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Les démons croient-ils en Dieu ?

 
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Alistair Haarp
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MessagePosté le: Jeu 23 Fév 2012 - 03:25    Sujet du message: Les démons croient-ils en Dieu ? Répondre en citant

    Don`t Leave The Light On Baby.

    Seattle. Home sweet home! Cette agglomération qui m`avait tant manqué lors de mon absence. Elle et ses buildings à l`architecture affreuse, ses routes qui s`entrecroisaient couvertes d`automobiles qui émettaient leur gaz d`échappement. Mais surtout ses humains qui se pressaient, s`agglutinaient, se bousculaient pour prendre leur bus, leur métro, leur train... pour ne pas être en retard. Leur minable petite vie était parfaitement coordonnée. De simples détails qui ne pouvaient pas m`échapper alors que je sortais par la plus grande porte du plus grand hôtel de la plus grande rue de cette immense ville. Et dans mon smoking hors de prix, je prenais le rôle de censeur, adorant par la même occasion voir les regards se retourner vers moi, pauvres en critique.

    Je me riais de cette vie de luxe autant de ceux qui n`en jouissaient pas. Ce qui était en soi un peu paradoxal. Mais je devais me changer les idées et prendre l`air une nouvelle fois - faire en sorte d`oublier un peu les raisons de ma forte contrariété. Ses raisons? Toujours les mêmes. Ces même raisons qui avaient été à l`origine de beaucoup de choses, comme de mon récent départ - comme de mon récent retour. Car peut-être que tout cela était-il voué à se répéter encore et encore. Après tout, je me souviens que c`était comme cela, qu`une fois, au détour d`un bar j`avais rencontré cette princesse d`un autre monde. À cause de ces malaises qui n`avaient de cesse de naître entre moi et Lily.

    Alors, dans mon déguisement de pingouin, je m`avançais au cœur de la foule pour m`y fondre sans craindre le contact. Si je l`avais fuis jusqu`à maintenant, je comprenais pourquoi il n`y avait eu nostalgie pour ma part. Le pas assuré, les mains enfoncées dans les poches de mon caban, le regard perçant la masse d`un bout à l`autre - je marchais sans prêter attention au reste et sans jamais ne devoir faire un pas de côté pour éviter plus important que moi. Non, les gens semblaient naturellement s`écarter sans même parfois s`en rendre compte et si vite je passais, si vite je disparaissais. Je ne daignais pas regarder les autres, mais je sentais le poids de leur regard désireux sur moi. Les femmes, et plus particulièrement leurs maris.

    Mais ce jeu m`ennuyait. À cet instant-ci, je n`avais pas besoin de toute cette mise en scène. Tout cela n`était plus de mon âge. C`était indéniable. Je pouvais coucher avec toutes ses femmes mais toutes ses femmes n`étaient pas celle que je voulais. Je pouvais les torturer, les vider de leur sang, les égorger, les éventrer, les éviscérer, les lapider - faire tout, tout ce que je voulais sans que je n`ai à les bâillonner pour ne pas les entendre hurler au moment de la douleur puisqu`elle obéirait à mes charmes comme on obéit à l`ivresse profonde. Comme (je) un homme t`obéirait au doigt et à l`œil, ma Némésis.

    Arrogante petite chose que j`étais, je semblais ne pas valoir bien plus que les autres et pourtant. Toi, tu sais que je vaux beaucoup plus que tous ces gens qui s`agitent autour de moi. J`avais beaucoup plus que ce qu`ils n`auraient jamais; le savoir, l`immortalité... et pourtant, ils avaient tous quelque chose que moi je n`avais pas. Alors, au beau milieu de cet orchestre de cœurs battants, le mien restait tristement silencieux. Je commençais à me sentir mal. Comme une terrible nausée qui me prenait. Et alors que notre bout de chemin commun se terminait à un boulevard et que les hommes et les femmes et les enfants se disaient au revoir sans un signe, mon ombre s`effaçait lentement au coin de la rue.

    Loin de ces hommes, je semblais tout d`un coup plus naturel, plus détendu. Mon regard s`attardait sur un carton que tenait les mains noircies et sales d`un homme démuni. Il était l`un de ces tramps qui espéraient un peu d`argent ou de nourriture pour vivre. Ce n`était pas par générosité que je lui donnais la montre que je portais à mon poignet, mais bien parce que l`envie m`en prenait. Je me débarrassais de ma superficialité, me nettoyais de quelques-uns de mes artifices superflus. Et alors que je m`engouffrais dans une ruelle déserte, une main s`était promptement et timidement posée contre mon avant-bras. Sans détourner la tête, j`avais compris qui s`adressait à moi quand on me disait: « Dieu vous garde ».


        « Les démons croient-ils en Dieu ? »


    N`est-ce pas une bonne question? Une des rares interrogations qui ne trouveront jamais réponses parce qu`il n`y en a pas vraiment? Car si je suis démon, ais-je pour autant ma place sous la lumière de celui qui m`a fait à son image? Et suis-je seulement encore à son image? J`ai cette étrange impression de rejet, de total abandon et de damnation. Mais dans les livres saints, ne parle-t-on pas de pardon, de rédemption? Et pourquoi, moi, n`ais-je pas eu le droit à tout cela, à ces secondes chances dont on parle si souvent? Mais, ces questions, ne croyez sous aucun prétexte que je me les pose encore aujourd`hui car aujourd`hui et plus que jamais, j`accepte ma nature - je l`assume et la revendique secrètement.

    Aveuglé par le soleil, je plaçais ma main devant mes yeux et fixais le sommet de l`édifice. Je souriais. Alors que j`avais combattu ma nature pendant des dizaines et dizaines d`années, je me délivrais enfin d`un mal qui me rongeait. Et si je prenais mon temps, ce n`était sûrement pas par peur de me faire foudroyer par la colère divine, mais bien parce que je voulais jouir de l`instant. Je croyais en Dieu (même si ma foi était beaucoup moins puissante qu`avant) au même titre que l`un de ses fils, tout simplement parce que ma rédemption était toujours possible. Ouais, enfin... C`était ce que je voulais croire en tout cas.

    Il était tôt le matin et personne ne se trouvait encore dans les parages. Dans l`immense cloître, il n`y avait pas de prêcheur, ni de prêtre. Seulement moi, un vampire, m`avançant vers une porte en bois épais qui ouvrait sur la nef de la cathédrale. Ici, la lumière était plus tamisée. Le décor était magnifique. Une vingtaine de rangées de bancs à l`odeur de cire fraîche s`alignaient sous mes yeux, entouré de tout ce que l`on pouvait trouver traditionnellement dans un si grand monument religieux: les effigies, les confessionnaux, la grande et magnifique orgue, etcetera. Je laissais retomber mon bras contre mon corps et continuais d`avancer, laissant mes doigts frôler le bois comme un enfant le ferait.

    Assis, la tête respectueusement baissée, je ne cherchais en rien à provoquer par ma présence. Non. Il n`était pas question de cela. Je me devais de songer. Et quel meilleur endroit pour réfléchir sur soi-même? Puisque j`étais perdu et ne savais plus quoi faire avec elle. Ce pourquoi je m`en référais à Dieu pour qu`il me donne conseil... Rien d`autre qu`un conseil, car elle était mon paradis artificiel et le démon que j`étais n`en demandait pas plus.

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MessagePosté le: Jeu 23 Fév 2012 - 03:25    Sujet du message: Publicité

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M'alifay Durango
Djinn

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MessagePosté le: Ven 24 Fév 2012 - 16:17    Sujet du message: Les démons croient-ils en Dieu ? Répondre en citant

Les quelques nuages insipides se dissipent et laisse un étrange soleil d'hiver déverser son dévolu matinal sur cette terre Sainte, la promesse d'un monde meilleur sous le regard omniprésent du Céleste ...

Et vous y croyez vraiment vous ... à ce bafouillis d'un auteur anonyme? Pourquoi donc - croyez-vous - n'a-t-il guère signe de son véritable nom de naissance les quelques vers de son infâme récit? Parce qu'il préfère de loin son pseudonyme artistique? Parce que la famille - à travers les années de débauche perfide - aurait pu clamer des royalties?
Voyons ... pittoresques utopistes que vous faites! Vous vous mentez à vous-même en préférant vous refugier dans le cocon douillet du sein maternel! Vous n'êtes que menteur, affabulateur!
Tous - sans exception - vous connaissez la réelle motivation de l'écrivain ...

Cette gigantesque - unique - Étoile du Jour se moque ouvertement de votre déchéance! Non point vous offre-t-elle l la rédemption d'un jour meilleur; mais bel et bien enfonce-t-elle le clou de votre échec!
Vous qui ne voulez y voir que la bonté d'une Divinité, moi j'observe et me délecte goulûment de son véritable potentiel!

Le Soleil se rit de vous et moi - MOI - je mêle mon rire au sien!

Fay était allongée sur le dos, sur le toit de la cathédrale. Les genoux légèrement repliés, les bras croisés derrière sa tête qui - quant à elle - reposait négligemment sur ses doigts entrelacés. Ses yeux étaient rivés sur la lointaine chaleur qui émanait d'en haut, baignant - il est vrai - ce monde dans un - illusoire - halo de bienfaisance.

Au même degré que la croix surdimensionnée qui me pend au-dessus de la tête! Telle une épée de Damoclès.
Ironique, n'est-ce pas Cher Kashkash? Toi qui ne voit en moi que le vice rendu Femme. L'échec même de Ta création. Dis-moi, Grand Sage, me maudis-Tu encore et [/i]encore en cet instant bien précis? Ce moment de solitude où je ne traumatise aucun mortel, où je ne pervertis aucun immortel?

Je suis là, couchée, affalée - à contempler un phénomène unique; omniprésent dans notre monde à NOUS. Dans Ton monde à TOI.
Dis, Toi qui vois tout et ne dis jamais rien ... est-ce que Tu m'envies là, en cet instant bien précis? Celui où je contemple et assiste à la mise à mort de toute une civilisation?
Oh, ne joue pas Ton coincé avec moi; nous savons tous deux que la fin est proche - imminente même! Que le jour de leur "jugement dernier" approche à grandes enjambées, omettant quelques cases afin d'accélérer la cadence. Et Toi, Idéologue raté, Qui pensais pouvoir changer le cours de l'horloge mortuaire de cette fatalité ...

