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Soit une star ma fille...

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Blackout Index du Forum -> SEATTLE, la cité émeraude -> First Hill -> Les Buildings -> Studio d'Eléa Lyes
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Eléa Lyes
Djinn

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MessagePosté le: Lun 6 Juin 2011 - 00:04    Sujet du message: Soit une star ma fille... Répondre en citant

    Poussant la porte vitrée, Eléa pénétra dans la boutique alors qu'un léger tintement de clochette avertissait le propriétaire des lieux de l'arrivée d'un client. L'homme ne mit qu'une poignée de secondes pour faire son apparition, mais déjà la photographe s'était portée vers l'objet qu'elle avait aperçu dans la vitrine une petit heure plus tôt en se rendant au Cayenne. Il s'agissait d'une chainette en argent d'un mètre vingt de long. Les maillons particulièrement fins qui la composaient, tranchaient complètement avec les deux gros anneaux à chacune de ses extrémités, spécificité qui intéressait Eléa qui voulait utiliser l'objet dans une série de cliché avec Pandore. Certes elle avait déjà un objet similaire ayant opté lors de ses divers préparatifs pour une chaine en or, mais l'argent ferait un effet bien supérieur c'était certain, de plus celle-ci était légèrement plus longue point important.

    Se dirigeant vers le comptoir la jeune femme laissa son regard vagabonder dans le bric à brac qui se trouvait sur les étagères de la boutique avant de se stopper devant un imposant cadenas en fer de style ancien et noirci par les années. S'en saisissant elle examina l'objet qui semblait bien mieux que celui qu'elle avait déjà chez elle. Rapidement elle se mit à la recherche de la clé, ce qui n'allait pas être une mince affaire vu la quantité de produit se mélangeant sous ses yeux. C'est alors que l'homme, qui approchait d'elle, prit la parole d'une voix usée.


    " Bonjour madame. Si vous cherchez la clé ne vous donnez pas cette peine, elles sont derrière le comptoir, ça évite qu'on me les vole. "

    Logique imparable, sans clé qui irait voler un cadenas... C'était du moins ce que c'était dit la brune alors qu'elle se retournait vers le commerçant qui continuait à marcher vers elle. L'homme d'un certain âge, amaigri par les années, prenait appui sur une canne richement sculpté à chacun de ses pas, sans doute incapable de marcher sans. Lui souriant la Djinn prit la parole avec une certaine compassion pour cette homme ayant déjà bien vécu, mais qui semblait ne pouvoir abandonner ce petit commerce qui avait sans doute été toute sa vie.

    " Bonjour. Je vais prendre la chainette en argent que vous avez en vitrine, la longue avec les deux anneaux aux extrémités, ainsi que ce cadenas ancien. Vous voulez que je vous aide? "

    La réponse du vieil homme fut immédiate, repoussant de sa canne la main tendue d'Eléa pour se diriger d'un pas un peu plus rapide vers la vitrine. Dévoilant un trousseau de clés, il déverrouilla la vitrine pour se saisir de la chainette avant de faire demi tour vers son comptoir faisant signe à la jeune femme de la suivre. Quelque peu gênée par ce qu’elle avait insinuée sans le vouloir, la photographe le suivi sans un mot, l'observant alors qu'elle fouillait dans un tiroir pour en extirper la clef en fer. Un sac, quelques billets, quelques mots échangés et la Djinn sortait dans la rue se dirigeant vers le Cayenne d'un pas lent n'ayant pas mit si longtemps pour acheter les deux objets.

    Quelques minutes avant que Pandore ne finisse son service, la jeune femme prit soin d'appeler un taxi ne voulant faire perdre son temps à la jeune femme dans un longue marche au-travers toute la ville. Après tout, peut être avait elle des projets pour la suite de la soirée ou bien elle commencerait peut être tôt le lendemain matin ou bien elle détestait tout simplement marcher devant déjà faire assez de kilomètres entre les tables du Cayenne tout au long de la journée. Le taxi arriva quelques secondes avant que Pandore ne fasse son apparition, Eléa lui faisant signe.

    " Je me suis permise de demander un taxi, je suis venue à pied depuis mon studio, j'aime bien marcher, mais je me suis dit que vous imposer une heure de marche après votre journée ce n'était pas très correct. "

    Souriant elle laissa Pandore entrer dans le taxi avant de signifier au chauffeur qu'il pouvait y aller, celui-ci ayant déjà l'adresse de leur destination. Le trajet fut rapide à cette heure-ci, si bien qu'en moins de dix minutes les deux jeunes femmes se trouvaient dans l’ascenseur conduisant au studio d'Eléa sans avoir véritablement eut le temps de parler de ce qu'il allait suivre. Eléa aurait sans doute put la bombarder d'informations, lui expliquer ce qu'elle attendait d'elle pour les jours suivant, mais cela n'aurait sans doute conduit à rien de bien, elle n'avait pas besoin de faire fuir Pandore, mais d'en faire une de ses amies. Alors que les portes s'ouvraient, la jeune photographe prit tout de même la parole pour que sa protégée ne se sente pas perdue devant cette endroit inconnu.

    " J'espère que le studio vous plaira, en général les gens le trouvent plutôt assez atypique puisqu'il se trouve qu'il me fait aussi office d'appartement. "

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MessagePosté le: Lun 6 Juin 2011 - 00:04    Sujet du message: Publicité

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Pandore Liddell
Humain

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MessagePosté le: Jeu 23 Juin 2011 - 22:16    Sujet du message: Soit une star ma fille... Répondre en citant

- Quoi? Celle-là aussi? Mais, vous l'avez prise sans me prévenir, ça va rien donner du tout, j'étais pas prête et puis... Bon, euh, on verra... Oui, voilà. Merci, non, ne vous inquiétez pas pour ça... À tout à l'heure.

J'avais acquiescé à chacun de ses mots, ou presque, et l'avais regardée partir, droite, élégante, sûre d'elle. J'avais secoué la tête, haussé les épaules, et était retournée à mon travail sous l'œil suspicieux d'Angie qui se demandait probablement ce que cette femme avait bien pu me raconter. Un bon paquet de bières et quelques hamburgers plus tard, j'avais enfin fini mon service.

J'ai d'abord filé sous la douche et je me suis changée, pressée de me débarrasser de cette odeur de sueur, de malt et de friture qui était la marque de fabrique du Cayenne, puis je suis allée rejoindre Maynard en cuisines. Il était en train de faire sa plonge, il en avait probablement encore pour une bonne demi-heure, à en juger par les palettes d'assiettes sales et de verres qui s'entassaient devant la machine fumante.

L'atmosphère humide empestait les restes de bouffe et l'humidité crasse, mais je m'étais toujours sentie mieux là que dans la grande salle, au contact des clients. Les cuisines et la plonge, c'était comme un monde à part, hors du temps et de l'espace, seulement rempli par le ronronnement tonitruant de l'imposante machine à laver, le bruit des assiettes qui s'entrechoquent et de l'eau qui coule. Un monde de buée et de chaleur étouffante, comme une forêt tropicale dont les arbres seraient des pintes vides.

J'ai tapoté l'épaule de Maynard, qui évidemment ne m'avait pas entendue arriver, il a coupé l'eau et s'est retourné.


- Euh, pour tout à l'heure, le whisky, tout ça, ça va pas être possible en fait...
- Ben tiens, il a lâché, d'un ton suffisant et désabusé qui m'a énervée, Et c'est quoi ton excuse évasive pour cette fois? T'as un truc urgent à faire qui peut absolument pas attendre?
- J'ai rendez-vous avec une photographe pour une séance. Je vais poser comme modèle.
- Pardon?
- La fille là, celle qui m'a tout fait renverser. Elle est photographe. Elle veut me photographier.
- Non mais... Toi? Modèle? Tu te fous de ma gueule? Tu crois que tu vas me faire gober ça?
- Je vais visiter son studio, là.
- … Putain.
- Ouais. Bon, je file. On s'voit demain!
- Putain!

