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Les derniers instants....(pv abel)

 
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Raphaëlle De Ste Croix
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MessagePosté le: Mar 31 Mar 2009 - 12:25    Sujet du message: Les derniers instants....(pv abel) Répondre en citant

La nuit sommeillait comme un chat fatigué au soleil, ronronnant sous les caresses d’un maître distant. L’obscurité était tombée, entrainant son jeu de teintes rosées, le prestige de couleurs endiablées qui formaient au sein des cieux des pourpres vertigineux et captivant. Le soleil avait disparut presque trop vite, laissant place à la nuit sombre et froide, à ses étoiles absentes et sa lune pâle qui laissait sortir désormais tous les monstres des pires cauchemars. Seattle n’était pas différente des villes du passé, les humains comme toujours se laissaient surprendre par les ténèbres, certains ne vouaient que cette heure pour sortir, comme s’ils étaient nés pour être les proies des sangsues et Raphaëlle observait la ville et ses veines saillantes. Son flot d’humain qui rentrait chez eux. Leurs voitures malodorantes, leur pollution, elle avait évité tout cela depuis fin 1800 et l’air ne lui plaisait pas. Sentir la vie désormais sembler une chose désuète, le sang avait perdu de sa valeur et même si la faim ne la tenaillait pas, elle cherchait une manière d’émettre la rumeur de sa nouvelle venue. Cependant toute ancienne qu’elle était, elle savait que peu égalait son âge et pourtant elle se sentait inférieure aux autres vampires. C’était comme une évidence, elle n’avait ni leur hargne, ni leur force, encore moins leur détermination. Elle était restée avec la compassion et sa sagesse envers les humains. Elle ne s’était jamais battue, avait presque toujours fuit et voila. Voilà qu’aujourd’hui elle revenait au risque de se faire juger. Annabelle, Marcus…une larme roula sur sa joue. Et elle chassa la pensée de ceux qu’elle aimait comme si elle chassait un enquiquineur. Il était temps, un mois avait passé depuis son réveil et elle s’était nourrie qu’une fois depuis ce jours là. Elle devait désormais mettre fin à la chasse qu’elle avait débuté.
Le corset noir qu’elle finit de lasser à sa taille serrait ses formes avec indécence, la longue jupe gitane pourpre descendait le long de ses formes, elle enfila ses chaussures, des talons noires qu’elle avait acheté dans un magasin que l’on qualifiait aujourd’hui de gothique. Elle avait acheté toutes ses nouvelles fringues là bas. Elle enfila un long manteau de tissus noir, agréable sur la peau et duveteux et elle sortit. L’appartement resta seul en compagnie d’une télévision allumée mais muette qui diffusait un dvd qu’elle avait regardé tout en se bidonnant. « Dracula 2001 ». Au sol étaient restés parsemés et à moitié ouvert nombre de lecture. Entretien avec un vampire, Dracula, Buffy, Twilight. Elle aimait lire ses romans, ça la faisait plus marrer qu’autre chose et cela avait occupé sa journée. Alors qu’elle ne désirait que chasser le souvenir des siens.

