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Walking, Sleeping, Talking [Il Dottore ! ]

 
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Auteur Message
Chiara Costagliola
Invité

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MessagePosté le: Jeu 12 Mar 2009 - 00:21    Sujet du message: Walking, Sleeping, Talking [Il Dottore ! ] Répondre en citant

Walking, sleeping, talking

Part I
Venitian Style


    Venise. 2015. Que fait elle là cette pauvre âme égarée ? Egarée ? Oui et non, pauvre âme tourmentée serait le terme qui conviendrait le plus à Chiara Costagliola. Pauvre âme tourmentée qui erre dans les ruelles sombres de la cité des doges un soir quelconque d’un mois quelconque, du moins pour l’instant. Plongeant sa main dans la poche de son manteaux elle en sorti un morceau de papier chiffonné à peine lisible. A la lueur d’un réverbère elle relu l’adresse qu’elle avait rapidement griffonnée lorsqu’elle avait reçu ce fameux coup de téléphone.


    Ce coup de téléphone elle l’avait reçu il y a à peine une petite semaine. C’était un homme qui lui avait parlé, un italien, comme elle. Sandro Visconti, un ami de la famille de longue date qui avait perdu contacte et qui voulait reprendre des nouvelles de la famille. Le choc qu’il avait eu en apprenant que celui qui fut son meilleur ami aux temps lointains de leur enfance, n’était plus de ce monde depuis maintenant cinq ans. Savoir qu’elle était à présent seule à Naples, il lui demanda ce qu’elle faisait, ce qu’elle étudiait ou si elle travaillait déjà. Quand il entendit la jeune demoiselle parler de livres et du plaisir de la découvertes de mondes insoupçonnés par le commun des mortels, il n’hésita pas, ne sachant pas dans quoi il s’engageait et lui proposa de venir travailler pour lui dans sa librairie à Venise.
    Elle remit le papier chiffonné dans sa poche, sachant que c’est là qu’elle se rendrait demain dans la journée. Elle se souvint qu’elle n’avait pas répondu tout de suite à la proposition de Sandro, ne sachant comment un novice pourrait prendre la pathologie dont elle souffrait. Après tout si c’était un homme cultivé il saurait ce que c’est et elle lui fit part du mal dont elle souffrait depuis la mort de ses parents. Sans doutes Sandro ne mesura pas tout de suite l’étendu de la maladie par lequel Chiara était atteinte mais il lui dit lui donner sa chance, lui demandant si on la lui donnerait à Naples avec une tare comme la sienne. La réponse était non bien entendue. Qui engagerait une narcoleptique à part pour un job de vendeur de lits peut être…

    Le marché avait été conclu sur ce simple coup de téléphone et la voilà, une semaine plus tard, débarquant de Naples dans la mythique et féerique cité des doges. Il étai déjà tard, du moins le flot de touristes qu’elle croisa, allait dans le sens opposé, tous quittaient Venise après l’avoir visiter durant la journée et elle, arrivait à la nuit tombée. Bien que Sandro lui ait dit l’accueillir à bras ouverts chez lui, elle avait fait une réservation dans un petit hôtel proche de la gare. Et vu l’heure tardive elle remarqua qu’elle avait bien fait. Trainant ses valises derrière elle, ce petit bout de femme ressemblait plus à une touriste russe qu’à une parfaite italienne. Après avoir pris possession de sa chambre, elle sorti et s’arrêta dans la première trattoria qui se dressa sur sa route. On lui avait tant vanté la surpopulation, le nombre faramineux de touristes qu’elle avait l’impression qu’on s’était moqué d’elle. Il devait y avoir une quinzaine de clients tout au plus. Après avoir englouti une assiette de lasagnes et une salade elle retourna à son hôtel où elle s’enferma pour la nuit.