Vois comme Tu m'arraches un sourire tandis que je devine aisément le rictus malsain qui doit - forcément - se dessiner sur Ton visage impuissant.

En effet, le coin des lèvres de la djinn se haussèrent afin de transformer une impression de joie sur sa peau basanée. Elle avait passé la nuit ici, couchée sur un toit magistral qui lui avait permis d'observer les étoiles. La ville approximative et son éternel jeu de lumière empêchait quiconque de se délecter de ce tableau devenu trop rare à travers les âges. Jadis - lors du premier voyage interdimensionnel de la jeune femme - l'étendu tout entier du firmament se présentait à tout instant, à tout endroit. Le monde - dès lors - revêtait le manteau même de la suprématie mortelle ... mais le temps passe et écrase - impitoyablement - la vermine qui se propose à Lui.
Fay n'avait caché sa prédilection pour ce nouveau monde ... non seulement celui qui lui promettait monts et merveilles à travers le pouvoir enivrant de la célérité ... mais - et cela plus encore - celui qui faisait évoluer sa dominance - prédominance - dans l'Ombre afin de frapper plus fort encore!


A toi; l'humain trop aveugle que pour voir l'indéniable, trop sourd que pour entendre l'indéfinissable, trop imbu de lui-même que pour percevoir l'inévitable ...
A toi, je lève mon verre sous le regard hypocrite d’une divinité - car tu étais vraiment le seul à pouvoir donner naissance à telle abomination!

Tout à coup la djinn détache son regard de sa contemplation, comme un picotement insonore qui l’oblige à se redresser quelque peu … comme un murmure silencieux qui l’appelle – l’oblige – à détourner le regard et le plonger sur une minuscule petite silhouette qui l’observe – sans jamais la voir.

Un sourire carnassier étire les lèvres de la belle tandis qu’un ronronnement appréciateur s’échappe de ses lèvres à peine entrouvertes.


Mon joli cœur … voilà bien la cerise ultime sur ce délicieux gâteau prémâché !
Tu illumines ma journée, là où même le rire amer de la Terre promise n’a réussi qu’à m’arracher un souvenir lointain !
Vile créature que tu fais ! Voilà que tu me nies outrageusement, préférant la fraîcheur et l’obscurité d’un antre qui t’es inconnu à la braise de mon souffle brûlant dans ta nuque de glace !

Est-ce ton inconscient qui t’a mené à moi, ou le mien qui m’a – une nouvelle fois – déposé sur ton parcours maudit ? Dis-moi tout, mon ange déchu … susurre le moi à l’oreille tout en rêvant secrètement de planter tes crocs dans ma chair, de déchiqueter mon épiderme, de me vider de mon nectar vital, de te noyer sous l’euphorie du Nirvana terrestre !

Vois-tu mon petit protégé, je connais la moindre pensée que tu peux chérir à mon attention … mais toi … connais-tu seulement l’étendu de mon propre vice ?

En l’espace de quelques instants à peine, la silhouette provocatrice touche le sol … un bruissement d’air, un souffle céleste … le sourire du Diable …
D’un pas lent – aguichant – elle s’avance vers l’énorme porte en bois donnant accès au cœur même de la Foi humaine … sa démarche est légère, une brise coquine pour soulever sa légère robe … blanche …
Ses jambes – interminables, ses pieds – nues, caressent le sol givré à travers un mouvement qui se voudrait outrant porté par n’importe quelle personnalité outre celle l’appliquant en cette instant bien précis …
Trônant majestueusement à travers l’allée centrale, n’ayant d’attention à offrir aux rangées de bancs qui lui font bien maigre figure de comparaison. Elle sourit, mais ne cherche jamais du regard le démon qui l’a mené ici …


Je SAIS que tu me SENS. L’arôme toxique qui émane de mes pores et agresse violemment ta sensibilité immortelle. Le flux de mes globules rouges qui doit t’exploser les tympans et te rendre sourd au bruit de cette société polluante qui harcèle nos poumons à l’extérieur. La chant ténébreux de l’orgue qui ne rêve que d’une seule chose … la même que celle si ardemment convoitée par la totalité de ces Saints de pierre aux yeux vitreux …

Allez viens, ne fais pas ton timide. Montre leur que tu es le seul ici-bas à mériter leur envie !

Arrivée à l’autel, M’alifay se détourne. Pose ses mains vers l’arrière jusqu’à caresser la pierre frigide. Un léger saut et la voilà déjà installée sur le perchoir des sacrifices religieux. Les jambes balayant l’air d’un rythme enjoué, la tête se déverse à l’arrière … elle contemple le visage du Christ qui l’observe depuis une hauteur vertigineuse …

Regarde-toi, Fils d’un Dieu unique aux multiples noms.

Toi, la progéniture perfide d’une illusion intemporelle.
Toi, la promesse d’une rédemption dans un monde qui a préféré te lapider.
Toi, l’enfant éternel qui n’a jamais atteint l’âge requis pour le parricide.

Toi … qui secrètement rêve de te faufiler sous mes jupes … car tu es seul à savoir que je ne porte aucun sous-vêtement …
Maudis donc ta position, car dans toute ta puissance … moi, je me délecte de ton impuissance !

Et son rire emplit la pièce … s’élevant jusqu’aux Cieux pour caresser les ailes des Anges du Paradis …
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Alistair Haarp
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MessagePosté le: Lun 5 Mar 2012 - 22:18    Sujet du message: Les démons croient-ils en Dieu ? Répondre en citant

    Ce que beaucoup ne comprennent pas, c`est que dans une religion, l`important ne se trouve pas dans ce à quoi nous croyons, mais bien dans le simple fait de croire. La foi, c`est ce besoin de se retrouver en quelque chose - de trouver une raison à notre existence, ou au moins une échappatoire pour les heures les plus dures de nos vies, comme celles de notre mort.

    Mes yeux étaient fermés. Je jouissais du silence en présence et ne me plaignais nullement de l`absence de tous sons parasites. L`extérieur me semblait étranger - comme une agression inattendue que j`appréhendais sans vraiment la redouter. Car qui aurait pu imaginer une altercation dans un endroit aussi saint, aussi vierge de ces choses-là? Qui aurait la vanité de suspendre un fidèle dans sa prière? Alors quand mes doigts se croisaient sur mes cuisses, ce sentiment immonde de sécurité me rendait aussi vulnérable qu`un honnête homme. Je voulais commercer avec Dieu comme on commerce avec un mystique - j`attendais des réponses et jugeais ma cause assez honorable pour la défendre avec conviction - je m`efforçais donc de communier avec moi-même, mes pensées divaguant d`autant plus.

    Je ne suis pas assez naïf pour croire que Dieu puisse avoir la volonté d`effacer mes erreurs passées - ces tâches de sang qui maculent mes mains. Je ne lui demande pas de me pardonner mes assassinats et je n`arrêterais pas de tuer pour un postulat. Non, j`aime trop le vice - sans être pour autant pouvoir être considéré comme le plus triste des hérétiques. Puisque je me contente d`être le damné, le maudit chassé du royaume des lumières pour celui de l`ombre luisante. Car c`est dans le sang du christ que j`aurais voulu me baigner. Avec toi.

    Ou peut-être égoïstement seul, car...


    J`étais bien seul, ou du moins je l`avais été jusqu`à maintenant en pensant l`être pour un moment encore. Et si des pas retentissaient alors derrière moi, je ne pouvais pas y faire abstraction. Et pourtant, j`avais été plongé dans un songe si profond que ces claquements secs et répétitifs auraient pu passer inaperçu si seulement ils n`avaient pas été si parfaitement rythmés et reconnaissables. Oui, je connaissais cette mélodie brutale, cet effroyable frisson qui se déclenchait le long de ma colonne vertébrale alors que mes yeux s`ouvraient - que mon visage se tournait légèrement vers l`allée dans laquelle s`avançait la femme que j`avais reconnu sans ressentir le besoin de la voir de mes propres yeux.

    Non, déjà je sentais la particularité de son parfum s`engouffrer en moi comme une exhalaison violente - indécente. Et je me souvenais de notre dernier contact, de la tonalité de sa voix quand elle se moquait de ma condition, de mon évidente infériorité. Puisqu`elle m`avait fait sentir que contrairement à elle, je n`étais pas libre. Mais les choses avaient changé depuis - je m`étais émancipé d`un mal qui m`avait rongé pendant de trop longues années et sa présence, en réalité, me réjouissait comme jamais. L`heure était venue de faire mes preuves à cette créature d`un autre monde dont la mission était initialement de m`empêcher de nuire. Splendide paradoxe puisque cette femme n`avait rien de la caricature habituelle des djinns.

    Elle était unique en son genre et elle était mienne au même titre que j`étais sien.

    Je la voyais passer à côté de moi; sa robe blanche suivait les mouvements parfaits de son corps et je ne m`empêchais pas de la regarder s`avancer jusqu`à l`autel. Et si elle ne montrait pas la moindre attention à mon égard, je ne pouvais m`empêcher d`y voir une nouvelle forme de provocation. Ainsi le jeu allait reprendre aussi simplement, comme s`il ne s`était jamais arrêté? Soit. J`étais prêt à la reprendre mais refusais de la voir une nouvelle fois se jouer de moi pour m`abandonner comme un malpropre. Non, je ne voulais plus de cette fausse incitation. Je ne voulais plus prendre les choses à cœur et plutôt laisser mon instinct agir - profiter des choses les plus simples, de cette absence de sentiments.

