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Philia, Eros, Agape. [PV Santiago Apollinaire] [Terminé]
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Santiago Apollinare
Chasseur

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MessagePosté le: Sam 27 Nov 2010 - 16:08    Sujet du message: Philia, Eros, Agape. [PV Santiago Apollinaire] [Terminé] Répondre en citant

Souvenirs, souvenirs…

Okay, j’sais bien que j’ai tendance à trop parler mais après ce qui vient de nous arriver, j’ai des raisons d’être un peu nerveux, non? N’empêche que j’ai envie de faire des bonds tellement j’suis emballé, c’est quand même pas tous les jours qu’on invite une vampire chez soi! Agape n’a pas trop relevé mes commentaires mais visiblement le truc de l’invitation à entrer, c’est de la couille de bouc. Ouais parce qu’en fait elle s’en tape, ce qui semble plus l’intéresser c’est me parler d’eau de javel et de douche. C’est si urgent que ça? Moi, j’tourne à peine la tête vers la porte, le temps de l’ouvrir, un simple moment d‘inattention et….

« Ben ouais, j’devrais trouver des fringues à ta taille. Mais pourquoi de la javel, c’est quand même pas… Ah ben merde, t‘es… partie?»


C’est le silence qui me répond, avec au loin le bruit des voitures sur la grande chaussée et je fixe le trottoir vide devant moi. Elle s’est carrément volatilisée, et j’ai beau me retourner dans tous les sens, y’a plus personne dans la rue. J’me gratte un peu les tifs avant d’hausser les épaules, il ne me reste plus qu’à l’attendre si j’ai bien compris. Je rentre donc dans le hall et j’attrape une caisse à journaux pour bloquer la porte, ainsi, elle aura pas à sonner quand elle reviendra. J’ai pas eu le temps de lui dire à quel étage j’habitais, c’est ballot… Et vu qu’elle ne connait pas mon nom de famille, j’sais pas comment elle va s’y prendre. A moins qu’elle ne réussisse à sentir ma présence, c‘est possible ça ?

«Hé ben, ça craint du boudin. »


C’est sur ces paroles pleines de philosophie que j’me tape rapidos les deux étages qui me sépare de mon appart. Mais au fait, si Agape sent ma présence, est-ce qu’Ambroise serait capable de suivre nos traces lui aussi? Si c’est le cas, j’suis pas dans la merde! Comme prévu, M’man est en train de pieuter, la pauvre, ça vaut mieux qu’elle sache rien. J’traverse fissa le séjour sur la pointe des pieds pour rejoindre la salle de bain. Mon reflet dans le miroir me fait sursauter et j’me contemple avec stupéfaction. Bordel, mais on dirait que j’viens de survivre à un massacre! En fait c’est un peu ça quand même. J’me dépêche donc d’enlever mes fringues et de les jeter dans la baignoire pour les rincer, avant de me foutre moi-même sous la douche. Une rapide baignade et me v’là comme un sous neuf. C’est entouré d’une serviette avec mes fringues sous le bras que j’rejoins ma chambre pour enfiler rapidement des vêtements propres. Et ensuite, direction la cuisine pour foutre mes trucs dans un seau et les imbiber d’eau de javel.

Ouf, ben c’est une bonne chose de faite! J’ai été assez vite pour faire tout ça et j’me dépêche de revenir dans ma chambre pour jeter un œil par la fenêtre. Bon sang mais qu’est-ce qu’elle fout? C’est que j’commence à m’inquiéter ferme et je tourne en rond comme un lion dans une cage. Et si le vampire avait fini par la rattraper, et s’il s’était vengé sur elle en la cassant en deux? Est-ce que ça se casse un vampire, même si c’est immortel? J’en étais là de mes questions quand une présence derrière moi me fait presque sauter en l’air. C’est elle! Un sourire revient spontanément sur mon visage dès que j’l’aperçois et j’me précipite vers elle pour l’attraper par la main.

