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Sad day (libre)
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Mo Meridew
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MessagePosté le: Mar 21 Juil 2009 - 12:15    Sujet du message: Sad day (libre) Répondre en citant

C'est comme un son continuel dans sa tête, tonitruant, accablant. Est-elle réellement consciente? Il lui semble que oui, car son corps est endolori, et elle sait vaguement d'où provient la douleur. C'est son épaule gauche, même si le lancement s'étend jusque dans la nuque, ce sont ses côtes compressées, même si la douleur gangrène ses organes internes, et puis c'est son front, sur le côté gauche toujours, où le sang afflue, enfle et gonfle sa cervelle d'un liquide lourd et épais qui rend sa tête si lourde. C'est désagréable. La gifle, elle en prend instantanément conscience et retrousse les lèvres mollement en laissant échapper un juron contre Linda, pensant que ça ne pouvait qu'être elle. Son cerveau paraît défectueux et modifie les sons autour d'elle, Linda a une voix drôlement grave, les intonations grondent et sonnent, augmentent et diminuent comme chevauchant des vagues psychédéliques.

- Va te faire foutre..., marmonne-t-elle.

Puis elle se sent s'envoler, bousculée, secouée. Son estomac se soulève. Elle a l'impression que sa tête est dirigée vers le sol, comme pendue par les pieds. Elle lâche un piaillement de souris mais s'entend comme si elle avait rugit. L'écho se propage et résonne longtemps dans son crâne. Ses bras ballotent selon un rythme régulier, rapide : celui d'une marche précipitée et même colérique. Ici, un autre écho bien plus fort, un brouhaha indistinct et tonitruant se fait entendre. C'est tellement fort qu'elle n'en distingue pas les consonnes et les syllabes : incompréhensible. Elle dirige réflexivement ses bras sur sa tête et ses oreilles et se rend compte que son impression était parfaitement justifiée : elle avait réellement la tête en bas.

Putain de salope de sangsue j'te jure que tu m'auras pas comme ça!

Mais ses sens ne s'affolent pas, son rythme cardiaque n'a rien d'anormal compte tenu des évènements, ses muscles sont lâches, totalement détendus, comme si son instinct ignorait le danger, comme si ce qu'elle interprétait comme un don ou une anomalie génétique l'alertant de la présence des vampires l'avait déserté. Dans un moment critique... Bouge-toi putain Mo!

Elle ouvrit les yeux, surprise alors de découvrir les jambes et les chaussures non pas d'une femme mais d'un homme... de plus il ne s'agissait pas de n'importe quel homme : le doc.

Elle regarda à travers ses jambes qui laissaient une large ouverture à chaque enjambée. Ils se dirigeaient vers la salle qu'ils avaient quitté, et non la sortie. Qu'est-ce qu'il veut? Me poser sur un lit comme l'autre et appeler l'ambulance? Non mais ça va pas! Pas l'hôpital, pas les flics!
Puis sa phrase, celle qu'elle avait cru provenir de Linda lui revint. « Réveille toi! Tu es venue jusqu’ici, alors tu vas assumer! Tu voulais te battre? Tu voulais cramer du vampire? Mais qu‘est-ce que tu as fait à part me compliquer la vie! Regarde toi, pauvre loque! Je devrais te laisser crever ici…»
Ses sourcils se froncèrent. Il était temps de reprendre les choses en main. Vaseuse et maladroite, elle laissa tomber son poing contre l'arrière de sa cuisse pour échauffer le muscle.

- Pose-moi tout de suite! J'peux marcher!

Elle gesticula, tapant des pieds et de ses coudes osseux dans les muscles et dans les articulations. Alors le chevalier servant du moyen age se transformait en grossier adolescent du 21ème siècle? Au moins... ça le rendait plus humain.

- Lâche moi merde! J'suis pas une frêle damoiselle à secourir, remballe tes putains d'aspirations sexistes archaïques!

