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On the rain again [libre]
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Leen Alba
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MessagePosté le: Dim 7 Juin 2009 - 20:26    Sujet du message: On the rain again [libre] Répondre en citant

Calée dans le fond de son siège, Leen fis doucement vrombir le moteur de la vieille carcasse usée qu'elle conduisait. La radio qu'elle écoutait toujours fort, pleurait « The Angel and The one » de Weezer, une vieille chanson qu'elle avait toujours aimé. Et Leen devait se l'admettre, la mélodie aux notes si juste et au chant si envoutant remuait ses tripes. Elle avait toujours été sensible à la musique, et le vide que parfois elle ressentait en elle, répondait avec un cris déchirant aux accords des guitares et pulsations des batteries.
Elle s'interdit de penser à cette fois où Amélia avait chanté avec elle sur cette même chanson, la conduisant à son cours de guitare.
Un dernier carrefour et elle s'arrêta, serrant le frein à main et coupant à regret les dernières notes. Quand elle descendit, elle se retint de fredonner, respectant le brusque silence qui l'entourait.
Elle alluma distraitement une cigarette.
La journée se terminait, elle venait de quitter la petite supérette miteuse où elle était employé. Le soleil mourant, inondait le campus de sa lumière et les ombres s'étiraient à l'infini. Mais les nuages menaçants qui se profilaient au loin, annonçait une pluie de tous les diables.
« Mais qu'est ce que tu fous ici Leen? » Pensa t-elle, avec un petit sourire tordu qui voulait cacher une vieille amertume, de vieux regrets.
Mais elle se mit en route, ses jambes se balançant l'une après l'autre n'ayant aucun but précis.
Elle observa d'un air interdit les immeubles qui lui faisaient face. Les regrets qui l'assaillirent, elle les connaissaient bien, elle les affrontaient à chaque fois qu'elle croisait des étudiants au détour des rues, armés de leurs sac, discutant avec enthousiasme.
Enfin c'est ce qu'elle s'imaginait... Qu'ils ne pouvaient être qu'enthousiastes.
Ses pas, sans qu'elle en soit vraiment consciente, la menèrent vers l'une des portes aux proportions colossales, qui la renvoyait à sa propre petitesse. A cette heure, il n'y avait plus personne, mais elle aurait aimé faire semblant de se mêler pour une fois à une foule de gens de son âge, comme si elle aussi faisait parti de ce monde. Enfin, jouer la comédie, c'est tout ce qu'elle aurait pu faire.
Elle avait parcouru pas mal de chemin, et c'est à ce moment qu'un rideau de pluie s'abattît sur le paysage. Comme souvent, le temps avait changé en un clignement de paupière.
Elle s'abrita avec empressement sous un porche, plus par réflexe, que parce qu'elle craignait d'être trempée. Elle aimait la pluie, ce doux et imperturbable son de clapotis, cette odeur si particulière qui montait de la terre. La pluie avait sur Leen cet indéniable effet apaisant. Elle reprit une cigarette, sorti son zipo, et prit plaisir au milieu de cet accablante humidité à souffler de ténues volutes de fumée.
Assise sur les marches, son coude calée sur sa cuisse, elle parcourra d'un regard absent la pelouse parsemée d'arbre qui lui faisait face. Le ciel couleur de cendre, serais bientôt noir. La faible visibilité qu'elle avait sur son environnement, ne lui laissa apercevoir la silhouette qui courait vers elle qu'au dernier moment. Voulant surement échapper aux flots que déversait le ciel.
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MessagePosté le: Dim 7 Juin 2009 - 20:26    Sujet du message: Publicité

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Ed Petterson
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MessagePosté le: Dim 7 Juin 2009 - 21:51    Sujet du message: On the rain again [libre] Répondre en citant

Tout droit sorti d’un cours de musique qui ne dura à son goût pas suffisamment longtemps… dans combien de cours peut-on écouter un concert de Jimmy Hendrix sans être dérangé par un professeur braillard qui vous traite d’insolent et de benêt? … Ed défilait dans les couloirs de l’université, des vibrations plein la tête. Sa démarche était plutôt assurée, rythmé par son fidèle toutou qui lui libérait le chemin et s’assurait que son maître ne ferait pas de mauvaises chutes. Dans l’établissement où les animaux étaient naturellement interdit sauf peut-être les rats de laboratoire qui s’apprêtaient à subir les ravages des étudiants en médecine, Gesco était l’exception et était devenu une sorte de mascotte pour l’établissement... certes ce n’était pas le husky sur la pancarte à l’entrée mais il fallait avouer que ce gros pataud était craquant et qu’on ne manquait pas de lui donner une petite caresse au passage.
Empruntant les accès handicapés qui le séparaient un peu de la vie étudiante et le menait dans des couloirs vides jusqu’au hall extérieur, il salua quelques amis et connaissance adossés au panneau d’affichage et lancé dans une discussion interminable qui lui sembla difficile d’interrompre. Dans le fond, il n’avait pas vraiment le temps de le faire, son bus arriverait d’ici quoi 20 minutes sans compter les éternels retards du chauffeur qui ne manquait jamais de grogner lorsque l’animal grimpait dans son bus.

A l’air libre, Ed marchait d’un pas tranquille vers l’arrêt de bus qui devait déjà être bondé de monde. Parfois Gesco tirait un peu sur la laisse… il faut dire qu’à la base le chien n’avait pas été dressé pour accompagné un aveugle mais dans l’ensemble il se débrouillait bien et puis Ed s’y était attaché. Comme il l’avait pressenti, c’est une foule d’étudiants qui patientaient sous l’arrêt. Ed s’arrêta à leur niveau lorsque quelques gouttes de pluie tombèrent sur son front avant de se transformer en averse. Déjà, tout le monde se tassait sous la protection de verre trop petite pour tous les contenir… l’averse provoqua bousculade et mécontentements.
Le jeune homme tira sur la laisse pour faire comprendre à son chien qu’ils iraient attendre dans un endroit plus calme. Revenant sur leur pas, ils traversèrent la pluie à pas accélérés pour se réfugier sous un petit porche qu’il connaissait pour s’y être déjà abrité dans un même contexte. Il y’avait déjà quelqu’un qui semblait avoir eu la même idée mais qu’importe, le lieu était assez grand pour eux deux. Il l’imita et s’assit sur la marche en lui adressant un amical « salut ». Le parfum féminin qu’elle portait un peu gâché par l’odeur de cigarette lui indiquait avec certitudes que la demoiselle en était bien une. Quand à dire son âge, ou si elle était étudiante, c’était quasi mission impossible quoique parfois des indices se glissait et donnait à ses 4 autres sens quelques indications supplémentaires.