« Hey mais j’t’ai même pas entendu entrer, comment tu fais ça? T’as trouvé mon appart direct, hein, ça fleure bon le Santiago par ici, c’est ça? Mais dis moi, ton copain là, il va flairer notre piste à nous aussi, faut que t’enlève tes fringues pour que je les foute dans la javel!» Tout en causant, j’l’amène vers mon armoire, que j’ouvre pour en tirer un de mes jeans et un tea shirt pas trop craignos. « Tiens ça devrait t’aller! Mais dis moi, qu’est-ce que tu foutais? Tu l’as revu l‘autre, il t’a pas pisté? Passe moi tes vieilles fringues, j‘m‘en charge.. Euh ouais hmm.. Vas-y…» J’ai failli oublier, j’vais pas la mater pendant qu’elle se désape, ça se fait trop pas! Du coup j’me retourne vivement avant de poursuivre, d’un ton dégagé. Oui oui il est dégagé mon ton. « Si tu veux prendre une douche, y’a la salle de bain juste derrière… »

Et maintenant!!

J’suis tapi dans mon coin, j’ose à peine respirer et tout d’un coup, on me saute dessus et une main glacée se plaque contre ma bouche! J’écarquille les yeux pour croiser le regard d’Agape et j’hoche la tête pour lui faire signe que c’est bon et qu’elle peut me lâcher. On n’a plus qu’à inspecter le contenu de la mallette en vitesse, et bingo, c’est le trésor qui apparait! C’est pas le moment de discuter, on se casse vers la sortie et quand je vois la porte électrique s’abaisser de loin, j’crois bien qu’on est foutu! Mais en fait non, parce qu’Agape n’a pas dit son dernier mot. V’là qu’elle m’attrape et qu’elle me soulève comme si j’pesais pas plus d’une plume! J’ai pas l’air fin dans les bras d’une nana mais c’est même pas trop ça qui m’inquiète, c’est juste qu’on va se prendre une gamelle!

« Lâche du leste! Tu vas nous flinguer le noyau, attend! Naaaaaaan! »


Mais en fait si. Elle m’a balancé sous la porte et, tel Indiana Jones, elle glisse in extremis avant que le bazar se referme, presque sur elle. Elle l’a fait! Mais bordel, manque plus que le chapeau et le fouet et j’peux partir chercher l’arche perdue avec elle quoi! En plus elle ne me laisse même pas le temps de souffler, faut que j’cours, ouais j’veux bien mais j’suis pas équipé avec des baskets supersoniques! N’empêche que la proximité de Fulton me donne des ailes, et comme on arrive près de sa bécane, j’y saute juste au moment où elle met les gazs. J’entend juste la voix de mon vieux qui gueule sous le vrombissement du moteur pendant qu’on démarre au quart de tour, la bécane filant dans la nuit comme une fusée.

Agape roule comme un bolide et j’ai plus qu’à fermer les yeux et prier. J’sais pas combien de temps il nous faut pour arriver chez elle, j’suis dans un autre monde là et j’m’accroche à son corps (de rêve) sans plus aucune retenue. Non mais sérieux, de toute façon, j’suis plus en état d’être gêné ou intimidé là, et si j’me colle à elle, c’est surtout pour éviter d’me planter à terre. Lorsqu’enfin l’engin s’immobilise, j’en descend, trop content de pouvoir me jeter au sol et de retrouver un semblant de calme. J’oublie un peu le reste, j’suis pas du genre à me préoccuper du regard d’autrui, et j’me couche dans l’herbe du jardin, celui qu’est juste face à la villa. Le contact avec la terre, ça fait du bien, j’ai besoin de faire le vide quelques minutes, ce sera pas du luxe. Pour le coup, j’en aurait presque oublié Agape, non mais faut vraiment que j’sois bouleversé! J’me suis juste couché là, puis j’ouvre les yeux pour apercevoir le ciel étoilé et un profond soupir m’échappe.