Sa jambe droite se lève et se déploie, elle place ses mains derrière son dos pour lui donner plus de force et abat son genou en plein dans son plexus, les mains de l'autre côté intensifiant l'écrasement.
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MessagePosté le: Mar 21 Juil 2009 - 12:15    Sujet du message: Publicité

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Jibril de Nepheim
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MessagePosté le: Ven 31 Juil 2009 - 12:55    Sujet du message: Sad day (libre) Répondre en citant

La gamine s’est réveillée, elle râle, elle vocifère, gesticulant des pieds et des mains mais je ne lui fait même pas la grâce de lui répondre. Je poursuis mon avancée, les muscles serrés et la mâchoire contractée, et je la maintiens fermement sur mon épaule. Je traverse rapidement les couloirs sans que la présence de Linda ne se laisse deviner et ma haine ne s’apaise pas, elle gronde toujours dans mon cœur, me donnant l’envie de massacrer tout ce qui passerait à ma portée. Pourtant, je parviens à me maîtriser, je me répète inlassablement les principes sacrés de notre peuple, c’est ainsi que j’ai toujours agis. *Ma mission… éviter la mort… protéger, protéger…*

Mais la raclure que je tiens sur mon dos devient plus agitée qu’une furie, elle m’inflige un puissant coup de pied et je bloque ma respiration, choqué par la douleur. C’est qu’elle a encore de la force pour une éclopée! Poussant une exclamation, je m’arrête net, grimaçant sous ce choc inattendu et je jette la harpie à terre avant de m’agenouiller à ses cotés. Elle m’a fait mal cette salope! Je pose mes mains sur sa gorge, prêt à l’étrangler séance tenante, le regard que je porte sur elle est glacé. Et pendant quelques secondes, je m’imagine en train de la tuer de mes mains, d’obéir à ses voix intérieures qui hurlent! *Tue là tue là tue là!!!*

Pourtant, je cligne des yeux, ma raison est toujours présente et je sais comment maîtriser ces émotions qui m’envahissent… Je dois respecter le code, rien n’a plus d’importance que le code… Alors mes mains n’écrasent plus sa gorge, se contentant de la maintenir sur le sol en se plaquant contre ses épaules, sans douceur néanmoins. Ma haine est toujours présente et la tentation de se laisser guider par elle me dévore, c’est si confortable de ne plus être vide comme je le suis habituellement… mais je sais que je ne dois pas me laisser aller. Je me contente de lui cracher à la face des paroles méprisantes.


«Une damoiselle à secourir, toi? Laisse moi rire. Si tu avais l’air d’une femme au moins, ça aurait un intérêt. T’es juste un boulet, rien d’autre. »

Je garde un instant mes yeux dans les siens, reprenant mon souffle, alors que le coup qu’elle m’a porté m’élance encore… Je déteste cette sale gamine, qui se prend pour une chasseuse solitaire, sa prétention m’exaspère au plus au point. Le genre de mijaurée à peine sortie de l’enfance et qui croient déjà tout savoir de la vie… pimbêche va! Mais si on les considère comme nos égales, alors là, elles vont pleurer qu’on n’est pas assez délicats avec elles! Inconstance des femmes, elles ne savent pas ce qu’elles veulent.

«Frappe moi encore et je n’aurai plus aucune pitié pour toi, vu? Maintenant, lève toi, on va bien voir si tu peux marcher, je…»

Mais un cri me coupe la parole. C’est une voix d’homme et elle provient de l’infirmerie. Manifestement, Linda a finit par découvrir le blessé, son ancien amant! Je me redresse vivement, laissant la gamine libre de se débrouiller toute seule, je ne crois pas qu’elle ait assez de force pour marcher dans l’état où elle se trouve, mais tant pis pour elle! Si elle veut jouer la fanfaronne, elle n’aura qu’à ramper! Je me dépêche de rejoindre la salle où nous avons laissé le blessé. J’espère que Linda aura conservé assez de compassion envers son ami pour ne pas le mordre… Mais je sais qu’un jeune vampire lutte très difficilement contre ses pulsions. Je franchis enfin la porte de l’infirmerie… mais je n’y trouve personne… Les meubles sont restés dans la même disposition que la gamine les a placés, un lit devant la fenêtre, la couche du blessé masquée par les grands draps… Je marche avec précaution vers ce dernier, écartant doucement les tentures qui l’entourent. Mais il est toujours allongé, paisiblement et lorsque je m’approche de son visage, je peux entendre sa respiration régulière, il dort…

Soudain, un grand choc s’abat sur ma nuque, je ne sais pas d’où il provient mais il est si puissant, que je m’effondre, à demi-inconscient.


