lorsqu'il trouvait une phrase imparable. Bien sûr, elle le salua et il répondit d'un hochement de tête avant d'ajouter :

      -Laisse moi deviner, tu t'es installer dans l'avant dernière rangée à gauche et tu as était tellement convaincu que demain tu te baptise ? Il n'y avait ni mépris, ni agassement dans la voix de Nithz, il tentait juste de faire de l'humour. Décidément il ne se reconnaissait plus en ce moment.Et que dirais-tu de te balader un peu dehors ? Comme ça tu m'expliquerais peut être ta venue ici non ?

      Puis il se décala vers la sortie avant de tendre la main comme pour l'inviter à passer en premier.



    _________________
    [Postes vacants] - [Listes] - [Groupes]
Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 18:02    Sujet du message: Exemples de rp

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Blackout Index du Forum -> Avant de commencer -> Règles et contexte -> Contexte Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Portail | Index | créer forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Template lost-kingdom_Tolede created by larme d'ange
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com