« Tu swingue trop comme un trombone, j’suis… mouru. La vitesserie, c’pas mon truc, j’ai le melon qui décampe! J’y trimballe plus rien… Mon père te souviens de toi, il inopte trop des vendangées tu sais! Bah… laisse béton. »


Ouais, de toutes façon, elle captera rien de ce que je lui dis. J’ignore ce que mon père lui veut et pourquoi il tenait tant à ce fameux bouquin qu’on est allé récupérer mais j‘avoue que ça m‘a retourné de devoir me frotter à lui et j‘me sens pas spécialement en forme en ce moment. J’ouvre un œil en me demandant si elle est encore là ou bien si elle est rentrée chez elle, sans plus m’offrir un regard. Elle a eut ce qu’elle voulait après tout, alors elle ne devrait plus avoir besoin de moi. Mais moi, j’avais tellement envie de lui faire plaisir, j’me fous un peu du reste. J’ai envie d’agir comme un chat, qui dort quand il en a envie et sa pelouse me semble si confortable, j’ai bien envie de piquer un somme et d’oublier tout le reste.

«  J’viens te piquer demain quand le soleil sera niqué. Maintenant, faut que j’oublie la scène, bonne nuit. »


Oh ouais, demain, ce sera un nouveau jour, on ira danser, on passera une soirée super romantique et ce sera trop bien. Je referme les yeux.
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MessagePosté le: Sam 27 Nov 2010 - 16:08    Sujet du message: Publicité

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Agape Ursari
Vampire

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MessagePosté le: Ven 25 Fév 2011 - 04:07    Sujet du message: Philia, Eros, Agape. [PV Santiago Apollinaire] [Terminé] Répondre en citant

Oui, le gosse avait été parfaitement obéissant, et Agape en ressentit une bouffée de soulagement et de bienveillance pour cet humain qui n'avait rien demandé et sur qui se retrouvé piégé au milieu d'une histoire qui ne le concernait en rien. Il faisait d'ailleurs preuve d'un sang-froid absolument époustouflant pour un mortel dans sa situation, et la vampire ne pouvait s'empêcher de repenser aux paroles d'Ambroise. Un chasseur... Il faudrait vraiment qu'elle approfondisse cela, ce gamin était décidément... différent.

À vrai dire, à ce stade ce n'était même plus de sang-froid dont il s'agissait mais... d'enthousiasme. En la découvrant, Santiago avait presque bondi, et s'était empressé de venir lui prendre la main, en babillant avec entrain. Dans les mêmes circonstances, n'importe qui se serait roulé en boule en appelant sa mère, mais lui continuait de faire comme si tout cela n'était qu'une extraordinaire aventure, donc la vampire serait l'héroïne. Pour quelle obscure raison ne s'enfuyait-il pas à sa simple vue? Si seulement elle pouvait au moins lire en lui... Mais puisqu'on lui refusait cela, elle devrait employer des mots.


- Ne t'inquiète pas pour tout ça, je m'en suis chargée. Je nous ai fait gagner un temps considérable, et lorsqu'il finira par retrouver ma trace, il ne s'en prendra pas à toi. Mais t'as raison, faut faire vite, on n'est pas encore totalement tirés d'affaire...

Et sans plus de manières, elle s'empressa de se débarrasser de ses vêtements souillés. Santiago s'était retourné pudiquement, ce qui l'a fit sourire. Ce gosse était un vrai gentleman... Mais comme l'on peut s'en douter, Agape se contre-fichait d'être vue nue. Une fois déshabillée, elle forma une boule de ses habits et passa un bras blanc au dessus de l'épaule du jeune homme pour les lui donner.

- Je te laisse t'en charger, je vais me doucher... Merci pour les fringues, c'est parfait.

Elle se détourna pour aller se retrancher dans la salle de bains, laver tout ce sang, cette peur, cette conviction d'avoir commis une erreur terrible, une erreur fatale. Mais par jeu, et parce qu'elle restait toujours elle même, elle laissa délibérément la porte de la pièce entrouverte durant les quelques minutes que prit sa toilette. L'eau coulait sur elle comme les larmes de Zhao, comme la pluie battante qui inondait la Terre en ce jour maudit, celui-là même où Ambroise l'avait sauvée, où elle lui était devenue redevable.

Agape était une battante, elle préférerait toujours une vie de fuite à d'éternels regrets sur ce qui serait advenu si elle était morte ce jour là, une seconde fois. Si Santiago s'était approché de la salle embuée, elle n'en sut rien. Lorsqu'elle en ressortit, moins de dix minutes plus tard, elle flottait dans les vêtements de l'humain, ce qui lui convenait parfaitement. Elle avait envie de se perdre, de disparaître, de se rendre invisible.