Dans la rue, elle sentait l’odeur des humains, leurs arômes toujours différents, on la regardait passé, ombre flottante dont les talons ne semblaient pas claquer sur le sol. Sa chevelure brune ondulait autours de son visage et rien, absolument rien ne trahissait ses traits. Elle restait pensive, se dirigeant vers l’endroit qu’elle pensait, la nuit était noire désormais et pourtant elle marchait, sans se retourner, indifférente autre qu’à son but. Elle ne devait pas rater celle qu’elle avait observée….
Elle arriva enfin à l’abribus espérait, et la vieille femme semblait l’attendre. De l’autre coté de la rue, elles se regardèrent, directement dans le regard, il semblait que la vieille humaine l’avait attendue depuis des heures. Autours d’elle des sacs de courses, il était tard pour cela. Dans un sourire ridée, elle l’invita à venir s’asseoir à coté d’elle et Raphaëlle traversa la rue d’un pas lent, elles étaient seules dans ce morceau de vie et cela était parfait pour ce qui allait arriver. La grand-mère se nommait Rosalie Hardscore, elle avait presque 95 ans et elle vivait seule. Sa famille pensait à elle pour Noel, et encore, surtout pour les cadeaux, elle survivait depuis la mort de son mari avec une maigre pension et pourtant cela lui suffisait. On lui avait découvert il y a peu une maladie. Une dégénérescence oculaire  qui la laisserait aveugle rapidement et c’était l’hospice qui résumait désormais son avenir. Raphaëlle ne se serait pas intéressée à elle si elle n’avait pas sentit l’appel de la vieille femme à mourir avant, à devoir aller dans ses mouroirs et supporter qu’on la lave comme une gamine de cinq ans. Elle voulait mourir encore digne, maintenant ou demain que lui importait et Raphaëlle l’avait suivit, se révélant par instance et la vieille femme avait décidé d’elle-même qu’il était temps de l’accepter. Raphaëlle ne savait pas si elle était observée et elle s’en fichait. Tout ce qui comptait c’était Rosalie et son choix. Ce petit bout de femme, ridée comme un vieux parchemin aux regards tendre et vert sous son bonnet de laine ornée d’une fleur de coton et ses montagnes de vêtement. Raphaëlle prit place et la vieille femme déclara.

-Je vous attendais.

-C’est moi qui vous attendez.
Répliqua le vampire avec une voix si confiante, si tendre qu’elle ne troubla pas le moment étrangement serein qui arrivait. Les deux femmes échangèrent un regard bienveillant et en même temps elles observèrent l’autre coté de la rue, sans rien se dire, le silence, le battement du cœur de la vieille femme était faible comme un tintement lointain.

-Êtes-vous la mort?
 
-L’un de ses visages .
La vieille femme posa une main sur celle de Raphaëlle.

-Et bien mon enfant, attendant la passé du dernier bus dans ce cas et nous serons tranquille.

Raphaëlle ria doucement en l’entendant l’appelait mon enfant. Elle était tellement plus vieille que cette femme et pourtant elle la respectait plus que quiconque. C’était elle en apparence l’enfant à cet instant et la cruelle vérité de l’ancienne lui donna envie de se moquer de son vampirique statut.
Elles attendirent donc.
Elles ne se disaient rien, la grand-mère tenait la main de Raphaëlle comme si elle voulait lui donner confiance dans son geste et le vampire sentait la chaleur filtrait des gants jusqu’à sa peau. Lorsque le dernier bus arriva, le vampire resserra l’étreinte, comme si c’était le signe que c’était fini. Le bus s’arrêta, personne ne descendit, personne ne monta et il continua sa route sans demander son reste. La vampire regarda l’ancienne et lui demanda.

-Que voulez voir? La vieille sourit sans plus de cérémonie et ôta le châle de son cou. Comme si elle était un nourrisson fragile, le vampire la reçut dans ses bras et elle sut quoi lui montrer avant la fin. La vieille femme voulait voir son passé, ses jeunes années et elle déclara. Très bon choix. En rapprochant doucement ses lèvres elle mordit la grand-mère, laissant à ses yeux apparaitre les années folles, ses talons claquant sur le sol, sa course vers son fiancé, son mari plus tard, leurs baisers, leurs premières étreintes nues ensemble, bousculant les interdits, leurs passions, leurs folles soirée. Raphaëlle sentit qu’elle se libérait doucement de sa vie et la vampire continua sa morsure, pas un seul instant elle ne pensait être observée.
 