Je l'ai laissé sur cette exclamation un peu désobligeante, alors qu'il rallumait le robinet et s'employait à reprendre le récurage d'une grosse marmite en secouant la tête avec incrédulité. Ha, je lui avais bien rabattu son caquet, tiens! Non mais, quel sale con! Il aurait pas pu avoir l'air plus choqué... Ok, je l'admets moi-même, c'est carrément inhabituel venant de moi, mais il aurait moins pu essayer de cacher son scepticisme un minimum... Toutes ses expressions d'ahurissement ne criaient qu'une chose : “Mais qu'est-ce qu'une photographe sérieuse peut bien vouloir faire avec toi ma pauvre fille?”. C'était quand même un peu blessant, même si j'étais la première à en convenir. Je suis sortie sans un regard pour Angie.




Dehors. La femme est là, Eléa Lyes, à en croire sa carte professionnelle. Elle me fait signe de la main, à côté d'un taxi. Je m'approche, grimace un sourire à son explication.


- Fallait pas vous déranger pour moi, j'ai l'habitude de marcher aussi... Mais merci, ce sera très bien.

Durant le trajet, je reste silencieuse, les yeux rivés à la fenêtre où défile toute une partie de la ville. J'aurais encore des tonnes de questions, mais un nœud s'est formé dans mon estomac, et je préfère ne pas les poser, ne pas savoir exactement ce qui m'attend. Parce que je commencerais presque à regretter, à vouloir faire marche arrière, à me débiner. Je n'ai jamais été une femme d'argent et c'est bien triste à dire, mais la seule chose qui me retient de ne pas descendre immédiatement de ce taxi, c'est l'idée des 150 dollars que ça pourra me rapporter si je vais jusqu'au bout. J'en ai besoin.

Alors je garde ma bouche bien close, je serre un peu les dents, et je cherche du courage quelque part en moi. Nous arrivons enfin. Je suis la photographe dans l'immeuble imposant (en plein centre, elle doit vraiment avoir les moyens), lance un bref hochement de tête au concierge qui me gratifie d'un sourire poli, et rentre dans l'ascenseur avec la jeune femme. Je ne prononce toujours aucun mot alors que la machine s'élève dans un bourdonnement léger.

Bras croisés sur ma poitrine, je tapote nerveusement des doigts au son de la soupe commerciale qui sert de musique d'ambiance. Ting! Les portes coulissent. Et là, c'est le choc. Je ne m'attendais pas à des lieux aussi grands. Je ne m'attendais pas à des plafonds aussi hauts. À tel point qu'à première vue, je crois que nous ne sommes pas encore rentrées dans le studio, et qu'il s'agit encore d'un hall. Mais non, les divers appareils photo qui trônent sur des étagères de verre me prouvent le contraire.

Cette fois incapable d'articuler un son, j'avance de quelques pas timides dans le vaste espace, les yeux écarquillés devant la majesté des lieux. Mais Eléa m'a déjà devancée, et je dois trottiner derrière elle pour la rattraper, me retenant de m'arrêter tous les trois pas pour visiter chaque pièce. Mes yeux glissent sur des publicités de grandes marques que j'avais déjà vues affichées dans la ville. C'est elle qui a fait ça? Quelques pas plus loin, c'est une campagne d'Amnesty International qui avait fait polémique lors de sa publication. Elle, encore?

Je commence à comprendre la démesure des lieux. Suivent toute une série d'encadrements en noir et blanc sur lesquels mon regard court sans s'arrêter alors que je tente de garder le rythme. Elle ralentit enfin et je peux contempler plus à loisir les dernières photographies, ces quatre femmes en équilibre au bord du gouffre de leur esprit. C'est du beau boulot. Tout est irréprochable, net, parfois un peu trop travaillé à mon goût, je trouve que certains clichés manquent de spontanéité et de fraîcheur, mais on ne peut pas nier que c'est un travail impeccable. Et que cette fille doit s'être fait des couilles en or avec tout ça. Elle s'est arrêtée, je m'immobilise également au milieu de ce qui doit être la pièce où je serai shootée.


- C'est... impressionnant.

Ma voix est distraite, je suis encore occupée à happer du regard toutes les choses fabuleuses qui m'entourent. Cet endroit est une véritable caverne d'Ali Baba! Et elle vit ici... Je n'ai encore apperçu aucune pièce à vivre, mais j'ai remarqué plusieurs escaliers menant à des mezzanines ouvertes... Probablement à l'étage, donc. Je chemine lentement entre les canapés, effleure du doigt un mannequin de plastique dont le regard est à jamais fixé vers le lointain.

- Alors... Vous allez m'en dire un peu plus? Qu'est-ce que vous attendez de moi exactement?

Ma voix est parfaitement calme, malgré le nœud qui n'a pas cessé de me comprimer l'estomac. À partir de maintenant, aucune chance que je recule. Je suis conquise par le studio, et je n'attends qu'une occasion de pouvoir en explorer tous les recoins.

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Eléa Lyes
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MessagePosté le: Mar 28 Juin 2011 - 22:51    Sujet du message: Soit une star ma fille... Répondre en citant

    Silencieuse, Eléa avançait dans les larges allées du studio laissant à Pandore le loisir d'admirer rapidement les quelques clichées qui ornait leur chemin. Il ne faisait aucun doute que la jeune femme aurait aimait avoir le temps de faire plus que jeter un œil, mais pour l'instant il valait mieux qu'il en soit ainsi cela. A chaque pièce qu'elles croisaient, la photographe laissait un petit coup d’œil glisser vers la serveuse qui semblait prendre la mesure de l'aventure dans laquelle elle venait de se lancer. Par ailleurs il ne faisait aucun doute que Pandore appréciait ce qu'elle voyait, c'était un bon départ et cela allait sans doute faciliter leur travail à venir. Il n'y avait rien de plus compliquer pour un photographe de composer avec un modèle dénigrant son travail alors qu'au contraire tout semblait plus facile avec une personne appréciant le travail de son employeur.

    Lorsqu'elles arrivèrent enfin dans la toute dernière pièce Pandore lui fit par de ses impressions, des impressions tout aussi brèves que consistantes, comme nombres des critiques qu'elle pouvait recevoir lors de ses expositions. Oui elle avait du talent et un succès plus que certain au prêt de beaucoup de monde, mais il fallait bien avouer qu'avoir vécut à l'époque où les premiers appareils photos avaient fait leur apparition avait offert à la Djinn une solide connaissance sur le sujet et cela se ressentait. Évidement personne n'allait imaginer cela, mais Eléa n'avait rien d'une génie ou d'une surdouée, c'était un travail de longue haleine qui avait fait d'elle ce qu'elle était à ce jour.

    " Merci... "

    Un sourire avait fait son apparition sur les lèvres de la Djinn qui, particulièrement satisfaite, se dirigea vers un des bureaux impeccablement rangé qui ornait la pièce. Tirant la chaise qui lui faisait face elle y déposa ses affaires tandis que Pandore reprenait la parole pour la questionner sur le vif du sujet : Qu'allait elle lui demander?