Depuis sa transformation, elle ne s'était jamais sentie aussi humaine qu'en cet instant là. Aussi vulnérable, aussi. Frôlant Santiago, elle attrapa son paquet de clopes qu'elle avait posé sur un meuble de sa chambre, et s'en alluma une, par habitude, recrachant lentement la fumée d'un air pensif. Et maintenant? Et maintenant?


- Je peux crécher ici pour la journée?




Grisée par la vitesse, elle profite de ces quelques minutes de paix, d'un silence tout relatif, le corps de l'humain irradiant sa chaleur réconfortante contre son dos, à travers leurs vêtements. Avec un calme qui ne lui est pas coutumier, elle rumine les événements de la soirée... Cet enfoiré de Fulton qui avait cherché à la doubler, les menaces qu'il avait proférées... Il méritait une punition exemplaire, et elle la lui aurait bien donnée, s'il n'y avait pas cette connasse de djinn collée à ses basques...

Et puis, il y avait encore des choses étranges dans cette histoire. Le lien de sang qui unissait Santiago à Coughlin était parfaitement clair, mais pour ce qui était de leur relation véritable, tout demeurait encore flou. Il lui vient à l'esprit qu'elle pourrait peut-être utiliser le gamin pour atteindre son père, mais l'idée ne fait que la traverser, et elle la laisse suivre son cours, hors de son esprit. Non, le jeune homme n'a rien demandé, il l'a aidée par deux fois avec une candeur et une sincérité à toute épreuve... Lui faire ça, ce serait vraiment se comporter comme la dernière des salopes. Et l'immortelle aime se targuer d'avoir un certain respect pour les humains, puisqu'elle en a fait son fond de commerce.

Les pneus crissent sur l'allée de graviers qui longe sa villa, l'engin s'immobilise enfin. Santiago en descend, titubant sur ses jambes frêles... Il est vanné. Pauvre gosse, il a vu trop de choses, enduré trop d'émotions pour une seule soirée. Il s'effondre presque dans la pelouse vert tendre que la mairie dépense une fortune à entretenir, balbutiant encore quelques inepties que la vampire interprète à sa guise. Dans un sourire, elle vient s'asseoir à ses côtés, une main apaisante posée sur sa cuisse.


- Bah, t'inquiète, va, j'en ai vu d'autres... On en a vu d'autres, hein?

Mais l'humain a atteint ses limites, il bredouille ses derniers mots, yeux clos, prêt à s'endormir sur place, sans plus de cérémonie. D'un geste doux, elle écarte une mèche de cheveux rebelles de son front, et se relève pour rejoindre sa propre chambre. Oui mais enfin... Peut-elle vraiment le laisser-là? Pour un humain, il ne fait pas si chaud... Et puis, les voisins vont encore jaser... Sans compter qu'il ne faudrait pas négliger une éventuelle riposte de Fulton.

Incertaine, Agape fait la moue. C'est pas trop son genre de jouer les mères poules, elle est pas là pour ça. Son crédo, c'est elle-même avant tout autre. Sa vie. Son confort. Son fric. Sa place. Les autres sont des employés, des pions, des connaissances, des fantômes de passage. Pas de sire, plus de mentor, pas d'attaches. Mais le petit... lui, c'est pas pareil. Elle se sent un peu redevable envers lui, parce qu'il lui a été extrêmement loyal, par deux fois, et alors que tout aurait dû le pousser à la fuir au plus vite. Mais il s'était accroché, entêté, et finalement... ça ne lui avait pas déplu.

Aujourd'hui, qui plus est, elle sait très précisément ce que sont les Chasseurs, et ce dont ils sont capables... Mieux vaut donc avoir celui-ci avec elle que contre elle, et garder un œil sur lui. Que de belles raisons, n'est-ce pas? Dans un soupir résigné, elle revient donc sur ses pas, se penche délicatement au dessus de l'humain, et l'attrape entre ses bras, pour le porter dans l'une des chambres de la grande villa, en ignorant délibérément le regard appuyé de Carlie. L'aube est proche, il est temps pour elle aussi de rejoindre sa couche... Oui, demain est un autre jour.