  
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MessagePosté le: Mar 31 Mar 2009 - 12:25    Sujet du message: Publicité

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Abel Lyrae
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MessagePosté le: Sam 11 Avr 2009 - 21:28    Sujet du message: Les derniers instants....(pv abel) Répondre en citant

Un magnolia en fleur, trahi la veille par de fugaces rayons de soleil, jurait avec la journée grisâtre qui s'annonçait. Étendu, odorant, l'arbre semblait renaitre de ses cendres brunes, comme à chaque printemps, lui le merveilleux paon. C'était comme si l'astre diurne savait murmurer aux plantes de charmants mots d'amour, et à l'image de la femme qui se dévoile et découvre formes féminines, s'épanouit et séduit, ne vivant plus que pour plaire et faire jalouser ses paires, l'arbre fleurit et pousse inlassablement vers son aimé, se laissant embrasser de lui tout le jour. Ô soleil, qui avait le pouvoir d'éveiller toutes les fleurs et tous les animaux du printemps, je lui dédiai mon jour et mes pérégrinations pour observer ses œuvres sur la terre.

Lorsque je me sentis brûler, je rejoignis à contre cœur la terrasse ombragée d'un petit café, hésitant à entrer plutôt en son intérieur protégé. Là, je regardai, attendri, bercé, les passants indifférents. Je ne me cachais pas, aussi lorsque certains me dévisageaient gaillardement avec de grands yeux ébahis, et me désignaient par de grossiers gestes du doigt impolis, j'inclinais la tête et leur souriait, signifiant que devait prendre fin leurs observations indiscrètes. Et puis, lorsque l'un d'entre eux, fragile créature dangereusement rêveuse, laissa ses pensées le précéder, débordant de désirs, me perçant de tout son amour aveugle et irréfléchi, de ses espoirs d'offrandes à mes appétits bestiaux, je partis, tel le souffle d'une brise, et laissai le malheureux s'en remettre à sa vie. Leurs aspirations de soumission me dérangeaient affreusement, me faisaient souffrir même. Elles marquaient en moi le vertige d'un vœu qui se broie, le vide que laisse une revendication qui me prend tout mon temps et mon coeur qui s'en va. Mon rêve d'égalité et de partage.

Le pouvaient-ils tous imaginer ?        
La nuit tombée, bien que certains pouvaient penser que les choses purent paraître moins belles et vivantes lorsqu'il fait noir, je ne renonçai pas à ma ballade contemplative et continuai à marcher de part la ville fourmillante. Plus tard, lorsque je me crus enfin rassasié des lumières et du béton, des verres et des briques, je m'arrêtai dans un quartier déjà longuement visité, et m'introduisis, une fois de plus, dans sa chambre. Ma douce ingénue dormait à point fermé, paisible. Sa respiration lente, reposante, serrait mon cœur de compassion. Et je me sentis fautif, encore, d'avoir céder à un caprice qui faisait de moi vampire dissident à mes convictions de piété. Son sang avait avivé en moi la soif du monstre qui m'habitait et je la fuis plus vite que la terrible idée ne put même être seulement imaginée. La bête excitée mutilait mes chairs et mes muscles, comme hurlant sa soif à chacun d'entre eux et me sommant d'obéir, de pallier à leur souffrance. Mais j'avais apprit à force de patience et de volonté à la contenir et à faire taire mon corps ensorcelé. C'est alors que je les vis, toutes deux de l'autre côté de la rue. Elle, divine dans son apparat de prêtresse immortelle, l'autre mignonne sous ses larges lunettes beiges aux verres épais. Ses yeux, pourtant secs, semblaient geindre de toute leur vieillesse. Ses traits étaient lourds, sa peau tombait, son front se plissait, ses paupières recouvraient ses yeux comme les forçant à se fermer à jamais.


Abel eut l'impression fulgurante et choquante qu'aucune des parcelles de son corps ne souhaitaient se dresser fièrement face à la vie, c'était comme si tout en elle avait déjà abandonné. Elle était lasse. Pauvre fille. Quelle injustice!
En cet instant, terrible instant, Abel aurait voulu ne pas être là : la vampire se pencha sur le cou fripé de la vieille et planta ses crocs. Il ouvrit la bouche comme pour l'en empêcher, mais ne fit rien, car il avait entendu les paroles des deux femmes, et il savait que c'est ce qu'Elle avait voulu. Abel avait tendance à faire confiance en trop de gens, et cela était sa faiblesse, mais ici, il reconnaissait la sublime sagesse dans la voix de la vieille, et sa volonté compréhensible de vouloir trouver la mort. Ce pouvait-il possible de donner la mort ainsi ? C'était... beau. Le mot fut lâché, et tellement vrai qu'il se mit à le dire tout haut. « Beau ». Comme un imbécile, un enfant qui voit les couleurs et le jour pour la première fois de sa vie. « Beau », aussi beau que ce Magnolia qui lavait ému cet après-midi.