Sortant deux écouteurs de son sac et les posant sur ses oreilles, il écouta en boucle une musique sur laquelle il baserait un futur devoir. Il n’y avait rien de plus jouissif que la musique dans sa vie ! Gesco, quant à lui, battait frénétiquement la queue, assis par terre mais visiblement très intéressé par l’inconnu. Tandis que son maître tapotait sur sa cuisse en rythme, lui serait bien allé chercher quelques caresses mais c’est les yeux humides qu’il devait se résigner à tenir son rôle « d’assistant canin » !
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Leen Alba
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MessagePosté le: Dim 7 Juin 2009 - 23:00    Sujet du message: On the rain again [libre] Répondre en citant

La pluie ne semblait pas vouloir se tarir.

Leen s'autorisa un petit sourire, à la vue du chien qui lui jetait un regard larmoyant des plus expressif. Dans un geste machinal, sa mâchoire vint se loger dans la paume de sa main, où la cigarette était presque entièrement consumée.
Le jeune homme assis à côté d'elle était aveugle, mais Leen avait vu suffisamment de chose dans sa vie pour passer outre cet état de fait. Mais elle devait admettre que d'une certaine façon, cela l'arrangeait, puisqu'ainsi elle pouvait mieux l'observer. Avec un peu de gêne tout de même, les prunelle en biais, elle détailla son visage, chose qu'au grand jamais elle n'aurait fait si la personne avait pu la dévisager en retour.

Son profil dégageait quelque chose de doux et confiant. Ses yeux pourtant ternis par son handicap, possédait de long cil délicats, la barbe de quelques jours qui ornait sa mâchoire accentuait sa finesse. Mais Leen regarda surtout son expression. Les écouteurs sur les oreilles, il semblait aimé la musique avec ardeur et être complètement hypnotisé par sa mélodie. Un petit sourire, presque candide accrochait ses lèvres, il se mit même à battre le rythme. Elle cru un moment reconnaître la musique, en vain.

Puis Leen détourna le regard, car elle estimait que dévisager quelqu'un était de mauvais goût, surtout si cela était fait à l'insu de la personne.

De plus d'autre choses tournaient dans sa tête. Elle pensait à ce qui l'attendait chez elle. Se connecter, brancher sa webcam, juste pour que quelque déviants puissent assouvir leur penchants. Mais surtout juste pour qu'elle puisse manger. Elle avait assez trainé dans ce lieux, où elle n'aurait jamais sa place.

La pluie battait encore le sol de son assaut, mais l'eau que pleurait le ciel l'invitait plus que ne la repoussait. Car des pensées sombres frappaient de nouveau sa conscience. Leen avait toujours eu l'impression d'être plus saine, plus pure de l'intérieur lorsqu'elle marchait sous la pluie. Comme si l'eau la lavait de ses tourments.

Il ne lui restait plus que le mégot coincé entre son index et son majeur. D'un large mouvement de bras d'arrière en avant, elle voulu le jeter... Comme un appel, comme pour lancer un jeu, comme pour lui dire que oui elle jouerais... Enfin ça ce fut comment le chien prit le geste. Dans un petit saut sur lui même accompagné d'un aboiement étouffé, il mit en extension ses pattes arrières et plia ses deux pattes avant, la queue frémissante. Là, le molosse dans le but de faire plus ample connaissance, dans une petite impulsion posa ses pattes avant sur les cuisses de Leen.
Au mauvais moment à n'en pas douter, Leen était entrain de se relever. C'est ainsi que les jambes à demi dépliées, reçurent l'impact pataud et massif des deux pattes.


- Non. Non le ch....woah!


N'ayant aucune prise pour se retenir. Leen parti pitoyablement à la renverse.
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Ed Petterson
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MessagePosté le: Dim 7 Juin 2009 - 23:54    Sujet du message: On the rain again [libre] Répondre en citant

Cela allait être le meilleur moment de la chanson : Le solo de guitare ! Un chef d’œuvre… et même s’il l’avait écouté des centaines de fois, cela lui provoquait toujours des frissons incontrôlables et un battement de cœur accéléré. Sauf que pour une fois, son envol au septième ciel ne fût pas que spirituel… il décolla réellement ! Sa laisse s’était tendue d’un coup et Gesco ne lui avait laissé qu’un avertissement pour se préparer au pire… pas suffisant ! Autant dire, qu’il était étalé dans la flotte devant l’entrée du porche… son lecteur avait volé et gisait sur le trottoir. Son sac paisiblement posé sur la marche, n’ayant pas reçu la moindre goutte d’eau l’aurait regardé en ricanant s’il l’avait pu. Ed se redressa lentement, encore un peu surpris par ce qui venait de se passer et sans aucune indication de ce qui avait provoqué ce soudain sursaut de son chien. Vêtement trempé, jean déchiré au genou gauche mais plus de peur que de mal. Perdu au milieu du trottoir sans son « assistant canin » qui avait manqué à son devoir, Ed l’appela sur un ton autoritaire. S’étant saisi du mégot, Gesco l’apporta à son maître comme un trophée et le déposa dans sa main. Le jeune homme lâcha automatiquement le restant de cigarette devant le chien désabusé qui suivit l’objet durant sa chute.

_ Pour une pub anti-tabac, tu ferais un malheur, toi !

Malgré son mécontentement, le cœur n’était pas à élever la voix sur ce gros pataud tout en muscles. Il laissa sa main glisser jusqu’à son collier pour récupérer la laisse pendante et partit se rassoir pour éponger un peu ses vêtements sur le bord de la marche. Quelques secondes avaient suffit pour que son polo soit trempé jusqu’à la chair. Ed le tira machinalement vers l’avant pour que le tissu froid ne touche pas son ventre. Cette mésaventure lui avait oublié qu’il n’était pas seul et que l’inconnue avait dû subir les ravages de Gesco, apprenti cascadeur ! Sur un ton interrogateur et désolé, il s’excusa du comportement de son chien qui avait reprit place devant lui et rebattait frénétiquement la queue en fixant le mégot sur le sol comme s’il allait lui révéler une incroyable vérité.

_ ça va vous ? Je suis désolé si mon chien vous a fait peur ! Il a des réactions un peu vives parfois… je crois que je vais lui faire arrêter les biscuits… ça lui monte au crâne !

En entendant le mot « biscuit », Gesco leva une oreille attentive et quitta son mégot pour venir couiner sur le genou blessé de son maître. Ed lui tapota le dessus de la tête en sourcillant.

_ Manquerait plus que tu sois méchant !