    Ce n’est que le lendemain que Chiara se rendit compte que non, Venise bondée de gens, ce n’était pas un mythe, loin de là ! Les rues, les ponts grouillaient de monde. Armée d’un plan de la ville, la jeune napolitaine s’en alla à la recherche de la librairie de Sandro. Arpentant les rues, traversant les canaux, évitant les touristes qui s’arrêtaient tous les deux mètres pour prendre une nouvelle photo, elle ressorti son papier de son manteau, et se dirigea vers le Traghetto de la Madoneta. Le traghetto elle avait lui pas mal de choses sur Venise et elle ne fut donc pas surprise en arrivant au bout de la rue de voir une toute petite plateforme d’embarquement où un homme attenait avec une gondole d’une simplicité frappante. Le Grand Canal ne comptant que trois ponts, il y a quelques gondoliers qui font le trajet d’un côté à l’autre pour faire traverser les passants. C’est peu rassurée que Chiara monta dans la gondole trouvant son équilibre au milieu des gens déjà présents, tous se tenant debout tant bien que mal pour le trajet qui ne dure que deux à trois minutes. Arrivés sur l’autre rive, sains et sauf, la jeune napolitaine ayant ainsi fait son baptême de gondole, les passager sortent les uns après les autres. Vient le tour de Chiara, un pied sur le bord de la gondole, l’autre pied dans les airs, allant se poser d’une seconde à l’autre sur la petite plateforme. Ses yeux se ferment doucement, sa tête puis tout son corps bascule en avant.
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MessagePosté le: Jeu 12 Mar 2009 - 00:21    Sujet du message: Publicité

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Honoré Fragonard
Invité

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MessagePosté le: Ven 20 Mar 2009 - 20:08    Sujet du message: Walking, Sleeping, Talking [Il Dottore ! ] Répondre en citant

Je la vois plonger, je la vois s'effondrer sur elle même.
Cela me fait d'autant plus de peine que je la connaît depuis fort longtemps.
Avant de la quitter définitivement pour ne pas voir sa mort, je retourne dans cette ville qui flotte sur l'eau. Venise.
  

  
~*~*~*~*~*~*~  

  
Depuis quelques années – semblables à des mois pour le docteur – l'inspiration semblait l'avoir quitté. Pourtant, l'artiste qu'il était avait toujours trouvé de quoi le satisfaire de ce point de vue là : nouveaux procédés, nouveaux sujets, nouvelles approches, nouveaux supports,... Tout autour de lui, il avait vu passer plusieurs courants artistiques sans pouvoir se résoudre à quitter le sien en se gaussant grassement des copieurs, et du manque d'imagination de certains. Voilà que désormais, il caressait l'idée de se mettre à la peinture, comme feu son cousin qu'il détestait cordialement à l'époque. Il écarta doucement cette idée saugrenue de signer une toile sans vie.  
  
Pourtant, il se laissait clairement aller, il ne faisait plus de recherche de corps dignes de l'aider ; il ne souhaitait plus faire cette recherche sans relâche, espérant qu'elle lui tombât dessus. L'art semblait être secondaire à ce moment de sa vie mais rien ne l'avait remplacé. Pire encore, il s'ennuyait et ne faisait rien pour y remédier, la procrastination était son lot quotidien. Un vampire désabusé dans une ville en décrépitude qu'il s'était enfin décidé à aller voir comme on va voir un patient que l'on sait aux portes de la mort.  

  
C'était le matin, il s'en souvient encore aujourd'hui. Les rayons du soleil dardaient sur sa peau, la croquant comme une nuée de fourmis. Encore peu efficace, il était déjà 10 heures et bientôt temps de partir prendre un peu de repos après une nuit passée à longer les rues et à rencontrer des clients mécontents de savoir que leurs commandes ne seraient pas prête à temps. Il prenait la direction de son luxueux hôtel tenu par un de ses amis. Le chemin devrait lui prendre presque 20 minutes, étant à l'autre bout de la ville.  
  
Il y avait des gens partout, trop de gens pour ne pas en être fatigué. Il longeait le canal, le grand canal. Il regardait sans voir, sentait sans ressentir, entendait sans écouter ; les couleurs, le soleil, le brouhaha. Il fut bousculé par un passant, un asiatique qui ne se retourna même pas pour s'excuser, le docteur se retourna, lui, pour épier les veines de son cou, palpitantes. Ce n'était pas le moment de le provoquer. Il était sur le point de reprendre son chemin dans l'autre sens quand :  

 
Il la vit : une femme, une fille, une adolescente, à peine plus âgée qu'une fillette. Entre terre et eau, en suspend dans l'air juste pour un instant. Cet instant où tout semble s'être éclairé : ses yeux se ferment, et elle s'affaisse sur le sol, ses cheveux la suivent, une cascade blonde qui semble hésiter à suivre le corps, et finalement, par dépit sans doute, tombe.  
Les gens se pressèrent autour d'elle :  
« Qu'est ce qu'elle a?  
Elle est tombé?  
Elle ne bouge plus, appelez un docteur! »  
  
Honoré Fragonard fendit la foule pour retrouver la jeune fille qui retrouve doucement ses esprits.  
« Je suis docteur. Laissez lui de l'air, reculez, reculez. Laissez la respirer. »  
Il chercha le pouls, le trouva sans difficulté. Elle semblait hors de danger.  
« Elle va bien. Tout va bien!, lança-t-il à la cantonade. »  

 
« Restez assise un moment, puis vous boirez un verre d'eau. Je suis docteur, vous n'avez rien à craindre. Docteur Balizin. »  

 
Il brûlait d'envie d'en savoir plus, si elle était plus qu'un instant suspendu dans la foule. Il jeta un coup d'oeil vers la terrasse bondé de touristes qui parlaient entre eux de cette jeune fille qui semblait désemparée et perdue. 
 