C'était contre ses principes, ses vœux, son espoir, sa passion. C'était contre lui et cela le bouleversait, l'accablait. Mais.. s'il avait été humain, juste humain, et en possession du pouvoir de répondre à la volonté de cette vieille dame, l'aurait-il fait, lui aussi ? L'aurait-il libérée de sa vie pitoyable ? Immonde Vie, elle qui donnait le cœur, les jambes et les yeux, qui donnait la curiosité, l'apprentissage facile, puis la beauté, la passion, le désir et puis qui reprenait tout. Tout. Comment pouvait-on vivre de rien lorsqu'on avait tout eu ?
Il souffrait.
Mais il lui fallait, au nom de l'amour de l'homme, parler à cette vampire. Et il attendit, patient, poli. Terrassé.
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Raphaëlle De Ste Croix
Invité

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MessagePosté le: Sam 25 Avr 2009 - 09:37    Sujet du message: Les derniers instants....(pv abel) Répondre en citant

La vieille femme voulait ses images, son premier souffle de plaisir dans un lit blanc, ses sourires d’adolescentes rêveuses tout ce qui avait fait d’elle une personne que l’on avait aimé par sa beauté, sa fragilité et sa passion avec son mari. Elle n’avait plus tout cela et alors que le sang effleurait désormais le palais de Raphaëlle, elle revivait tout cela, sans douleur, car Raphaëlle refusait qu’elle souffre dans sa mort. Elle tenait délicatement entre ses bras l’humaine, lui offrant ce qu’elle désirait, un dernier souffle que peu de vampire aurait accordé de cette manière et le vampire sentit les larmes de sang couler sur ses joues. Ses larmes qui la blessaient plus qu’autre chose, alors qu’elles se résorbaient sur sa chaire et qui ne la rendait que plus immortelle. Elle frémissait de cette inhumanité et tandis que la vieille femme sombrait vers thanatos, le vampire la serra tendrement dans ses bras et la laissa glisser vers le banc, la vieille était morte, comme le souhait qu’elle avait fait. Le vampire la déposa doucement sur le banc, protégeant sa tète d’une énorme écharpe qu’elle portait autours du coup et ferma les yeux de l’ancienne humaine. Le froid gagnait déjà le corps de la grand-mère, ses chaires ridées n’étaient plus qu’une enveloppe vide, un souvenir sur terre qui serait bientôt oublié. Un sentiment parcourut le corps de Raphaëlle, un frisson, un murmure résonnant au lointain, elle redressa le visage vers la rue mais rien ne divulguer d’importun. L’immortelle devait tout d’abord se charger du corps, elle composa le numéro des urgences, prononça rapidement des paroles quelle connaissait par cœur puis éteignit son portable, sourit douloureusement une dernière fois sur le corps de la vieille femme.