    Alors je me levais, quittant le banc sur lequel je m`étais assis. Au même moment, je les voyais, reposant sur cette table sacrée - elle et son corps adoré. Ses pieds battant l`air, sa gorge dénudée et exposée alors que sa tête tombait en arrière, que son regard factieux allait jusqu`à provoquer les divinités, probablement dans l`unique but de déclencher la colère de notre Père. J`avais toujours été intimement persuadé que les églises, comme les chapelles ou les monastères étaient de ces lieux où étaient proscrites toutes tentations. Mais à cet instant-ci, le vice appelait le vice et si je jurais par mes croyances, mon pantalon tenait un tout autre discours.

    Elle était à elle-seule le plus grand des blasphèmes...

    Je me tenais à environ dix mètres du djinn, dans l`allée centrale de l`église. Les jambes légèrement écartées, les mains enfoncées dans les poches de ma veste. Dans un premier temps, je n`avais osé me confronter à elle, mes lèvres s`agitant pour laisser s`échapper un chuchotis quasiment inaudible : « Mon Père, pardonnez-moi, car j`ai pêché ». Je levais les yeux vers elle et lui lançais un sourire narquois. C`était un appel au jeu - puisqu`avec elle, il n`était plus question de cette guéguerre entre nos espèces mais bien entre nos deux seules entités. Peu importait la race, cela apportait seulement un peu plus de piquant à nos ébats.

    Je commençais déjà à oublier la scène sur laquelle nous débutions seulement ce nouvel acte. Je semblais planté sur place, comme un condamné à mort qui attendait patiemment sa sentence sans plus le moindre espoir de survie. Mais je me permettais une dernière parole, puisque j`en avais légitimement le droit :

    − Je commençais à croire que jamais on ne se reverrait.

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M'alifay Durango
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MessagePosté le: Ven 16 Mar 2012 - 09:08    Sujet du message: Les démons croient-ils en Dieu ? Répondre en citant

Un rire à la fois cristallin et totalement déplacé vient rapidement emplir les moindres recoins des pierres creuses, des édifices religieux, des regards de pierre.
Malgré la présence - omniprésence - de l'aura vampirique, M'alifay ne lui accorde guère la moindre once d'attention. La tête toujours renversée vers l'arrière - les cheveux ondulants le long de son dos à travers une brise aérienne à l'origine inexistante. Les pieds - nus, balayant l'air au rythme de jambes basanées ... à peine recouvertes d'un fin voile de tissu blanc ... La couleur des anges ... la couleur de l'innocence ...


Cruel contraste que voilà, ne trouves-tu pas joli cœur?
Ce teint - qui n'en est finalement pas un, pour venir souiller l'autel d'une religion qui me fait vomir ... n'est-ce pas là le comble du ridicule?
Qu'es-tu venu faire ici? Qu'es-tu venu chercher?
Après tout ... tu ne pouvais qu'ignorer ma présence en ces lieux saints ... n'est-ce pas?

Les yeux de la créature naturelle se perdent dans la contemplation d'un visage surdimensionné peint à même la voûte de ce bâtiment ... L'expression hypocrite du fils de Dieu qui appelle à Lui ses fidèles ... ses prêcheurs ... ses pécheurs ...

Car voilà bien la seule certitude que je me permettrai d'émettre à leur sujet!
Que celui qui n'a jamais péché me jette la première pierre ... comme le disait si bien la Bible ... Eh oui, mon chaud lapin, je l'ai lu votre évangile en Majuscule - qu'en est-il de toi?
L'as-tu apprécié autant que moi?
L'as-tu abjuré autant de fois que eux?
L'as-tu renié au même degré que Lui?

Lève donc tes beaux yeux au ciel, mon ange déchu ... et dis-moi ce que tu vois, si ce n'est point la seule et unique certitude que tout ceci n'est autre qu'une arnaque mondiale!

L'immortel se redresse de ses songes. L'air - immobile - traduit le moindre de ses mouvements avec une précision implacable. Toujours, les yeux de son interlocutrice restent rivés sur l'ersatz d'une réalité ... une fresque gigantesque représentant l'Enfant de Dieu tendre une main aimant à son prochain ...

Que viens-tu faire ici joli cœur, si près du péché originel?
N'étais-je pas assez bien pour toi? Ou trop peut-être? Aurais-tu pris la grosse tête pendant ta longue - si longue - absence?
Est-ce le manque de me voir qui t'a mené ici? Ou peut-être la prévision de ne plus jamais me voir?

Croyais-tu avoir trouvé ta liberté mon ange? Crois-tu être Libre?
Qui donc pour insuffler telles sottises à cet esprit rebelle qui n'appartient qu'à moi? Qui donc pour te détourner du droit chemin et te pousser à chercher réconfort dans les bras d'un usurpateur?

Dis-moi mon lapin, dis-moi tout. Ça ne te dirait pas ... une petite séance de confession?

Des mots viennent rompre le silence ... ils arrachent un sourire amusé à la pourfendeuse d'autels. Un instant de plus, son regard reste posé sur le vide qui illumine les prunelles d'une vulgaire peinture architecturale.
Puis - aussi lentement qu'il est autorisé de faire languir l'interlocuteur - le visage retrouve sa position initiale. Comme par instinct les deux regards se cherchent ... se trouvent ... s'accrochent ...

D'un air coquin, M'alifay se mordille la lèvre inférieure - impatiente de reprendre les hostilités laissées à l'abandon ...


Que Lui veux-tu joli cœur? Le pardon? La rédemption? Son approbation?
Pourquoi donc te préoccuper de l'avis inopportun d'un Inconnu barbu, si tu peux aisément récupérer les mêmes réponses - et plus encore - auprès d'une réalité d'autant plus tangible?
Tu sais aussi bien que moi que jamais tu ne pourras te permette d'arborer la couleur que je porte actuellement ... mais si tu y tiens tellement ... viens donc me souiller afin qu'ensemble nous trouvions teint plus joyeux à apporter à cette Terre de Perdition!

Et sur cette pensée, Fay s'expulse de l'autel. Ses pieds caressent le sol pierreux. Sa démarche est lente, stridente, provocante. Jamais ne quitte-t-elle du regard celui qui vient de la défier.
Ses lèvres bougent à peine ... mais nul doute que chacune des paroles n'existe que dans le but d'accaparer l'attention toute entière du deuxième protagoniste ...


- « Croire? Dans une église? ... Vil petit menteur que tu fais ... A-t-on idée de profaner tel verbe dans un endroit pareil? »

Tu me cherches? Je te trouve.

Le parcours se détourne légèrement. Tout en maintenant le degré de provocation visuelle, la créature céleste se déplace en direction d'une paroi ornée de statues de saints. Du bout de ses doigts de feu, elle effleure la matière froide - inerte.
Un à un, les morts accèdent à leur instant de gloire tandis que la djinn s'approche de son interlocuteur. Des yeux - pourtant arrachés à la pierre brute - semblent suivre le moindre des mouvements de cet être blasphématoire. Désir? Outrance? En somme, cela importe si peu à la première responsable de ce carnage silencieux.


Attention aux yeux mon lapin, ça risque de faire mal ...

En l'espace d'une fraction de secondes à peine, Fay a disparu de la scène du crime. La scène n'est que mutisme morbide - celui-là même qui a cette fâcheuse tendance à hanter les cimetières (accessoirement les monastères) à une heure si éloignée de la réalité.
Aucune trace de fumée, de poussière, ou tout autre qui pourrait s'apparenter à un indice quant à l'origine de la magie opérante.
Puis ...


- IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

Dans le dos du fils de la Nuit, le bruit strident - brûlant - du métal sur la pierre. Une plainte déchirante qui obligerait tout humain à ruer ses mains vers ses oreilles, se fermer les paupières et se morde le dents en espérant que ce chaos cesse avant la rupture auditive ...
Le bruit d'ongles fraichement limées sur un tableau d'école. Le tout - délicieusement multiplié par un nombre infini ...


Mais nous ne sommes pas des "humains" ... n'est-ce pas, mon ange déchu?

Depuis l'énorme porte boisée, M'alifay s'approche de son protégé. La démarche toujours aussi lente et provocante. Des jambes interminables sur un catwalk religieux. Un sourire narquois caresse son visage faussement angélique.
Dans sa main droit, une épée ancienne - une lame étincelante qui s'étend sur plus d'un mètre de telle sorte à ce que sa pointe vienne - avidement - lécher le sol.


- IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

Cette vieillerie regorge de délicieux trésors du Moyen Âge ... ne trouves-tu pas?

La distance se réduit. Lentement. Trop ... peut-être. Jamais assez ... plus que certainement. Le bruit irritant pour accompagner le moindre pas de la provocatrice première ...

- « Je m'ennuie mon ange déchu ... viens jouer avec moi ... »

Moue innocente. Malice étincelante.

Tu veux me baiser? Essaie pour voir!
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Alistair Haarp
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MessagePosté le: Mer 11 Avr 2012 - 01:59    Sujet du message: Les démons croient-ils en Dieu ? Répondre en citant

    Mes mots ne devaient pas être les bienvenus au sein de cette discussion silencieuse. Je la regardais comme l`amant spirituel que je rêvais d`être, mais me taisais dès à présent - considérant qu`il était inutile d`ajouter quoique ce soit d`autre. Son visage se redressait, m`offrant autre vision que celle de son corps courbé. Son sourire me troublait, me rendait fou de cette illusion particulière. Je me montrais particulièrement patient d`être impatient de la voir s`approcher car le contact visuel me comblait pour le moment. Deux regards se croisant, deux êtres se fixant - deux éléments opposés se retrouvant dans une ultime confrontation. L`étincelle de la vie affrontant le souffle glacial de la mort. Qui avait le plus de chance de gagner?

    Jamais je n`aurais pensé la revoir, et sûrement pas dans un tel endroit. Nous nous serions retrouvé aux Enfers que la scène aurait paru authentique, mais c`était bien dans une cathédrale que nous étions - moi, créature du Malin et elle, qui inspirait les pensées les plus malsaines en ce monde. Inutile de mentir, j`avais souvent pensé à elle, à cet incroyable fantasme partagé par nombres d`hommes et de femmes en ces lieux saints. Ceux qui se revendiqueraient indifférents face à une telle créature seraient traités de menteurs, puisque moi-même je me sentais incapable de passer à côté d`une chance pareille de me confronter à ma parfaite Némésis. Je l`adorais pour son pouvoir de me faire sentir en dehors de ce monde que je détestais tant - oui! J`avais la terrible impression d`être coupé de la réalité.