~Linda est debout dans l’infirmerie, et elle laisse retomber la chaise avec laquelle elle a assommé Jibril. Le visage pâle de la jeune femme est bouleversé… Elle le connait, elle le saluait tous les jours en rentrant dans sa chambre d’étudiant, c’est son voisin de palier… Qu’est-ce qu’il fait ici, elle n’en sait rien, mais elle s’en moque. Tout ce qui compte pour elle à présent, c’est-ce besoin de sang qui la rend folle, la bête qui s’est propagée dans ses veines la commande entièrement. Et cette odeur si particulière qui lui chatouille les narines, c’est celle du sang de Mark, et c’est de lui dont elle veut se repaître… Alors elle écarte l’homme qu’elle vient d’assommer et elle s’approche doucement du blessé… celui-ci entrouvre les yeux, il ne sait pas trop s‘il est en train de rêver, il murmure, de plus en plus fort…~

« Non…. Non! NON!! »

« Est-ce que tu m’écoutais quand je te disais non? Pauvre con! »
_________________
~Gardien des Portes~


~Nemaïdès de Nepheim~
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Mo Meridew
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MessagePosté le: Mar 15 Déc 2009 - 23:40    Sujet du message: Sad day (libre) Répondre en citant

Ivre de rage, Mo se retrouva par terre, la gorge enserrée par les mains du doc, furieux lui aussi. Quel gâchis! C'était pas sur elle qu'il fallait se défouler! Elle tenta de retirer l'emprise puissante de sa gorge en tirant sur ses doigts alors qu'il l'insultait sans parcimonie. « Un boulet » ? Qui était l'emmerdeur qui perdait son temps sur elle alors qu'elle n'avait pas besoin de lui ? Elle rugit, le visage rouge de sang, et cria à sa suite.

- Très bien alors va jouer aux héros avec une pucelle à gros nibards ailleurs et laisse-moi faire un boulot efficace ici !

Il finit par lâcher son cou, l'empêchant tout de même de bouger en plaquant ses mains sur ses épaules. Le côté gauche lui arracha un grognement à bouche fermée alors qu'elle reprenait sa respiration. Il continuait, cet imbécile, à vouloir la contrôler. Il la défendit de le frapper encore, et elle s'empêcha, elle, de le menacer en retour. Ils perdaient un temps précieux et la dénommée « Linda » - pour elle un cadavre ambulant à renterrer six pieds sous terre – pouvait être n'importe où, même dans l'infirmerie où se trouvait le blessé... d'ailleurs, c'est de là que provint le cri. Le doc se décida à la lâcher bondissant pour voler au secours de l'amant. Mo se redressa, massa son épaule douloureuse et secoua la tête pour reprendre ses esprits. La tâche n'allait pas être facile. Sa main glissa soudainement le long de son cou. C'est mouillé, gluant. Elle regarde sa main et comprit que Linda avait voulu faire d'elle sa première vicime en s'abrevant d'elle. Mo retroussa les lèvres en une grimace de dégout. Décidément je les hais, putain de doc, s'il n'avait pas voulu l'épargner j'en serais pas là!

Elle se hissa sur ses jambes tremblantes et l'effort nerveu déclencha une douleur vive au cerveau qui lui fit fermer les yeux et s'appuyer un instant contre le mur. Allez, allez, reprends-toi! Elle insuffla et souffla bruyamment puis se lança, claudicante, jusqu'à la scène de combat. Denis gisait dans son sang, sa tête décollée à quelques pas de son corps statique. Eh bien, le doc n'était finalement pas si sensiblement convaincu que les sangsues pouvaient être guidées vers de pieuses méthodes de survie. Elle saisit la chaine en or qui l'avait échappée des mains pendant sa chute, un bout de verre tranchant, et courrut en zigzagues hésitants jusqu'à l'infirmerie, enroulant tout à la fois la chaîne autour de son poing droit. Elle avait l'impression que sa tête allait exploser tant elle négligeait son besoin iminent de se reposer. Ses membres la tiraillaient de partout, excepté son bras droit, toujours insensible au moindre choc depuis que la balle tirée par son propre père avait sectionné son nerf ulnaire.

