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Virée d'Enfer

 
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Chezim Gidrem
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MessagePosté le: Lun 27 Juin 2011 - 12:11    Sujet du message: Virée d'Enfer Répondre en citant

Je le déteste !

Je cours sans savoir où aller, sans but, sans motivation mais c’est la seule chose que je peux faire pour me sentir enfin vivante. Je le fuis sans remord, à ce moment précis, c’est la seule chose valable que j’ai en tête. Mes larmes coulent, je ne maitrise plus rien alors que j’ai tout fait pour les retenir jusque là. Mais il n’est plus là pour les voir. A ce moment précis, je ne sais pas ce qu’il adviendra de nous, quel avenir nous est réservé mais je ne veux pas y penser. Je veux m’éloigner, couper les liens, je veux qu’on me laisse tranquille, qu’on me laisse souffrir tranquille.

Je te déteste..

Pour m’avoir dupée et utilisée comme il l’a fait. Bien sur qu’il m’a utilisée, il s’est servi de mon amnésie à ses fins et ça, je ne lui pardonnerai jamais !! Jamais, tu m’entends Jibril !! Comment peux-tu encore te regarder dans une glace, comment peux tu encore défendre tes idées et les lois de notre peuple après m’avoir trompée de la sorte. Comment..

Je t’aime..

Non je ne t’aime plus !! Je refuse !! Je refoule mes sentiments, ils n’ont plus droit d’exister. Mes larmes me brulent les paupières et j’essuie mes yeux du revers de la manche vivement. Je réalise alors que je porte toujours ma tenue de mariée. Dratché ! Mais quelle plaie ! Me voilà partie comme ça en sillonnant les rues. Si je croise des djinns, ils vont pas comprendre, ça c’est sur. Sans réfléchir, je m’engouffre dans une bouche de métro, dévalant les escaliers en trombe, croisant des gens qui me dévisagent, qui se retournent pour détailler cette fille avec sa longue robe et ses fleurs dans les cheveux, le genre de choses qu’on ne voit pas à Seattle en général. J’évite les regards qui se posent sur moi, me focalisant sur le sol où je baisse les yeux. Je bouscule des gens, je me prends des insultes. M’en fous. Rien ne peut plus m’atteindre à présent. Je sais pas où je vais, mais j’y vais. J’ai besoin de fuir, je ne peux même plus retourner chez moi parce que je sais qu’il viendra m’y chercher.

Une rame arrive et je monte dedans sans regarder la destination. Là encore les gens m’observent et je me fais siffler par une bande de jeunes types qui rigolent en me voyant. Un doigt d’honneur bien balancé ne fait qu’attiser leur curiosité et l’un d’eux approche pour me tourner autour comme autour d’une proie. Allez viens coco, tu sais pas sur qui tu tombes, ça se voit !


- Ou tu vas comme ça jolie poupée, y’a un bal dans le quartier ?


Il se fout de ma gueule et ça fait rire ses potes. Je me détourne, il me contourne, reviens à la charge.

- Allez, fais pas ta timide, tu sais qu’on pourrait bien s’amuser.


Il me met la main aux fesses, me pelote sans gêne devant tout le monde. D’un geste brusque, je le repousse, lui faisant face en grondant.

- Lâche-moi ! Fous moi la paix, c’est vraiment, mais vraiment pas le moment !
- Ho ho !! Mais c’est qu’elle s’énerverait la jolie !!

Il m’énerve, lui aussi, et je le pousse alors contre la paroi du wagon, usant de toutes mes forces, lui empoignant les couilles à travers son jean. Un mot de plus et je lui brise.

- Dé-Gage ! Compris ?
- Hey mais ça va pétasse ! Si on peut plus rigoler !

Je ressers ma poigne et il gémit. Puis je le lâche en le repoussant, me détournant de lui. Les gens autour n’osent plus bouger, je m’en tape. Il se tire vite fait, retrouvant ses potes et moi je m’éloigne à l’autre bout du wagon. Qu’on me foute la paix, c’est tout ce que je demande !

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MessagePosté le: Lun 27 Juin 2011 - 12:11    Sujet du message: Publicité

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M'alifay Durango
Djinn

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MessagePosté le: Mar 28 Juin 2011 - 08:15    Sujet du message: Virée d'Enfer Répondre en citant

Ah! The sweet taste of Liberty!

D'un air satisfait la jeune femme se laisse tomber à la renverse, son dos à peine moulé dans une petite robe de printemps - vous savez, le genre porté par cette population de femme qui n'a pas peur aux yeux ... ni aux cuisses d'ailleurs ...
Soit, M'alifay savourait (à défaut de trouver un mot plus puissant pour qualifier cet état d'âme) à juste titre la liberté inconditionnelle qu'elle s'était vue accordée ...
Certes, quelques conditions sine qua none avaient été liées à la promesse de Kashkash, mais - en cet instant bien précis - le contrat semblait se dissoudre dans le néant ...


J'ai traqué Haarp, j'ai trouvé Haarp, j'ai baisé Haarp.
Première partie du contrat -> done.

Je pourrais m'enquiquiner à trouver ma petite protégée ... mais quelque chose me dit qu'elle ne refusera pas une journée, accessoirement nuit, en absence de ma petite présence ...
La liberté est mienne ce soir, qui suis-je donc pour contester ce qui m'est dû?!

Du haut de son perchoir, la djinn observait les tunnels dévaler à toute vitesse ... il lui avait fallu à peine l'espace d'un instant pour atterrir sur le haut de ce petit bijou de la technologie moderne ... un genre de monstre de métal avec une légère ressemblance aux vers millénaires ... ce qui, en partie, avait incité à Fay à le chevaucher ... dans ce monde qui était sien, sa condition physique lui interdisait tout mouvement autre que celui de la parole et de l'écriture ... il en va de soi que son imagination avait grandement contribué à sa survie ... de ce fait, la demoiselle était devenue - rapidement - amatrice des sports extrême, rêvassant sans limitations ... s'accordant un rodéo de la mort-qui-tu sur le dos d'un ver sablonneux ... se visualisant une chute verticale depuis le haut d'une falaise en direction du sable chaud et accueillant sans la moindre once de piste d'atterrissage ... se lovant dans les méandres de l'imagination tantôt perfide tantôt morbide ...

Il y a quelques heures de cela, la jeune femme avait déposé sa bécane - elle aussi "petite" merveille d'une technologie des plus récentes, l'avait solidement attachée au dépôt pourvu à cet effet - d'ailleurs le c*n qui s'apprêtait à poser sa patte sur son bébé n'était pas encore né; et avait sauté sur le premier métro qui s'était présentée à elle.
Le tout avait été effectué à une telle vitesse que nul figurant n'avait été témoin de la scène ... nul contrôleur n'ayant jugé utile de vérifier le haut de cet engin métallique, Fay n'avait eu qu'à s'allonger sur la carcasse neuve et savourer la vitesse qui s'éprendrait rapidement - si point goulûment de ses sens en plein éveil ...

Tout d'abord avait-elle chevauché la bête sur le ventre ... savourant jusque dans ses entrailles le ronronnement paisible de la machinerie ... attrapant le vent dans ses cheveux telle une diva pour une pub de shampooing.
Quelques arrêts plus tard elle avait changé de position, frôlant le métal de son dos - ses yeux rivés sur les canalisations multiples qui empêchaient la structure de s'échouer lamentablement ... finalement elle avait remis son casque de motard afin de suivre le parcours souterrain sous d'autres conditions sensorielles ...

Elle pensait au ver solitaire quand tout à coup une ruée d'insultes attira ses sens en plein éveil ... le métro avait pris halte et l'habituel signale sonore annonça l'ouverture des portes ...
A travers un seul et unique mouvement M'alifay se roula sur le ventre, observant les alentours depuis son champ de vision plutôt inhabituel ...

Ses sens la titillèrent à l'approche d'une jeune femme habillée de manière ... originale ... un léger sourire s'afficha derrière le masque tandis que le charisme - et l'aura - indéniable de la gent djinesque s'éprit de la scène ...
Un nouveau signale annonça la fermeture des portes et Fay colla son oreille - toujours à travers le casque de motard - contre la paroi du ver métallique ... tant bien que mal elle assistait à la conversation se déroulant quelques mètres plus bas ... son sourire grandissant à chaque nouvelle étape de trajet ...


Et alors ma chérie, est-ce là une peine d'amour que je perçois?
Ô c'est bien vilain tout ça!