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Chiara Costagliola
Invité

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MessagePosté le: Lun 23 Mar 2009 - 02:52    Sujet du message: Walking, Sleeping, Talking [Il Dottore ! ] Répondre en citant

    Une lueur dorée, non pas une lueur, tout commence par une légère chaleur. En une fraction de seconde elle prend conscience de son corps allongé là sur le sol. Ce sol de marbre, ces grandes dalles centenaires qui, froides, contrastent avec la douce chaleur du soleil qui baigne son corps. Ce corps qui pour une fois ne souffre pas, qui n’aura vraisemblablement aucun bleu, aucune ecchymose, et cela parce que des mains, des bras l’on rattrapés dans sa chute. Sans doute puisqu’au moment précis où ses paupières se sont fermées elle fut plongée dans le sommeil le temps de quelques coutes secondes. Secondes ? Minutes ? Heures ? Elle n’en sait rien, comme toujours. Comme toujours depuis maintenant cinq ans.

    Doucement, profitant quelques instants encore de cette douce quiétude, elle garde les paupières closes, écoutant des voix inconnus, imaginant déjà les visages penchés sur elle, les gens demandant si elle allait bien. Elle aimait voir ces visages ahuris, ne comprennent pas comme il était possible de sombrer dans le sommeil, de tomber, de se réveiller et de repartir comme si de rien n’était. Vivez cela plus d’un an et vous verrez que vous maitriserez cet art aussi bien que celui d’enfiler vos chaussettes en vous tenant en équilibre sur un pied. On sait qu’on risque de tomber mais on le fait quand même. Dans le cas de Chiara, la chute n’est pas une éventualité, c’est une certitude, tout est une histoire de temps entre deux chutes, et cela, personne, pas même les plus grands spécialistes au monde ne peuvent prédire à quel moment, après combien de temps d’activité, ce corps gracile retombera dans les bras de ce cher Morphée.

    Puis ouvrant ses yeux en quelques battements de cils, gardant les yeux mi-clos face au soleil, elle se redressa sur ses coudes, sentant une main se poser sur son dos pour la soutenir dans le cas éventuel ou la demoiselle n’aurait pas suffisamment de force. En même temps que ce contact elle entendit une voix. Masculine, mature, et profonde. L’homme lançait à la cantonade que la jeune femme allait bien. S’asseyant, elle tourna son visage vers ce sauveur inattendu. Le dévisageant elle l’écouta lui dire de rester assise quelques instants après quoi elle devrait boire de l’eau. Elle avait envie de sourire, ce qu’elle fit lorsqu’il lui dit être docteur, et se présenta, lui donnant son nom.


    "C’est parfait Docteur Balizin, vous allez pouvoir répondre à une question que je me pose depuis bien longtemps…êtes-vous, les médecins je veux dire, en liens avec les sociétés de production d’eau ? ou est-ce que vous avez des actions dans la gestions des eaux de la ville ? Sincèrement je n’ai jamais compris pourquoi quand on tourne de l’œil quelques instants, on veut toujours nous abreuver, nous forcer à ingurgiter de l’eau en suffisance !"

    Voyant le regard quelques peu perplexe du médecin, un large sourire se dessina sur le visage de la jeune napolitaine. Elle aimait troubler et elle avait, semble t’il fait mouche à nouveau, reste juste à savoir si l’homme aurait assez de second degré pour percevoir la provocation et l’humour dans le discours de la jeune demoiselle. Elle le vit tourner la tête vers les touristes qui parlaient d’elle vraisemblablement. Mais elle n’y prêta pas garde plus de quelques secondes, tout cela étant du plus banal pour elle. Puis se penchant vers le médecin, sous le ton de la confidence elle lui glissa.

    "Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas folle … même si j’aime parfois en donner l’impression, c’est tellement délicieux de voir comment les gens réagissent de mille manières différentes dans ces moments là."
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 15:14    Sujet du message: Walking, Sleeping, Talking [Il Dottore ! ]

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