    Après tout, peut-être n`était-elle qu`une hallucination, qu`un rêve parmi tant d`autres... la preuve que Dieu ne s`est pas foutu de notre gueule en créant La femme.

    Et dans ce contexte quelque peu spécial, pour une situation que je ne regrettais aucunement, le silence semblait troubler chacun de mes sens. Au-delà des souffles caressant augustement nos lèvres avides, seul notre mutisme régnait - imperturbable et assassin. Peut-être était-ce sa manière à elle de me rendre plus dépendant que je ne l`étais déjà de sa torture, du don qu`elle usait pour me soumettre à sa simple volonté. Ou seulement le signe d`une attente incertaine car s`imposait à nos deux esprits l`hypothèse d`une suite liée au hasard. Enfin... Il n`y avait donc que cela pour venir troubler la quiétude de ces lieux sacrés, et -Dieu me garde- les pensées qui me traversaient alors l`esprit.

    Dans un ralenti parfait, je l`observais descendre de l`autel dans sa robe de « pureté » et frôler le sol comme nulle autre n`était capable de le faire. Ses mots puaient la provocation, le désir d`un nouvel affrontement. Voulait-elle être l`objet de mon attention, jouer à des jeux d`enfants sans jamais oser passer ce cap infranchissable? Puisque je ne m`imaginais pas la toucher d`une autre manière que ce que je m`étais déjà permis de faire; elle symbolisait à mes yeux la quête d`un idéal que tant de paramètres m`interdisaient. Des paramètres que j`avais tendance à oublier en sa présence… car oui, parlons-en! Étais-je prêt à sacrifier l`important pour une déesse qui ne représentait que les plaisirs éphémères?

    Peut-être bien.

    Et pour ma défense, je dois dire que la femme au nom toujours inconnu n`était à mes yeux qu`une réalité parallèle, qu`une aspiration, qu`une raison de me battre contre mes principes, contre celle que je me rendais capable d`aimer malgré tout - semer le doute dans mon esprit, détruire tout ce en quoi je croyais pour quelques heures seulement... Le temps de reprendre mon souffle puisqu`elle était ma plus grande distraction, celle qui me rendait incapable de réfléchir par moi-même pour ne plus marcher qu`à l`instinct. Animal.

    Oh, ce qui m`attirait sûrement chez elle, c`était cette inconscience qui la caractérisait - cette spontanéité parfaite qui m`empêchait de savoir ce qui allait se produire à la seconde qui suivrait. La preuve étant que dans sa démarche sensuelle, elle avait échappé à mon regard pour un court instant sans que je ne daigne faire un pas; il n`était pas question de jouer à cache-cache. Je continuais de fixer l`endroit où elle s`était trouvée, espérant la voir réapparaître au plus tôt puisqu`il n`était pas question de la voir m`abandonner une nouvelle fois. Et rapidement, un bruit strident avait témoigné de sa nouvelle présence, m`obligeant à me retourner pour la regarder trainer une lourde lame - prestige d`un ancien temps.

    Et au milieu de ce vacarme, elle s`approchait - lentement mais sûrement. Mes yeux verts se fixaient dans les siens, désireux de cette approche. Je ne souriais pas mais cependant me montrais prêt à me battre pour défendre ma cause.

    Néanmoins, je n`avais pas eu le temps de vraiment réagir à cette attaque que déjà des pas résonnaient dans mon dos - un flot de pensées paniquées qui pénétraient en moi sans que je n`en sois la source. Une troisième personne avait été attirée par le bruit. Dès l`ores, je ne prêtais plus attention à la djinn mais à celui qui se tenait à quelques mètres derrière moi. Le vieux croyant déguisé en prêtre me lançait un regard accusateur et pointant son doigt tremblant vers moi, rassemblant calme et courage, il parla : « Qu`est-ce que... Seigneur! Vous n`avez-pas honte de profaner un tel lieu? Sortez d`ici ou j`appelle la police » ! Levant les mains en signe de coopération, je m`avançais vers l`homme jusqu`à me retrouver à ses côtés pour me justifier d`une faute que je n`avais pas commise.

    − Mon père, elle est folle, j`ai essayé de l`arrêter...

    Je reculais d`un pas, me plaçant derrière lui, souriant avec provocation à la belle. Je voulais la voir agir face à une barrière humaine, observer son comportement de défenseuse d`une race dont elle ne faisait pas partie. Mais enfin lui montrer la réelle différence que l`on pouvait noter entre elle et moi. Et bien que mes croyances m`empêchaient en temps normal de faire ce genre de chose, je saisissais fermement la tête du prêcheur, brisant sa nuque d`un claquement sec pour regarder son corps s`effondrer à mes pieds sans qu`aucune émotion ne soit perceptible dans mes yeux criminels. Prenant la peine de lui lancer un regard froid, je relançais la partie : « Alors, tu ne me punies pas? Viens, montre-moi ce que tu sais faire. »


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M'alifay Durango
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MessagePosté le: Lun 16 Avr 2012 - 13:25    Sujet du message: Les démons croient-ils en Dieu ? Répondre en citant

- IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

La langue de métal lèche le sol, faisant jaillir de ses entrailles des étincelles électriques ... les mêmes - si point plus équivoques - que celles présentes dans les prunelles des deux protagonistes premiers dès la promiscuité de l'autre est assurée ...

Alors joli cœur, tu croyais vraiment que j'avais quitté les lieux sans un dernier Adieu?
Me crois-tu donc si vile que capable de te laisser savourer seul l’abject poids de la solitude? Voyons, mon lapin, tu sais bien que l'objet de toute une affection ne peut gagner son statut qu'en se faisant désirer davantage ...

Et je VEUX que tu me désires - je l'exige!
Je veux créer en toi le manque, la frustration et - finalement - l'obsession. Oh ne va pas me croire prétentieuse pour autant mon ange déchu ... il n'y a qu'ainsi que tu réussiras à gravir les échelons et t'attribuer fièrement ce Trône qui te revient de droit!

A quoi bon chasser un vampire, si ce dernier n'est autre que l'Ombre de sa virilité!

Le parcours et lent - crispant de par l'omniprésence du bruit de l'épée ancestrale ... Le bruit s'intensifie et ricoche sur les murs de pierre. De par sa voûte, le son est multiplié à l'infini - se ruant corps et âme vers les hauteurs du visage en mosaïque. L'agressant volontairement comme l'avait si silencieusement proposé la responsable de tout ce vacarme ...

Notre Père, qui es aux Cieux.
Permets-moi donc de briser l'illusion rachitique de ton nuage.

Tout à coup, le sifflement du métal se voit rejoint par un deuxième élément perturbateur. Au loin - en rapide rapprochement - des bruits de pas. Une course maladroite. Un cœur qui s'excite. Un souffle qui se perd.
Dans le dos de l'immortel apparaît un homme du clergé. Tremblant dans tout son être il maudit celui qu'il prend - certes faussement - pour instigateur des troubles réels.

Le pas de la djinn prend halte. Le silence retombe tandis que l'écho s'éprend de quelques secondes encore avant de s'évaporer à travers le visage du Christ de verre.
Sans accorder la moindre forme d'attention à sa partenaire de crime, Alistair se détourne de sa vocation et se glisse dans le dos du prêtre.
Le temps se fige. Le contact visuel reprend son dû. Un sourire carnassier - complice - pour déformer le visage blafard du mort-vivant.


Que penses-tu faire naître en moi mon ange? Le regret? Le scrupule?
Tu aurais peut-être dû t'informer plus vigoureusement ... car vois-tu, certains mots n'apparaissent pas dans mon dictionnaire ...

Alors vas-y ... qu'attends-tu? Mon supplice ... ou mon consentement?

CRACK


La nuque se brise. La gravité s'éprend du corps - mort. Le fils de Caïn n'est que marbre face à la situation. Des mots viennent briser le silence, plus par principe que par nécessité.

Te punir? Cesse de rêver éveillé mon lapin, le fantasme ne s'achète pas ... il se mérite!

Mon sens de l'honneur dans tout ça? Mais mon ange, si ce vénéré Kashkash avait eu cure de la vie de cet homme ... ce n'est certainement pas mon nom qu'Il aurait griffonné sous le contrat portant ton pseudonyme!

La djinn aussi maintient à la perfection le rôle prédéfini - sur son visage exotique, un léger sourire - provocation gratuite ... amusement confirmé ...

- « Geste stratégique certes ... mais il aurait pu nous servir de divertissement religieux ... dommage, tu vas devoir te débrouiller seul pour combler mes attentes mon ange véreux ... »

Dis-moi joli cœur, murmure le moi au creux de l'oreille ... qui suis-je réellement ... la Pomme ... ou la Vipère?

D'un geste lent, mais ô combien sensuel, la lame quitte le sol. A travers un doigté défaillant toute chronique, l'épée se laisse dresser à l'horizontale - le tout dans un mouvement tellement lent qu'il paraît fendre l'air étouffant qui entoure tout à coup la porteuse du faux.
Les doigts des deux mains s'enroulent presque amoureusement autour de la base, les coudes se placent et reculent jusqu'à obliger le tranchant de l'arme à suivre leur dominance et effleurer l'épiderme de la joue droite. Un fin filet - délicate pression - de carmin se dessine sur la peau basanée. Un goutte solitaire glisse vers le bas, teintant son parcours du nectar le plus illicite jamais convoité ...


Tu le sens n'est-ce pas? Cet arôme sucré qui glisse de la plaie et flirte ouvertement avec la lame de glace. Cette infime - infâme - pellicule de moi qui hurle après toi, mais qui finit par t'oublier dans les bras ténébreux d'une autre illusion ...

Tu me veux - cesse donc de le nier.