Tu ne m'invites même pas à jouer! Il va falloir remédier à cela ... es-tu prête à rencontrer celle que le hasard a - si délicieusement - posé sur ta route?

Le métro prend halte ... les portes s'ouvrent ... une silhouette féminine glisse du haut de la Bête ... des conversations cessent abruptement ... un contrôleur tentant de rétablir un semblant d'ordre un peu plus loin se trouve tout à coup à court de mots ... des yeux s'écarquillent ... des bouches s'entrouvrent sans lâcher le moindre mot ... la principale concernée, quant à elle, n'en a que faire ... d'une démarche féline, elle pénètre les entrailles de la machine ... le cliquetis de ses talons pour seul accompagnateur ...

Derrière le casque, aucun pour deviner le sourire qui s'y cache ... mais la djinn doit le savoir ... la djinn doit le voir ... la distance se réduit ... les présentations s'annoncent au loin ...
Se trimballant telle la seule catin capable de porter tel accoutrement sans ressentir la moindre pellicule de honte ou encore de gêne ...
Le petit attroupement de jeunes sur le point de sortir, se retient ... observant d'un air plus que satisfait la beauté fatale qui les dépassent ... des regards nullement cachés se perdent à hauteur de son postérieur ... toujours la jeune femme n'en a que faire ... se dandinant de sa démarche aguichante jusqu'à sa future proie ...


Oui, savourez donc votre instant de bonheur ... il sera de si courte durée que vous en redemanderez sous peu ...
Je vous intrigue n'est-ce pas ... quel dommage que l'entièreté de MON attention a déjà été capturé par autrui ...

Les portes se ferment ... mais personne pour y prêter attention ... d'un mouvement lent (mais l'est-il vraiment) Fay attrape le menton de son casque et le retire ... la gestuelle qui s'ensuit afin de replacer les cheveux les plus rebelles fait irrévocablement penser à ce genre de scène seulement réalisable derrière une caméra ...
Une longue tignasse brune se dévale le long des épaules ... un casque de motard à la main ... un sourire joueur aux coins des lèvres ... tout regard porté sur elle ... le sien ... seulement rivée sur la demoiselle de son choix ...


- « Et alors joli cœur ... on est perdue? »

Viens que je te montre le vrai chemin ...
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Chezim Gidrem
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MessagePosté le: Jeu 30 Juin 2011 - 15:18    Sujet du message: Virée d'Enfer Répondre en citant

Je rumine tout ce que je peux, m’installant sur un siège d’où je repousse, avant cela, les restes d’une boisson McDo non terminée ainsi qu’une poche de la même marque toute tachée de gras dans le fond et je pose mes fesses, me tournant vers la vitre. Dehors la vitesse fait défiler les murs noirâtres, tachés du crachat des machines et ça me suffit pour me vider l’esprit. Ne penser à rien. Oublier tout. Si seulement je pouvais à nouveau tout oublier. Peut-être qu’en me jetant contre l’un de ces murs, l’effet « amnésie » opérerait à nouveau ?

Mais nous entrons déjà en gare pour le nouvel arrêt. Je ne bouge pas, fermant les yeux en appuyant mon front contre la vitre. Les gens autour de moi bougent, certains se lèvent, d’autres arrivent, montant à bord pour se faire trimbaler. C’est une perpétuelle danse de mouvements, des montées, des descentes. Une routine affreusement ennuyeuse et lassante. Un type s’assied à côté de moi et me bouscule. Il sent la vinasse et ne doit visiblement pas se laver souvent. Je lui lance un regard mauvais, terriblement mauvais, ce qui le pousse à se relever. Je ne veux personne à côté de moi, c’est pourtant clair non ?

Je croise des regards. Certains se détournent quand ils réalisent que je les épie à mon tour. Je sais très bien que ma tenue attire la curiosité. Quelle cruche je fais ! J’ai laissé mes affaires chez Jibril. Et puis il y a ce motard qui se ramène, il porte encore son casque. Enfin c’est plutôt d’ « elle » qu’il est question au vue de ses formes voluptueuses sous cette combinaison qui lui colle à la peau. Elle est plantée devant moi attendre je ne sais quoi. Je l’ignore royalement. Et puis, comme dans un film, sa main vient attraper le bas de son casque pour l’ôter, avec un geste plein de grâce, laissant ainsi se dérouler en cascade sa longue chevelure qui vient impeccablement envelopper ses épaules. Je reste un instant ébahie devant le spectacle, tout ce qu’il y a pourtant d’anodin. Cette fille est sublime, aguichante, et elle me fixe avec cette étincelle de malice qui ne laisse pourtant passer aucune moquerie de sa part. Sa voix de velours s’adresse alors à moi. Ces mots touchent mon âme sans que je ne l’autorise et ça me frustre au plus haut point.

- Non !!

Je lâche ça d’une voix rauque, presque comme un venin. Bien sûr que non, je ne suis pas perdue. Je sais très bien où je vais, je sais très bien ce que je vais faire.. pas vrai Chez’ ?

Balivernes ! Tu peux mentir à qui tu veux mais pas à toi !

Je pince les lèvres et me retiens d’ajouter autre chose. A quoi bon ? D’un signe de tête je lui désigne la place libre à côté de moi. Si ça l’intéresse, qu’elle la prenne. Mais je ne la force pas. Et qu’elle compte pas sur moi pour lui faire la conversation. Encore moi pour lui confier mes soucis du moment. J’ai pas besoin d’un psy, ni d’un confident. Pourtant c’est bien connu qu’il est plus évident de pleurer sur l’épaule d’un inconnu qui nous jugera pas.

Je détourne les yeux vers la vitre, reportant mon attention sur les gens dehors qui s’éloignent à mesure ou la rame reprend son cours. Pourquoi je me sens si misérable alors, hein ?


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M'alifay Durango
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MessagePosté le: Ven 1 Juil 2011 - 08:21    Sujet du message: Virée d'Enfer Répondre en citant

Fay n'avait jamais apprécié les relations entre congénères ... du moins n'en avait jamais eu l'occasion ...
Sa condition déplorable dans l'autre monde ... ce parent tacheté de noir comme la brebis galleuse qu'il était ... ce frère insupportable qui menait la belle vie ...
Non ... dans cet univers qui était sien - qui l'avait été depuis si longtemps, et qui ne cesserait jamais de l'être - la jeune femme n'avait pour seul compagnon de solitude que l'étendue sableuse ... encore ... toujours ... éternellement ...
Dans cette réalité qui était sienne, il n'y avait guère de place pour l'amitié ... pas plus que pour les rencontres anodines ... Zirbal, lui, avait de tas d'anecdotes à exposer à qui voulait l'entendre ... des rencontres grandiloquentes ... des virées soûlantes ... des nocturnes incessantes ...

Fay avait tenté de s'y incruster en s'accordant une proximité avec un seul et unique autre djinn ... cela n'était qu'un jeu ... une futile broutille dans le but de blesser ce frère qui l'exaspérait tant ...
Cela s'était résumé à un fiasco sans bornes ... il n'y avait trouvé qu'un plaisir physique - et encore, pouvait-on parler de tel dans les conditions qui avaient mené à l'échange corporel? ... il voulait rendre Zirbal jaloux ... et elle ... elle elle voulait le voir souffrir! Ramper comme elle-même avait obligé de le faire durant cette éternité sans nom!
Il n'était rien pour elle ... pas plus que lui ne représentait à ses yeux ...

Néanmoins ... il avait été le seul à envisager sa compagnie ...
Quelle inévrance donc que celle de rencontrer l'autrui! Celui qui rampe et qui pleure, celui qui pue et qui rit, celui qui vit et qui meurt ... celui qui juge, mais ne peut s'empêcher se contredire dans le principe même de ce mensonge par omission ...


Ah, joie que l'humanité!

Tu me juges pour mon physique ... même si tes paroles tentent de persuader ton esprit du contraire, je vois bien ton anatomie répondre à mes avances!
Ne cache point ta timidité, savoure donc ce que je ne t'offrirai jamais!

Il en aurait été différemment si des roues avaient porté ma féminité, n'est-ce pas?
Ne répond pas, ta réponse risque bien de mettre un terme à ta contemplation!

Ici-bas on la regardait ... on l'observait ... on la déshabillait du regard ... et c'était bon! Tellement bon!
Ici-bas, la djinn était femme! Un esprit rebelle enfermé dans le corps d'une déesse ...
Ici-bas, le vampire était Roi ... l'homme son esclave dévoué ... et Fay ... une Reine autoproclamée!