Au loin, un bruit de portière de bus qui se referme se fit entendre suivit d’un grand bruit de moteur et d’un départ brusque. Incroyable ! Pas possible ! Catastrophique ! L’immense boite de conserve passa à une rue d’où il se trouvait. Le chauffeur était en avance pour un coup et il n’était pas présent à l’arrêt de bus ? Il devrait poireauter une heure le prochain ? Et avec ça la nuit et ses dangers? Mauvaise journée ! Pourtant rien ne prévoyait cela… elle avait tellement bien commencé ! Se doutant que la réponse serait positive, il demanda à tout hasard comme si un espoir demeurait :

_ Rassurez-moi, ce n’est pas le bus 43 qui vient de passer ?
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Leen Alba
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MessagePosté le: Lun 8 Juin 2009 - 02:04    Sujet du message: On the rain again [libre] Répondre en citant

Dans sa chute, elle eut le curieux réflexe de fermer les yeux à s'en fendre les paupières, se préparant à subir la secousse.  
Sa réception sur les fesses fut rocambolesque, heureusement son dos absorba la majeure partie du choc, mais sa tête attrapa quand même un coup qui se transformerais en une jolie bosse. Leen se releva avec quelques grimaces de douleur, en s'époussetant du mieux qu'elle pouvait. Son compagnon d'infortune lui demanda, le vrai soucis imprimé dans le ton de sa voix, si elle n'avait rien. Elle s'entendit vaguement mâchonner une réponse.  

  
Puis elle releva la tête.   
Elle n'était pas femme, de nature à facilement extérioriser ses sentiments. Son rire se manifestait toujours de façon discrète, et retenue, se contentant d'un sourire en coin pour préserver les apparences devant les autres. Faire croire que leur humour balourd l'amusait. Mais quand elle vit l'état dans lequel se trouvait le jeune homme, elle se mordit la lèvre pour contenir un rire causé tant par le burlesque de la situation que parce que ses nerf lâchaient plus ou moins.   
Le pauvre était détrempé, ses vêtements étaient complètement souillés par la boue et tellement imbibés d'eau qu'on aurait pu croire qu'il sortait d'une piscine. Même son jean béait d'un trou aux pourtour déchiqueté.   
Leen remarqua un petit boitier noir qui gisait par terre presque noyé dans une flaque, les deux écouteurs flottant à sa surface. Elle se déplaça avec quelque rictus jusqu'au bas des trois marches qui la séparait du déluge. Quand elle se baissa elle ne pu retenir un petit geignement.  
Le temps qu'elle se redresse elle aussi reçu une sacré douche. Par dessus le fracas des gouttes qui s'écrasaient alentour, elle entendit un bruit de porte automatique qui se ferme et le bruit d'un moteur qui s'éloigne. Elle rejoigna le porche. Le jeune inconnu l'interrogea la voix déjà résignée:  

  
« - Rassurez-moi, ce n’est pas le bus 43 qui vient de passer ? »  
 - Eh bien, je crois bien que si... Tenez votre baladeur est tombé. Annonça t-elle de son habituelle voix au timbre chaud et cassé.   

  
Elle se rapprocha, et avec un quart de seconde d'hésitation lui saisit la main et y plaça le baladeur. Pendant un moment elle avait pensé le glissé dans son sac qui attendait sagement en haut des marches, mais cela aurait pu être mal perçut. Elle savait qu'il allait faire nuit et la fraicheur commençait à les envelopper de sa cruelle étreinte. Tout les deux commencèrent à claquer des dents ruisselant comme ils étaient. Les choses s'imposèrent petit à petit à son esprit. Leen n'était pas une grande timide, néanmoins ce qu'elle s'apprêtait à faire, et ce de bonne grâce, la déstabilisait un peu.  
De sa façon si concise et monocorde elle prit la parole haussant un peu la voix pour couvrir cette foutue pluie qui ne cessait toujours pas.  

  
 - Ecoutez, j'ai une voiture pas trop loin, dans l'état ou nous somme je pense qu'il vaudrait mieux rentrer au chaud au plus vite. Si vous attendez le bus ici vous allez tomber malade à tous les coup, et tout ça pour un mégot de cigarette...Je vous dépose chez vous?  

  
Le chien choisi ce moment pour s'ébrouer. Leen rentra sa tête dans ses épaules, croisant ses bras elle espérait retenir un peu de chaleur. Avant qu'il n'ai pu répondre elle enchaina, en claquant des dents.  

  
 - Au fait, moi c'est Leen Alba.   
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Ed Petterson
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MessagePosté le: Lun 8 Juin 2009 - 10:49    Sujet du message: On the rain again [libre] Répondre en citant

Ed serra l’appareil dans sa main. L’appareil coulait de l’intérieur. Il n’y avait qu’une fois sec, qu’il saurait s’il fonctionnerait encore. Ce n’était pas pour le prix qu’il avait coûté… acheté dans un grand supermarché en promotion… mais c’est vrai que dans ses études, ce petit morceau de plastique avait quelque chose de pratique. Fini le temps où il se trimbalait avec une vingtaine de CD dans son sac en plus des cours habituels ! Tout était condensé sur une minuscule puce ou un truc du genre, il n’était pas informaticien pour un sou et réparer les bugs de son ordinateur était de l’ordre du miracle alors expliquer le fonctionnement d’un lecteur, c’était plus que mission impossible.

Le moral n’était pas au beau fixe lorsqu’elle brisa tous ses espoirs de ne pas avoir raté le fameux bus n°43. Il soupira en tentant de chercher du bon là où il y en avait encore. Au moins, il ne serait pas écrasé et mêlé à une foule de personnes bruyantes, trimbaler d’arrêt en arrêt jusqu’au sien, obligé de s’excuser pour que les gens s’écartent et lui laisse le passage, personne ne marcherait sur la queue de Gesco aujourd’hui et personne se mettrait à hurler lorsqu’il ouvrirait la gueule pour bailler… Que du bon ! A côté, il avait quelques 5 kilomètres à faire à pieds sous une pluie battante, en pleine nuit ce qui ne le changerait pas de grand-chose certes ! Mais la nuit, l’atmosphère autour de lui était différente, c’est comme ça qu’il savait !


_ Eddy Petterson mais par pitié, appelez moi Ed ! Mon père était fan d’un vieux rockeur, il a cru bon me donner son nom ! Je ne m’y fais toujours pas ! Enfin, je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout ça… Ed comme réponse, ça aurait suffit !

Il lui sourit et gravit les deux marches le séparant de son sac pour tâter devant lui et récupérer les lanières. Il glissa le sac sur son dos et ne put s’empêcher de ricaner en pensant au nombre de trucs qu’ils leur étaient arrivé en moins de deux minutes. Il avait bien envie d’accepter sa proposition. Elle lui enlevait une bonne épine du pied et avec ça la crainte de tomber sur un être aux dents longues.
Gesco ne leur laissa pas de répit, déjà il les aspergeait de toute l’eau que ses poils pouvaient contenir avec un naturel décontenançant avant de finalement remettre sa tête sous l’averse. Parfois Ed se demandait si le chien n’avait pas une araignée au plafond.


