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Les sentiers de la perdition [PV Angelucci]

 
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Diane Stevens
Invité

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MessagePosté le: Sam 6 Juin 2009 - 17:12    Sujet du message: Les sentiers de la perdition [PV Angelucci] Répondre en citant

Can't you here the melody of temptation?

Parfois, j'ai comme l'impression étrange qu'il existe plusieurs moi cachés au fond de mes organes. La nuit je ferme les yeux et je les vois grouiller, ramper entre les viscères pour s'y faire un petit nid d'amour et répandre dans mes cavités toutes sortes de poisons lubriques. Ils sont là, chaque jour et chaque seconde, ils s'endorment le soir entre les reins et leurs glandes pour se réveiller parfois et creuser leur chemin putride jusqu'à mon cœur, jusqu'à mon cerveau, jusqu'à ce qu'ils aient pourri tous les tissus responsables de ce que je ressens.
Diane, Diane Stevens, D.Stevens, D.S, Diane.S, ils sont tous là, les dérivés les plus immondes de mon être ravissent ma cage thoracique de leurs ébats fusionnels en attendant que leur tour soit venu de venir baiser dans la suite nuptiale, la petite chose qui palpite derrière mes côtes pour me rappeler que je suis humaine, trop humaine.
Diane Stevens est la digne héritière de J.Stevens et de sa bonne éducation, elle n'ambitionne qu'un peu de paix et de stabilité, peut être même se voit elle fonder une famille avec le plus attentionné des maris. Diane refuse, elle est encore amoureuse de sa défunte passion et ne pourra jamais se résoudre à souiller son souvenir du sperme d'un autre. Diane S est un auteur de romans maladroits, elle vit seule dans une petite résidence familiale et comble le vide de sa solitude bénie par quelques boulot minables. Toutes les trois ne sont pas bien méchantes, elles se complètent avec pudeur, tout juste consentent elles à embrasser ma rate et mon pancréas du bout des lèvres. Elles se tiennent la main, parfois.
Et puis il y a D.S. Ma déesse, la tentation des extrêmes, celle qui baise mon foie sans que je n'y puisse rien, à peine mon diaphragme parvient il à l'empêcher de violer mon cœur. Parfois, quand je les vois, eux les ténèbres, les créatures, les infectes, eux les vampires, je la sens qui s'excite au fond de mes entrailles, elle éclabousse mon péritoine de sa sueur et sa semence.

Diane Stevens ne daigne pas même les relever.
D.Stevens leur jalouse ce pouvoir envoûtant qu'elle ne parvient pas à insuffler à ses personnages.
Diane se mâchouille les entrailles pour ne pas mater leur cul.
Déesse boit leur présence avec satiété comme ils peuvent aspirer le sang de sa race; indécente, elle les suce jusqu'à la moelle, jusqu'à ce qu'un jour leur mystère n'existe plus à ses yeux.

Le tintement cristallin de deux verres entrechoqués tire enfin Diane de ses réflexions intimes, elle s'arrache un sourire à l'adresse de son compagnon et tourne son regard vers l'océan d'encre mus de relents sensuels six pieds sous eux. Les pieds dans le vide à quelques mètres à peine des docks puant le poisson mort et l'essence, nos deux inconscients ravissent leurs papilles d'un Château Neuf du Pape inconvenant. C'est leur petit rituel, leur blasphème bien à eux, cette bouteille hors de prix bue dans des verres de pacotille au milieu des marins et des péniches chaque jeudi soir que Dieu veut bien leur accorder. Seulement cette fois ci, ils ont un but précis, une bonne excuse pour ce manquement à toutes les règles de société, puisque l'un d'eux tient le chiffon tant attendu, résultat des premières tentatives littéraires de sa jeune amie.
Monsieur est directeur d'une maison d'édition célèbre, le visage creusé et les cheveux blanchis par la cinquantaine, mademoiselle est un écrivain en herbe encore trop jeune pour s'être déjà trouvée une ride. Entre autres absurdités, c'est ce décalage qui fait tout l'intérêt de la pitoyable scène.


- Écoute Diane, je ne vais pas y aller par quatre chemins, je trouve que c'est d'une banalité affligeante.

Lentement, presque imperceptiblement, le regard de l'enfant s'agrandit sans même daigner se détacher de l'encre qui roule et coule sous elle pour regarder son futur éditeur. Immobile mais attentive, elle ignore la petite boule d'angoisse qui lui serre la gorge et fait monter ses larmes trop faciles.