Elle n'avait guère eu l'occasion de côtoyer des confrères - laisse tomber les consœurs - à tout va, et pourtant ... pourtant il ne lui avait fallu qu'un simple et unique regard pour déchiffrer la divine présence de cette jeune femme sur le point de subir l'humiliation vestimentaires ... si ce n'était déjà fait ...


N'aie pas peur joli cœur, je ne vais pas te juger pour si peu voyons!
Porterais-tu encore des épines de cactus sur une couronne du Christ, pense bien que tu n'aurais pu échapper à mon envie de jouer!

Je veux savoir qui te fait pleurer! Je veux l'entendre de tes lèvres! Je veux le lire dans tes yeux! Je veux t'offrir un nouveau monde! Et je le veux maintenant!

M'alifay appréciait ouvertement la réaction suscitée auprès de son interlocutrice ... les mots blessent ... s'incrustant là où la plaie suinte toujours ...
La jeune femme sourit ... elle sait bien que la parole n'est que vaine tentative de l'esprit pour brouiller l'indéniable ...


Ô que si ma jolie, et tu viens à l'instant de confirmer tes propres incohérences!
Plus moyen te t'échapper désormais, je vais faire de toi une femme! Une vraie!
Et que cela te plaise ou non ... tu y deviendras vite accro!

Une moue boudeuse ... un léger signe du menton ... le regard se détourne ... les portes se ferment une nouvelle fois ... l'émeute - ou encore la "curiosité" - créé par l'apparition miraculeuse - miraculée - de la motarde ayant suscité beau nombre de question à l'attention du responsable de la sécurité ...
D'ailleurs, du coin de l'œil Fay le voit monter dans le métro par la même porte qu'elle avait emprunté quelques instants auparavant ... cela s'avérait prometteur ... très (!) prometteur ...


Approche mon chou, la demoiselle ici aura besoin d'un petit remontant.

D'un mouvement souple la djinn prend place aux cotés de sa consœur, dépose son casque à terre à travers une gestuelle aussi délicate qu'elle pourrait faire des envieux, redresse le dos, le pose contre le dossier prévu à cet effet et - tel un adolescent amoureux dans ces films en noir et blanc qui finissent toujours en bain de sang - glisse son bras droit dans la nuque de sa compatriote ...

A peine le temps de lui laisser savourer l'effet de surprise que déjà la protagoniste première replie audacieusement son genou droit par-dessus son jumeau gauche ...
Les regards se posent inlassablement sur ses jambes sans fond ... silence totale dans le wagon tandis que le contrôleur continue son approche déterminée ...

C'est alors une voix suave qui se matérialise ... point sous forme de murmure ... mais guère suffisamment chargée en tonalité que pour permettre à tout autre que la deuxième djinn de savourer son contenu ...


- « Inutile de mentir mon chou, ça dégouline de ton visage. »

- « Accordes-moi au moins un sourire et tiens-toi droite, nous avons de la visite dionné! »


Le bras droit toujours enroulé autour de la nuque de sa voisine ... l'épiderme tiède de la première effleurant sans gêne la même température de la deuxième ... un indice codé au cas où le message de proximité aurait failli à son devoir de révélation.

Ne te voile pas la face mon cœur, tu sais très bien qui je suis!

- « Hum ... mesdames ... »

Sourire sincère ... sourire joueur ... sourire aguicheur ...

- « Monsieur? »

Joue le jeu chère djinn, nous savons toutes deux que tu en meurs d'envie!
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Chezim Gidrem
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MessagePosté le: Ven 1 Juil 2011 - 14:01    Sujet du message: Virée d'Enfer Répondre en citant

Je me sens ridicule dans cette tenue. Il n’y aurait pas tant de monde ici, je crois que j’aurai tout viré, quitte à me balader sans rien, mais ça ne se fait pas, pas dans ce genre de monde. Je lâche un long soupir de désolation, laissant glisser de nouveau mon regard jusqu’à elle, toujours là, toujours à attirer les regards. Au moins, en cet instant, on m’oublie. Mais quel tableau doit-on faire là ! La déesse et la … là quoi au juste ? Mariée ? Fichtre, quelle ironie !

Elle s’installe contre moi, avec classe. Tout le monde autour est sous le charme (les hommes au garde à vous ?) et son corps brulant frôle le mien. Cette fille est une bombe, un détonateur près pour tous les vices. Une drôle de sensation m’envahit, comme un frémissement qui court sur ma peau. Jamais une humaine ne m’a fait cet effet-là. Elle s’installe, croise et dévoile ses longues jambes nues sous les yeux des badauds qui suivent la scène tous de la même manière. Je sens son bras se loger derrière moi et venir se caler contre ma nuque, sa peau brulante contre la mienne. Dratché ! Serait-ce ?..

Je lui jette un léger regard en coin alors qu’elle me susurre ces mots, confirmant mes doutes sur son origine, m’annonçant cette visite dont je n’avais rien perçu pourtant. Un rapide regard en direction du couloir me confirme la venue de l’agent de la compagnie qui joue les caïds, le regard sombre et menaçant, semblant insuffler la terreur à quiconque voudrait s’interposer ou frauder. Quand elle prononce le nom de Dionné, un frisson aigre me foudroie la colonne vertébrale, me rappelant en écho, la manière dont Jibril prononce ce mot typique de notre monde. C’est un électrochoc. Je chasse mes idées et me redresse sur mon siège, cambrant mes reins, bombant le torse, laissant un sourire enjôleur ourler mes lèvres à la venue de cet homme qui nous matte comme des vulgaires morceaux de viandes.

Je me colle à elle, me lovant contre son corps de déesse et mes doigts s’égarent sur cette cuisse dénudée, tout en fixant le type dans les yeux. Que je regrette de porter ces habits au lieu de n’avoir comme elle, une tenue désinvolte. Mais je lui fais les yeux doux à ce type tandis que mes doigts jouent de ce contact aphrodisiaque.


- Vous avez vos billets ?..

Il mate la scène, il en salive, comme ce gros porc qu’il est. Je ne le lâche pas des yeux. C’est dingue ce pouvoir qu’on peut avoir ainsi. Son rythme cardiaque s’accélère à mesure que je remonte ma main. Il transpire, il bande déjà ce vieux dégueulasse. Mon index joue sur le rebord de cette jupe si courte, disparaissant parfois dessous, le laissant imaginer le reste. Il humecte ses lèvres, passant sa langue dessus alors que son esprit pervers échafaude déjà tout un tas d’images plus lubriques les unes que les autres. Le pouvoir de l’imaginaire dans des situations pareilles.

- Nos billets ? Et bien c’est que..

Là je suis loin de la réalité, ne sachant plus comment on se les procure. Dans les bras de cette fille électrique, je me laisse porter par ce jeu subtil et délicieux qui bride mon esprit de tout le reste. Je ne suis plus Chezim, je ne suis plus cette jeune mariée, ni même la fille de mon père. Je ne suis qu’à elle pour faire tout ce qu’elle veut. Je me tourne vers elle, la dévisageant, me perdant dans son regard sombre et envoutant. Son souffle court sur mes lèvres, je m’en imprègne, je le bois comme un élixir délicieux.

Ma main se détache de sa cuisse et remonte sur le blouson, trouvant la petite pièce métallique qui guide la fermeture que je fais doucement descendre. Je ne réfléchis pas, je suis mes envies, ses envies, ce qu’elle m’insuffle, ce qu’elle fait naitre en moi. Je suis sa Dionnée ce soir.


- Hum.. vous.. enfin Mesdames !

La gêne s’entend au ton de sa voix et je suis sure pourtant qu’il n’en perd pas une miette. Il espère même plus, que ça ne s’arrêtera pas là. Oh oui, en bon voyeur qu’il est, c’est aux premières loges qu’il assiste à cette scène bien plus réaliste que tous les pornos qu’il peut se taper le soir, tout seul chez lui. Mais ce soir, son esprit sera tellement échauffé qu’il n’aura besoin d’aucun film pour se branler comme un fou.

Lentement, si lentement que ça en est presque imperceptible, je me rapproche d’elle, mêlant mon souffle au sien, les entrelaçant comme nos regards le font depuis déjà un moment. Ma langue s’invite au jeu, venant lécher délicatement cette lèvre inférieure. Sublime. Torride. Si douce, si fruitée qu’on aurait envie d’y mordre, de se l’approprier. Mes doigts trouvent sans mal le chemin de sa peau, s’invite sous le cuir, disparaissent du monde et de ses rapaces qui les observent pour trouver, en huis clos, la rondeur d’un sein dont je sais déjà que l’envie d’y mettre le nez me démange.