Un dernier sourire. Le pied droit se lève à peine du sol. La scène promet d'être lente - douloureuse - mythique ... une distorsion temporelle, l'ascension (si point la chute magistrale) d'une déité ...
L'espace d'un instant, la malice s'invite dans les prunelles de la beauté surnaturelle ...


Mais moi ... as-tu découvert ma réelle vocation?

La magie du don opère. A peine le mouvement enclenché que déjà Fay se retrouve collée contre le torse de son protégée, la totalité de larme - jusqu'au fourreau - enfoncée dans sa cage thoracique. Juste là, à quelque distance éphémère à peine du seul muscle mort capable de donner l'absolution.
Les yeux fermés, la djinn colle son visage contre celui du criminel. Le contact est catégorique - agressif - brûlant. La braise des Enfers pour faire fondre la glace immortelle ... une légère impression de vapeur se laisse deviner tandis que le souffle chaud de la belle vient caresser audacieusement l'ouïe finement développée de l'interlocuteur ...


- « Que Ton Nom soit sanctifié. Que Ton Règne vienne. »

La lame se retourne lentement dans la plaie, empêchant cette dernière de cicatriser à un rythme plus ou moins soutenu.

- « Que Ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel. »

Du sang mort coule et vient se rependre sur les doigts de feu du bourreau. La matière est froide et visqueuse. Mais la main persiste et insiste - obligeant plus de carmin encore à se déverser.

- « Et ne nous soumets pas à la tentation. Mais délivre-nous du mal.
Car c'est à Toi qu'appartiennent : le Règne, la Puissance et la Gloire
Pour les siècles des siècles. »


Au du moins le temps que tu réussiras encore à me distraire ...

Des lèvres affamées viennent se déposer sur la joue glaciale afin d'y déposer un chaste baiser de velours. Un contact à peine perceptible ... la définition même de la douceur rendue femme ...

Le visage s'éloigne quelque peu et vient chercher le contact visuel.
Un sourire carnassier ... un léger ronronnement pour annoncer l'accord muet d'un pacte mutuel.


- « Amen! »

Et d'un seul et unique mouvement vers l'arrière, la lame s'extirpe de la cavité.

Allez viens Kashkash, viens punir Ta plus fidèle progéniture !
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Alistair Haarp
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MessagePosté le: Lun 16 Avr 2012 - 13:47    Sujet du message: Les démons croient-ils en Dieu ? Répondre en citant

    Première faute, premier pêché : je venais de mentir ouvertement. Le Seigneur pardonne-t-il le mensonge? Probablement pas. Et ce regard profond que je lui lançais, ce sourire masqué qui gagnait mon visage et qui présageait du pire. À cette seconde, je n`étais plus homme, plus vampire, mais seulement le joueur privé de conscience qui n`avait comme objectif que d`offrir aux yeux de tous le plus grand divertimento - un spectacle sans pareil. Ah, ils pouvaient bien dire de moi que je n`étais plus que l`ombre d`un homme si seulement l`on me nommait assassin. Je semblais des pires schizophrènes quand elle réveillait en moi l`atrocité, cette part de moi-même que je n`avais de cesse de renier.

    Mais en ces lieux et en sa divine présence, il n`existait pas plus de lois que de moralité. J`oubliais mes principes et je me contentais d`être ce que la nature avait fait de moi. Et, le regard malsain, je lui demandais toute son attention avant de me rapprocher de l`homme d`église - plaquant une main ferme contre son crâne et l`autre contre sa mâchoire, si bien qu`il n`eut même pas l`occasion de crier.

    Si Dieu n`avait pas encore décidé de mon sort, alors à cet instant, les dés étaient jetés. Le pardon devenait, dans mon cas, une notion obsolète. Autant dire que la rédemption n`était plus envisageable. Je venais de tuer l`un de ses plus humbles prophètes, un partisan tout au plus, mais l`un de ses fils les plus dévoués à sa cause. Sans qu`une once d`émotion traverse mon visage, sans ressentir le moindre remord, j`avais assassiné pour mon plus grand plaisir. Un craquement délicieux, annonciateur d`une mort instantanée. Pas le temps de souffrir, ni celui de prier - que déjà le corps tombait en désuétude, le visage écrasé sur les pierres froides du doyenné. Raide mort.

    Je ne prêtais aucune attention à cette âme montante, à ce visage portant le rictus de la mort. Je n`avais pas l`habitude de fuir devant ce genre de malaise, cette présence malsaine qui promettait constamment les pires choses. Elle était omniprésente dans ma « vie » et avec le temps, j`avais même réussi à l`accepter comme la plus fidèle et la plus dévouée des amies. Elle m`accompagnait dans chacun de mes gestes, se faisait ressentir partout où je me trouvais. Comme une ombre dont je ne pouvais me défaire car même mes baisers rendaient cette sensation froide et faussement plaisante - ce souffle mortel, cet appel constant aux vices. L`assurance d`une mort lente et douloureuse.

    Ce meurtre n`avait rien à voir avec mes convictions. Je ne prenais pas la mesure de mes actes, seulement dirigé par un instinct bestial, ce besoin constant de provocation que je ne ressentais qu`en son unique présence. Peut-être avais-je seulement ressenti le besoin de montrer à ma Némésis l`étendue de ma belle nature, l`envie et le besoin que j`avais de la voir en action dans ce rôle qui lui collait -si mal- à la peau. Ce rôle n`était-il pas de me châtier, de m`empêcher de faire le mal autour de moi? C`était bien le devoir ultime - la finalité de tout djinn, mais vraisemblablement, cette femme me poussait plus aux vices qu`elle ne m`en éloignait.

    N`étais-je qu`un jouet à ses yeux?

    Je souhaitais la voir derrière tous ses artifices, découvrir la barrière sensible de son âme (si seulement elle en avait une). Mais le meurtre ne semblait pas l`effrayer, l`acte en lui-même était parfaitement bien digéré, au point même qu`elle en paraissait amusée. Je ne m`étais pas attendu à une telle réaction, mais malgré cela, je semblais satisfait de la voir sourire de la situation. M`abreuvant de ses paroles insensées, je la dévisageais et gardais à l`esprit que cette rencontre ne pouvait avoir qu`une chute tragique. Mais je me fichais de savoir qui allait survivre entre elle et moi... Quoique tu sois, quoique tu représentes à mes yeux - je refuse de te partager avec quiconque.

    C`en était fini de ces obstacles qui se dressaient entre cette femme d`un autre monde et moi, indigne représentant du mien. Mon âme se mettait à nu pour son bon plaisir quand je n`avais pour désir que de la voir exécuter un nouveau tour. Un étincelle naissait dans mes pupilles alors que je l`observais, prêtant une dimension sensuelle à la manipulation de l`arme qui me rendait impatient de voir ce qu`elle allait faire avec. Je suivais tous ses mouvements, comme obsédé par le frottement du métal contre l`air jusqu`à ce que celui-ci se pose sur la peau délicieuse de celle qui le tenait entre ses mains joueuses, quand s`imposait à moi cette fragrance exquise, merveilleuse.

    Je me forçais de rester calme face à cet appel enivrant, moi qui aurait tant aimé embrasser sa peau pour seulement entrevoir le goût de cette larme si spéciale. Je voulais la sentir au plus près de moi, caresser ce fantasme du bout des doigts et laisser nos deux âmes se persécuter éternellement. Non, ma douce ennemie, je ne te hais point.

    Ce besoin de toujours repousser les limites - de faire de ce lieu-dit saint une zone de non-droit. Parce que ce jeu auquel nous jouions avait pour seul principe de désigner le gagnant comme celui qui irait le plus loin; nous nous engagions sur une pente glissante, prêts à accepter les conséquences de nos choix. Mais alors que je désirais secrètement me rapprocher d`elle, elle fit le premier pas sans crier gare. En quelques secondes, l`audacieuse s`était retrouvé contre moi. Un court râle sortait alors de ma bouche, assimilable à celui d`une jouissance à la différence près que je ne ressentais alors pas le moindre plaisir. C`était plutôt le contraire, à vrai dire. L`extrême opposé.

    Je sentais son souffle chaud claquer ma peau et se glisser dans mon oreille. Je retenais un hurlement de douleur au fond de ma gorge sans en connaître réellement l`origine mais, baissant les yeux, je découvrais la lame plongée dans mon corps sans vie (non pas par sa faute; n`allez tout de même pas lui attribuer le mérite de ma mort). Un rictus déformait mon visage, alors que je fermais mes paupières de toutes mes forces. Je ne prêtais pas attention à ses infâmes paroles, trop concentré pour ne pas lui exposer ma faiblesse - pour rester presque insensible face à cette attaque. Mais à chaque geste de sa part, le supplice devenait plus insupportable encore.

    C`était à la fois douloureux et plaisant. Douloureux parce que la seule chose dont la mort ne m`avait pas privé, c`était justement cette souffrance qui à cette seconde faisait rage en moi. Et plaisant de voir que les limites allaient bien au-delà de ce qui était humainement permis. La torture physique n`avait pas cette dimension dramatique, terrifiante que lui donnaient sans cesse les mortels. Non, ce n`était qu`un moyen comme un autre de se divertir - de rendre les choses plus excitantes, la situation bien plus sanglante - horripilante. Peut-être songeait-elle seulement à l`épouvantable brûlure que la lame éveillait en se mouvant en mon intérieur. Être à l`origine de ma souffrance devait la faire jouir.

    Le baiser qu`elle déposait sur ma joue marquait la fin du pensum. Il marquait le contraste entre la douceur dont elle pouvait faire preuve avec moi et la violence de notre relation. Je m`obligeais alors à la regarder, elle qui gardait un sourire félin accroché à ses lèvres, et alors qu`elle retirait d`un coup sec l`arme de mes chairs mutilés, je lisais en elle la satisfaction et le plaisir qu`elle ressentait à me voir ainsi soumis. Ainsi délivré de son emprise, je laissais mon cadavre aller contre ses formes voluptueuses, comme incapable de rester debout sans épaule pour le soutenir. Je restais alors parfaitement silencieux. Mes lèvres s`approchaient de sa gorge, attirées par l`odeur du liquide convoité.