- C'est merveilleusement bien écrit, rassure toi, ton talent ne perd pas de sa pureté avec le temps, au contraire et ça me réjouit mais... Mais merde enfin, qu'est ce que c'est que ce scénario? Il la trompe, elle pardonne, ils se marient quand même et élèvent leurs enfants au bord de la mer, tu t'es lancée dans l'éducation sentimentale de la jeune classe sans me prévenir?

Pour toute réponse, le regard de la jeune fille se baisse plus avant vers son royal breuvage, elle ouvre la bouche sans rien prononcer qu'un faible son, signe chez elle que son attention est entièrement présente mais son esprit incapable de faire face. Monsieur lui empoigne le bras, avec fermeté sans toutefois devenir brutal, il l'oblige ainsi à relever un regard vers lui, ces grands yeux bleus qui ne cessent de s'étonner de la tournure que prend chaque chose autour d'eux.

- Où est passé ton mordant? Où est la fille qui démontrait aux plus grands optimistes que toute chose est construite pour sa destruction et que le toujours n'existe pas? Tu es beaucoup plus compliquée que ce torchon ma belle, ne laisse pas l'âge adulte te convaincre du contraire.

Surprise, vexée, la belle s'échappe de l'étreinte et ramène son bras le long de son corps, elle boit d'une traite la fin de son verre et se verse un peu plus de ce superbe nectar, plongée dans un mutisme désespérant, pourtant tellement criant de sincérité. Lui se contente de soupirer, d'avantage pour capituler que pour remettre sa désapprobation sur le tapis. Il la laisse à son silence et contemple avec elle les Abymes de flotte qui s'étendent à perte de vue devant leur regard borgne.

- Je sais, ce qui est arrivé à ta mère est affreux. Mais c'est pas raconter des niaiseries qui rendra le monde moins moche.
- Tu connais la scène du Commendatore, de Don Giovanni? murmure enfin une voix fluette, presque totalement brisée par le bruit des vagues, alors que deux prunelles indécises dardent le néant céleste de leur apparente candeur. Le moment absolument critique où le Commandeur invite Dom Juan a son dîner et que... que tu espères de tout ton cœur qu'il refusera, même si tu sais que c'est impossible. Parce que la nature même de cet homme est de défier la décence et les codes au profit de son insolence. Eh bien... Le soir où ma mère a... enfin celui où je l'ai découverte, il y avait cette chose tapie dans l'ombre, cette invitation. Je voyais ma mère entrain de se faire sucer le sang par deux animaux sur un fauteuil, j'avais des odeurs de putréfaction plein le nez et les yeux aveuglés par la fumée de cigarette. J'étouffais, j'étais sur le point de gerber mes tripes devant cette scène abjecte, dégueulasse... superbe. Parce qu’il y avait quelque chose, un mélange, une fusion passionnelle. Et l'invitation que je ne pouvais pas entendre, mais qu'une part de moi ... captait. Je n'étais qu'horrifiée, révoltée, mais un petit ver s'est agité derrière mon coeur pour m'inviter à ce dîner. Et j'ai prié pour que mon cœur n'accepte pas, je prie encore, mais je me demande si ce n'est pas inévitable à long terme.
Je suis seule maintenant, tu sais. Et si je lâche prise, si je laisse le petit ver faire ce qu'il veut, je n'ai plus personne pour me retenir. L'humain est si aisément attiré par le mal, je refuse de tomber là dedans.

Un long silence s'en suit, seulement brisé par l'audace des vagues qui viennent éclater leur corps sur les murs du quai, ils étudient l'un comme l'autre en silence ce qui vient d'être dit, troublés, absents... amers. Finalement, monsieur soupire, elle l'entend reprendre ses effets personnels pour se relever. Alors trouve toi quelqu'un, déclare t'il de cette voix de juge appliquant sa sentence. Parce que ce que tu viens de dire... c'est ce que je veux dans ton prochain essai.
Il s'en va.
Une larme seule et incrédule glisse sur les pommettes de l'enfant pour aller se noyer dans l'encre maritime, une inspiration tremblante achève d'assassiner les adieux de leur entretient...
Ce soir là, au milieu de ces vampires et pour d'infimes secondes, la déesse a pris sa forme la plus puissante et la plus imparable. Elle n'est parvenue a aucune conséquence désastreuse, mais la question demeure...
Et si ça recommence?
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MessagePosté le: Sam 6 Juin 2009 - 17:12    Sujet du message: Publicité

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