_ J’avoue que c’est extrêmement tentant et à la fois très gênant. Je vous ai causé beaucoup de souci avec mon chien et vous voulez me rendre ce service… des gens comme vous, prêt à aider des inconnus par les temps qui court sont plutôt rares… je dois m’estimer chanceux !

Gesco finit par aboyer comme s’il finissait de donner la réponse à la place de son maître. Il était déjà debout prêt à partir dès que Leen se mettrait en mouvement.
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Leen Alba
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MessagePosté le: Lun 8 Juin 2009 - 21:53    Sujet du message: On the rain again [libre] Répondre en citant

Sous le coup du compliment attribué par Ed, Leen haussa légèrement un sourcil. Il était quelqu'un de bon, en tous cas assez pour se placer fautif, ce que Leen ne considérait pas comme strictement exact. Mais sous les paroles du jeune homme, elle ne pu s'empêcher de sentir frétiller en elle le petit ver du contentement. Avec une certaine facétie, elle se dit que c'était surement un signe qu'on lui envoyait pour qu'elle arrête de fumer. 

 
  - Alors allons-y. Elle essaya de mettre un peu d'entrain dans sa voix, et ne pu déterminé si cela avait été concluant ou non.  

 
Elle descendit calmement les marches et se retrouva sous l'averse qui battait son plein. Attendant Ed , qui la rejoignit avec aisance à l'aide du chien cascadeur. Ils se mirent en route. Tout deux aussi mouillés que des poissons extraient de l'eau, il ne ressentait pas vraiment d'urgence, et c'est d'une allure posée qu'il rejoignirent la tacot de Leen, malgré la cascade qu'il se prenaient sur la tête. Si quelqu'un les avaient observé, il aurait sans doute trouvé ça étrange de les voir avancer patiemment sans se préoccuper du climat alentour.  
Leen se sentait même bizarrement réchauffée par l'eau qui coulait sur sa peau. Elle avait un pull blanc qui autrefois était un peu large pour elle, à présent il collait sa peau comme une ventouse et son jean par endroit troué, produisait un floc floc des plus saillant. Avec ses cheveux trempés, son allure se rapprochait vaguement de celle d'un chat mouillé.
  
Arrivés devant sa voiture, de ses doigts engourdis, elle saisit avec fébrilité les clef qu'elle avait fourré dans une de ses poches. L'ouverture centralisée, qui fut un temps, devait fonctionner, avait depuis longtemps foutu le camp, elle ouvrit donc la porte arrière et Ed exhorta le chien à grimper. Puis elle invita Ed à se placer à l'avant, enfin d'un dernier claquement de porte qui fit tanguer la carlingue, elle se plaça avec un soupir de soulagement derrière le volant. Là le bruit des gouttes n'était plus un grondement mais un curieux assemblage de « ploc » étouffés.   
Dans un chapelet de ronflement crachoteux, le moteur se mit en route. La voiture n'était pas très spacieuse et la pluie qui dégoulinait de ces trois occupant finissait de souiller son intérieur. Leen n'en avait que faire. Elle tremblait férocement et sur sa peau une multitude de petit poil c'étaient hérissés. Un éternuement vint compléter le tableau. Avec un reniflement des plus sensuel, elle reporta son attention sur Ed. Avec une brusquerie qui s'imposait rarement à son esprit, elle se rendit compte qu'elle appréciait la compagnie du jeune homme, et même ce cocasse et bougre de chien était attachant.  

 
 - Alors c'est où chez vous, Ed?  
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Ed Petterson
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MessagePosté le: Lun 8 Juin 2009 - 22:37    Sujet du message: On the rain again [libre] Répondre en citant

Trempés comme ils l’étaient, la pluie n’avait plus beaucoup d’impact sur eux. Cela n’empêcha pas Ed d’être ravi de trouver cette voiture qui sentait le tabac froid, mais possédait le non-négligeable argument de les tenir à l’abri. Le jeune homme avait toujours trouvé la pluie plus agréable lorsqu’il était au sec. L’écouter tomber contre les carreaux, assis dans son canapé, la guitare posée sur ses genoux, elle devenait une merveilleuse source d’inspiration et imposait un rythme particulier au bon vouloir du vent.
Ed installa son sac entre ses jambes devant lui et attacha sa ceinture pendant que Leen contournait le véhicule pour venir s’installer au volant. Un frisson soudain et peu discret lui parcourut la colonne en réponse à son éternuement tandis que Gesco avachi à l’arrière, prenait ses aises et ronflait déjà d’un sommeil lourd. A n’en pas douter, Ed possédait le chien le plus terrifiant de toute la côte ouest et il pouvait en être fier.
Occupé par l’immersion dans ce nouvel habitacle, Ed poussa un petit « hein » interrogatif avant de lui répondre.


_ Excusez-moi, j’étais ailleurs… Hum, prenez la direction de Beach avenue, j’ai un appartement à quelques centaines de mètres. Une fois que nous longerons la plage, dites-le moi et je vous indiquerai le chemin pour arriver chez moi.

Leen démarra et la voiture avait un son des plus particuliers… un bruit de métal crasseux qui lui donnait pourtant beaucoup de caractère. Dans certains cas, Ed avait entendu dire que la voiture conduite était un peu le miroir de la personne. Enfin, il ne fallait pas prendre cette idée au pied de la lettre, Leen n’était pas une petite vieille toussoteuse, du moins elle ne lui faisait pas cet effet… loin de là.
Lorsque la voiture commença à avancer, Ed se cala dans son fauteuil et attrapa la poignée au dessus de sa tête, visiblement crispé. Depuis son accident, le simple bruit d’un moteur qui tournait le rendait anxieux. L’accident, il l’avait oublié pourtant la peur qu’il avait eu au moment de l’impact s’était immiscé dans son subconscient et ne lui laissait pas de répit. Craignant que Leen le prenne pour elle et l’assimile à sa conduite, Ed prit les devants.


_ Je m’excuse, depuis quelques années, je suis devenu très nerveux en voiture… qu’importe le conducteur.

Les rues défilèrent sans qu’Ed arrive à se calmer. Il se plongeait dans un mutisme et demeurait totalement figé. Une statue aurait été à cet instant plus vivant. Son cœur battait la chamade et il était blanc comme un linge. Heureusement qu’il ne pouvait pas voir les yeux de Leen sinon il se serait senti ridicule.
Un grand soulagement le gagna lorsqu’elle lui indiqua qu’il longeait la plage. Après quelques noms de rues et autres indications, donnés la bouche sèche à cause du stress, Leen pu se garer devant l’entrée de l’immeuble. Ed ne cacha pas son soulagement. Il prit une profonde respiration à croire qu’il était en apnée depuis 20 minutes.
Détachant sa ceinture, il lui demanda amicalement passant d’un tutoiement maladroit au vouvoiement, estimant que la balade en voiture ne lui donnait peut-être pas le droit encore de la tutoyer.