Son cœur était lourd et lorsqu’elle chercha du regard la présence inopportune qu’elle ressentait désormais, elle le vit. Il se tenait accablé à travers la vitre d’une fenêtre, un vampire dont elle ne voulait rien savoir. Ses méthodes Raphaëlle les assumait on pourrait même dire qu’elle en était fière, c’était la seule manière pour elle de ne pas sombrer dans les ténèbres et restait quelque peu humaine. Sans rien dire, elle enfila la capuche de son manteau, dissimulant son visage et s’apprêta à partir. Elle regarda cependant un long moment, le vampire depuis sa fenêtre. Son regard la troublait étrangement, quelque chose de différent s’y cacher, pas de haine, ni de supériorité mais une étrange curiosité. Elle inclina son regard, se rassura un léger instant et se laissa gagner par un sourire. Elle le salua d’un regard. Il devait vouloir savoir, cela se lisait sur ses traits. Et elle était prête à parler.
Raphaëlle était sage, son gout pour la vie n’avait aucune limite, elle considérait chaque souffle, chaque battement de cœur comme le don le plus précieux qu’il soit et rien absolument rien n’avait d’égal à cela. Et il était bon de partager son  savoir, ses connaissances, sa vision des choses.  Elle se devait de cesser les anciennes hostilités qui l’habitaient, qui en guise de protection la retranchaient dans sa solitude, peut être qu’aujourd’hui les vampires avaient assez évolués pour ne plus être aussi désagréable qu’avant. Elle eut un espoir sur le coup.

D’un geste de la main elle invita le vampire à la suivre, l’ambulance ne tarderait pas et elle ne voulait pas être présente à son arrivée. Si l’inconnu voulait lui parler, il n’avait qu’à la rejoindre.

 
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Abel Lyrae
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MessagePosté le: Mer 17 Juin 2009 - 18:17    Sujet du message: Les derniers instants....(pv abel) Répondre en citant

Ecrit sur cette chanson Le moulin - Yann Tiersen

La mort. La peur de mourir. Le désir de mourir. Il est un moment dans l'existence de tout vampire où le manque de fatalité, réservée aux hommes, extirpe des hauts le cœur et des jalousies incontrôlables. Des instants où l'on admire plus que jamais la vulnérabilité humaine, son danger permanent d'embrasser la mort. Ils apparaissent alors comme « en sursis », et nous nous maudissons dans notre différence. Pourquoi vivions-nous si longtemps? En quel honneur? Quel espèce de Dieu l'avait choisi, et comment avait-il fait pour réaliser cette symbiose parfaite de la mort et de la vie? Par quel miracle nous avait-on maudit de la sorte, aussi impunément et odieusement? Nous représentants de la vie éternelle, autrefois silencieux, aujourd'hui révélés, obligés de tuer ou de voler pour nous préserver.

Abel, toi qui leur voue une admiration sans nom, combien de temps encore tiendras-tu avant de céder et de boire à leur gorge offertes? Combien déjà as-tu avalé de vies sans même rendre honneur à tes victimes, sans apprécier la valeur de leur vie? Tu les as vidés, écorchés, d'un seul coup sans reconnaissance ni douceur. Combien, depuis ton désir d'expiation en as-tu ardemment désiré? Tu cèderas, Abel, tu cèderas. Et combien encore tomberons dans tes bras de fer enduits de soie? Combien pour que tu vives devront mourir alors que toi, Abel, tu es déjà mort. Cela n'avait pas de sens.

Toi qui pense criminel de tuer, supporteras-tu une nouvelle défaillance? Déjà, tu te sens fautif, tu as désiré ton ingénue ce soir encore, et en la quittant, tu as trouvé un spectacle plus terrifiant encore et tu l'as laissé se dérouler sous tes yeux ébahis, impuissant. Tu as trouvé l'acte aussi beau qu'il était condamnable. Tu as trouvé la vie laide et la mort belle et libératrice. La mort incarnée par l'une de tes pairs. Et tu la trouves encore belle, radieuse même. Et ce qu'elle a fait te semble toujours aussi merveilleux. Mais si la beauté t'avait frappé de toute sa force et son éloquence, ne laissant de place en ton âme et conscience que pour Elle, à présent que l'humaine lasse de la vie est morte, la culpabilité, le déséquilibre te ronge. Pourquoi ne l'as-tu pas sauvée ?