Un autre cri surgit, elle poussa la porte de l'infirmerie sans discression. Le doc était allongé par terre. Mort ? Merde ! Peut-être... l'amant se débattait faiblement sous le baiser mortel de Linda. Celle-ci redressa la tête, son menton dégoulinant de sang et émit un gognement animal. Mo bondit et lui assena un coup sur la mâchoire de son poing droit, la néonate contra facilement, mais Mo profita du champ libre qui s'était dégagé pour brandir le bout de verre, un peu à l'aveugle, qui se logea dans le creu de son épaule. Elle hurla, recula d'un pas et Mo prit position en fudo dachi : un pied en retrait l'autre fixé dans le sol pour déplier sa jambe en un mawashi geri, autrement dit, un coup de pied circulaire. Linda s'écrasa contre un des lits de camp en vomissant sa rage.

Elle se remit en position défensive, attendant que Linda ne se relève pour attaquer. Elle serrait sa mâchoire, retenant les démonstrations orales et physiques de sa souffrance pour ne rien laisser paraître. La vampire la dévisagea, peinant à croire qu'un aussi petit bout de femme puisse frapper si fort. Elle retira le verre de son épaule et le sang afflua. Elle ne bougeait plus, la peur se lisait sur son visage. Elle se contenta d'observer Mo, puis son regard s'attarda sur son cou ensanglanté, vision enchantante qui sembla la rassurer et provoqua son hilarité.

- Je vais finir de te saigner, après je m'occuperais de lui, et Jibril... je sais pas, j'en ferais peut-être un vampire... j'aime pas être seule.

C'est ça... Mo ne répondit pas, Linda lui avait déjà sauté dessus, dans un bond défiant toute lois d'apesanteur. L'humaine, préparée à se défendre fit un "Shuto-uchi" : elle tourna sur elle même en étendant son bras pour se donner de l'élan, et la tranche de sa main heurta la pomme d'adam du vampire, un coup mortel pour un humain, humiliant et douloureux pour Linda. Elle se tint le cou dans un bruit guttural d'étouffement. Simple réaction psychologique : Linda avait encore du mal à apprécier sa nouvelle condition et son cerveau se souvenait des coups à incidence grave portés à un corps humain. Se rendant vite compte qu'elle allait bien, elle saisit Mo par les épaules qui grimaça sous l'élancement, planta ses doigts dans sa chair et avança sa mâchoire au plus près de son cou. La vitesse de l'attaque les firent tomber toutes deux sur le sol, tout proche de Jibril, Linda écrasant la mortelle de tout son poids. Mo tentait de la retenir, en poussant sur ses bras, mais dans cette position, Linda avait tous les avantages. Mo faiblissait, il lui fallait trouver une solution et vite, bien que l'empressement ne favorisait absolument pas la réflexion. Linda ganait du terrain, et Mo sentait la froideur de sa bouche effleurer son cou. A cours d'idées, elle récupéra sa main droite et la logea dans la bouche béante de la néonate. L'or de la chaine lui brûla la langue et le palais, elle poussa un cri et s'éloigna vivement de sa proie. Mo la vit se frotter la langue avec ses mains, scène pathétique et comique qui lui valu un sourire mesquin.

Elle saisit la chaise à côté d'elle, se redressa et la balança sur la tête de Linda. Le coup résonna, la vampire siffla, légèrement sonnée. Mo n'arrêta pas ses gestes, se servant de la chaise, allers et retours pour l'assener de coups, de plus en plus espacés, de moins en moins forts. Linda se protégea en dépliant ses avant-bras devant son visage et recula pas à pas jusqu'à atteindre le mur. C'était ici même que le bout de verre avait été balançé et Mo s'en saisit, se souvenant de la tête tranchée de Denis. Elle planta la pointe dans son cou en se servant de ses deux mains, puis la fit glisser sur le côté gauche pour lui arracher la partie droite du cou. La néonate s'émpoumonna dans un cri assourdissant, ses yeux se figèrent, Mo s'écroula, exténuée. La vampire tituba, la blessure à la gorge faisait de drôle de gargouillis humides, puis elle tomba, raide.