Elle m’obsède, elle me déstabilise. Mais le jeu est lancé, je ne peux plus reculer.

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M'alifay Durango
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MessagePosté le: Ven 1 Juil 2011 - 22:39    Sujet du message: Virée d'Enfer Répondre en citant

L'approche avait été audacieuse ... dénuée de toute forme de gêne et en même temps du moindre scrupule ...

Comme certains vivent au jour le jour, Fay vivait de minute en minute ... improvisant en fonction des informations récoltées ... des rencontres faites ... de l'introduction perpétuelle de nouveaux protagonistes ...

Cette jeune femme aurait aussi bien pu lui refuser la proximité ... continuer à lui cracher son venin ... quitter son emplacement et laisser le métro vide ...
M'alifay aurait su y répondre ... et peut-être l'aurait-elle même fait ... mais l'accord de partage avait été émis à l'instant précis où le menton avait acquisé de ce léger - infime - mouvement positif ...


Tu tentes peut-être de te voiler la face joli coeur, mais tu ne peux échapper au sens d'observation d'une pro de l'esquive!
Tu rêves de poser tes pas dans les miens, n'est-ce pas?
Ce regard ébahi - à la fois surpris et envieux - que tu m'as lancé ... échanger nos places ... nos rôles ... l'espace d'un éphémère instant à peine ... tu le veux ... tu me veux ...

Et bien, figure-toi que je suis d'humeur à partager aujourd'hui ... je t'accorde ton souhait à condition de m'offrir un sourire en retour!

La scène se déroule de manière on ne peut plus naturelle, à peine la djinn a-t-elle glisse son postérieur sur l'emplacement prévu à cet effet que les regards se posent sur la position empruntée par les jambes ... la curiosité grandit tandis qu'un bras s'aventure dans la nuque d'un protagoniste que tous ici présents croyaient inconnu ...

Fay n'en a que faire ... il suffirait à son interlocutrice d'une seule parole pour recréer la distance tant convoitée ... il suffirait d'un regard à peine pour mettre un terme à cette future conversation ...


Mais tu ne le veux pas n'est-ce pas?
Je t'intrigue au même degré que je te rebute?

Tu frisonnes tandis que mon épiderme tiède caresse ta nuque ... est-ce du dégoût ... de l'envie ... ou bien autre? Ô moi je le sais ma chérie ... mais qu'en est-il de toi?
Es-tu prête à jouer avec le feu? Et si tu t'y brûlais?

Pour ma part j'ai fait mon choix ... à toi et toi seule d'assumer celui que tu t'apprêtes à emprunter à ton tour ...

Les paroles invoquées semblent trouver acquéreur ... le temps d'un frison qui se transmet à travers le contact physique ... le corps se redresse ... un sourire naît ...

Lentement M'alifay détourne un regard amusé jusqu'à croiser la stature hautaine de celui qui ose interrompre les présentations officielles ... cette intrusion aura un prix digne de ce nom ... reste à découvrir comment il sera transmis au principal responsable ...
Le sourire semble contagieux, car déjà un même degré de complaisance s'affiche sur les lèvres de la protagoniste première lorsque la voix rauque du contrôleur semble quelque peu coincée dans sa gorge ...


Les hommes ... si le Créateur n'avait daigné les créer, on aurait dû les inventer!

La scène devient plus intéressante tandis que la demoiselle à droite s'invite à la proposition de jeu ... de manière faussement innocente elle se colle à sa consoeur, n'hésitant guère à rechercher un contact physique plus important ... plus imposant ... et finalement ... plus aguichant ...

La djinn n'émet aucune contestation, laissant les doigts de velours de sa compagne d'une nuit flirter ouvertement avec son anatomie à disposition ...
Ses prunelles enflammées observent inlassablement la réaction de l'homme responsable de cette petite scène ... ses pensées se voilent quelque peu ... bien que toujours cohérentes, ses paroles semblent avoir du mal à se matérialiser sous forme audible ...

Tandis qu'il expose la seule question repris dans son répertoire professionnel, Fay laisse divaguer son regard vers les alentours ... tant hommes que femmes observent la scène avec un certain intérêt ... certains - prioritairement certaines - se montrent quelque peu choquées et détournent le regard ou continuent tout simplement une quelconque occupation vacante ...
La plupart, néanmoins, se montrent plus enclin à suivre de près ce petit épisode de pure improvisation ... quitte pour cela à rater un arrêt et reprendre le trajet en sens inverse par la suite ...


L'envie est un péché aussi vile que la jalousie mes amis ... prenez garde, le serpent rode ... et il n'y a qu'une pomme à croquer!

Fay reporte son regard sur la scène actuelle tandis que les doigts de sa partenaire s'aventurent plus encore en terrain interdit ... s'ensuit un échange visuel d'une intensité que la deuxième protagoniste semblait visiblement peu habitué à recevoir ... une complicité inconditionnelle ... carte blanche quant à la suite des événements ... confiance aveugle entre deux êtres qui se sont totalement inconnus ... ou du moins, en grande partie ...

Un rapide - très rapide, trop rapide - mouvement de la main gauche et déjà la djinn expose deux billets de voyage dans sa main ... sans jamais avoir lâché du regard sa compagne de jeu ...
Seule cette dernière avait pu assister à la scène ... l'exposition d'un don qui se voulait seulement autorisé dans le but de venir en aide à un humanoïde ou encore à combattre un enfant de la Nuit ... ici- en cet instant bien précis - il n'y avait que le plaisir de deux jeunes femmes à combler ...


Du vol?
Certes ... mais m'en tiendras-tu rigueur pour autant?

L'homme n'a pas remarqué le petit manège ... ses yeux buvant avidement la scène ... ses pensées se rejoignant irrévocablement à hauteur de son caleçon ...
Son souffle se coupe un instant tandis que la main de la mariée quitte son emplacement afin de venir se lover un peu plus haut ... la veste en cuir semble prendre une éternité à s'ouvrir et pourtant ... si ce décalage temporelle n'avait existé ... sans le moindre doute l'entièreté de la scène aurait perdu en intensité ...

Toujours aucune forme de répulsion ... M'alifay se laisse volontiers "peloter" par sa voisine ... leurs regards à peine concentrés sur ce troisième protagoniste qui faisait plutôt office de figurant ...


Attention jeune fille ... il y a un prix à la liberté que je t'accorde ... tu n'es sans l'ignorer, je le sais ... tu le sais ... et pourtant tu ne peux t'empêcher de continuer ...
Quand viendra mon tour de jouer ... sauras-tu accorder un fair-play?

La distance entre les deux visages se réduit ... le souffle tiède des deux demoiselles se rencontrant et s'entrelaçant dans un subtil ballet aérien invisible et pourtant omniprésent ... la main se veut plus aventureuse ... plus entreprenant ... s'invitant sans gêne sous le cuir ... y effleurant goulûment l'épiderme tiède toujours caché par le haut de cette petite robe moulante ...

Le coeur de l'homme toujours debout - d'ailleurs, est-ce que cela ne relève guère du miracle? - s'arrête un instant ... ses lèvres légèrement entrouvertes ... la salive s'accumule dans la cavité ... son esprit n'est que pudding tandis qu'il s'imagine déjà la suite des événements ...


Pas si vite coco ... tu ne croyais quand même pas qu'on allait t'offrir ce repas de Maître sur un plateau d'argent et ne te demander nulle compensation en retour?

Wake up mon chou, tu vies dans la mauvaise époque ... et tu causes aux mauvaises filles!

Le métro prend halte ... un premier signale sonore annonce l'ouverture des portes ... Fay affiche un sourire joueur ... à travers une gestuelle qui ne relâche jamais en sensualité, elle attrape la main aventureuse de sa compagne, épluche son casque du sol de l'autre, se redresse et entraîne la demoiselle vers la sortie.
Un dernier regard aguicheur à l'attention du seul qui ne semble pas remarquer ce qu'il y a lieu de faire dans pareille condition de totale humiliation érectile ...