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Santiago Apollinare
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MessagePosté le: Lun 28 Fév 2011 - 16:29    Sujet du message: Philia, Eros, Agape. [PV Santiago Apollinaire] [Terminé] Répondre en citant

Era contigo.

Je rêve, une nana superbe se trouve nue dans ma propre chambre en pleine nuit et moi qu’est-ce que j’fais? Ben rien, j’me concentre sur le mur et en l’occurrence sur mon poster de Star Wars, comme si c‘était le meilleur truc à reluquer dans la pièce. Pour un peu, Yoda se foutrait de ma gueule, j’le vois bien dans son regard vicieux! J’fais la moue, en réceptionnant les fringues sales qu’Agape me passe au dessus de l’épaule et j’tire la langue au maître Jedi. Hé ben ouais, j’ai pas été élevé comme ça moi hein, j’suis pas un voyeur! Un léger soupir m’échappe quand j’lui répond dans un murmure.

"Oh j’avais pas peur, c’est juste que j’me demandais… Okay. Bah, de rien!"


Mais la beauté s’est déjà éclipsée pour se rendre dans la petite salle de bain, juste à coté et mes mains se crispent sur la boule de fringue quand j’m’aperçois qu’elle n’a pas complètement fermé la porte. J’avance de quelques pas, j’devrais aller dans la cuisine, pour foutre ces trucs dans la javel mais j’me suis immobilisé devant cette foutue porte entrebâillée et j’arrive plus à décoller. Le bruit de l’eau qui coule m’hypnotise, je n'vois que la vapeur qui s’échappe de la cabine de douche et des idées farfelues m’envahissent. Elle a fait exprès de ne pas fermer la porte, c’est une invitation muette pour que j’rentre! Han, madre de dios… Es tan bella! Je n’aperçois que sa silhouette au travers de la vitre embuée, mais mon imagination s’occupe du reste. J’repense au baiser qu’on a échangé, à cette morsure dont le simple souvenir me fait frissonner et surement pas à cause de la peur…

Ce n’est que lorsque l’écoulement de l’eau s’interrompt que je sursaute, m’échappant vivement de là en courant comme un dératé! C’est rapidos que j’gagne la cuisine, tapant les fringues d’Agape dans le seau plein de javel, avant de revenir illico dans la chambre. J’aurai bien besoin d’une douche d’eau froide moi aussi tiens! Wouhh… C’est à ce moment là qu’elle apparait, et j’peux pas m’empêcher de noter que même avec mes fringues sur le dos, c’est la fille la plus sexy que j’ai jamais vue de ma vie…

"Hey… ça te va plutôt bien! T’sais que t’es vachement belle…"


J’peux pas m’empêcher de la mater avec des yeux brillants. Dans ce tee shirt trop long, elle a l’air plus jeune, presque accessible pour moi… J’attrape vite une pile de cd posée sur une étagère pour me donner une contenance et éviter de rester comme un con les bras ballants. J’me demande ce qu’elle aime comme son, jazz, musique espagnole, rock, soul? J’ai un peu de tout, vu à quel point j’aime la guitare, ça m’inspire, j‘pourrai peut-être même lui jouer un truc plus tard! La mienne est rangée dans un coin, juste à coté de ma collection de figurines de super héro Marvel… J'note au passage que la déco de ma piaule doit faire peut-être un peu gamin pour une femme comme elle mais bon, tant pis! Agape s’allume une clope pendant que j’m’approche d’elle, ouvrant mon lecteur cd posé sur le meuble. Faut que j’sois habile pour la convaincre de rester encore avec moi et j’allais lui proposer de choisir un disque quand elle me précède en posant la question qui tue. Crécher ici? J’peux pas m’empêcher de rire, faut que j’extériorise, c’est trop dément!