Mo voyait double, l'adrénaline retombait et laissait son corps crispé et endoloris. Elle avait envie de vomir. Sa tête enflait comme un ballon de baudruche, le sang tapait à ses tempes. Elle ferma la bouche, appuya son dos contre le mur, replia ses jambes contre son ventre et posa la tête sur ses genoux, incapable de faire un mouvement de plus, incapable de dire un mot de plus sans risquer de dégurgiter son repas qui remontait à loin. Putain, Doc... là j'espère que t'es pas mort...
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Jibril de Nepheim
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MessagePosté le: Sam 26 Déc 2009 - 21:34    Sujet du message: Sad day (libre) Répondre en citant

*Hais les tous, encore et encore… parce que c’est tout ce qu’ils méritent!*

Je ne suis pas mort mais je suis dans les limbes. Quand je bois les émotions des autres, je me perd et je plonge dans un état second, qui m’éloigne de toute raison. Pourtant, une seule idée continue à survivre dans mon esprit enfiévré, la sauvegarde de ma mission. Trois victimes dans cette pièce sont à sauver, l’humain, la vampire et la chasseuse. Les voilà embarqué dans le cycle infernal du prédateur et de la proie et j’ai la sensation d’être un arbitre, au cœur de l’enfer. Ma tête est si lourde que je ne parviens pas à m’extirper de ma torpeur. Je perçois des bruits et des cris autour de moi, venant de si loin qu’il me paraissent provenir d’une autre dimension. Il faut pourtant que je m’éveille, j’ai besoin de redevenir moi-même… qui suis-je?

*Un mec qui a la haine!*
« Dratché… saleté de sangsue… »


Sous le choc, je grommelle un juron dans ce langage ordurier qu’utilisent les voyous de ma cité. Lentement, j’ouvre les yeux, je reprend une conscience altérée par ces troubles qui m’habitent. J’entend la voix de Denis qui vit encore dans mon âme, avec cette humeur agressive et rageuse qui l’accompagne. Elle me ronge le cœur et m’inspire la haine, comme si je la ressentais vraiment. Contre tous. Comme dans un rêve, je me redresse sur les genoux, oubliant la douleur qui cogne dans ma tête. Une forme allongée git un peu plus loin, et un sang écarlate s’échappe de sa gorge à moitié sectionnée.


*Qu’elle crève! Autant l’achever.*
« Linda? Bordel… »


La vie… je dois protéger la vie… Et maintenir l’équilibre… Ces idées valsent dans mon esprit enfiévré alors que je me redresse en chancelant, rejoignant ce corps étendu pour l’examiner. J’ignore qui a survécu au carnage mais je m’approche du corps le plus proche écartant les voiles de tissus qui pendent comme des rideaux. Il s’agit bien de Linda et je pose ma main sur sa joue glacée qui a déjà tout de celle d’un cadavre. Je relève mon regard pour apercevoir enfin la gamine, recroquevillée contre le mur, à coté des lits défaits. Les émotions parasites me troublent, que dois-je ressentir?


*De la colère.*
« Non! C’est toi qui a fait ça? »


Mais qui d’autre l’aurait fait. Je contient avec difficulté cet afflux de haine qui brille dans mes yeux. Contre moi-même, contre tout le monde. Je n’attend pas sa réponse et je ramasse le corps de Linda dans mes bras, me redressant lentement avec mon fardeau. Je dois laisser s’évaporer ma haine avant de m’occuper des humains, je serais incapable de soigner en cet instant, je ne peux que blesser ou tuer. Et cette gamine blessée n’a pas besoin de ça, non vraiment pas. Il faut éliminer les traces rapidement et bruler les corps des vampires. Une fois réduits en cendres, plus personne ne pourra les identifier et ils ne pourront pas revenir se venger sur ces deux humains. Il faut se dépêcher avant que les autres étudiants se ramènent… Le soleil va bientôt se lever.


« Okay… on verra ça plus tard. Tu as toujours ton briquet?»


Mon ton est sec et pourtant c’est contre moi-même que je suis en colère, car j’aurais du prévoir l’attaque par derrière et éviter à cette fille de se battre seule.