_ Je t’… vous inviterai bien à boire quelque chose de chaud pour vous remercier ! J’ai de tout, thé café, chocolat, chicoré… mon appart’ est un véritable supermarché.
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Leen Alba
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MessagePosté le: Mar 9 Juin 2009 - 00:56    Sujet du message: On the rain again [libre] Répondre en citant

Tout le temps que dura le voyage Leen fit naviguer ses yeux entre la route que dévorait sa voiture et le visage crispé et anxieux d'Ed. A force de serrer la poignée, les jointures de sa main se blanchirent. Presque inconsciemment elle ralentit son allure, ce qui ne sembla pas vraiment détendre son passager. Rongée par le scrupule, elle s'amusa néanmoins du comportement d'Ed. 

  
Bientôt ils longèrent la plage et arrivèrent devant un bâtiment. Tournant la clef d'un geste vif, le moteur dans un dernier cahot, s'étouffa avec gratitude. Il était de grande taille et de ce blanc un peu souillé qui caractérise tous les immeubles. Les lieux respiraient la tranquillité et le propre. On pouvait même deviner un petit parc à quelques centaines de mètres plus loin. Dans une constatation objective, elle ne pu s'empêcher de penser qu'on était loin de son minable quartier, aux allures de faubourg.   
Comme la logique l'y poussait, Ed la convia pour prendre une boisson chaude. Leen qui tête tournée vers Ed s'apprêtait à lui demandé si il voulait qu'elle l'accompagne fut prit de cour par la question du jeune homme. L'invitation au tutoiement avait été reçue, et dument acceptée. Fixant avec absence son volant, sa voix s'éleva, teintée d'ironie.  

  
 - A mon tour d'être tentée et gênée je crois.  

  
Mais elle détacha sa ceinture, et en guise de réponse ne trouva qu'une autre sentence railleuse.  

  
 - Tout ce que j'espère c'est que ton chien m'autorise à boire quelque chose, avant de me renverser,ce serais chouette.  

  
Un éternuement de tous les diables vint ponctuer son discours. Ils sortirent de l'auto et subirent l'écorchure du froid que charriait le vent. Un hall et 6 étages plus loin il se retrouvèrent à l'appartement 156. Le molosse avait tiré sur le bras d'Ed durant toute l'ascension et sa queue battait avec force un rythme soutenu tandis qu'Ed sortait ses clef. Lorsque le battant s'effaça pour les laissé entrer le chien fonça littéralement dans l'appartement.  

  
Leen entra à la suite d'Ed qui referma la porte derrière elle. Leen s'étonnait de plus en plus de la facilité et du naturel avec lesquels Ed effectuait ses actions, un sobre respect découla de ses pensées. Ils étaient dans la salle principale, parée d'une grande baie vitrée, de jour la lumière devait inonder chaque recoin de la pièce. Le mobilier étaient discret mais de bon goût, les couleurs chaudes et le parquet dégageaient une ambiance accueillante, et ceci dans un ordre militaire où chaque chose avait sa place. Juste à côté des grandes vitres, Ed avait aménagé un petit espace musical ou une magnifique guitare et un synthé trônaient fièrement. Deux portes garnissaient les murs, surrement la chambre et la salle de bain. Petit mais charmant, Leen reçu une petite pique d'envie. Mais c'était avec les dernier rayons du jours qu'elle avait pu distinguer ce qui l'entourait, Ed ne devait surrement pas allumer la lumière souvent chez lui...   

  
 - Euh, ça te dérangerait si j'allumais la lumière? Dit-elle d'un ton gauche.  

  
Passer de l'inconnu sous un porche à un tutoiement dans les règles dans l'appartement de l'individus en question en si peu de temps, avait pour Leen quelque chose de surprenant.  

  
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Ed Petterson
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MessagePosté le: Mar 9 Juin 2009 - 01:53    Sujet du message: On the rain again [libre] Répondre en citant

Dès leur entrée Gesco avait foncé direction son panier pour mordiller un jouet. Il savait que, passé la porte de l’appartement, son maître n’avait plus besoin de son aide. Ed fila dans la salle de bains et ressorti avec quelques serviettes propres qu’il posa sur le sofa pour une libre utilisation et invita Leen à s’y asseoir pendant qu’il s’activait en cuisine. La cuisine était bien pratique, simplement fermée par un meuble dans le style comptoir de bar, il n’y avait pas besoin d’hurler pour dialoguer avec les invités. Pendant qu’il fouillait dans les placards avec rapidité et posait ce dont il avait besoin sur le plan de travail devant lui avec assurance, il ne se gêna pas pour converser. C’était comme ça, il aimait bien partir sur tout et rien pour parler et échanger… il n’avait pas la télé et se contentait d’un post radio et de quelques bouquins dans un langage qu’il avait peiné à apprendre. Donc, quand il avait la chance d’avoir du monde chez lui, ce qui dans le fond n’était pas rare, il aimait bien s’adonner à des discussions lancées pêle-mêle. Il partait du principe ou l’on en apprenait toujours plus sur une personne lorsque la conversation était lancé sans but que lorsqu’il y’avait un objectif derrière et une réponse à obtenir. Ce genre de conversation braquait les gens qui voulaient conserver leur intimité, ce que Ed comprenait puisque lui-même faisait de même. Il eut tout de même un instant bête lorsqu’elle lui demanda si elle pouvait allumer la lumière. Ça ne lui avait pas traversé l’esprit d’appuyer sur l’interrupteur à l’entrée. Il fit une moue désolée et lui indiqua approximativement le bouton quoiqu’elle devait déjà l’avoir vu en entrant.

Continuant de s’activer, il versa bientôt le lait qui avait chauffé dans une casserole dans deux grandes tasses, il ne ferait pas deux services différents comme ça et y ajouta en plus du chocolat, un ingrédient secret ramené du Pérou par sa mère visant à sublimer l’arôme du chocolat. Posant les tasses dans des coupelles, il ajouta le chocolat poudré par-dessus la mousse et les petits gâteaux dans la coupelle et en prit une dans chaque main pour venir les déposer sur la table basse. Il en glissa une vers Leen et se laissa tomber sur le pouf derrière lui. Gesco gambada fièrement pour se coucher à ses pieds. Il ajouta sur un ton chaleureux.


_ Voilà, Madame est servie !