    " Comme je vous l'ai dit au Cayenne vous allez être mon modèle pour une série de photos composant une exposition que je compte monter dans les mois qui viennent. J'ai déjà quelques cliché vous avez du les apercevoir en passant dans la dernière pièce? "

    Une question dont elle connait déjà la réponse puisqu'elle avait fait exprès de ralentir son pas pour que la jeune femme puisse les observer plus en détails. Quatre femmes, abattues par une vie qui ne leur fait aucun cadeau, quatre rêves d'avenir brisés dans leur coquille face à la réalité du monde qu'elles se doivent d'affronter chaque jours. La solitude après une enfance pleines de fausses promesses, la prostitution seul moyen de subsister, la drogue un échappatoire de courte durée, toutes enfermée dans un monde auquel elle ne peuvent échapper. Que ce soit par manque de courage, par manque d'assurance ou tout simplement par pur renoncement, toutes à présent sont trop enfoncées dans ce quotidien pour réussir à s'en sortir seule. Sans changer de ton Eléa reprit la parole.

    " Avec cette exposition je voudrais montrer à quel point il est aisé de chuter dans la vie. Un mauvais choix, une mauvaise rencontre, une mauvaise naissance, mais surtout qu'il est possible de s'en sortir... "

    La jeune femme marqua une légère pause avant de reprendre.

    " À vrai dire j'aurais sans doute pu finir cette expo avec les modèles que j'ai déjà engagé, mais quand je vous ait vu dans ce restaurant il y a quelques jours... J'ai eu l'impression que vous seriez parfaite pour quelques clichés que j'ai en tête. Loin de moi l'idée de vous manquer de respect, mais vous n'avez pas l'air de vous plaire dans votre travail et c'est ce qui à motivé mon choix outre le fait que je vous trouve particulièrement charmante. "

    Un compliment cela ne fait jamais de mal surtout lorsqu'il est mérité et puis il ne fallait que peu de choses pour que Pandore soit étincelante... C'était presque dommage qu’elle ne s'en rende pas compte elle même, mais après tout elle n'était pas là pour rien et tant qu'à faire les choses autant ne pas les faire à moitiés. Premier objectif faire accepter à Pandore le premier projet sur lequel elle voulait travailler.


    " Vous voulez peut être voir ce que j'ai prévu pour commencer? Je suis ouverte à toute discussion ne l'oubliez pas, mais je pense que cela devrait vous correspondre..."


    Sans vraiment attendre de réponse, la jeune Djinn se saisit du sac qui contenait ses derniers achat avant de faire quelques pas entre divers objets présent dans la large pièce. Passant devant un canapé elle contourna une table basse pour se glisser vers un objet cubique recouvert d'un drap blanc. Celui-ci se trouvait seul ou presque dans ce coin de la salle comme s'il avait déjà été préparé, ce qui n'était pas tout à fait faux... Laissant sa main glisser sur le dessus de l'objet, apparemment lisse, son regard se posa sur la jeune fille qui la rejoignait apparemment curieuse. Ne voulant la faire languir plus longtemps Eléa retira lentement le draps blanc dévoilant...

    Une cage de métal noir aux barreaux épais...

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Pandore Liddell
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MessagePosté le: Sam 23 Juil 2011 - 23:37    Sujet du message: Soit une star ma fille... Répondre en citant

Ok, je ne sais pas comment je dois le prendre. D'un côté, c'est un peu vexant. Est-il donc si évident que je ne suis pas un modèle d'épanouissement, pour que cette femme l'ai détecté en un regard? Pour qu'elle décide presque immédiatement de débourser plusieurs centaines de dollars juste pour pouvoir me prendre en photo, alors qu'elle avait déjà embauché un nombre suffisant de modèles?

Theobald peut lire dans mon esprit comme dans un livre, mais si même les humains n'ont besoin que d'un coup d'œil pour me décrypter, que me reste-t-il? Parce que le pire, évidemment, c'est qu'elle a raison. Bien sûr, il ne faut pas être un génie pour deviner que bosser comme serveuse au Cayenne n'est sans doute pas le boulot le plus galvanisant au monde, mais à mon avis, si elle m'a choisie pour cette série de clichés, ce n'est pas mes beaux yeux qui l'ont convaincue, elle a dû voir quelque chose d'autre.

Tout d'un coup, je me sens transparente. Et vide. Comme si tout le monde pouvait voir à travers moi, dans les moindre recoins insignifiants d'une personnalité presque inexistante, et m'annoncer des vérités me concernant que j'aurais peut-être préféré faire semblant d'ignorer , ou au moins travestir. Mais non, Theobald me sortait des phrases comme “c'est contre vous-même que vous vous battez”, et cette fille renchérit maintenant en décrétant tout bonnement que j'ai “chuté dans la vie” mais qu'il est encore “possible de s'en sortir”. Ben tiens. Si j'avais eu besoin d'un pasteur, je serais allée à l'Eglise, hein.

Mon visage s'est fermé en réponse à cette nouvelle intrusion. J'hésite de nouveau à tout lâcher, à partir en claquant la porte. Ce qui m'en empêche, c'est une question, lancinante. Pour aller où? Me terrer chez moi parmi mes livres, en rêvant à un prince charmant aux allures de Barbe Bleue? Non, certainement pas. Cette fois-ci, je l'ai dit, je dois faire face. Je serre les mâchoires, et reste impassible, me contentant d'un bref hochement de tête pas particulièrement enthousiaste. Et puis elle rentre finalement dans le vif du sujet, en dévoilant son réel projet ainsi qu'une grande cage aux reflets menaçants.

J'écarquille de grands yeux. Non mais, sérieusement? C'est comme ça qu'elle me voit? Dans une cage? Hello, captain obvious. Mon esprit court plus vite que mes réticences morales, et j'imagine déjà le cinquième cliché qui viendra compléter la série en noir et blanc. Je souris, sarcastique et vaguement désabusée.


- Enfermée dans ma vie, hein? Et je ne suis pas sûre qu'il soit bon que je m'en échappe... La routine, ça protège des rêves, ça les aplatit en couches toujours plus minces sans jamais les briser, jusqu'à ce qu'on les oublie... Je soupire, et reviens à la réalité, déterminée. Très bien. J'imagine que vous voulez que je me contorsionne pour rentrer dans ce machin, ou vous avez une mise en scène plus élaborée?

Je m'approche lentement de l'objet, qui me sourit narquoisement de sa porte béante, me défiant d'y entrer. Stupide chose, je n'ai pas peur de toi. Je pose une main ferme sur les barreaux aux reflets luisants, apprivoisant ce contact dur et froid. Ce machin glacé représente ce que j'ai toujours refusé d'être, et ce que je suis devenue.

Mais à quoi bon quitter ce joug pour un autre, même s'il me paraît plus plaisant? Quitter mon job, reprendre des études, faire quelque chose que j'aime vraiment... Voilà à quoi ressemblerait l'attitude la plus saine. Je ne dois pas en envisager d'autre, si je décide de tenter une libération. Mais trêve de questions existentielles, je n'en suis pas là, Tout ceci n'est qu'une putain de mise en scène pour un shooting, et rien de plus.

Pas besoin d'aller commencer à remettre tout en question pour si peu. J'enlève ma veste, la pose sur le dessus de la cage, m'accroupis, et pénètre à l'intérieur, refermant la porte sur moi. Je m'installe en tailleur, négligemment adossée aux barreaux, et offre un sourire moqueur à Eléa.


- Eh, c'est plutôt confortable là dedans vous savez...

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Eléa Lyes
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MessagePosté le: Mer 27 Juil 2011 - 21:07    Sujet du message: Soit une star ma fille... Répondre en citant

Un choc...