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Mo Meridew
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MessagePosté le: Dim 10 Jan 2010 - 16:25    Sujet du message: Sad day (libre) Répondre en citant

Il n’est pas mort. Elle entend sa voix, de loin. Il dit un truc qu’elle ne comprend pas, sans doute son mal de crâne déforme-t-il les vibrations sonores que son tympan excité transmet au nerf auditif : le nerf cochléaire. Elle ne sait pas si le même mécanisme est à l’origine du ton rancunier qu’elle semble entendre de lui, ou s’il est réellement en colère contre elle… Si c’est elle qui a fait ça ? Ah ça oui ! Et plutôt deux fois qu’une ! Elle aurait bien voulut le lui dire, le lui crier, mais son estomac se battait encore avec les acides en effusion. Elle jugeait inutile, pour ne pas dire humiliant, de montrer combien elle était mal. Elle acquiesça simplement.

Elle entendit des frottements : du jean contre du synthétique, ou est-ce que c’étaient les rideaux en plastiques blancs des lits contre une main curieuse ? Elle ouvrit les yeux, soucieuse de savoir ce que le doc faisait. La vache, il était toujours diablement en colère, plus de doutes : ses yeux sombres froncés ne cessaient de renvoyer cette expression assassine. Et ça l’irritait, cette colère. D’où est-ce qu’il la sortait ? Les « gentils » étaient en vie, les « méchants » immortels prêts à disparaitre sous le grand feu de joie. Happy end, doc. Happy end. Enfin… elle eut un regard vers le lit du blessé. Curieusement, aucun sifflement, signe d’une respiration haletante et difficile ne lui parvenait. Linda avait-elle finalement obtenu sa vengeance ? Au dehors, les oiseaux chantaient le levé du jour, curieux sons paisibles, bien paradoxale à la scène qu'ils vivaient. Ce serait pour bientôt, elle savait qu’il fallait nettoyer tout ça avant l’arrivée des étudiants. Une école, ça reste jamais vide longtemps le mercredi matin, ou était-ce le jeudi ? Bref… même le doc semblait s’en soucier. Elle était si lasse, courbaturée et fatiguée, elle ne s’imaginait pas s’activer encore, mais il le fallait. Il était hors de question que son chien de garde apprenne qu’elle avait eu affaire à la police, ni même qu’elle soit passée à l’hôpital. Il aurait été bien trop jouissif, et Mo savait très bien ce qu’il était capable de faire pour lui laisser encore moins de droits qu’à ce jour.

Elle avala sa salive, ouvrit la bouche, pateuse, et soupira doucement, s’apprêtant à parler.

- Dans ma poche, dit-elle fébrilement, avant de serrer la mâchoire. Doc… enfin Jibril, t’as une voiture ? Quand t’auras fini tout ça… enfin faut pas que les flics me voient, ni même que j’aille à l’hôpital…

T’as pas une meilleure façon de lui faire se poser des questions sur toi ? Putain quelle galère, elle espérait, vraiment, qu’il quitte sa colère névrosée pour l’aider. Peu importait qu’elle ne lui fasse pas confiance, et qu’il avait selon elle une façon dangereuse et bien trop permissive de traiter et protéger ses patients, qu’il la traite comme une moins que rien, même pas comme une femme. Tout ça était bien anodin en comparaison de ce qui pouvait l’attendre. Elle avait besoin de rentrer chez elle, prendre un bain, et s’endormir, toute la journée s’il le fallait. Elle s’en remettrait toute seule, comme elle le faisait toujours. Ah, bien sur, ça la tuait de se montrer aussi dépendante de quelqu’un, surtout de lui, mais elle avait bien dans l’espoir de ne jamais plus le revoir.

- J’ai rien fait de mal si ça peut alléger ta conscience…, ajouta-t-elle en se résignant à fouiller dans sa poche pour en sortir le zippo. Elle le lui tendit, sans trop de conviction, j’veux pas c’est tout.
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Jibril de Nepheim
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MessagePosté le: Ven 5 Mar 2010 - 18:10    Sujet du message: Sad day (libre) Répondre en citant

La victime… le blessé… Il est mort. Lui aussi. Et j’enrage, j’enrage.