    Je savais que boire de son sang me permettrait de cicatriser bien plus rapidement mais je me refusais pour l`instant à cette boisson. Mon corps glissait contre le sien, mes mains se portaient sur ma blessure - je semblais suffoquer mais il n`en était rien. Mes genoux percutaient la pierre et ma tête basculait vers le sol. Étrangement, je ressentais une sensation de chaleur au niveau de la blessure qui me donnait la douce et agréable impression de vivre; ce n`était qu`une impression. Je levais les yeux vers cette beauté innommable - découvrant une longue trainé de sang sur sa belle robe blanche. Je souriais. Et, m`adossant contre l`un des nombreux bancs qui se trouvaient derrière moi, je répliquais enfin.

    − Alors, c`est tout ce dont tu es capable? Si tu baises aussi mal que tu ne sais torturer alors je n`ai même pas envie de te toucher.

    Come on baby, let’s play with me.

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MessagePosté le: Jeu 26 Avr 2012 - 08:03    Sujet du message: Les démons croient-ils en Dieu ? Répondre en citant

Le sang immortel coule. S'agrippant vigoureusement aux mains du bourreau, avec cette même intensité vorace qu'aurait obligé feu leur propriétaire à entretenir envers telle déesse de l'Enfer. Dégoulinant également - lentement - le long de la lame vengeresse, perlant en chute libre vers la libération inconditionnelle offerte par la prévision d'un sol neutre. Le tout, sous le regard vitreux d'un Christ géant ...

Pauvre fou! Lui, toi, nous ...

Que pensais-tu donc beau gosse? Que je me contenterais d'un mort pour entretenir notre liaison? Qu'un mensonge de plus me ferait résolument abandonner l'idée de t'avoir à mes pieds?
Tu sembles omettre la plus délicieuse partie de ce contrat silencieux qui nous lie ... à moins que ... à moins que tu n'aies jamais eu l'occasion de le lire?

Oh vénéré Kashkash ... quel vil joueur fais-Tu donc!

La pointe de l'épée vient se poser au sol, invitant la rivière impure à suivre un parcours prédéfini - se déversant presque goulûment vers les prémisses d'un autre monde. Une petite flaque se forme déjà, mais nul protagoniste pour y accorder la moindre forme d'attention.

Une nouvelle fois, les regards se croisent ... et se complètent.


Alors mon ange ténébreux ... tu as mal? Tu souffres? Me maudis-tu déjà assez ou me permets-tu de continuer?
Dis-moi tout, conte-moi donc tes secrets les plus noirs ... et peut-être, peut-être auras-tu même droit à une petite révélation de ma part ...

Regarde-toi, tu n'es que l'Ombre de la gloire que moi je peux t'apporter! Tu n'es qu'obstination à maintenir cette position désarticulée; mais tu n'es que pantin sous mes doigts de maître!
Tu veux jouer dans la cour des Grands ... mais tu sembles perpétuellement omettre un léger détail ...

Alors ... me veux-tu toujours rien que pour toi ... ou ne suis-je désormais plus que l'ersatz de ton utopie? Je ne permettrai aucunement que mon protégé me délaisse ainsi ... à toi de voir mon ange ... crois-tu que je devrais me trouver un autre trésor ... ou es-tu fin prêt à me sortir le grand jeu?

Le corps immortel tombe vers l'avant, sa chute seulement évitée - retardée - par la présence de son bourreau. En aucun cas des bras viennent empêcher l'inévitable ... la gravité clame son dû et arrache le cadavre à son semblant de survie ...

Et voilà que tu souilles de ton essence même cette couleur qui n'a jamais été mienne. Que désires-tu désormais mon ange d'outre-tombe, que je me débarrasse de ce tissu qui me colle à la peau? Que j'offre à ton esprit suffoquant la vue de mon anatomie infernale? Cesse donc de rêver de sottises aussi futiles! Tu n'as pas besoin de VOIR pour deviner; pas plus que tu n'as besoin de mordre pour gouter. Car après tout ... tu SAIS!

A travers un mouvement lent - et visiblement douloureux - Alistair se tire vers l'arrière, recherchant l'appui d'un banc pour maintenir une position plus ou moins "raisonnable".
A aucun instant la djinn le relâche du regard, répondant à sa provocation par un sourire tout aussi révélateur ...


Mais si tu insistes pour jouer la victime ... qui suis-je pour refuser de porter la cape du bourreau?

Un pas vers l'avant. Lent. Strident. Exposant avec excès la longueur de ces jambes de rêve. L'emprise sur l'épée est relâchée. Un bruit fracassant vient rompre le silence oppressant - excessif - qui se voit naître dans ce lieu culte. Un deuxième pas. La distance entre les deux créatures se réduit une nouvelle fois; comme si ... comme si il leur était impossible de s'éloigner trop longtemps l'un de l'autre de peur (...) de se dissoudre dans le néant ...
Fay vient jusqu'à se positionner au-dessus des jambes étendues du fils de Caïn ... le regard se laisse tenter par un plongeon sans fin ... un sourire carnassier qui en dit plus que tout mot n'aurait pu révéler ...


- « Bien, alors c'est moi qui toucherai. »

Et sans crier garde, la jeune femme se laisse elle aussi glisser vers le sol jusqu'à prendre place sur les cuisses de sa proie. Collant son postérieur de feu contre le tissu qui recouvre ses jambes de glace. Elle s'avance vers lui suffisamment que pour rendre le contact oppressant; mais point assez que pour accorder une réelle caresse entre leurs deux torses.

Ta bouche dit A, mais ton corps et ton esprit n'en pensent pas moins B.
Es-tu toujours persuadé de tes propos maintenant ...

- « Alors beau gosse ... »

Le bout des doigts de la main droite de la chasseuse vient caresser - audacieusement - les mains qui protègent la plaie. A travers un toucher de velours elle invite la victime à libérer l'accès à la cavité ainsi creusée. Le majeur, plus vile joueur d'entre tous, se laisser prendre au jeu et vient contourner le trou béant par-delà une caresse coulée dans la plus vile des provocations.

- « ... débutons, veux-tu. »

Les mots sont plus confirmation que question. Aucun répit n'est accordé au souffrant que déjà deux doigts s'engouffrent - en toute douceur - entre les côtes transpercées ...
Il gémit. Elle sourit.


Tu crois peut-être n'être qu'un jouet entre mes mains ... fourbe petit rêveur que tu fais!
Tu es un privilégié! Alors cesse de te comporter en victime et démontrons ensemble à ce très vénéré Kashkash la réalité qui nous unit!

Toi et moi mon ange ... nous sommes voués à un monde de débauche dont je t'offrais bien volontiers l'accès ... il suffit de me prouver que tu en as autant envie que moi ...

Les dents de la jeune femme viennent mordiller sa lèvre inférieure tandis qu'elle pénètre plus profondément encore dans la cage thoracique de son protégé (...).
Sa tête se penche légèrement vers le côté ... comme pour savourer davantage le cri qui se refuse à transparaitre ...
De sa main libre, l'index vient éplucher la larme carmine toujours posée sur sa propre joue ... pour ensuite la déposer sur les lèvres du captif.
L'index ne se recule nullement - aussi vil jouer, manipulateur, que sa divine propriétaire ...


- « Prend mon fils, ceci est mon sang. »

La tête se renverse en arrière. La bouche s'ouvre et laisse échapper un rire amusé et sincère ... une mélodie qui se rue corps et âme vers le haut, vers la voûte centrale, vers le regard du Christ.

Profaner? Moi? Descends donc de ton nuage et viens me dire ça en face pour voir!
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MessagePosté le: Sam 12 Mai 2012 - 18:58    Sujet du message: Les démons croient-ils en Dieu ? Répondre en citant

    Le regard fuyard, je cherchais l`échappatoire qui m`empêcherait de succomber. De cet espace éclairé de lumières ombragées, je ne connaissais que les pierres endormies qui murmuraient dans un écho d`autrefois leur histoire à ceux qui voulaient bien l`entendre. Les hautes voûtes semblaient s`élancer vers le ciel, n`être qu`un escalier - qu`un passage impraticable pour l`esprit athée. Dans ma position, je me sentais écrasé par tant de hauteur. Fixant le point culminant de ce plafond céleste, je sentais la flamme ardente grandir lentement en moi. C`était Satan qui me rappelait parmi les siens - dans le monde souterrain - puisque que de la vie, il ne me restait plus que l`éternité du souffrant.

    Et cette délicieuse odeur, oui - cette fragrance de cire que dégageait le vieux bois des sièges du partisan humain, mélangée à celle de mon sang qui couvrait les pierres froides du sol de cet empire chrétien. Mon sang qu`elle portait sur elle, sans ressentir même une once de dégoût pour la substance maudite. Non, mon bourreau était bien pire que je ne l`avais imaginée. Elle brisait les stéréotypes, se foutait de cette morale affectionnée par tant d`entre nous - elle était mon opposée parfait, ma Némésis, mais aussi la plus parfaite de mes alter-égos. Et plus les secondes passaient et plus je me montrais dépendant de cette femme. Viens, donnes-moi une bonne raison de t`aimer, mon amour éphémère.

    Quand tout cela allait-il s`arrêter? Ah ça, jamais. Pas en sa présence en tout cas. Pas tant que je me complairais dans cette relation malsaine - perclus dans la douleur, à tout accepter de sa bouche, de ses songes et de ses errances démoniaques. Le péché originel comme arme, nous étions en train de nous attaquer aux choses les plus sacrées. Ma résistance ne pouvait pas porter ses fruits mais je savais que cela pouvait l`agacer. Je ne tentais rien, là assis contre mon banc à agoniser. Il me serait inutile de protester, de tenter d`argumenter puisque face à elle, je ne pouvais pas rivaliser.