- « Mais enfin monsieur ! »

Tandis que le rouge monte irrévocablement aux joues du contrôleur, les deux jeunes femmes quittent le wagon dont les portes se referment sans avoir laissé échapper la moindre autre personne de ce petit cirque ébahi …
Sans un mot Fay entraîne sa consoeur à traverser le quai jusqu'à atterrir devant une porte s'ouvrant sur le métro partant en sens inverse.
Quelques pressés de la vie sortent en bousculant à tout va ce qui barre leur chemin … la djinn n'y prête aucune attention, se glissant aisément dans le monstre de métal, sa partenaire de fuite à ses trousses …

Nouveau signal sonore … les portes se ferment … les passants s'organisent … puis tout à coup … M'alifay agrippe d'avantage le poignet de l'inconnue, resserre sa poigne, l'envoie brusquement valser dans une paroi adjacente … se glisse contre elle, une jambe coquine s'invitant à l'entrejambe de la partie adverse … les corps se frôlent … les souffles se délectent une nouvelle fois l'un l'autre … le temps semble se figer … une nouvelle fois les regards se tournent … seuls quelques remarques de personnes plus âgées pour rompre le silence – lui aussi temporel ...


Time to pay Dionné !

- « Action ou vérité joli cœur ? »
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Chezim Gidrem
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MessagePosté le: Sam 2 Juil 2011 - 11:01    Sujet du message: Virée d'Enfer Répondre en citant

J’oublie le contrôleur, j’oublie le monde alentour, je ferme même les yeux un instant, me laissant porter par cette ivresse nouvelle et follement enivrante. Le temps peut bien s’arrêter ici que je n’en bougerai pas plus. Je suis à elle et elle le sait. Mais elle finit par bouger, légèrement certes, mais suffisamment pour rompre le charme, du moins, mettre sur pause l’instant car je sais bien que cela ne s’arrêtera pas là. Le métro ralentit et les lumières envahissent le wagon quand nous entrons en gare. La vitesse s’estompe peu à peu, le signal annonce l’ouverture imminente des portes et je me détache légèrement d’elle, ma main inquisitrice retrouvant le chemin inverse. Le contrôleur est toujours là, planté devant nous, avec cette expression de béatitude niaise.

Elle attrape cette main, comme pour ne pas qu’elle se sente coupable, et se lève, récupérant son casque au passage. Contrainte de la suivre, je ne me fais pas prier, croisant une dernière fois le regard du type qui affiche une mine déconfite, comme un enfant à qui on enlève un nouveau jouet. Mais déjà elle nous entraine dehors, oubliant ce wagon, ce public, nous fondant dans la foule grouillante pour en trouver un autre qui part dans l’autre sens. Je ne réfléchis plus, je la suis sans crainte. On ne se connait pas, mais elle est sait déjà tellement de moi.

Nouveau Wagon, nouveau public. Je me retrouve vite fait plaquée contre une des parois, elle contre moi. Nos corps se retrouvent, s’attisent à nouveau. Ce genou qui se glisse contre moi, comme une prise de pouvoir, comme un dominant qui s’impose fait naitre en mon ventre une nuée de papillons délicieux. Nos souffles se trouvent à nouveau, se cherchent, se frôlent, se désirent sans dépasser pourtant cette barrière invisible. J’entends une dame se plaindre du manque de savoir vivre des jeunes d’aujourd’hui. Un gamin demande innocemment, à sa mère surement, ce que font les dames avant que cette dernière le réduise au silence par des chuchotements appuyés. Des gens toussent, se raclent la gorge mais les conversations finissent par se taire. Les regards sont vrillés sur nous, je le sens et pourtant, je ne la quitte pas des yeux.

Action ou Vérité ?

Mes mains ont trouvé refuge contre ses bras, caressant, pressant le cuir de son blouson. Ma respiration se perd, saccadée. Chaque bouffée inspirée n’est que le fluide de son souffle brulant qui me gagne et me réchauffe de l’intérieur. J’ai le cœur qui s’emballe à tout rompre. Je sens ce vide en moi, ce besoin de possession, ce besoin indéniable de comblement. Mon estomac est un vertige sans fond et je me raccroche à elle pour ne pas sombrer.

Action !

Prends-moi, toi l’inconnue du métro, toi qui se tiens sur ma route. Prends-moi comme l’amante d’un soir, pour me faire oublier ce qui me ronge aujourd’hui. Prends-moi et aimes-moi, comme tu n’as jamais aimé personne, comme si c’était la dernière fois !

Vérité !

Tu n’es pas sans savoir qui je suis, mais pourtant tu ne sais rien de moi. Nous sommes semblables et si différentes à la fois. La vérité doit inévitablement se faire entendre à un moment ou à un autre, au risque sinon de nous engloutir à jamais. Je ne veux pas sombrer. Je ne veux pas disparaitre. Et pourtant que suis-je aujourd’hui ?

Alors ?

Le temps s’est figé dans ce wagon. Nous restons accrochées au regard l’une de l’autre, à la respiration l’une de l’autre qui devient notre propre oxygène. Mes doigts glissent sur le cuir, se rapprochent de sa gorge, agrippent l’encolure comme si ce geste m’était devenu vital. Je l’attire contre moi, l’agrippant ainsi pour qu’elle se rapproche encore. L’espace qui nous sépare se restreint à mesure que je l’attire, pour finir si minime que nos lèvres se frôlent à présent. Pourtant je ne l’embrasse pas encore. Je reste perdue dans ses yeux à effleurer sa bouche de la mienne. C’est un murmure qui m’échappe enfin, un murmure qu’elle seule peut entendre.

- Action..
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MessagePosté le: Mar 5 Juil 2011 - 08:01    Sujet du message: Virée d'Enfer Répondre en citant

Tout acte semblait minutieusement calculé ... et pourtant ... pourtant il n'y avait là que fébrile improvisation de dernière minute ... rien ici-bas n'était acquis ... si ce n'est la certitude de l'incertitude!
Tout aurait pu se passer de manière bien différente ... la protagoniste sans nom aurait pu aller trop loin ... ou pas assez ... regretter l'un ou assumer l'autre ... l'homme aurait pu vaciller, tomber et finalement se vider en pleine foule métropolitaine ... un quelconque quatrième protagoniste aurait pu s'incruster ... briser la scène ou la clamer pour sienne ...

Il n'en était rien ... la seconde djinn avait accepté de frôler les limites de l'interdit sans jamais les outrepasser ... l'homme avait réussi à maintenir un semblant d'équilibre même si son caleçon devait en penser autrement ... les spectateurs avaient fait honneur à leur rôle de figurant ...

Ici-bas, qui plus est en cet instant bien précis de la réalité (!), il n'y avait qu'un seul et unique Maître du jeu ... un seul et unique pion indispensable à la réussite de la partie ... une seule reine digne de porter la couronne ... qu'en aurait-il si tous avaient découvert qu'elle ne réagissait qu'une fonction d'un simple fruit du hasard? ...


Bien sûr!
Il en va de soi - de Soi - que les règles se déroulent à travers un magnifique chaos organisé!
Ne le voyez-vous point? Je n'agis qu'en simple réponse au plus simple principe qu'est celui de l'action-réaction ... néanmoins, à l'instar de vous tous ici présent, je le fais naturellement! Sans me poser de question! J'accepte et j'assume!

Et si je me plante? Ô vous verrez bien ce qui se passera tôt ou tard mes jolis!

Les portes se referment ... les regards se détournent ... une nouvelle fois ce couple pour le moins atypique se retrouve au centre de l'intérêt ...
D'un côté le chasseur ... de l'autre côté sa proie plus que consentante ...

D'une gestuelle sensuelle, les corps s'emboitent ... le genou de M'alifay venant même à effleure illusoirement l'entrejambe de sa consœur ... l'érotisme est indéniablement présente ... reste à découvrir à quel degré elle sera acceptée ... et finalement assumée ...


Dis-moi tout joli cœur ...

Cette position te rebute n'est-ce pas? Tu n'es pas sensée apprécier ce que je t'offre et pourtant ... pourtant tu en redemandes! Je sens ton épiderme frissonner sous cette proximité que je te propose ... et que je finis irrévocablement par te refuser ...

Tu ignores quelle attitude adopter ... m'accorder ce contact dont tu te persuades que je suis l'initiatrice ... ou me repousser car tu n'es point sensée réagir de la sorte ...
Dis-moi joli cœur ... qu'est-ce que le mot "sensé"? Est-ce celui qui t'offrira le baiser dont tu te languis ... ou, au contraire, cette répulsion qui devrait exister entre nous?

Je t'effraie et je t'attire ... tu me méprises et pourtant tu me veux ...