Se saisissant d’une télécommande, il la dirigea vers sa chaîne hifi et laissa un CD au hasard tourné en bruit de fond. A côté de la chaîne prônait quelques centaines de CD de tous les styles, de tous les goûts. Certains n’avaient même pas été sortis de leurs emballages.

_ Je crois que j’ai un peu tout en excès… Je n’arrive pas encore à savoir ce que j’aime alors je me précipite sur tout ce que je trouve pour tester en espérant avoir une révélation ! Et toi, quels sont tes goûts ? Déjà, je note, tu aimes le chocolat ! Donc je dirai plus sucré que salé ! Hum… plus noir que blanc…

Il attrapa sa tasse et la porta sur ses lèvres pour en boire une gorgée. Le liquide chaud traça tout le chemin parcourut jusqu’à son estomac de son empreinte brûlante. Déjà, il sentait qu’il se réchauffait… et puis l’appart avait un chauffage par le sol maintenu à 20°C. Il n’y avait pas à dire, Ed avait son petit confort ici. Il savait à qui il le devait. S’il avait son indépendance, jamais on ne l’avait délaissé. Ses parents lui payaient ses études pour qu’il puisse payer son appartement sinon jamais il ne pourrait joindre les deux bouts avec son job de musicien de bar. C’était quelque chose de ne pas être seul, Ed en savait quelque chose et il n’avait pas honte de clamer que sa famille était pour beaucoup dans l’acheminement de ses rêves. Encouragé à tous les niveaux, ses parents veillaient sur lui comme ils l’avaient toujours fait et paradoxalement… comme dans beaucoup de domicile, il y’avait une photo d’eux avant l’accident, posé sur le meuble à l’entrée. Ses parents, ses trois sœurs et lui en train de faire les idiots. Cette photo, il ne la verrait jamais mais elle était là.

Fixant Leen que les gouttes d'eau résonnant sur le sol, révélaient encore trempée, il hésita avant de lui faire une nouvelle proposition. Il était embarrassé car il ne voulait pas qu’elle se fasse des idées sur son compte.


_ Tu… tu veux… ptêt te changer ? Dans le bas de mon armoire, il doit y avoir des fringues à ma sœur, tu peux voir si certaines te vont, au moins tu seras au sec. Je te promets que ni moi, ni Gesco ne te regarderont par le trou de la serrure !

Finalement il avait tourné son embarras en dérision et pour accentuer le côté humoristique, il avait fini sa phrase en venant posé la main sur son cœur comme une promesse solennelle.
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Leen Alba
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MessagePosté le: Mar 9 Juin 2009 - 03:14    Sujet du message: On the rain again [libre] Répondre en citant

Pas à sa place.     
C'était étrange ce curieux sentiment de faire tâche dans le décor. Dérangeant serais plus approprié. Chez Leen tout était dans un désordre élevé au rang du sacré, parfois même elle arrivait à perdre des choses dans son petit appartement de trentes cinq mètre carré. Poussiéreux et encombré, il donnait l'impression d'être dans une alcôve étriqué aux fenêtres closes. Ici tout était lumineux et spacieux, la chaleur que dégageait l'endroit était principalement dû à la présence enjouée de son propriétaire. Leen ses pupilles vrillées sur la table basse sans vraiment la regarder, plongée dans ses pensées comme elle l'était, pu constater qu'une tasse de chocolat chaud était apparu devant elle, accompagné d'un « madame est servi » amical et souriant. Ed prit une télécommande et la musique, en fond sonore, vint doucement bercer les oreille de Leen. Quelques frissons la parcourait encore et elle avait gardé la serviette que lui avait prêté Ed sur la tête.  
   
Elle observait l'immense pile de CD que possédait Ed, tout en sirotant avec prudence son chocolat encore brulant. Parmi ces CD elle en reconnu quelques uns.     
Puis Ed prit la parole. Dit des mots qui firent lever les yeux de Leen, jusqu'au visage désinvolte et enjoué d'Ed, « plus sucré que salé ! … plus noir que blanc… ». Lui cacher quelque chose, se rendre plus insaisissable auprès de cet homme qui ne pouvait la voir, on aurait pu croire qu'avec lui plus que les autres les choses se passerais comme elles c'étaient toujours passées. Non pas que Leen aimait intriguer, ou croire être plus que ce qu'elle était vraiment, non... Simplement elle avait honte, elle se cachait de son passé, de sa situation précaire, de ce vide que constituait sa vie. Puis elle ne voulait pas se livrer et être rejetée, abandonnée, déçue. Ainsi elle en révélait toujours le moins possible, parce que il avait cette carapace au frontière de son conscient qui l'écartait des autres.     
Seulement cet homme qu'elle connaissait depuis quelques dizaines de minutes, réfléchissait sur le moindre de ses choix, et en tirait certes une vérité au contour très vague, mais qui n'en restait pas moins authentique. Elle ne savait pas si il plaisantait ou si il avait balancé ça comme on dit bonjour à un passant, et elle était surement la seule à vraiment y attacher de l'importance... Seulement qu'on lui porte sincèrement de l'intérêt fouttait la panique dans ses neurones.     
Une autre question.     
*Quels sont tes goûts Leen, en as-tu eu depuis peu?* Pensa t-elle tristement. 

 
 - Je pense que nous sommes deux à ne pas vraiment savoir ce qu'il lui plait. *Ce qu'il est * Mais c'est vrai que la musique m'a toujours fait quelque chose. Mais je n'ai pas assez de temps pour vraiment m'y mettre. *La vie ne m'a pas laissé de temps pour le savoir* 
    
Son regard se promena sur les étagères, sur les meubles, et un cadre avec une photo de famille fini avec fatalité, par attraper ses yeux. Une singulière sensation l'agita.
     
« -Tu… tu veux… ptêt te changer ? Dans le bas de mon armoire, il doit y avoir des fringues à ma sœur, tu peux voir si certaines te vont, au moins tu seras au sec. Je te promets que ni moi, ni Gesco ne te regarderont par le trou de la serrure ! »     
 - Bon puisque tu le promet, je n'ai rien à craindre. Gesco, c'est ça alors ton ptit nom, j'ai quand même plus confiance en toi, alors mord-le si il tente quoi que se soit hein.     
   
Trop contente de pouvoir être sèche, mais surtout aussi de s'arracher à ses sombres pensées, elle s'était autorisée une pique. Ouvrant l'armoire d'Ed comme on fouillait la trousse de maquillage de sa mère à sept ans, avec curiosité et le gout de l'interdit. Ce qui était absurde puisque lui même l'avait autorisé à fouiller l'armoire. Elle prit quelques affaires, sans réellement se soucier de l'effet que les vêtements auraient sur elle. Un pull chaud et sec suivi d'un jean c'était l'essentiel.
     