"Tu crois pas que j’vais t’foutre dehors après c’qu’on a vécu! Bien sûr que tu peux, mi casa es tu casa!"
J’ébauche un geste vague vers la porte avant d’hausser les épaules avec une fausse désinvolture. "Faudra juste être discret, rapport à ma mère, tu sais les vieux hein… Enfin, j’ai jamais ramené de filles ici, j’sais pas c’qu’elle en dirait, m’enfin elle est assez portée sur la religion, tout ça, alors elle a ses principes, tu pige?" J’lève les yeux en l’air avant de continuer d’un ton confiant." Mais c’pas grave! Demain elle s’en ira bosser et moi j’resterai toute la journée près de toi, j’monterai la garde, t‘auras rien à craindre, t‘sais que tu peux avoir confiance en moi hein!" J’m’imagine déjà en chevalier auprès de la belle au bois dormant, c’est presque ça mais j’prend mon rôle très au sérieux. "T’as un cendar là sur le meuble, assied toi, sois relax!" J’lui désigne mon pieux d’un geste léger.. Hmm Madre de dios… Elle va dormir dans mon lit! Vite changeons de sujet, faudra pas que j'pique un fard, ça me foutrait mal dans le genre puceau débile! "Ah et j’suppose que le soleil te blesse hein? Attend, j’vais déjà tout fermer, comme ça on sera tranquille. T’aime la zic? Ah punaise… tu m’as pas dit quel âge t’avais… on écoutait quoi à ton époque? "

Ouais, j’parle trop mais faut dire que c’te meuf me fait un effet dingue, ça m’rend nerveux. Tout en causant, je place habilement un cd de blues sur le lecteur, un truc plutôt cool, pas franchement romantique, faut y aller avec précaution bien sûr! Mais l’idée est là… J’me dépêche ensuite de fermer le volet et les rideaux de l’unique fenêtre de ma piaule, que j’prend jamais la peine de fermer d’habitude, vu que j’aime dormir la fenêtre ouverte, mais mieux vaut prévoir et pour le moment, un peu d’intimité ne fait pas de tort… Y’a juste ma lampe de chevet en forme de fusée qu’est allumée, diffusant une lumière tamisée très bienvenue. C’est clair que j’vais sécher le lycée demain, pas question de la laisser seule! Sur cette idée enthousiasmante, j’reviens vers elle pour la dévorer des yeux, retrouvant enfin le silence pendant quelques minutes. Ma main s’avance doucement vers son visage pour effleurer ses cheveux humides, si elle a froid, j‘demande pas mieux que de la réchauffer...

"J’suis sûr que tous les gars paieraient pour être à ma place, rien que pour pouvoir te regarder dormir. T’es tellement mystérieuse… mi guapa… "



Estoy siempre contigo.


Ah Agape, j’ai envie de t’embrasser mi amore…. Mord moi! Hmmm…
C’est un oreiller que j’suis en train de serrer dans mes bras. Il sent bon le propre et l’atmosphère de l’endroit baigne dans une douce chaleur. Autrement dit, rien à voir avec les conditions dans lesquels je dors habituellement. J’ouvre un œil, puis l’autre, avant de me redresser lentement dans ce qui semble être un grand lit bien moelleux. Faut bien avouer que ça m’arrive souvent de me réveiller dans des lieux complètement bizarres et que j’mets toujours un petit temps avant de les reconnaître, mais là, j‘suis un peu paumé. Les souvenirs de la veille me reviennent à l’esprit et j’me rappelle vaguement m’être endormi sur la pelouse, juste devant chez Agape. Merde, j’ai tendance à tomber comme une masse quand j’suis fatigué et en plus j‘ai le sommeil lourd! J’ai rêvé ou elle m’a porté? Erf non j’ai pas rêvé et ça c’est un peu la loose quand même, faudrait que j’trouve Agape pour m’excuser..