    Sa réaction était si flagrante que cela en devenait presque gênant et pourtant, au lieu de la rassurer, Eléa se contenta d'examiner sa protégée d'un œil toujours aussi "neutre". Certes c'était ce qu'elle avait imaginé lorsque l'idée de faire poser Pandore ainsi était venu se glisser dans son esprit, mais c'était pour son bien elle devait prendre conscience qu'il y avait sans doute mieux pour elle que de se laisser faner dans ce restaurant. Les humains n'avaient pas une longue espérance de vie, elle était même affreusement courte, pour ne pas dire insignifiante et voir Pandore gâcher son existence n'était pas au goût d'Eléa. Si la jeune femme ne faisait rien pour s'en échapper, elle allait la forcer en lui dévoilant une vie plus attirante, une vie qui pourrait sans doute lui ouvrir les yeux et lui donner envie de se reprendre en main.

    Sortant de son mutisme, la Djinn répondit aux interrogations de son modèle alors qu'elle était entrain d'examiner la cage qui serait la sienne le temps de quelques photos.

    " Les mises en scènes ne sont pas nécessaires pour le moment. Pour l'instant il n'y aura ni appareil photo, ni belle robe contre vote peau, juste vous telle que vous êtes et moi qui vous donnerez quelques directives sur ce que je recherche. Vu votre réaction devant l'objectif, il sera sans doute plus simple de commencer ainsi. "

    Un léger sourire se dessina sur les lèvres de la photographe lorsque retirant sa veste Pandore pénétra dans l'objet tout en refermant la porte sur elle, signe qu'elle comptait y mettre du sien. Une petite pique glissa hors de ses lèvres sans qu'Eléa n'y prête trop d’intérêt, elle aurait tout le temps d'aborder le sujet par la suite. D'un pas elle se porta devant la cage tout en ouvrant le sac qu'elle tenait entre les doigts pour faire apparaître la chainette en argent, ainsi que le lourd cadenas au métal assorti a celui de la cage. Sans un mot, elle vérifia que la clé fonctionnait correctement avant de refermer le cadenas sur la cage bouclant Pandore dans celle-ci avant de lui faire passer la clé au travers des barreaux.

    " je vous la laisse, si vous ressentez le besoin de sortir utilisez la, mais je ne vais pas vous cacher que j'aimerais qu'elle reste dans votre poche. Lors des shooting elle sera attachée au bout de cette chainette d'argent, je suppose que vous voyez où je veux en venir? "

    Tout en parlant la belle dévoila la longue chainette en argent avant de se redresser pour aller la fixer sur une des tiges prévu à cet effet. Celle-ci se trouvait à une longueur de bras et au prix de quelques efforts Pandore pourrait sans doute s'en saisir. Mais avant de lui imposer ses idées elle allait la laisser faire.

    " J'ai pu vous observer au Cayenne aujourd'hui, mais aussi avant hier et ce travail, mise à part quelques dollars, ne semble pas vous fournir la moindre satisfaction Pandore. Loin de moi l'idée de le dénigrer car de nombreuses personnes s'y épanouissent parfaitement, mais dans votre cas il semble, comme vous le dites si bien, qu'il ne fait qu'aplatir votre envie de vivre... " 

    La jeune Djinn marqua une pause, posant son regard sur la jeune fille enfermée dans sa cage, réfléchissant aux mots qu'elle pourrait lui offrir sans la froisser. Elle ne voulait pas que sa protégée se sente mal et reprenne la confiance qu'elle lui avait confié pour le moment. C'est sur un ton nostalgique que la Djinn laissa quelques mots supplémentaires voler à l'attention de Pandore.

    " Vous savez, les rêves ne sont pas fait pour être ainsi maltraités... Il faut les choyer tels des enfants à naitre jusqu'au jour où l'un d'eux se réalise, entrainant à sa suite tous ses frères et sœurs. Quand j'étais enfant, je rêvais de trouver un endroit à moi où personne ne pourrait venir... Me rabaisser. Mon frère m'a offert cet endroit et bien plus. Ce fut le premier de mes rêves à s'accomplir avant que d'autres ne suivent pour me conduire dans cette ville, avec vous alors que rien ne m'y prédestinait... "

    La jeune femme fléchit les jambes pour se retrouver face à face avec Pandore. Elle était hors de la cage que son père avait battit autour d'elle durant son enfance. Il ne tenait qu'à Pandore de suivre le même chemin qu'elle.


    " Et vous Pandore, quels sont vos rêves ?"

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Pandore Liddell
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MessagePosté le: Lun 31 Oct 2011 - 22:40    Sujet du message: Soit une star ma fille... Répondre en citant

Et donc, je suis tellement coincée qu'il me faut d'abord une mise en situation. Qu'à cela ne tienne, je ne suis plus à ça près. Et pour l'instant, je suis presque détendue. C'est vrai que c'est sécurisant, une cage, mine de rien. Quatre parois, des barreaux pour pouvoir regarder dehors un monde tout en rayures... Parlez-moi du mythe de la caverne.

De toute façon, c'est bien ça le truc, on est tous dans cette putain de grotte, à regarder les ombres chinoises danser sur les murs... Et quel mal à ça, finalement? Le monde est-il plus réel quand on le regarde en face? Plus vrai? Dehors, il y a trop de lumière, ça éblouit. Les reflets mouvants sur les parois, eux, sont doux à l'œil et permettent à chacun d'élaborer sa propre interprétation. Dehors... On serait obligé de tous avoir la même. La vérité ne souffre pas de subjectivité.

Ce n'est que lorsqu'elle referme le battant sur moi et cadenasse le tout qu'une petite pointe d'appréhension vient se faufiler dans mes entrailles. Une cage ne fait un bon refuge que quand on a la certitude de pouvoir en sortir... Ce qu'elle m'accorde en me tendant une petite clé d'argent, dont je me saisis rapidement. La garder dans ma poche, aucun souci, tant que je sais qu'elle est bien là, à portée de main. Je m'exécute pendant qu'elle m'expose ses ambitions.

Oui, je pense que je vois où elle veut en venir... La liberté à portée de main, n'est-ce pas? Un peu facile, mais on ne peut pas nier que c'est une bonne idée de mise en scène. Je pourrais presque déjà imaginer le cliché. Reste à savoir si j'arborerai un regard farouche et déterminé à saisir mon opportunité, ou simplement résigné à mon sort... Je la suis du regard tandis qu'elle accroche la petite chaîne au dessus de moi, éclat brillant dans mon sombre horizon. Je souris, un brin sarcastique.

Je la laisse parler.

Je la laisse m'expliquer en détail comment elle sait tout de moi après m'avoir seulement observé pendant deux jours, comment elle a déjà tout compris à ma vie et sait exactement ce dont j'ai besoin et ce à quoi j'aspire. Ce serait presque... touchant, si ça ne me débectait pas autant. Sérieusement, qui espère-t-elle convaincre avec son petit discours? Cette fille est complètement déconnectée du monde réel. Tout semble tellement facile pour elle...

Forcément, quand on est riche. On peut prendre un air supérieur, ou tellement compatissant que ça en devient de la condescendance, et affirmer à la pauvre petite serveuse qu'elle vaut mieux que ça et qu'elle ferait bien de se bouger le cul si elle veut faire quelque chose de sa vie. J'y songeais, justement. Le hic, le touuut petit détail insignifiant de rien du tout, c'est que la fac, ça implique au minimum quinze mille dollars. Une somme que ni moi, ni mes parents ne possédons... Et avec la conjoncture actuelle, comme on dit, je ne sais pas si j'ai envie de m'endetter sur huit ans pour me payer une vie.