S'isolant dans la salle de bain plus par principe que par réelle nécessité, elle revint avec des habits bien trop grand pour elle. Non pas que la soeur d'Ed devait être particulièrement corpulente, mais simplement parce que Leen elle, était très fine.     
La meilleure façon de ne rien dire c'est de faire parler l'autre. Mais attention au retour de flamme.
     
- Tu étais à la fac, alors dis-moi, tu étudie quoi?  
  
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Ed Petterson
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MessagePosté le: Mar 9 Juin 2009 - 18:36    Sujet du message: On the rain again [libre] Répondre en citant

Ed prit une grosse claque derrière la tête devant son silence. Il fallait qu’il calme un peu sa bonne humeur, ça semblait mettre mal à l’aise Leen qui ne répondait pas à ses innocentes questions. Il ne pensait pas avoir creusé l’intimité de la jeune femme en lui demandant si elle était plus sucrée que salé mais peut-être étais-je déjà trop rapide pour un premier échange. Ed se posa mille questions pour la mettre à l’aise. Quel sujet devait-il aborder pour qu’il ne soit pas deux inconnus perdus dans le silence pesant ? Il n’allait quand même pas lui faire le coup de la météo ? Elle était au courant qu’il pleuvait et qu’après la pluie, le beau temps et gna gna gna… Nan, le truc des sujets bateau, c’était peut-être ce qui fonctionnait le mieux mais ce n’était pas non plus le genre de bavardage qui allait les faire se découvrir mutuellement. Les conversations de petites vieilles au coin du feu, c’était trop pour son petit cœur !

Finalement ses inquiétudes prirent le large en entendant les premiers sons glisser d’entre ses lèvres. Piquante la demoiselle ! Ed fût surprit que la jeune fille, jusqu’à présent, assez discrète l’attaque directement à la racine sans passer par des stades progressifs. Gesco se mit sur son fier popotin, leva une gueule baveuse et en guise d’acquiescement lança un puissant et unique aboiement. Ed, se jeta sur lui pour lui fermer la truffe de ses deux mains et l’empêcher d’aboyer. Une entente cordiale avec un voisinage difficile passait par le silence du toutou. C’était peut-être la seule chose qui venait noircir ce merveilleux appartement. La voisine de palier était allée jusqu’à mettre des crottes dans les escaliers pour faire accuser Gesco et les faire virer tous les deux de l’immeuble. On a beau dire, y’a vraiment des cons partout !

Attendant patiemment assis dans son pouf, Ed ne se rendit même pas compte, qu’il vidait sa tasse alors que celle de la jeune fille devait probablement être encore à moitié pleine. Pour ne pas la laisser boire seule, Ed se dépêcha d’aller s’en servir une autre et vînt se rasseoir à pas de velours. Entendant, la porte de la salle de bains se rouvrir, Ed se tourna dans sa direction et déclara, le sourire aux lèvres, sur un ton humoristique qui se mettait lui-même en autodérision.

_ Wow ! Tu es ravissante !

Ensuite vînt son tour d’être questionné. Généralement, cela ne le dérangeait pas de parler de lui, pas par égocentrisme, il n’était pas du genre à dire « Moi, je… », mais plus pour partager.

_ Je prépare un CFEM, ce sont des études musicales… mais bon c’est 60% de musique et 40% de communication et autres… et toi ? Toi aussi, tu passes tes folles soirées plongée dans un bouquin pour un devoir que tu auras oublié le mois d’après ?
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Leen Alba
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MessagePosté le: Mar 9 Juin 2009 - 20:20    Sujet du message: On the rain again [libre] Répondre en citant

Piégée!  
Elle retint un petit rire cynique et amer. Qu'elle idiote! elle s'était elle même fourrée dans une discussion qu'elle aurait préféré encore tenir à l'écart. La fac? Si seulement! Elle aurait voulu continué à être dans la tête d'Ed, cette fille de pluie rencontrée au détour d'un de ces cours. Cette fille là ne pourrait pas être une fille de camée, une fille qui exposait son corps pour payer son loyer, une fille qui ne savait rien sur rien, et qui avait quitté l'école depuis plusieurs années. Bizarement ele ne voulait pas décevoir Ed, elle ne voulait pas qu'il se retrouve gêné à cause d'elle. Après tout même si il passait outre son passé et ses activités professionnelles actuelles, Leen maudissait déjà ce pesant silence qui lui ferait comprendre qu'Ed substituerait lentement ces mots, ces images, à celle surement meilleure qu'il s'était construite.  
Pendant un moment elle chercha même à choisir une filière postiche, pour donner le change et faire croire qu'elle était étudiante, mais elle n'arriva pas à lui mentir. Par dessus le fait qu'elle le trouvait attirant, il avait surtout un effet apaisant et paradoxalement vivifiant sur Leen. Son sourire et sa façon d'être si naturellement enthousiaste avec quelqu'un qu'il ne connaissait pratiquement pas, réchauffaient le cœur de la jeune femme, parce qu'elle voulait le suivre dans son monde.  

  
Elle prit la tasse dans ses mains et sentit la douce chaleur se diffuser à travers sa peau. Elle pensa avec ironie qu'il ne pouvait pas la voir et que donc, sa jeunesse ne la trahirait pas, parce qu'à son âge ne pas étudier voulait dire qu'elle travaillait par nécessité.  
Sa voix tentait d'étouffer le regret, et c'est le ton badin du dénie amusée qui teinta ses mots.  

  
 - Ah, euh non, en fait je ne suis pas étudiante. J'ai déjà un travail, pas des plus intéressant mais bon... Et toi de ton côté, tu prévois quoi avec ce CFEM? L'avenir doit être vaste.  

  
Elle prit une grande gorgée de chocolat qui avait un peu refroidi. Elle remarqua que sa tasse à lui était remplie, et ses yeux restèrent curieusement accrochés à la main au doigts fins et élégant d'Ed.   
En posant sa question, elle se rendit compte que ce n'était pas seulement pour détourner le sujet sur lui qu'elle l'interrogeait, mais parce qu'elle voulait vraiment en apprendre plus sur lui.  
La musique continuait à tourner, et une chanson qu'elle aimait beaucoup rempli l'atmosphère, "Lovefool" des Cardigans, elle ne pu s'empêcher de sourire.
  