    Il fut un temps où j`aimais les églises, où je trouvais en ces lieux dits saints une tranquillité que nul autre place ne pouvait m`apporter. Mais je m`étais mépris sur ce silence évident, moi qui avait pourtant appris au travers de la philosophie nouvelle à renoncer aux sensations premières pour ne juger que par l`entendement. Ce dit-silence était un subterfuge des hommes pour tromper les hommes; et je m`étais moi-même laissé abuser. N`entendez-vous pas le souffle des psaumes résonnant contre les murs, le hurlement des morts qui n`en peuvent plus d`attendre l`absolution? L`inaudible - l`insupportable battement de son cœur et le grondement sourd, qui annonçait la colère des divins. Châtiment et agonie.

    Perdu dans les hauteurs, je m`efforçais de rien laisser paraitre de mon mal. Mais tout cela devenait insupportable - je ressentais le besoin de me confronter à elle, même si pour cela, il me fallait accepter l`inacceptable. Mon besoin constant de provocation l`amusait, ne la décourageait pour rien au monde. Être faible et manipulable, rapidement j`avais craqué. Mes yeux d`un vert clair fixait l`immensité de ses jambes - obnubilé par leur beauté particulière, troublé par cette approche. Oui mon ange, je te désire et tu le sais.

    C`était l`histoire de deux inconnus qu`un geste imprévu avait rapproché en secret. De cette femme qui n`avait de cesse de me regarder, de me dévisager - cela sans jamais cacher le désir qu`elle ressentait de me faire subir des pires pensums puisque je n`étais que son jouet. Et moi, peut-être n`attendais-je que cela, de la voir m`aimer comme personne ne l`avait encore fait parce que c`était l`unique chose à laquelle j`aspirais. Comme homme ou comme objet, peu importait. Car plus elle s`approchait, et plus je sentais en moi naître un besoin masochiste de la voir se délecter de moi. Le décret était posé - je lui appartenais.

    Je ne me débattais pas face à son emprise, alors que son corps se collait au mien. Mes doigts compressant la blessure qu`elle avait causée, mon crâne appuyé contre une planche de bois et le regard cherchant à garder le peu de dignité qu`elle me laissait - je ne pouvais m`empêcher de sourire alors qu`elle caressait mes mains pour que je lui libère l`espace, qu`elle puisse opérer sans avoir à se battre contre ma stupidité. Alors j`obéissais à ses ordres non-prononcés, agrippant ses cuisses nues quand déjà elle s`amusait à tâter mes entrailles pour se repaître de ma substance. J`étais le torturé immortel. Prométhée enchaîné à son rocher, se faisant dévoré le foie avant de guérir, immortel qu`il était - et cela jour après jour.

    C`était son supplice. Et le mien.

    Ses paroles dissimulaient le son de mes plaintes inaudibles. Je gémissais au moment où elle engouffrait ses doigts dans la cavité béante qu`elle avait elle-même creusé dans mon ventre. Mon visage reprenait rapidement ses allures insensibles et dans une ultime nécessité de confrontation, je laissais sortir quelques rires nerveux quand la douleur se faisait forte. Mais la réalité était autre - je combattais mon mal avec le peu de moyens que je possédais. Mes doigts serraient ses cuisses - tellement fort que la chair présentait déjà des traces bleuâtres, que mes ongles y pénétraient sans retenue. Et elle, elle venait me mordre les lèvres - s`amuser d`un rien avant que de tenter le Diable.

    Puisque son but ultime n`était que de provoquer ma triste nature, elle m`invitait à goûter son sang - le déposant elle-même sur mes lèvres froides. Mais bien vite cette larme de sang avait disparu au contact de ma langue, et ma bouche s`était approchée du bout de son doigts pour le sucer délicatement avant que de me redresser sans plus faire attention aux doigts qui se trouvaient encore plongé dans mes tripes. Elle venait d`enfanter le plus terrible des instincts et déjà l`on pouvait lire dans mes yeux le dessein convoiteur de la bête qui se faisait présente en moi. Saisissant son cou qu`elle semblait m`être si généreusement offert, j`approchais ma bouche de sa mutilation, embrassant sa peau de pêche et enserrant son corps d`un bras fort.

    À la hauteur de sa gorge, mes lèvres s`étaient écartées pour laisser apparaître deux paires de deux légèrement disproportionnées et plus affutées que les autres. Le moment se devait d`être parfaitement choisi, alors je ne faisais que frôler les limites du non-retour, mon corps s`appuyant sur le sien, devenant à son tour oppressant parce que le jeu commençait seulement à prendre une tournure intéressante. Silencieux, je me saisissais de ses poignets, me libérant par la même occasion de sa torture, les plaçant dans son dos en les serrant, en les maintenant ensemble - sans jamais craindre des représailles bien qu`elles allaient être terribles.

    Oui viens. Viens être sans nom... donnes-moi une bonne raison de t`aimer.

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M'alifay Durango
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MessagePosté le: Mer 8 Aoû 2012 - 08:49    Sujet du message: Les démons croient-ils en Dieu ? Répondre en citant

Le rire était sincère. Presque doux. Nullement moqueur. Juste ... présent ... omniprésent. Il s'élevait vers les Cieux - vers le regard vitreux de celui qui n'avait jamais eu l'autorisation parentale d'en faire de même. Vers l'horizontale, comme pour ricocher sur ces milliers d'yeux saints qui n'avaient d'attention à offrir à ce couple maudit. Mais ne l'étaient-ils pas eux-mêmes en fin de compte? Statut de marbre au cœur de pierre. Futile carcasse qui n'est qu'apparence, car en son sein ne persistait nul autre ...

Le vide mon ange. Le vide, le vide, le vide. Rien que le vide. Toujours le vide.
Cesse donc de chercher l'absolution auprès d'un Homme qui n'a que du mépris à t'offrir. Oh non point car tu te nourris de Ses fidèles. Mais bien car tu es toi-même l'immortel tangible!
Tu es celui qui prône sa liberté sans jamais payer pour tes actes. Tu es celui qui a survécu en t'adaptant le mieux - ou du moins en sachant abuser de la situation qui se présente ainsi à toi. Tu es celui qui demeure - encore et toujours - le l'animal de l'évolution. Tu es le rebelle par excellence, et rien que pour cela ... Il ne t'offrira jamais le repos éternel.

Alors prend cette main que je te tends - mon ange déchu. Aime-là. Chérie-là. Abreuve-toi. Car face à tel adversaire ... il n'y avait qu'un être comme moi pour te servir d'allié!

Le bout des doigts caressent les entrailles. Là encore, la gestuelle n'est qu'expression volatile du pacte silencieux qui régnait entre ces deux êtres maudits. Il n'y avait nullement la violence et la barbarie que la théorie voulait exister - persister - entre une proie et son chasseur. Il n'y avait là - à dire vrai - nul autre que la contemplation par excellence de l'amour interdit. De la promesse mutine d'un meilleur lendemain - d'un meilleur ... ailleurs ...

Conte-moi tes songes les plus sombres mon ange, et vois comme les miens ne sont qu'Obscurité plus prenante encore. Que crains-tu donc le plus par cette divine rencontre? Qu'Il vienne à te renier l'accès au Paradis? Qu'il vienne à te renvoyer dans le Jardin de Flammes? Dans la bouche du Cerbère? Mais beau gosse ... qui te dit que je t'accorde la Mort ultime ce soir?

Les organes desséchées semblent frissonner sous le toucher de la djinn ... ronronner même ... enduisant la scène elle-même dans la plus belle des illusions factices ...
Le temps aurait pu s'arrêter ... ou encore ... se déverser ainsi en petites goulées jusqu'à l'acclamation audible de l'Amen ...

La force avec laquelle Alistair s'agrippait aux cuisses de sa protectrice ne semblait nullement affecter le raisonnement de cette dernière. D'ailleurs ... elle ne semblait que sérénité divine éprise de l'âme gangrénée du martyr ... La scène aurait pu se vouloir mythique, digne héritière d'une œuvre canonique ...
Il n'en était rien ... car autant le visuel apportait une paissance à quelconque tiers aurait interrompu cette rencontre ... autant la relation entre un djinn et son protégé ne faisait que se confirmer.


Car il n'y avait que MOI pour pervertir suffisamment ton soul que pour te rendre BEAU à nouveau ... n'est-ce pas ange ténébreux de Mon absolution?!

Il semblait comprendre sans que le langage humain n'ait à interférer. Elle se laissait faire - presque docilement. Le rapprochement des lèvres affamées. Leur caresse de glace sur son épiderme en pleine ébullition. Les baisers interdits pour sceller un pacte qui ne l'était pas moins.

Les poignets sont emprisonnés. Il n'y a là aucune lutte du plus fort. Le chasseur enlève son manteau de fourrure et en recouvre le dos écorché vif de sa victime. Les rôles sont inversés ... vraiment?


Me mordre? Oh mon ange, mais tu n'es pas encore prêt pour un aussi grand saut. Sois patient mon Némésis, ton ascension viendra bien plus tôt que tu ne le crois. Mais pour l'instant, laisse-moi plutôt t'offrir quelque chose à la hauteur de ton statut actuel.

Le visage bouge de telle sorte à rendre l'accès à la veine tant convoitée quasi impossible - du moins, sans un semblant de combat physique pour y arriver. Néanmoins, le temps n'est nullement laissé au fils de Caïn pour s'y opposer que déjà les lèvres enflammées de la djinn viennent clamer les siennes dans un baiser passionnel. Ni une ni deux la langue s'impose, s'incruste et s'invite. Elle ne se fait point désirer et déjà vient rechercher activement le contact des canines proéminentes. Les papilles se déchirent sous l'intensité du geste et une coulée tiède s'en déverse, inondant presque amoureusement la bouche d'Alistair.

Cicatrise vite mon chaud lapin, il me tarde de débuter officiellement notre première chasse à l'homme!

Le contact se rompt sur initiative de la jeune femme. La malice pour seule compagne de vue tandis que son interlocuteur se remet encore de l'assaut buccal.

- « Alors beau gosse, tu m'offres quelque chose en retour?"