Alors oui, peut-être que c'est une sorte de fuite en avant, de solution de facilité, que de fantasmer éveillée sur un mort sexy. Peut-être que mes sentiments pour lui ne sont qu'une attraction irrésistible pour un autre monde, un truc qui me sorte de la morosité du quotidien. Ou peut-être pas, qu'est-ce que j'en sais. Y a toujours eu un truc pas net dans ma relation à ce mec. Il m'a tout de suite hypnotisée, au sens propre plus qu'au figuré. Si ça se trouve j'ai décollé, et je suis restée perchée depuis, comme pour une drogue dure.

L'idée m'arrache un sourire un peu amer.

Je ne réponds pas tout de suite. Je suis enfermée dans une cage putain, si on ne me laisse même pas le temps de méditer un peu... Au fond, je l'aime bien, je veux pas lui faire de peine, mais faudrait peut-être qu'elle passe un peu la tête hors de sa bulle de bisounours là, histoire de voir comment ça se passe chez les vrais gens. J'hésite entre fermer ma gueule, ou dire ce que je pense. Devinez ce que je choisis.


- Écoutez. Je ne doute pas que votre expérience puisse être un modèle pour moi. Peut-être que vous avez souffert, et peut-être que vous vous en êtes sortie, j'en sais rien, c'est vous qui le dites, moi je vous connais pas. Mais je crois qu'on vit pas dans le même monde, vous et moi. Me faites pas croire que vous avez pu vous en sortir simplement parce que votre frère vous a tendu la main. Y a clairement autre chose, un truc qu'a pas d'odeur, qui ne fait pas le bonheur, mais qui élargit tout de suite les choix qu'on peut faire dans la vie. Vous voyez de quoi je veux parler... Alors ouais, vous avez raison. J'aspire certainement pas à passer mes journées à servir des bières jusqu'à ce que mort s'ensuive, mais en attendant, ça paye mon loyer et mes factures, ça me permet d'être indépendante, et c'est déjà pas mal. Je m'occuperai de mes rêves quand j'aurai les moyens de les réaliser, comme tout le monde.

Bon, c'est un peu direct, mais ça fait du bien. J'avoue en revanche que sa dernière question me prend un peu au dépourvu. C'est vrai, on cause de rêves et de projets, depuis tout à l'heure, mais je ne me suis pas posée deux minutes pour savoir ce que je voulais vraiment. Pendant un moment, mon esprit est juste vide. C'est mauvais signe. Qu'est ce que je veux? Mes pensées s'égarent vers un nom, vers un visage, mais est-ce là ma seule ambition dans la vie? Ce serait bien triste.

Quand j'étais petite, je voulais devenir archéologue, comme tout le monde, et puis écrivain, et prof de littérature. Après, je me suis rendue compte que je n'aimais pas les gosses et les étudiants. Si je voulais vraiment un truc, ce serait d'avoir la possibilité de passer mes jours au milieu de piles de bouquins. Mais bon, on peut pas vraiment en faire son métier ça, non? Dépitée de ne pas trouver de réponse satisfaisante, je bredouille un piteux,


- Ben, je... Je sais pas. Vous avez toujours su que vous vouliez être photographe, vous?

Pathétique.

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Eléa Lyes
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MessagePosté le: Dim 6 Nov 2011 - 02:22    Sujet du message: Soit une star ma fille... Répondre en citant

    Se voulant rassurante, la jeune Djinn ne pressa en rien la réponse de sa protégée se contentant de la regarder d'un œil qu'elle voulait artistique malgré le ton plutôt privé de la discussion. Bien vite, les mots commencent à arriver, les uns entraînant les autres de plus en plus vite comme un flot incontrôlé. Eléa ne s'était sans doute pas attendu à de telles paroles, comme si Pandore ne voyait en elle qu'une fille de riche pourrie gâtée qui devait son salut à la fortune familiale. Si la question n'était que l'argent, elle en avait suffisamment pour deux, voir même pour dix et si l'idée d'en offrir ouvertement à Pandore lui avait effleuré l'esprit un petite seconde, elle savait pertinemment que c'était la meilleure façon de perdre la confiance qu'elle avait déjà réussi à gagner. Bien évidement c'était sans parler de l'effet que cela devait faire de se voir ainsi acheté comme une friandise ou bien une putain...

    Il était hors de questions de procéder ainsi. Certes elle allait lui offrir de l'argent pour les heures passées à travailler avec elle, un salaire ni plus ni moins que de l'argent gagné de la bonne façon. Puis vint la réponse à une question implicite et là encore celle-ci détonne avec la réalité... Comment pouvait elle parler d'aplatir ses rêves si elle l'en avait pas ? Tout le monde a au moins un rêve dans la vie, un but à atteindre, était il trop honteux pour en parler ? Puis une question intervient, m'étant n terme au temps de parole de la belle qui se débarrassait du bébé en le lançant sur elle. Une méthode comme une autre de se défiler et Eléa l'acceptait espérant trouver les mots pour faire changer d'avis son nouveau modèle.


    "Non..."

    Comment expliquer qu'à son époque, étant enfant, la photographie n'existait même pas dans ce monde ? Comment expliquer que depuis sa plus petite enfance il avait été décidé pour elle qu'elle serait comme tous, gardienne de l'équilibre entre les races ? Annoncer de but en blanc de telles choses ne rimait à rien ici alors il allait falloir broder et en cela Eléa était passée maître, mais tromper ainsi Pandore n'était pas à son goût. Elle cherchait à gagner sa confiance, à lui faire parler d'elle et n'avait pas le droit de lui mentir aussi sournoisement.

    "À vrai dire j'ai attendu d'avoir vingt et un ou vingt deux ans pour me découvrir cette passion et me décider d'en faire mon métier un an plus tard environ. Je vous l’accorde l'argent m'a bien aidé à évoluer, mais j'ai commencé comme tous à prendre en photo des amies, des inconnus trouvés par petite annonces avant de réussir à me faire connaître dans ce milieu plutôt fermé qu'est la photographie..."

    Oui tout le monde ne peut se targuer d'être photographe bien que certains parasites s'en donne le titre avec leur photos de stars prise à la va vite entre deux voiture. Mais ce genre de personnage n'a rien d'un photographe, juste une petite vermine qui vie sur des vols tous plus odieux les uns que les autres. Mais ce n'était pas ce qui allait faire avancer la discussion, ni même offrir à Pandore l'idée qu'elle pouvait dors et déjà faire ce qu'il fallait pour changer un peu sa vie pour l'orienter dans un sens qui rendait ce travail plus supportable bien que toujours nécessaire dans ce monde régit par l'argent. Aussitôt, à l'idée de se livrer un peu plus sur son passé l'obligea à se redresser pour faire quelques pas. Jamais elle n'avait parlé de tout cela dans ce monde, sa vie privé restait à elle et personne ne pouvait se targuer d'avoir connaissance de ce passé qu'elle renfermait et qu'elle avait repoussé au loin...

    "Vous savez... Quand j'étais petite fille mon avenir était déjà tout tracé par "Papa" mais sans doute bien loin de ce que vous pouvez vous imaginer. Cette ombre m'a poursuivi lorsque j'ai grandi et j'aurais pu la laisser m'engloutir comme il le désirait et s'y employait jours après jours. Grâce à Maxym j'avais un endroit à moi où me cacher et rêver d'une vie meilleure laissant cet homme vociférer pendant mon absence. Alors certes cette main tendue n'a pas tout fait, mais sans elle, "Papa" aurait pu avoir sa... Traînée de fille et j'aurais pu dire adieux à tout rêves..."


    Revenant vers la cage d'un pas lent, n'arrivant à masquer totalement l'effort qu'il lui avait fallut pour dévoiler une toute petite part de son passé, ni même l'impact qu'il avait encore parfois sur elle, Eléa reprit avant de changer de sujet ne voulant forcer la main à Pandore.