La seule lueur qui éclaire la chambre provient de sous la porte, parce que les fenêtres sont toutes hermétiquement fermées, ce qui m’empêche de savoir si c’est la nuit ou le jour. J’m’étire avant de descendre du lit, enfilant rapidement mes baskets et me dirigeant vers la sortie, pour rejoindre le hall de la maison. Ce dernier est illuminé par des appliques attachées au mur et j’entend aucun bruit nulle part, rien qu’un silence de mort. J’descend les escaliers pour aboutir dans un salon, vide lui aussi, mais dont le volet est resté entrebâillé, laissant ainsi pénétrer la lueur du jour. C’est donc ça, Agape doit être cachée quelque part, en train de dormir… J’pousse un soupir en m’avançant dans la pièce, examinant rêveusement la déco qui doit sans doute refléter la personnalité d’Agape. Y’a un petit bureau sur lequel se trouvent des notes manuscrites, peut-être l’écriture de ma belle… J’sais plus lire ni écrire de toutes façons, alors j’risque pas d’être indiscret mais j’aime admirer le moindre truc qui se rapporte à Elle, j’dois être fameusement atteint! J’suis en train de manipuler un crayon, en me demandant si j’lui ferais pas un dessin pour patienter jusqu’à son réveil. J’suis pas hyper doué dans le domaine, ce qui fait que j’parviens juste à gribouiller un mec et une meuf sur une bécane, avec des cœurs autour! C’est trop nul et je souris, me marrant de ma propre connerie. J’suis tellement concentré sur tout ça que j’entend pas la mégère qui se rapproche de moi à pas feutré, pour m’attraper à la gorge!

"Ah je t’y prend! Voilà ce que c’est d’amener des voyous à la maison, tu espérais la voler hein!"


"Argh nan… Mais arrache la confidence, la vérité, j’suis pas un gougnafier!"


Elle n’y comprend que dalle évidemment mais elle me relâche enfin, me permettant de m’retourner vivement. C’est la secrétaire d’Agape, enfin la meuf qui m’regardait bizarrement hier et elle a pas l’air de m’aimer, c’est plutôt le genre de femme qui s’fait vite des clichés sur les gens, on dirait! J’arrache mon bandana pour soulager ma gorge pendant qu’elle me menace avec une bombe de laque.

"Je t’ai vu fouiller ses affaires dans son bureau privé! Tu vas sortir maintenant, j’expliquerai tout ça à Agape ce soir et elle en tirera les conclusions qu’elle veut. Allez, dehors!"

"Okay okay… turlupine pas toi, j’casse ma pomme va…"


J’hausse les épaules, ça sert à rien d’insister et j’recule vers la porte, escorté par la dame qui me l’ouvre avec empressement. J’aurai voulu la charger de remercier Agape pour moi mais les mots me viennent trop difficilement et elle me claque la porte au nez avant que j’ai pu articuler quoique ce soit. J’ai plus qu’à reprendre la vieille mob de Pedro et me casser… m’éloignant des beaux quartiers pour rejoindre la zone…
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Agape Ursari
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MessagePosté le: Dim 22 Mai 2011 - 23:03    Sujet du message: Philia, Eros, Agape. [PV Santiago Apollinaire] [Terminé] Répondre en citant

Un sourcil arqué, entre amusement et perplexité, elle observait le gamin qui venait de la complimenter d'un œil embué. Ce gosse ne tournait vraiment pas rond. Il s'était empressé d'accepter sa demande de l'héberger, aussi emballé que si elle avait proposé de l'emmener à Disneyland, avant d'enchaîner candidement sur un babillage passionné.

Agape, fatiguée et encore en proie à de sombres pensées, l'écoutait d'une oreille distraite en aspirant profondément la fumée de son petit bâton de poison quotidien, avant de l'exhaler avec une certaine mollesse. Sur son invitation, elle vint s'affaler sur son lit, une jambe repliée sous l'autre, tout en tapotant le bout de sa cigarette contre le cendrier qu'il lui présentait.

Elle se sentait bien dans la chambre colorée de ce petit gars, c'était comme un lieu en dehors de la réalité, du temps, un bout de fraîcheur et de réconfort après ce grand saut dans l'inconnu. Mais l'enfant n'en était plus tout à fait un, et son empressement à exaucer les moindres désirs de la rromni, à calfeutrer la pièce et à mettre en place une ambiance propice à l'alanguissement manquait quelque peu de subtilité.

Cela la fit sourire. En soufflant une dernière bouffée de fumée dans l'air au dessus d'elle, Agape éteint sa clope et s'étira comme un chat, paresseuse.


- J'ai plus de cent ans, mais la musique que mon peuple jouait à l'époque est restée la même... Mets-donc ce que tu penses approprié, mes goûts sont très ouverts...