Dis-moi tout ... veux-tu vraiment m'entendre exprimer à voix haute ce que ta conscience te dicte?

Comme par instinct les mains tièdes de l'inconnue viennent se poser sur les avant-bras recouverts de cuir ... une légère pression ... comme un besoin de confirmer la scène actuelle ...
Est-elle vraiment sur le point de s'adonner aux joies de l'inconnu ... est-elle vraiment callée contre une paroi de métro sur le point de se faire sauter par une personne qui sait si peu et tellement à la fois ... est-elle vraiment en train d'envoyer royalement balader tous les préjugés qui se font murmure au loin ...

Tant de questions et si peu à la fois ... seul compte ... l'instant présent ... celui où une personne sait ... et ou l'autre doit deviner ... doit découvrir ... doit décider ...
Fay connait l'enjeu de chaque proposition ... un léger sourire s'affiche sur son visage tandis que les lèvres se rapprochent d'avantage ... ne laissant plus qu'un fin filet aérien comme barrière invisible ...
Il lui suffirait de se pencher quelque peu pour accorder le contact évoqué ... mais est-ce vraiment lui qui offrira rédemption à cette âme en peine?


Action? Dis-moi tout joli cœur! Me veux-tu rien que pour toi? Ici? Tout de suite? Devant tout le monde et sans la moindre gêne?

Vérité? Dis-moi tout joli cœur! Qui a brisé le tien? Quel est son nom? Quel est son motif? Que désires-tu plus que tout en cet instant bien précis? Le faire payer pour cette souffrance ... ou lui en offrir d'avantage?

Action? Veux-tu aller plus loin? Corrompre ton âme et la modeler à mon image? Echanger nos rôles et vivre ma vie l'espace d'un éphémère instant?

Vérité? Veux-tu savoir qui je suis? Pourquoi je le suis? Et ce que je fais ici? Ce qui me motive à répondre à ton appel? Ce que je demanderai en échange? Et ce à quoi je pense en cet instant bien précis?

Action? Passion? Dérision? Perdition?

Vérité? Réalité? Loyauté? Sincérité?

Dis-moi tout joli cœur ... ce soir, je ne suis rien qu'à toi!

Prise de pouvoir à niveau de l'encolure de la veste en cuir ... rapprochement ... proximité ... ralentissement temporel ... arrêt sur image ...
Sourire ... choix!


J'accepte!

Un léger mouvement ... à la fois interdit et impératif ... Fay entrouvre légèrement les lèvres ... elle se mord la lèvre inférieure ... le choix offre une panoplie de projections ... qu'elle est donc la bonne ... comment savoir ... et - prioritairement - est-ce vraiment indispensable de bénéficier de cette information?

Never!

Le visage de la djinn bouge légèrement - lentement ... les lèvres tièdes effleurant l'épiderme de la joue gauche de la compagne ... jamais aucun constant ... si ce n'est à hauteur de l'oreille gauche, où les lèvres prennent halte et exaltent leur souffle tiède jusqu'à titiller l'ouïe de la demoiselle toujours sans nom ...

- « Déshabille-toi ... »

Le souffle ralentit ... accompagne chaque syllabe évoqué ... l'enduit d'une fine pellicule de sensualité mielleuse ...

- « ... et je t'offre mon blouson en guise d'éternel souvenir ... »

Un léger - éphémère - contact ... les lèvres brûlantes se déposent l'espace d'un infime - infâme - instant sur le lobe de l'oreille ... un baiser de velours ... pour une action digne de ce nom ...

Peur? ... Tu n'as qu'à t'imaginer ce que tu me demanderas en retour joli cœur!
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MessagePosté le: Jeu 7 Juil 2011 - 18:15    Sujet du message: Virée d'Enfer Répondre en citant

Deux corps qui se cherchent, qui s’attisent et qui se refusent pourtant. La situation est digne d’un arrêt sur image. La djinn, bien qu’elle m’a parfaitement entendu, ne réagit pas vraiment, laissant encore cet instant perdurer. Puis sa bouche s’échappe et glisse sur ma joue, mêlant ivresse et frustration. Je ferme les yeux, comme pour la retenir encore mais elle poursuit sa route, gagnant mon lobe.

Déshabille-toi !

Quoi ? Ici ? Maintenant ? Devant tout ce monde qui nous observe ? Le trac me prend aux tripes, aussi fort que le désir qu’elle a fait naitre. Cette situation est intolérable, pas digne d’une djinn tout juste mariée. La raison reprend le dessus devant cette demande digne d’une insubordination sans nom. Je me crispe, je me tends. Rouvrant les yeux, je jette un regard par-dessus son épaule, trouvant ces visages tournées vers nous, certains attendant la suite avec impatience. Non je ne peux pas. Mes mains ne lâchent pas son blouson et quand elle me murmure qu’elle me l’offrira en souvenir, un vertige vaporeux brouille ma conscience. Je l’ai voulu ce jeu, je l’ai voulu, elle alors qu’est ce qui te retiens Chezim ?

Jibril ? Où est-il l’amoureux éperdu ? Qu’est-il devenu ce jeune homme qui te promettait une belle vie ? Souviens-toi qu’il est mort quand il a voulu te tuer. Souviens-toi de son regard en te regardant mourir. Souviens-toi des mensonges, souviens-toi de la supercherie.

Le temps passe, il est trop tard.

Il est perdu, tu l’as perdu, comme il t’a perdu.

Le temps passe, passe à autre chose.

Affronte l’avenir, oublie le passé. Tourne cette page. Profite du moment qui s’offre à toi, Chezim !

Mes doigts relâchent le cuir alors qu’elle effleure mon lobe de ses lèvres, prodiguant des caresses exquises. Je suis déjà à elle, elle le sait comme elle sait que je ne me défilerai pas. Mes doigts glissent sur moi, entre nous, trouvant la ceinture qui noue ma taille et lentement, je la déroule, parcourant le chemin inverse que les mains des jeunes femmes du temple qui avaient pris grand soin de prendre pour enrouler ma taille. Peu à peu, les plis se défont, le tissu se relâche et je finis par le laisser tomber à terre. Cette tenue n’est qu’un drapé qui ne tient que par les épaules. Dénuée de toute ceinture, les pans pendent sur moi et volent au vent. Mes dessous ne sont guère cachés, se dévoilant à la vue de ceux qui oserait y risquer un regard.

Je me cambre, m’adossant contre la paroi froide et métallique. Elle se recule légèrement, juste du visage pour m’observer car nos corps sont toujours emboités l’un sur l’autre. D’un geste lent, je dégage mes épaules, faisant glisser en arrière les drapés serrés qui tombent alors de tout leur poids derrière moi, à moitié coincés entre mon corps et la paroi. Quelques sifflements admiratifs se font entendre. Il ne doit pas être courant de voir une fille en dessous – assez sexy, je vous l’accorde – dans le métro. D’autres murmures, plus désapprobateurs nous parviennent aussi, les femmes surement, d’un certain âge aussi, n’apprécient guère le spectacle. Il me semble même que certaines se lèvent pour changer de place, au dire des protestations d’enfants qui montent, n’appréciant pas visiblement qu’on leur enlève leur distraction du moment alors qu’un brouhaha léger, mais palpable témoigne de l’agitation qui gagne notre public.

Je m’en fous, qu’ils pensent ce qu’ils veuillent, je m’en fous.

Je suis là, dans une rame de métro, à moitié nue, coincée entre une paroi métallique et le corps brulant d’une femme qui n’a d’yeux que pour moi. Mes mains glissent sur ses bras, suivant leur courbe avec délicatesse, effleurant ce cuir presque outrageusement, gagnant ses poignets fins et gracile, trouvant ses mains chaudes et gourmandes que je remonte sur moi, venant les déposer sur mes rondeurs de femmes encore cachées de dentelle, sans détacher les miennes de siennes. Je les maintiens ainsi, les cajolant contre ma peau, ses paumes se lovant à merveille contre mes seins.

Je la regarde alors avec insistance et un léger sourire étire le coin de mes lèvres.


- Action ou vérité ? !

A mon tour de jouer chérie !

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MessagePosté le: Lun 11 Juil 2011 - 09:44    Sujet du message: Virée d'Enfer Répondre en citant

- « Déshabille-toi »

Les mots avaient été de velours ... portés par un murmure à peine perceptible ... un ordre à peine deviné ... susurré à la seule et unique attention de cette jeune inconnue qui devait en rêver secrètement ...