    "Je ne dis pas que mon expérience doit être un modèle pour vous comme vous le pensez... Non je voudrais seulement que vous preniez conscience que l'on peut toujours faire un peu pour ses rêves, quels qu'ils soient et un jour ce un peu paye. Bref... Et si nous commencions ?"

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Pandore Liddell
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MessagePosté le: Dim 25 Mar 2012 - 23:35    Sujet du message: Soit une star ma fille... Répondre en citant

L’ennui avec les sous-entendus un peu ambigus comme ça, c’est qu’on ne peut rien leur rétorquer. Eléa a mis suffisamment d’hésitations et de gêne dans ses mots pour que je puisse m’imaginer toutes sortes de choses sur sa relation avec son père. Toutes sortes de choses, surtout des terribles. Et face à ça, j’ai juste à fermer ma gueule.

C’est comme si elle me disait, “Oh, pauvre petite Pandore, tu peux pas réaliser tes rêves parce que t’as pas de sous pour aller à la fac? Ben moi j’ai réussi à réaliser les miens alors que mon père me violait, ou me battait, ou je ne sais trop quoi dans ce goût là”. Que voulez-vous répondre à ça à part “ok, je vais essayer plus fort” ?

Ses insinuations sont juste assez équivoques pour que je sois obligée de prendre le risque de les interpréter et le pire, évidemment, c’est que l’on ne peut pas ignorer les élans de sincérité qui vibrent dans sa voix. Ce n’est pas calculé, elle ne cherche pas à me faire culpabiliser ou à m’humilier, elle a vraiment envie de m’encourager. Pour quelle obscure raison, ça reste à définir. Bien à l’abri derrière mes jolis barreaux de métal, j’acquiesce en silence, méditant à contre cœur sur ses paroles avisées.

À vrai dire, bosser au Cayenne ne me déplaît pas toujours. C’est un boulot ingrat et pas vraiment super enrichissant, mais je me rappelle du temps où j’y trouvais mon compte… Sans m’en rendre compte, je me plonge dans les souvenirs de cette époque. C’était il y a plus de deux ans, et ça faisait déjà deux ans que je bossais au bar, mais je venais de passer sur un temps plein.

L’hystérie sur les vampires commençait à vraiment battre son plein, il y avait des débats télévisés enflammés, beaucoup de gens restaient encore sceptiques sur l’existence des créatures de la nuit, et pourtant les preuves s’accumulaient… Je ne me rappelle plus si Theobald était déjà aussi médiatisé qu’aujourd’hui, mais il ne me semble pas. Les vampires étaient surtout considérés dans leur ensemble, sur la grande question de la véracité de tout ce bazar.

Moi, je n’osais pas encore y croire, mais j’attendais. Oui, c’est ça, je me souviens bien de ce sentiment. Une tension perpétuelle, une boule chatouilleuse au creux du ventre, un suspens délicieusement agréable… Je sentais que quelque chose était en train de se produire, que j’étais le témoin d’un événement historique, que je ne pouvais pas me permettre de rater ça. Et j’aimais bosser au Cayenne, parce que ça me permettait de voir passer toutes sortes de gens, et que j’espérais secrètement faire moi aussi partie de cette grande Histoire qui était en train de se jouer. Je voulais pouvoir dire, “j’y étais. Je l’ai vécu”. Si j’avais su…

Cette dernière idée me ramène au présent, et je sors enfin des pensées dans lesquelles je m’étais retranchée. Je sais. Je n’ai peut-être pas de rêve bien défini, mais j’ai conscience maintenant de ce que j’ai perdu et de ce qui me manque… De ce que je veux retrouver. Délaissant mon attitude nonchalante au fond de la cage, je me redresse et me rapproche, saisissant les barreaux derrière lesquels je me suis moi-même enfermée.


- Eléa. Je sais ce que je veux. Je veux vivre. Mais… vraiment, vous comprenez ? Je veux dire, je veux vivre à fond. Je veux redevenir comme avant, quand j’avais goût à… tout. Vous méprenez pas hein, je suis pas une con d’ado déprimée et suicidaire, mais en ce moment j’ai l’impression que tout est à la fois… trop intense et… sans importance. Je veux vivre à fond, et je veux être libre. Ce sont bien les seules choses auxquelles j’aspire en ce moment, je crois. Et… pour être honnête, quand j’ai accepté votre proposition, j’ai cru que c’était pour l’argent, mais je pense qu’en réalité j’avais déjà au fond de moi l’envie de foutre un grand coup de pied dans tout ça. Vous voyez ?

Je me sens tout à coup confuse de m’être livrée ainsi à une parfaite inconnue. Tous ces trucs, je les ai même pas dits à Maynard. Alors pourquoi elle ? Peut-être parce qu’elle a fait preuve de la même sorte de sincérité avec moi quelques minutes plus tôt ?

- Je dois vous paraître stupide, hein ?

En tout cas, c’est l’impression que je me laisse. “Pas une con d’ado déprimée et suicidaire”, hein ? Tu parles, on fait pas plus romantique tourmentée, je pourrais rivaliser avec une héroïne de Jane Austen. Mais l’idée est là : foutre un coup de pied dans la fourmilière qui me sert de cerveau. Me reprendre en main, fermement et définitivement.

Ne pas me laisser aplatir par mes sentiments et mes désirs, ne pas m’oublier dedans. Ne pas laisser non plus les cicatrices me pomper toute énergie et toute vie. Les trucs que j’ai vécus, je ne suis pas la seule à les avoir affrontés, et je sais qu’on peut s’en relever, il suffit de le vouloir.

“Et si nous commencions ?” Oui, faisons ça. J’ai tout un tas de trucs à commencer.


- Ok, c’est parti, donnez-moi envie de sortir de ce tas de ferraille !

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Eléa Lyes
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MessagePosté le: Sam 28 Avr 2012 - 16:28    Sujet du message: Soit une star ma fille... Répondre en citant

L’imprévu,

    Voilà une chose qui permettait de vivre pleinement, une chose qu'il offrait aux êtres humains l'illusion de croquer la vie à pleines dents, alors qu'ils ne connaissaient presque rien de leur monde la plus part du temps. Leur vie, aux yeux de bon nombre de Djinn, n'était qu'une vaste illusion que tous prenaient soins d'entretenir en se fixant les limites et des normes stupides sur ce qui devait être ou non. Combien auraient pu voir leur vie devenir mille fois plus importante si seulement à divers moments clés de celle-ci, ils s'étaient permis de dépasser ces limites arbitraires en s'offrant l’imprévu ?

    Certains avaient su prendre ces opportunités, se libérer de leurs chaînes au bon moment pour de bonnes ou de mauvaises raisons se laissant guider par cette chose non palpable. L'histoire est pleine d'hommes et de femmes ayant outre passé leurs "droits" pour de bonnes ou de mauvaises raisons créant ainsi des choses qu'ils n'auraient pu trouver seul. Albert Einstein , Marie Curie, Louis Pasteur pour ne citer qu'eux étaient les parfaits exemple de ce qu'il pouvait arriver lorsque l’imprévu venait se mêler à un être déjà extraordinaire. Évidement tous n'avaient pas de si belle pensées et nombres de tyrans avaient su saisir leur chance pour s'offrir des années de règnes et de dictature... Mais cela n'était pas l'important au final, ce qui comptait c'était ce que cette petite chose pouvait offrir aux êtres humains s'ils arrivaient à s'en saisir.

    Pandore, malgré son jeune âge, avait elle déjà perdue tout espoir de le saisir ?