Elle avait volontairement glissé une pointe d'ironie ambigüe dans sa dernière phrase, parce qu'il était facile de jouer avec les hommes, et qu'elle avait réellement besoin de se détendre. Celui-ci mordait d'ailleurs tellement vite à l'hameçon que c'en était déroutant. Comme un chiot un peu gauche, il s'était approché d'elle pour frôler ses cheveux, et elle avait plongé ses yeux sombres dans les siens.

La tentative d'approche était plutôt grossière, mais ce que prononça ensuite le jeune homme lui tira un haussement de sourcils dubitatif. Payer pour la regarder dormir? Il exagérait un tout petit peu là, quand même... Silencieuse, elle se recula pour s'adosser contre le mur. Le mystère, elle voulait bien, après tout sa race vivait dans les ombres depuis des millénaires, échappant aux yeux myopes de ses proies, et malgré leur soudain dévoilement, ils restaient une énigme pour la plupart des humains.

Cependant, leur récente sur-médiatisation, combinée à la précédente évolution de la figure du vampire en littérature et au cinéma, faisait que ces créatures n'étaient plus réellement perçues comme des monstres, mais plutôt comme des êtres doués de sensibilité, voire même comme les tristes victimes d'une terrible malédiction. Grâce aux efforts du baron de Navarre et de ses partisans, les humains ne craignaient plus les vampires comme ils auraient dû le faire.

De là à ce qu'ils les adulent, il n'y avait qu'un pas qu'Ambroise avait allègrement franchi ces derniers temps, en utilisant des mortels manipulés comme calices... Mais Ambroise... lui, il avait cet aura. Ce magnétisme naturel des anciens... Il était presque trop simple pour lui de réunir un cercle de victimes consentantes. Agape n'avait jamais imaginé qu'elle pourrait elle-même susciter ce genre d'engouement, surtout sans hypnose.

Jusqu'ici, elle avait surtout considéré les humains comme des proies, bien qu'elle leur accorde tout de même plus d'estime qu'Ambroise. Mais Santiago allait plus loin, il évoquait ouvertement l'idée que les siens puissent apprécier la présence de leurs prédateurs naturels au point d'y mettre le prix... Une lumière s'alluma tout à coup dans ses prunelles ténébreuses.

Si le gosse dans sa candeur pensait qu'on pouvait payer pour la regarder dormir, qu'en serait-il de prestations d'ordre plus intime? C'était une idée à ne pas négliger, d'autant plus que l'immortelle possédait déjà de l'expérience dans ce domaine... Et puis, il était temps qu'elle commence à songer à son avenir... Mais en ce qui concernait le présent, elle avait avant tout besoin de repos, et le gamin aussi, très certainement. Elle pointa un doigt sarcastique sur lui.


- Calme tes ardeurs, chéri... On reparlera de tout ça quand tu seras plus grand... Maintenant, il faut que je pionce. T'avises pas de vouloir jouer au plus malin, ou j'te croque, pigé?

Et sans attendre sa réponse, elle se roula en boule sur un coin du lit pour céder à l'oubli.




Dans la chambre obscure, Agape converse avec Perséphone. Celle-ci la renverra hors de son royaume dans quelques heures, mais elle profite pour l'instant de cette présence qu'elle lui doit. À la nuit tombée, elle s'arrachera aux bras de la déesse des Enfers, et ouvrira ses yeux à la nuit. Elle s'étirera, s'allumera une cigarette, et la fumera en silence, seule avec ses pensées.

Puis elle s'habillera, descendra trouver Carlie qui lui fera son rapport de la journée, lui indiquera les rendez-vous de la soirée avec toutes les précisions nécessaires, et finira en expliquant avec humeur qu'elle a dû escorter hors de la villa le chien errant que sa patronne a ramené, parce qu'il se montrait un peu trop curieux. Si elle avait su qu'il ne lui restait plus qu'une semaine à vivre, Agape l'aurait sûrement tancée moins vertement.

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 01:19    Sujet du message: Philia, Eros, Agape. [PV Santiago Apollinaire] [Terminé]

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