Dernière édition par Leen Alba le Mar 9 Juin 2009 - 21:41; édité 1 fois
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Ed Petterson
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MessagePosté le: Mar 9 Juin 2009 - 21:29    Sujet du message: On the rain again [libre] Répondre en citant

Ed arqua un sourcil perplexe. Là, c’était sûr, elle ne voulait pas qu’on parle d’elle. Il devinait une gêne dans son silence et sa réponse vague ne lui donnait que plus une impression de « vérité trop lourde à dire ». Le jeune homme était reparti dans ses conclusions… il aurait du faire détective ! Il se dit, « elle n’aime pas ce qu’elle fait donc elle a tout au plus besoin d’argent ». Sa voiture le renvoyait d’ailleurs à cette interprétation… et lui, il l‘amenait ici dans un quartier populaire près de la plage ou aucune voiture ne coutait en dessous de 15 plaques… elle avait de quoi se sentir mal à l’aise. Ne sachant pas quoi dire pour détendre l’atmosphère, Ed plongea dans ses connaissances pour lui faire un topo des types décalés qu’il lui arrivait de fréquenter.

_ J’ai un pote qui s’habille depuis 10 ans avec des fringues qui font deux tailles de moins autant dire qu’il paraît qu’il a du style ! Il m’a dit que ça le mincissait ! J’ai une autre amie qui ne peut s’empêcher de téter son pouce lorsqu’elle est angoissée… durant notre période d’examen… son pouce passait tellement de temps dans sa bouche qu’il était tout fripé… et encore un autre que j’ai rencontré lors de mon séjour à l’hôpital. Lui, s’est fait amputer la main gauche, avec les superbes prothèses qu’on fait aujourd’hui, il a préféré opté pour le crochet du capitaine Hook, c’est quand même dingue… et des histoires comme ça, j’en ai des tonnes. Alors je ne sais pas ce qui te dérange… si t’as fait de la prison ou un truc du genre… mais c’est pas dans cet appart qu’on portera un jugement sur toi. Je serai tout au plus surpris mais en tant qu’aveugle et de plus, ayant le chien le plus olé olé de Seattle, je t’assure que tu peux te sentir ici chez toi ! Après je ne te demande pas de te dévoiler à moi, je respecte ton intimité mais ne craint simplement pas que je te juge. Tu m’as aidé alors que tu n’étais pas obligée, ça m’apprend déjà beaucoup de chose sur ton toi intérieur !

Avec ce long monologue rythmé par son ton chaleureux et enjoué, Ed en oubliait presque la question qu’elle lui avait posée. Il posa sa tasse sur la table basse et se mit à rire.

_ Penses-tu ? Le milieu peut-être vaste… mais les places sont rares ! C’est pour ça que je vais me mettre à mon compte dès que possible… De temps en temps, je joue dans un groupe… on n’est pas très connu mais au moins j’ai l’opportunité de faire partager mes textes et ma musique… remarque c’est ptêt pour ça qu’on n’est pas très connus.

Ed rit de plus belle. On ne se prenait pas au sérieux chez lui. En fait le chien était à l’image du maître sauf que Gesco agissait impulsivement en continu, sans s’en rendre compte. Enfin, il n’était pas si pataud que ça dans certains domaines, surtout dans le culinaire. Mécontent qu’ on l’ai oublié, il vînt déposer sa gamelle dans les mains de son maître. Ed se leva… ce serait comédie s’il l’avait ignoré. Se levant, il chantonna le refrain de « Lovefool ».

_ Tu m’excuses, j’en ai pour deux minutes?

Deux minutes, c’est effectivement à peu près le temps qu’Ed mit pour rejoindre la cuisine, mettre les croquettes dans la gamelle et pour qu’elle lui soit rendu nickel. Il faut dire que Gesco mangeait à mesure que son maître versait. Il estimait certainement avoir suffisamment attendu. Ed se rassit aussitôt après et vida sa tasse de chocolat d’une traite. La journée au final qu’il avait cru gâché, s’était agréablement déroulé et Leen avait été la cerise sur le gâteau, le cadeau caché dans la boîte de céréales, la carte au trésor marqué d’une croix qu’il avait découverte par hasard.
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Leen Alba
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MessagePosté le: Mar 9 Juin 2009 - 22:36    Sujet du message: On the rain again [libre] Répondre en citant

Leen prit une délicieuse baffe en pleine figure.
Elle se rendit compte à quel point cela devait ennuyeux et lassant d'avoir en face une personne si peu loquace. Mais surtout un profond soulagement vint secouer son cœur et ses lèvres restèrent stupidement entrouvertes. Sa consternation s'agrandit. Depuis la mort de sa mère elle était devenue si obtuse que les seules relations sociales qu'elle avait entretenue avec autrui étaient artificielles et éphémères, seulement Ed la bousculait, la secouait comme on secoue quelqu'un pour le réveiller. En si peu de temps, de mots, et d'actes, elle s'était attachée à lui, et ce chien pataud et débonnaire.
Il ne lui demandait rien en retour de l'assurance qu'il ne la jugerait pas. Elle le croyait assez intelligent et bon pour lui faire confiance.
Il se leva toujours avec cet air dégagé et attendrissant, ouvrit un placard.
Leen déballa ce sac pouilleux et qui empestait la merde. Ce sac qu'elle sentait pourrir en elle.

 - je suis née à Londre. Ma mère m'a eu très jeune et le courage de mon fabuleux géniteur lui dicta de la laissé tomber. Plus tard, maman rencontra Bill, un type formidable, mais qui ne trouva lui aussi rien de mieux à faire que de se trancher les veines, prenant juste le temps de devenir un père pour moi. Maman ne le suporta pas, faut dire que l'abrutie de famille de Bill l'a pas vraiment aidé à traverser cette épreuve, c'est à ce moment là qu'elle commença à se droguer. Quelque temps plus tard on a quitté Londre et atteri ici, dans la ville où il avait étudié. Au fil des années, maman dilapida l'argent que nous avait laissé Bill pour se payer sa cam. J'ai arrêter l'école et me mit à gagner ma vie comme je pouvais... Ma mère est morte il y a presque un an, apparement le sang de vampire à eu raison d'elle. Avec ça je n'ai jamais été doué pour les relations amicales comme sentimentales.

Leen orna son visage d'un franc sourir qu'elle ne se connaissait pas. Elle était surprise du soulagement qu'elle ressentie suite à sa brusque confession. Un malaise pourtant remua ses tripes, c'était la sensation dérangeante d'être vulnérable face à l'autre.

 - Ce serait presque aussi sordide que l'histoire du crochet, si moi même j'assouvissait mes tendances addictives.


Elle finit sa tasse dont le lait chocolaté était devenu froid.
Leen qui ne pouvait voir le visage de d'Ed, fixait intensément son dos. Il rangait le paquet dans l'armoire.
Elle espérait avoir provoqué en lui une émotion, une réaction, certainement pas de la pitié, mais un signe qui témoignerais qu'il l'acceptait. 
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:56    Sujet du message: On the rain again [libre]

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