    Cela expliquerait sans doute cette mine blafarde, ces dires défaitistes et ce manque d'envie qui se lisait en elle et qu'elle ne prenait même plus la peine de cacher. Eléa devait injecter dans la vie de la jeune femme un soupçon de folie, une pincée de piment pour la faire s’éveiller à nouveau à l'imprévu. Qu'y avait il de pire que de se lever chaque matin en connaissant déjà le déroulement précis de sa propre journée ?



    Quatre heures trente, le réveil...

      Une boite de malheur qui reçoit un coup fracassant sur le crâne dès les premiers sons censés vous offrir un réveil délicat, mais qui au final ne font que vous rappeler qu'il ne vous reste plus qu'une heure vingt pour vous préparer et filer à ce travail qui vous débecte.

      Douche, habillage, maquillage, dernière étape d'une préparation qui bien vite disparaîtra, vous offrant dix minutes de sommeil supplémentaire dans les mois qui viennent. Et voilà déjà quarante minutes de votre précieux temps consommé à une préparation indispensable à votre intégration sociale. Inutile pour vous, mais indispensable à la sauvegarde de votre emploi. S'en suis un petit déjeuné copieux pour affronter la journée, petit déjeuné qui peu à peu va devenir aussi rapide que maigre et insipide. Un dernier passage dans la salle d'eau pour une hygiène dentaire qui vous tient à cœur et vous voici prêt à affronter le monde...



    Cinq heures trente, la course...

      Que ce soit en voiture, en transport en commun ou à pied, le trajet en direction de ce travail qui vous permet de remplir le frigo reste une course contre la montre. En ville la voiture n'est qu'un gouffre à embouteillage que vous allez délaisser rapidement pour les bus ou autres tram disponibles. Là encore, malgré la rapidité et la facilité d’accès, ceux-ci sont constamment pleins voir en retard, vous obligeant à prendre le premier venu, malgré les êtres à l’hygiène parfois douteuse contre qui vous devez alors vous coller...

      Reste la marche, pratique certes, mais usant et bien plus lent que les autres moyens à votre disposition ce qui vous oblige à partir plus tôt, ou encore à courir pour arriver à l'heure et ainsi éviter les remarques déplacées de votre supérieur direct qui ne manquera pas de vous critiquer à la moindre seconde de retard vous hurlant d'enfin vous payer une carte de bus...



    Six heures, les premiers clients...

      La journée commence comme tout les jours par Edgard et son double Whisky sec, Edgard qui a déjà une ardoise longue comme le bras, mais qui règle en début de mois toutes ses dettes et ce depuis votre arrivée ici. S'en suis l'archétype de l'homme de bureau avec son café serré prix à la va vite avant de se lancer sans une journée morne et monotone laissant alors place à David et sa drague lourdingue... Vous le savez parfaitement l'homme est irrécupérable et pourtant cela vous met une nouvelle fois hors de vous alors que votre conscience professionnelle vous interdit de l'envoyer bouler...

      Laissez moi rire, cette conscience n'est pas plutôt votre boss derrière vous qui attend le moindre dérapage pour vous remettre en place, voir vous mettre à la porte ? Un service qu'il vous rendrait sans doute, mais sans emploi comment payer votre loyer, comment remplir votre frigo, comment vivre ? Certes vous pourriez en trouver un autre mais vous en sentez vous capable ? Cet emploi est certes chiant, mais il vous offre une certaine sécurité et c'est bien cela qui fait que vous êtes encore là.



    Douze heures, le rush...

      Déjà six heures que vous êtes ici, six heures à faire les même gestes, à offrir les même petites phrase à tout bout de champ et surtout à supporter une masse de clients tous plus pressé les uns que les autres. Tout cela a eu raison de votre patience ainsi que de votre apparente bonne humeur et cela peut se voir à présent à votre mine, e qui ne fait pas vos affaires. D'une part votre patron viens vous reprendre constamment, vos clients ne vous offrent plus de pourboire et d'une autre cela ne fait qu’accentuer votre impression d'être inutile, de gâcher votre vie ici.

      Plus que deux heures avant de finir journée et pourtant elles vont vous sembler interminables vous le savez déjà puisque c'est ainsi chaque jour. Courir à droite, courir à gauche, prendre des commandes, presser le cuisto après que les clients vous aient copieusement prise à partie car ils attendent depuis déjà dix minutes leur entrée et tout cela pour quoi ? Pour quelques dollars... C'est en général dans ces moment là que l'envie de tout claquer vous prend, mais à nouveau la sécurité de l'emploi vous submerge et la journée se fini malgré tout...


    Quel ennui cela doit être...


    "Je vois très bien... Et non cela n'est pas stupide... Vous savez je n'aurais jamais du être photographe, en réalité je n'aurais jamais du venir sur ce continent. En fait j'aurais sans doute du finir bureaucrate et classer jours après jours les même dossiers relatant les vies passionnantes d'autres personnes que j'aurais alors enviées... Mais en mettant un grand coup de pied dans tout ça comme vous dites, j'ai eu la chance de pouvoir faire autre chose."

    Souriant franchement à la dernière réplique de Pandore, Eléa se dirigea vers la chaînette qui pendait à sa place et d'une légère tape, lui offrit le mouvement de balancier qui lançait le début de la séance à proprement parlé. Il y avait bien des façons de faire sortir une personne de sa cage, le tout était de trouver la bonne méthode pour la bonne personne. La Djinn aurait put menacer Pandore de bien des choses pour lui donner envie de sortir de cette cage, mais nombres d'entre elles auraient eu des effets très néfaste sur leur amitié à venir, il fallait y aller en douceur tout en subtilisant quelques informations...

    "Vous avez un frère ? Une sœur ? Un petit ami peut être ? Imaginez qu'il ou elle ait besoin de votre aide et qu'au bout de cette petite chaîne se trouve ce dont il a besoin. Je sais que c'est cliché, mais cela fait toujours son petit effet..."

    Alors qu'elle parlait, le mouvement de balancier se faisait de moins en moins ample rendant bien évidement la saisie de l'objet en question plus difficile.

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Pandore Liddell
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MessagePosté le: Mar 25 Déc 2012 - 23:44    Sujet du message: Soit une star ma fille... Répondre en citant

Un frère ? Non. Une sœur ? Non plus. Un petit-ami ? Silence. Hésitation. Pas vraiment, hein ? On ne peut pas le qualifier de… petit-ami. Rien que le mot semble ridicule. Et puis, je ne suis pas son officielle, je n’ai donc aucune légitimité dans cette histoire. Ce qui est sûr, c’est que je tiens à lui. Mais qu’il ait besoin de mon aide ? Là encore, cette idée même est absurde. Comment pourrait-il avoir besoin de mon aide ?

Il a déjà tout. Il est plus puissant que quiconque. Il a traversé les siècles en se riant du temps, il a triomphé de la mort elle-même. Et puis, il y a autre chose. Aurais-je envie de l’aider ? Je l’aime, c’est certain. Plus que je ne veux me l’avouer. Mais c’est justement ça qui me tue, ce déséquilibre entre nous deux. Alors… Si je ne fais rien. Si cette chaînette continue de se balancer, de plus en plus vite, devant mes yeux. Si je me contente de la regarder. Peut-être que le Temps, la Fatalité, le Destin, ou que sais-je encore, se ligueront pour nous séparer. Parce que moi, je sais que je n’en aurai pas la force. Jamais.

Eléa attend quelque chose de moi. Je le sais. Sans conviction, je m’approche donc des barreaux et m’y colle pour glisser rapidement mon bras entre les épaisses tiges de métal. Mes doigts effleurent la clé, sans la saisir. Je n’y ai pas mis assez de volonté, c’est évident. Elle n’a pas su attiser le feu qui pourrait m’animer. Dans un soupir, je me replonge au fond de ma cage.