C'est à cet instant précis que la grande porte s'ouvre et laisse pénétrer le radiant d'un soleil levant. Quatre hommes de Foi entrent dans la maison de Dieu d'un pas lent - comme obligé par l'étiquette religieuse. Il leur fait quelques moments encore avant de poser leur regard ébahi sur ce spectacle pour le moins désolant.
A terre - sous leurs yeux incrédules - un couple ensanglanté. Des plaies béantes pour couvrir le corps de l'homme qui - pourtant - maintient la jeune femme prisonnière. Sa robe n'est que feu le souvenir d'une couleur immaculée. Est-ce seulement son propre sang qui la souille?


- Sainte Marie, Mère de dieu.

Une croix symbolique est formée par ses mains avant que ses doigts ne s'agrippent sur son pendentif. Des murmures se dispersent parmi le groupe jusqu'à ce que Fay détourne son regard du premier pêcheur et vient le planter violemment dans l'enceinte de cette nouvelle formation. Elle sourit. L'hystérie se confirme.

- Ils sont de mèche!
- Hérétiques!
- Mécréants!
- Vade retro amants de Satan!

Vois-tu cela Haarp ... nous avons été percés à jour ...

- « Dis-moi, mon ange déchu ... et si on faisait honneur à notre nouvelle réputation? »

Je ne suis ni ton amie, ni ton ennemie beau gosse. Je suis bien pire que ça!
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Alistair Haarp
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MessagePosté le: Mer 14 Nov 2012 - 21:44    Sujet du message: Les démons croient-ils en Dieu ? Répondre en citant

    Protecteur des uns; James, fils d`Isaak et saint parmi tous les saints... Accueille-nous en ces lieux de rédemption et mène-nous sur le droit chemin, que nos âmes égarées trouvent le remède à leur obscur côté. Où se trouve la lumière, mon frère? Tant d`obscurité, et le Mal qui revêt en notre présence la couleur du sang. Le saint poison - sacrosainte substance parfumée d`une immortalité parabolique. Biblique. Le sang du Christ - lui qui n`était qu`homme parmi les Dieux mais surtout fils du Dieu des hommes quand toi... quand toi et moi ne sommes que l`ombre d`un homme aux traits divins. Nous ne sommes rien.


    This World.

    En sa présence, je ne semblais ne plus être moi-même. Semblait, seulement? Je n`étais plus moi-même. Point. Elle était synonyme d`émancipation, de folie. Elle était la clé de mon carcan. Les limites étaient abolies. Les principes sombraient dans l`oubli. Le monde qu`elle proposait était irréel, que pure fiction. Quelque chose qui se voulait rassurant face à la déplaisante réalité. Je le voulais parfait pour l`accueil de mon surmoi; un endroit où pouvait s`exprimer mes instincts, mes frustrations, mes pulsions ainsi que tous mes plus sombres et inavouables désirs. La déchéance fictive de mon être. Devais-je craindre quelconques répercutions si cela n`était plus qu`affaire de conscience?

    En tout temps et pour toute civilisation, la nuit avait été synonyme de frayeurs. Son mystère demeurait dans la crainte des hommes quand la pire des espèces en faisait son royaume. Là, dans le partage d`une phobie universelle, les Grands avaient trouvé leurs dévots. Les sceptiques vous diraient cela de la façon suivante: ces hommes inquiets se sont rassurer par la présence factice d`un être absolu. Ma philosophie était viscéralement différente. Dieu ou non, le bien tendait toujours à l`emporter sur le mal. Quant à ces deux notions, tout n`était qu`une question de point de vue. − Dans son monde, le jour n`existait pas.

    Elle était part de mon royaume, de mon jardin secret, de mon utopie. Je n`étais qu`un homme de passion quand la passion s`opposait à toute forme de vertu. Ou cela était ce que je prétendais être face à elle. Je n`avais théoriquement rien à voir avec cet abject personnage, ce pantin qu`elle adorait tant manipuler. Non, j`étais bien plus intelligent et résistant qu`il ne paraissait. Alors, peut-être était-il temps de rendre à Dieu ce qui était à Dieu. De reprendre mes esprits tant qu`il en était encore temps. Ne pas répondre à l`appel démoniaque de ce sang - lui, qui me narguait encore et toujours.

    J`étais pourtant si proche du but. Je voulais m`abreuver de ce phantasme, m`imprégner enfin de cette délicieuse euphorie. Je l`épousais sans honte. Ma peau se voulait adoratrice de la sienne pour un court instant. J`étais l`indigent, le drogué. Elle pouvait bien me faire souffrir, reprendre ses tortures, si cela était le prix à payer pour une petite goutte de son éther. Mais quelles auraient été les finalités de ces actions indécentes? Me voir languir, pigner comme un chien affamé devant un morceau de viande. J`étais trop fier pour cela. Cependant, voilà que la djinn décidait de m`interdire l`entrée à son paradis. − Je m`indignais.

    Il était simple pour elle d`agir sans jamais redouter le contrecoup. Sa race, indépendamment de ses individus, représentait l`espoir de ce monde quand la mienne était blâmée. J`accordais raison à ceux qui pensaient néfaste notre suprématie publique, mais avions-nous un jour condamné les hommes pour leurs crimes sur les races inférieures? C`était une nuance que personne n`osait apporter. Un fait que nous taisions tous pour le bien de toutes nos espèces quand la solution à cette guerre était à portée de main. Nous, opposants à la lumière, étions prêts à faire le sacrifice de quelques âmes corrompues pour recouvrer la sérénité de nos nuits.

    Les véritables agresseurs de l`histoire était cette race arrogante; pensant pouvoir trancher un conflit qui ne les regardait en rien. Les djinns, oui, les djinns... maintenant que j`en avais un aperçu, je me moquais bien de leur discours moralisateur. Dis-moi quelle est ma place. Dis-nous James, mon frère, quel sera notre rôle le jour du jugement dernier, nous qui ne sommes que des pions au cœur de cette immense farce cosmique..?

    Entre elle et moi, qui était le plus probe?

    Ses lèvres brûlantes entraient en contact avec les miennes. Il était inutile de la repousser; je n`en avais pas la moindre envie. Le désir était réel. Le geste était osé. La passion, dévorante. J`aurais même dit addictive. Pourtant, je n`en reconnaissais ni les origines, ni les symptômes. Était-ce la haine, le dégoût ou bien l`attirance animale? Sûrement les trois à la fois. Et plus elle m`en donnait, plus j`en demandais. Visiblement, peu m`importait l`endroit où nous nous trouvions tant que l`adrénaline était au rendez-vous. Et son sang...

    Je sentais contre mes canines sa chair se déchirer intentionnellement. Une sonorité douce dont je n`étais pas à l`origine. Une si douce mélodie suivie de près par une explosion de saveurs et de sensations toutes plus incroyables que les autres. Je me délectais de cet or liquide, le savourais comme l`eau rare d`un fleuve asséché. Je savais qu`elle me couperait bientôt les vivres alors je prenais une attention cupide à ne gâcher le moindre millilitre de cette liqueur enivrante, jouissante. Il n`y avait autre mot pour décrire l`état second violent dans lequel je me plongeais délibérément. C`était là un orgasme des plus inouïs.

    Bien que l`acte ait été violent dans ses fondements même, la fin se voulait plus brutale encore. Elle me privait du plus délicieux des nectars pour bientôt s`intéresser à ce qui était sans intérêt. Mon esprit voguait bien loin de mon corps à l`instant où ces trois hommes firent leur entrée. Je ne les remarquais pas quand eux ne manquaient en rien de proférer des accusations comme l`auraient fait de quelconques bondieusards. Ivre que j`étais, je ne me rendais pas compte de ce qui était en train de se tramer. Je me laissais obséder par ce sourire, par l`idée seule de plonger sous peu au plus profond de sa gorge.

    Ah, ce que j`aurais donné pour avoir l`opportunité de la priver de sa vie. Elle qui semblait tant y être attachée. Mais l`heure n`était pas à ces sombres pensées alors que je me séparais d`elle, faisant se dressant le corps dont elle m`avait privé. C`était alors par un regard narquois que je me montrais enfin plein d`attention pour les trois religieux. Je m`avançais lentement vers eux, couvert d`un sang qui n`était que le mien. Pétrifiés, leurs croix exposées comme protection contre le Mal - ils ne tentaient rien car savaient. En quelques secondes seulement, ils étaient devenus aussi silencieux que la mort, me fixant dévotement.

    Je chuchotais à ma nouvelle assemblée l`injonction du dernier repas. Pour chacun, je pris soin de cueillir une goutte de sang s`échappant de ma blessure. Leurs langues râpeuses n`hésitaient pas face à la sainte essence. Je faisais d`eux mes marionnettes, mes nouveaux jouets. Les miens.

    − Buvez. Ceci est mon sang...

    Un sourire satisfait se dessinait sur mon visage quand le rituel prit fin. Je me détournais d`eux, les laissais à leur triste sort. Je revenais sur mes pas, ne montrant pas le moindre petit geste d`hésitation puisqu`il n`y avait pas lieu d`en avoir. Qu`avais-je à craindre sinon que d`être un peu plus damné? Je contournais ma Némésis, traversais le chœur de la cathédrale pour prendre siège là où seules les âmes pures pouvaient se rendre.

    Une lueur sombre pétillait au plus profond de mes pupilles. Mon existence était pour sûre hérétique mais frôler le sol de l`abside n`était que plus blasphématoire. Dieu m`en était témoin, je souffrais de la haine et du mal qui habitaient mon esprit. Je n`implorais ni sa clémence, ni son pardon. Malgré ma damnation, j`en restais son fils. Ah, infidèle... vous pouvez le dire. Mais un père ne s`en prendrait jamais à son fils, que celui-ci soit digne ou non. Et à cet instant, j`étais l`unique carte qu`Il avait entre les mains pour vaincre la seule créature qui n`était pas issue de sa création.

    − Mes frères, sacrifiez votre vie pour notre lutte. Saisissez-vous de Satan...

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 13:05    Sujet du message: Les démons croient-ils en Dieu ?

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