Les informations se glissent jusqu’à ma conscience, à mesure que la fille annone ces mots de sa voix pâteuse. Elle parait affaiblie, fatiguée, souffrante. Mais quelles autres sensations que la colère ces renseignements pourraient m’évoquer? Mon esprit en est saturé. Mes muscles sont crispés, mes poings serrés, mes yeux durcis. Je voudrais me débarrasser de ces sensations qui m’encombrent mais je n’y arrive pas. Et je la dévisage sans aucune aménité, comme si elle seule était la cause de tout ceci, comme si cette petite garçonne se trouvait pleinement coupable de toute cette violence. Je suis presque prêt à lui cracher dessus. Mes yeux sont ceux d’un juge autant que ceux d’un bourreau, scrutateurs, incisifs, impitoyables. Le corps de la pauvre Linda est reposé sur le sol sans douceur, dans un endroit éloigné des draps trop inflammables. Je n’ai pas réussi à la sauver et la rage de mon impuissance transparait nettement sur mes traits. Je m’approche de la gamine, fixant la poche qu’elle m’indique, avant de me baisser vers elle, examinant ses traits d’un regard dur.


«Essaie juste de ne pas crever, je ne te demande rien de trop compliqué, j’espère. Pas question de satisfaire tes caprices, tu iras à l’hôpital que tu le veuille ou non. C’est bon. »


J’attrape le briquet que j’empoche rapidement. Elle m’apprend qu’elle refuse de se rendre à l’hôpital, mais je me moque complètement de ses raisons. Les mystères de sa vie ne me concerne aucunement, qu’elle soit même recherchée par les flics m’importe peu. Je ne suis pas un chasseur de prime, ni un justicier prêt à fouiner dans les malversations d’autrui. Je suis juste ravi de me maîtriser assez pour ne pas l’insulter de tous les noms à cause de son inconscience. Il faut que j’expulse cette colère hors de moi… Je me charge à nouveau de la pauvre Linda, avant de cracher quelques paroles d’une voix sèche.


« Quoi, t’as volé des bonbons chez l’épicier du coin? Je me moque de ce que tu as bien pu faire, je n’ai rien à voir avec les flics! »


Un soupir m’échappe, mélange d’amertume et d’énervement, tandis que la flamme du zipo s’allume sous la pression de mon index. Je m’avance vers mon ancienne voisine, fixant sa chevelure éparse sur ses épaules et son visage. La flamme y est posée et ses cheveux s’embrasent comme de la paille sèche, formant une auréole lumineuse autour de sa figure. Sa peau se craquelle comme un vieux parchemin, dans une odeur âcre de carbone. Dans un dernier sursaut, elle se cabre, réflexe nerveux avant la mort ultime. Et pendant que son corps se décompose, la colère quitte mon cœur. Mes muscles se relâchent, mon cœur s’apaise, retrouvant un rythme paisible. Mais avec mes émotions s’envolent les vestiges d’humanité qui m’habitaient. Seul le vide m’habite une fois encore et devant les cendres de Linda, je ne ressens plus rien. D’un geste mesuré, j’écrase les dernières flammèches afin qu’elle ne s’écartent pas de leur cible. Tout danger est écarté. Je tourne un regard absent vers…

La victime… Le blessé… Il est mort. Lui aussi. Et dans l’analyse froide que je fais de la situation, je note qu’il n’y aura pas de témoin.

« J’ai une voiture, oui. Mais elle se trouve dans le parking, coté nord du campus. »


[i]Je n’ai fais que répondre à sa question, d’une voix calme et sereine. Telle qu'elle est habituellement. Détachée, indifférente, pratique. Et je m’approche de la jeune chasseuse, dont j’ignore toujours le prénom. Par souci de facilité, je décide qu’il sera plus simple de la porter jusque là, elle semble à bout de force. Je me prépare donc à glisser mes bras sous son corps afin de la soulever, chose que je fais assez facilement, compte tenu de son poids plume. Un bras sous ses cuisses, l’autre sous son aisselle
.

« N’ai pas peur, tout est terminé maintenant, je vais te ramener en lieu sur. Quittons cet endroit. »

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