- Non. Ça ne marche pas… Ça ne va pas.

J’hésite. Qu’est-ce que je fous là ? Qu’est-ce que je suis censée faire, bordel ? Comment lui expliquer que son stratagème ne fonctionne pas, ne peut pas fonctionner ? Comment lui expliquer… Et puis après tout, pourquoi pas. Je n’en ai jamais parlé à personne. Ni de lui, ni d’Alistair, ni de quoi que ce soit qui concerne mes relations avec les vampires, de près ou de loin.

Par peur, probablement. Du jugement, de ne pas être comprise, d’être aussitôt cataloguée : victime, faible, groupie, folle… Tout ce que je ne veux pas être. Mais elle. Je m’en fous de ce qu’elle pense, non ? Ce n’est ni une amie, ni un membre de ma famille, ni une collègue, ni une psy ou n’importe quel autre genre de médecin. Elle peut me juger maintenant, une bonne fois pour toute, et je la ferai ensuite disparaître de ma vie.


- Et si mon… la personne à laquelle je tiens est un… vampire ? Il n’a besoin de rien, je ne peux même pas être en position de l’aider, parce qu’il est trop puissant et qu’aucun problème auquel il ferait face ne pourrait nécessiter mon intervention… Vous voyez ce que je veux dire ? Je crois que vous n’avez pas choisi le bon moteur pour me faire réagir. Et puis j’ai jamais eu l’âme d’un chevalier servant. On ne me demande pas de services, et je n’en rends pas. Vous comprenez ? Il faut procéder autrement. L’amour n’est pas un truc qui me pousse en avant, c’est plutôt quelque chose qui me tire en arrière.

Je reste évasive, je ne veux pas trop en dire, je ne veux pas avoir à donner trop de précisions. Mais rien que le fait de mettre des mots sur les sentiments larvés que je le traîne depuis des mois m'ôte un léger poids de la poitrine. Pas grand chose. Il n'y a pas d'étincelles, pas de grand soulagement, pas de révélation. Juste, peut-être, l'impression de respirer un tout petit peu librement.

Forcément, j'attends aussi avec une certaine anxiété la réaction d'Eléa, et le jugement qu'elle ne manquera pas de prononcer à mon encontre. J'attends sa réprobation, ou sa pitié, et ses conseils pour me tirer de ce mauvais pas. Parce qu'évidemment, personne ne semble jamais envisager qu'une relation de cette nature puisse être une bonne idée.

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Eléa Lyes
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MessagePosté le: Mar 8 Jan 2013 - 11:54    Sujet du message: Soit une star ma fille... Répondre en citant

Remise en question...

    Eléa ne quittait pas des yeux sa nouvelle protégée qui semblait ne savoir comment agir alors qu'elle venait de lui offrir de précieux conseils. Cette hésitation, cette latence entre ses mots et ses gestes, tous cela ouvraient un nombre de question bien trop important pour que la jeune Djinn puisse commencer à réfléchir. N'avait elle réellement personne dans sa vie qui pourrait lui offrir une quelconque motivation ?

    C'était une première, alors que jusqu'à présent ce stratagème avait montré un taux de réussite proche des cent pour cent, le voici mit à mal par une humaine plus perdue qu'elle ne se l'était imaginé. Peut être aurait elle dû s'y prendre autrement, peut être aurait elle dû être plus incisive et poser la question délicate à savoir : Y a t il une chose nouvelle dans votre vie ? Une chose qui fait que celle-ci n'est plus comme avant ? Pandore avait été claire, elle voulait redevenir comme avant, elle voulait que sa vie change à nouveau mais dans le bon sens, cela voulait forcement dire qu'une chose nouvelle était apparue, une chose nouvelle qui avait transformé sa vie.

    Cela pouvait prendre de nombreuses formes, un homme dont elle s'était amourachée, une femme qui l'avait blessé, une activité nouvelle qui l'avait enchanté avant de disparaître. Tout cela pouvait laisser un trou béant dans la poitrine de n'importe qui est rendre une vie terme et déplaisante, pour autant cela n'expliquait en rien ce manque d'attache qui semblait envelopper Pandore. Comme si la belle brune venait de prendre conscience de ce trouble, elle se mit en mouvement, son corps venant se plaquer contre les barreaux de la cage, ses doigts cherchant péniblement à s'emparer de la clé jouant les pendules. L'appareil flash, les photos commencent, mais Eléa n'est pas dupe, Pandore n'est pas dans le mouve. Elle même s'en rend compte stoppant ses gesticulations tout en offrant quelques mots à la Djinn, quelques mots illustrant ce qu'elle savait déjà.

    L'appareil retombe, un léger sourire de compassion apparaît sur les lèvres d'Eléa qui se baisse à nouveau afin de se retrouver sur le même plan que son modèle qui semble ne savoir par quoi commencer. Le doute se lit sur ses traits, un doute qui bien vite se transforme en une série de question qui au final devient une envie de partager quelque chose. Dès lors, les mots fusent, vampire, puissant, intervention, chevalier servant, services, amour... Voilà le mot est lâché, sans même qu'elle ne s'en rende compte Pandore vient offrir à la photographe plus qu'il ne lui en fallait pour entamer son investigation.


    "Je vous parle d'aider un proche et vous me parlez d'amour... Cela ne me dérange pas, mais peut être vous êtes vous simplement égarée dans l’énoncé Pandore."

    Se laissant glisser sur le sol, la jeune photographe laissa un long moment de silence passer essayant de trouver les mots justes, essayant de trouver comment dévier la conversation sur ce point en particulier, sur cet amour qu'elle ressentait pour un vampire s'exposant à des dangers dont elle n'avait pas conscience.

    "Laissons de côté la séance photo pour un instant voulez vous, je ne suis pas très douée en amour mais essayez de répondre à cette question : Croyez vous vraiment que le fait que ce soit un vampire change quelque chose ?"

    Vampire, humain, Djinn au final les choses restent les mêmes, tout être vivant a ses problèmes, ses tracas, ceux ci ne sont simplement pas tous de la même taille... Réfléchissant, Eléa se dit que peut être qu'en essayant de toucher du doigt ceux de ce vampire elle pourrait offrir un visage à cet inconnu. Elle n'était pas dupe, les vampire aimaient se faire passer pour plus qu'ils n'étaient réellement...

    "Pensez vous réellement que le fait qu'il soit vampire le rend tout puissant et l’empêche d'avoir ses propres soucis ? Certes ils ne sont peut être pas à notre portées, mais ils sont sans l'ombre d'un doute existant, il en est ainsi pour tous vous savez. Laissez moi vous offrir quelques exemples qui vont peut être vous donner un regard nouveau sur tout ça"

    L'instant critique, le moment à ne pas rater, le moment qui allait sans doute définir leur relation à venir...

    "Pour certains qui ne me connaissent pas, ma vie semble être parfaite. Vingt six ans et déjà photographe avec une certaine réussite ce qui m'offre un train de vie plus que confortable, j'ai une envie, un caprice, je peux l'assouvir grâce à cela, vous avez dû voir certains de mes caprices à l'entré. Une parfaite réussite n'est-ce pas, qui voudrait imaginer que j'ai des soucis dans ma vie ? Pour d'autres, bien mieux placé que moi et qui ne me connaissent pas plus, ma vie semble toute autre. Comme je vous l'ai dit juste avant j'ai vingt six ans, célibataire sans le moindre petit ami en vue, je passe son temps à travailler pour des stars qui ne m'accordent que peu d'attention. Ce travail est sans l'ombre d'un doute une façon de compenser le fait que petite fille je voulais être mannequin. Sans jamais y être parvenue évidement. Vous comprenez mieux ce que je veux dire ?"

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