Parce qu'elle ne le voulait pas, tentai-je de me persuader, afin de détruire l'immonde paradoxe, dissonance qui se dressait entre mes convictions et mes récents ressentis envers cette prêtresse du Trépas. Elle était aussi étonnante que suscitait la surprise de ses longues années d'âge, s'imposant à moi au travers d'une aura enveloppante, puissante, écrasante quoiqu'un peu timide : elle ne devait peut-être pas en avoir conscience et n'en profitait pas. Il était évident qu'elle percevrait ma présence, je l'avais pour ainsi dire voulu ainsi, mais, incapable de déclencher la moindre conversation, hésitant, troublé tout en écoutant mon indiscrète curiosité, ma volonté capricieuse de lui déclarer ma présence. Toujours cependant en restant fidèle à mes vœux princiers de politesse, ne sachant imposer à quiconque ma présence et peut-être, provoquer des représailles.

Elle me guette du coin de l'œil, méfiante oseras-je dire. Que sait-elle de moi cette prêtresse au faciès adorable? Pense-t-elle que je condamne son acte, ainsi que je le devrais, et me prépare à la sermonner? Non ma mignonne, et je n'attends de vous que le signe de votre acceptation, sans quoi je m'en retournerai, seul, préoccupé par d'affreuses visions et de chaleureux sentiments et sans doute, rêveur de votre douceur, de votre mystère pour des mois entiers à venir.

Mais elle le voit bien, l'ancien enfant, que mon regard n'est point incriminateur, chargé de colère ou de sagesse condescendante. Ça n'est ni ne sera jamais de mon ressort. Et il m'arrive que trop souvent hélas de ne point savoir abattre mon jugement, implacable, terrible et irrévocable, mais bien de trouver l'humain en chacun de nous et de pardonner inévitablement le reste. Nous avons tous nos défauts et nos faiblesses, ainsi va la mienne, je pense.

Elle me fait signe, et docilement je la suis. Il en est bien qui penseraient une affaire acquise, le sourire aux lèvres et l'excitation perverse palpitante et nerveuse brûlant le corps. Il n'est rien pour moi, qu'un nombre infini d'éventualités, don celle fort attendue de comprendre.

Comprendre. De tous mes traits de caractère, il n'en est qu'un que je me sais généreusement doté : la compréhension, poussée au plus profond de sa signification : l'empathie. Elle m'est cher et indispensable, sans elle, je peux sincèrement affirmer que je ne serai plus Abel Lyrae. Je pourrai même avancer sans me sentir légèrement menteur et exagérant opportuniste que je suis, outre une personne douée de raison, un bloc, une entité faite pour comprendre. J'aime comprendre à la perfection, si bien, que j'en sais bien souvent plus que l'intéressée n'en sait sur elle même. La seule chose que je me sais incapable de saisir, c'est le mensonge à mauvais dessein. Pourquoi vouloir le mal? Pourquoi mentir sur soi ou autre chose délibérément? Sournoisement! C'est ainsi qu'il est si facile de me faire croire ce que l'on raconte. Un mensonge sil est bien joué fera automatiquement mouche. Je ne sais pas me méfier. Je comprends à merveille ce que l'on me présente : actes, pensées, paroles. Mais si elles sont factices, je ne comprends alors que le simulacre que l'on m'a honteusement servi, incapable d'imaginer que ce puit en être un. Il doit être vrai de conclure, que je suis un homme stupidement naïf.

--------

Il pénètre une ruelle, sans jeter même un regard sur le corps fatigué de la vieille humaine, craignant que la violence de sa vision ne le prenne à la gorge et ne le fasse rebrousser chemin au plus loin d'Elle. Il marche à pas de loup, ses sens en éveil. Lorsqu'ils se furent assez éloignés, il glisse poliment un « bonsoir » en inclinant la tête comme il se doit face à une grande Dame.

- Puissiez-vous si vous m'en accordez l'honneur, demeurer une partie de la nuit en ma compagnie..., demanda-t-il sur une voix douce et grave, murmurante, je m'appelle Abel Lyrae.

Son visage serein était celui de l'enfant curieux et admiratif, peut-être légèrement troublé, menacé par un mal qu'il désirait cacher d'elle.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 15:14    Sujet du message: Les derniers instants....(pv abel)

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