Son souffle se voulait saccadé ... comme si ... comme si lui aussi ignorait quelle position adopter ... quelle réaction invoquer ... quel illicite effleurer ...
Le cœur rate un battement tandis que la réalité de l'offre se matérialise et se glisse - sournoisement - jusqu'à cette infime partie de conscience qui réussit à survivre malgré les conditions arides ...

L'épiderme frissonne sous le souffle tiède - brûlant? - de la djinn ... le corps réagit favorablement à l'appel ... mais l'esprit proteste et engendre un silence à la fois agréable et oppressant ...
Tandis que les mots prennent forme dans les pensées de sa consœur, M'alifay se contente de savourer cet instant de proximité interdite ...


Je ne connais peut-être pas ton pseudonyme joli cœur ... mais je sais qui tu es ... et je sais ce que représente ma demande ...

Croyais-tu donc vraiment au terme "anodin" dans cette rencontre ... si nous nous trouvons ici - en cet instant bien précis - et dans cette position pour le moins dérangeante ... ne crois-tu guère qu'il y ait une raison à rechercher?

Le grand Kashkash n'aurait jamais daigné approuver cette rencontre si il n'y avait point une quelconque morale à en tirer ... et tu le sais aussi bien que moi ...
Je reconnais la robe que tu portes ... même si jamais elle n'effleurera mes propres épaules ...
Mon éternité sableuse m'a permis d'apprendre beaucoup ... et de mépriser encore plus ...

Je sais ce qui t'amène ici ma jolie ... j'en ignore simplement la raison ...
Si IL t'a fait pleurer ... permets-moi de te retirer cette charge blanche et t'offrir un sourire en retour ...

A toi et toi seule de décider joli cœur ... lui ... ou moi ... moi ... ou lui ...

Le temps se fige ... la djinn semble perdue en pensées tandis que son corps réagit de plus belle à la proximité de sa consœur ... le souffle tiède qui caresse sa nuque ... le genou brûlant qui effleure son entrejambe ... le cuir de glace qui lui emprisonne les mains ...

Aux alentours ... des regards ... des murmures ... des désapprobations ... des curieux ... des envieux ...


Tu ne vas quand même pas abandonner le jeu en début de partie ... si?

Tandis que le point d'interrogation s'évapore, la pression à hauteur de l'encolure de la veste se dissipe ... Fay sourit tandis qu'elle se recule quelque peu ... laissant un regard gourmand se délecter du spectacle offert ...

Ô tu ne regretteras rien joli cœur ... crois-moi bien ...

La jeune femme prend soin de remodeler l'exactitude du rituel en sens inverse ... les mouvements sont lents et posés ... ici-bas cela n'a plus la moindre importance ... le temps cesse toute existence ... tandis que la semi-nudité de la beauté désertique se dévoile ...

Cela t'excite n'est-ce pas? Ce jeu illicite dont tu n'es que pantin entre mes mains de Maître ... et si nous échangions nos rôles ... cela te plairait ... n'est-ce pas?

Le drap touche le sol ... ou du moins partiellement en vue de la position cambrée empruntée par le corps de la "victime" ...
Au loin, du grabuge ... il n'est que superflu dans cette nouvelle réalité créée par l'omniprésence de deux créatures célestes ... elles n'ont - mutuellement - aucune attention à offrir à autrui ... il n'y a qu'elles dans cette sphère invisible ... dans cet ersatz d'une illusion seulement connues d'elles deux ...

Deux mains - nullement tremblantes - viennent éplucher les avant-bras adverses ... les menant à travers une danse aérienne jusqu'à poser leurs doigts sur l'épiderme tout aussi tiède de l'anatomie ainsi exposée ...
Le regard se veut plus insistant tandis que les mains de l'interlocutrice se veulent plus entreprenantes ...


Pas si vite joli cœur ... ne veux-tu donc pas entrapercevoir l'avenir avant de le vivre?

Lentement ... si lentement ... affreusement lentement ... les mains de M'alifay exigent leur autonomie ... du bout des doigts à peine, elle effleure l'épiderme qui s'offre si volontiers à ses caresses aériennes ... à travers le tissu en dentelle, elle trace un petit cercle du bout du majeur à hauteur de la sensibilité du mamelon ... le geste est subtil ... presque inexistant ... et pourtant ... il envoie radicalement une décharge sensuelle parcourir l'essence même de sa compagne d'une nuit ...

Sans jamais détachée son regard de celui si avidement offert ... les mains de la djinn descendent ... effleurant sur leur passage - toujours du bout des doigts - les côtes de son amante ... sa taille ... ses hanches ... se glissant - toujours si atrocement lentement - vers l'arrière ... en direction du creux des reins ... cette légère cavité naturelle ... zone érogène par excellence ...

La scène se traduit sous forme d'une étrange danse sensorielle ... l'épiderme frissonnant d'avantage sous chaque nouvelle pellicule d'attention ... le souffle ignorant quel rythme adopter ... tout comme ce cœur déchainé qui ignore si il doit quitter la cage thoracique ou s'y refugier quelques instants de plus ...


Ne suis-je pas cruelle de t'imposer tel supplice?

Puis ... tout à coup ... retrait … le rapprochement s’éloigne … la distance se créé … les doigts à la caresse de velours se retirent … accordant un dernier effleurement sensuel à hauteur de la taille de la djinn avant de la relâcher …
L’épiderme frissonne … le corps soupire …

La scène suivant se déroule à une vitesse hallucinante … à peine un clignement de paupières que déjà M’alifay a ses mains sur ses épaules … le cuir s’adonne aux joies de la gravité … un instant … infime … infâme … éphémère … mais tellement réel …
Un clignement de paupières de plus … la veste se retrouve sur les épaules de sa compagne d’un soir … les mains modelant le cuir sur l’anatomie de l’inconnue tel un artiste en pleine contemplation de son œuvre …

Un sourire malicieux … le corps brûlant se rapproche une nouvelle fois … si lentement malgré l’expression de vitesse au préalable … frustration … désir … indispensable …

Les doigts s’aventurent vers le haut … s’agrippent à l’encolure … pression … dominance … soumission …

Les deux visages se rapprochent dangereusement … les lèvres à peine entrouvertes à hauteur de la bouche de l’interlocutrice …
Le souffle tiède pour aguicher au plus haut point … la distance n’est qu’illusion ici-bas.


Comme si tu ignorais encore ma réponse …

- « Action … »
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MessagePosté le: Mer 14 Mar 2012 - 19:50    Sujet du message: Virée d'Enfer Répondre en citant

Je brule. Elle est mon brasier ardent. Ses gestes sont chacun une étincelle qui va raviver encore plus l’essence même de cet rencontre, bridant une par une mes dernières résistance. La magie de ses doigts défait un peu plus à chaque instant ce qui me retient encore à lui. Sa délicatesse, l’insolence avec laquelle elle maltraite le bout de mes seins, ses frôlements, ses gestes m’arrachent mille soupirs et pourtant je me languis d’en avoir d’avantage. S’abandonner ainsi dans les bras d’une inconnue, sans arrière-pensée, sans penser à ce qu’il va suivre, ni aux conséquences, est une échappatoire que je n’aurai jamais cru bon d’envisager. Et pourtant les faits sont là, nous en sommes là.

En l’espace de quelques secondes, elle n’est plus là, si loin de moi. Mon corps se rebelle, j’en gémis de frustration avant de comprendre qu’elle est en train de quitter son blouson et cette vision qu’elle m’offre est une sorte de fantasme éveillée qui me tient en haleine comme une scène qui passerait au ralenti. Quel plaisir indescriptible lorsqu’elle me le glisse sur les épaules, revenant près de moi, m’entourant de ses bras, de sa chaleur, de son odeur qui m’ensorcelle. Ses mains pressent le cuir, le mettant en place alors qu’elle me refait face, si près, tout près. Ses lèvres sont si proches des miennes que j’ouvre instinctivement les miennes comme pour les cueillir d’un baiser. Baiser qui ne vient pas mais son souffle chaud est une divine torture mettant tout mon corps en effervescence.

Sa réponse est une évidence qui me fait sourire, je n’en attendais pas d’autre à vrai dire. Mes mains se glissent alors à sa taille, prenant possession des lieux comme par habitude, l’attirant à moi, contre moi, sur moi et nos corps s’attisent une nouvelle fois par cette proximité alléchante. Je viens saisir furtivement sa lèvre inférieure d’un baiser croqué comme une friandise. Une façon de l’aguicher à mon tour de tant alors que je susurre dans un murmure ce à quoi je la soumets maintenant.


- Embrasse-moi…

C’est un ordre, une supplique.

Ce jeu entre nous qui nous consume mutuellement.

Ce jeu dangereux qui nous amène au delà des limites. Les limites, parlons-en ! Je les ignore, je les boude royalement, comme un bras d’honneur fait à toute cette vie et ses règles qui ne sont que mensonges. Ces mensonges comme les tiens Jibril, tout ce que tu m’as honteusement caché au moment de m’épouser, tu as bafoué mon honneur et tout ce que ce mariage représentait à mes yeux.

Nous entrons en gare une nouvelle fois, la rame ralentit. Les gens autour de nous bougent, se lèvent, se croisent. Les portes s’ouvrent, laissant les allers et venus derrière nous se faire et la vie reprendre, se poursuivre comme si de rien n’était. Et la rame se vide un peu plus.


- Partout.

Je la fixe avec une intensité palpable. Mon bras enroulé à sa taille se resserre un peu, comme pour l’obliger à rester, comme pour la garder près de moi, comme si la peur que mes paroles l’effrayent la fasse fuir. Et pourtant je sais que le jeu est loin d’être fini entre nous. Pas encore. Pas maintenant.
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MessagePosté le: Ven 16 Mar 2012 - 09:04    Sujet du message: Virée d'Enfer Répondre en citant

Le corps adverse crie - hurle - sa frustration tandis que son binôme s'éloigne et l'abandonne à la solitude. La plainte muette est stridente ... poignante ... flattante ...
M'alifay sourit au pouvoir qui s'exerce entre les deux corps ... non point celui qu'elle-même vient à imposer à l'anatomie de sa consœur, mais bel et bien celui-là même que cette dernière ne peut qui lui vouer en retour.

Malgré la vitesse de l'échange, une éternité semble s'éprendre de la scène. Obligeant la distance à persister. Obligeant les pensées de se crisper. Obligeant le besoin à se manifester.
Le contact retrouve son dû. Le corps de l'inconnue soupire - respire. Il frissonne sous l'intensité de la réaction offerte quand tout à coup ...


- « Action … »

Le temps se fige une nouvelle fois.

Alors joli cœur, que me proposes-tu en échange de mon cuir?
Veux-tu que je continue à te chauffer, ou te suffira-t-il de si peu pour me refroidir?
Veux-tu que je te laisse découvrir les limites que tu t'imposes inconsciemment, ou celles que moi-même je repousse chaque jour un peu plus?

En cet instant bien précis, ton épiderme me susurre les pires insanités - infidélités - à ton égard. Les entends-tu? Les perçois-tu? Les désires-tu?
Je sais ce que tu veux. Tout comme je sais ce que je peux t'offrir.
Mais toi, belle inconnue, sais-tu seulement ce que tu t'apprêtes à faire?

A l'approche - indécente - de la bouche de Fay, les lèvres de sa compagne s'entrouvrent comme pas instinct ... arrachant un sourire ravi à la principale responsable de cette réaction autrefois irréelle ...
Les souffles se touchent et se découvrent ... l'un saccadé et discontinu, là où l'autre n'est qu'ardeur brûlante ... promesse sifflante ...


De quoi as-tu peur? Qu'est-ce qui te fais rêver?
Sa réaction ... ou la tienne?
Oublie-le donc un instant joli cœur, aurais-tu déjà oublié qu'il vient de fracasser le tien? Savoure l'instant présent. Laisse-moi brouiller les traces de ton passé afin de te prodiguer l'envie du présent. Laisse-moi faire l'amour à ton esprit afin que renaisse en lui le souvenir du seul sentiment qui t'empêchera de sombrer davantage.

Un sourire en guise de réponse ... comme si cette dernière pensée avait été rattrapée par un quelconque lien télépathique ...
Les mains se veulent plus entreprenantes - mettant en scène la volonté illicite d'une créature jusqu'à présent trop pure que pour s'adonner aux joies de l'abandon.


Oui, c'est ça - laisse toi aller sans remettre perpétuellement en question la moindre de tes décisions. Laisse ton corps guider tes mouvements, à défaut de pouvoir accorder à ton esprit cette liberté d'expression.
Oh, je pourrais t'apprendre à manier les deux ... mais, sois sincère joli cœur ... tu n'as aucune envie de devenir comme moi ... n'est-ce pas ...

Un baiser volé. A peine une caresse. Et tandis que la gage s'exprime presque timidement ... M'alifay vient à s'attraper la lèvre inférieure par les dents comme pour s'enivrer du goût de sa partenaire avant de passer à l'acte tant convoité ...

Est-ce là vraiment ce que tu désires de moi? Cela et rien d'autre? Cela, et plus encore?
Qu'attends-tu de ce baiser, joli cœur?
Dis-le-moi. Susurre-le moi à l'oreille. Insuffle-le à ton épiderme afin qu'il contienne quelques instants de plus encore la braise ardente qui s'éveille dans tes entrailles.
Veux-tu oublier ou - au contraire - revivre un instant avec LUI?
Veux-tu découvrir mon arôme ... ou seulement celui de l'interdit?
Est-ce VRAIMENT moi que tu veux ou ...

Une nouvelle gare. Un nouvel arrêt. Une légère secousse qui oblige les deux corps célestes à s'emboiter une nouvelle fois - augmentant davantage (était-ce seulement possible?) la sensualité entre ces deux inconnues.
Des regards. Des murmures. Des plaintes.
Mais les djinns n'ont d'attention que l'une pour l'autre. Nulle pour remarquer l'entrée en scène de quelques nouveaux figurants. Ou du moins, nulle pour y accorder l'importance quémandée par le public.
La sonnerie. Les portes se ferment. Le verdict tombe.


Partout?
Petite gourmande que tu fais ... sauras-tu seulement le supporter?
Inutile d'y répondre, il est déjà trop tard!

Les lèvres de la djinn se rapprochent de manière provocante, ne laissant plus que la silhouette d'une plume comme distance persistante. Elle sourit. Son visage se déporte légèrement - extrêmement lentement - vers la droite, son souffle pour seul caresse tangible entre ces deux entités divines.
Un léger baiser se dépose sur la joue. A peine un effleurement d'épiderme. Pourtant le contact est chaud, brûlant, bouillant. Un deuxième baiser aérien le long de l'os gauche de la mâchoire inférieure. Et un autre, plus bas, sous la courbe de l'ossature. Et encore un, à la naissance de la veine jugulaire.
Un parcours tortueux vers le bas. Lentement ... SI lentement ...


Tu aurais peut-être dû choisir tes mots plus précieusement ... ou peut-être pas ...

Le corps se déporte légèrement vers le bas, suivant sans relâche les lèvres infernales. Le cou, la clavicule, le sternum. Chaque millimètre de peau y passe à travers une gestuelle de plus en plus proche de la sensualité à son apothéose.
M'alifay laisse ses genoux céder à cette cruelle envie de jeu ... jamais son toucher - tant par la bouche, que par les mains - pour se retirer du contact ainsi trouvé - imposé ...

Un instant de répit à hauteur du pont du soutien-gorge, mais la descente reprend aussitôt. Les genoux se plient plus que volontiers à la demande de leur propriétaire. Le nombril de la demoiselle sans nom se veut dignement accueilli. Le mouvement descend encore ... encore ... encore ...


Alors joli cœur ... VRAIMENT "partout"?

- « Mesdames, un peu de retenu je vous prie! »

La voix est lourde. Rauque.
La naissance du Nirvana prend fin. Fay sourit de plus belles. Le bout de ses doigts de braise pour effleurer les mollets de sa compagne d'une nuit ... d'une virée ...

Un silence se pose. Des regards se tournent. D'autres se détournent.
Puis ... un petit ricanement porcin pour débloquer le temps ...


- « Laissez-nous participer au moins. »

M'alifay, sans pour autant détacher ses mains de leur emplacement, redresse le visage afin de planter la malice de ses yeux dans les prunelles de son interlocutrice.
Le sourire qui caresse son visage n'est que pure malice en quête de complicité.

Dans le dos de la djinn, l'approche des éléments perturbateurs ...


Toi aussi tu le sens n'est-ce pas ... l'odeur abjecte de LEUR immortalité ...
_________________
~ Sister sister, oh so fair, why is there blood all over your hair ? ~



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~ Louise's Thelma ~
~ Pénélope's drug ~
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 23:09    Sujet du message: Virée d'Enfer

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